La Ligue des Champions 2004-2005 a été une saison mémorable, marquée par des surprises et des confrontations passionnantes. Cet article se penche sur les moments clés de cette édition, en particulier les rencontres impliquant Chelsea et les clubs français, ainsi que le parcours inattendu de Porto et Monaco.

Chelsea et les Clubs Français : Une Histoire de Confrontations
Club incontournable sur l'échiquier européen depuis de nombreuses années, Chelsea s'est surtout attribué ses lettres de noblesse au début des années 2000 et a pris un virage victorieux dès juin 2003 avec l'arrivée de l'oligarque russe Roman Abramovich en tant que propriétaire. C'est donc tout naturellement que les confrontations européennes avec des clubs français se sont réalisées sur le tard. Et le bilan est pour le moment légèrement en faveur des Blues avec 18 rencontres pour 7 victoires, 5 matches nuls et 6 défaites. Le Stade Rennais, qui s'avance en outsider, devra donc se montrer méfiant, même si les exemples de victoires françaises contre Chelsea existent.
C'est d'ailleurs par une défaite que les Blues vont découvrir les équipes de l'Hexagone. Lors de la seconde phase de poules de la Ligue des Champions 1999/2000, l'Olympique de Marseille va s'imposer 1-0 au Stade Vélodrome lors de la 3e journée. Un succès qui a pris forme dès la 16e minute de jeu avec un but de Robert Pires. Quelques jours plus tard, Chelsea prendra sa revanche en s'imposant 1-0 grâce à Dennis Wise. Au final, Chelsea terminera deuxième du groupe derrière la Lazio et ira jusqu'en quart de finale de la compétition. De son côté, l'Olympique de Marseille terminera dernier du groupe derrière Feyenoord.
Ligue des Champions 2003/2004 : Chelsea Face à Monaco
Il faudra ensuite attendre plus de quatre ans et l'édition 2003/2004 de la Ligue des Champions pour que Chelsea retrouve un club français et ce sera l'AS Monaco. Après avoir éliminé le Lokomotiv Moscou, mais surtout le Real Madrid de Zinedine Zidane, Ronaldo, Luis Figo et David Beckham, le club de la Principauté arrivait en confiance contre les Blues. Ces derniers avaient éliminé le VfB Stuttgart et Arsenal aux tours précédents.
La double confrontation sera folle et débutera de forte belle manière pour les Blues. Jesper Grønkjær (22e) et Frank Lampard (44e) se chargeaient de mettre Chelsea sur orbite lors du match aller le 5 mai 2004. Cependant, l'équipe de Didier Deschamps ne s'avouait pas vaincue et égalisait via les réalisations d'Hugo Ibarra (45e) et de Fernando Morientes (60e). Après un match nul 2-2, tout restait à faire lors du match retour.
Celui se tenait le 20 avril 2004 au Stade Louis II et débutait très fort. Dado Pršo ouvrait le score (17e) avant que Chelsea réponde via Hernán Crespo (22e). Alors que le score était de 1-1 en fin de match et que l'avantage de Monaco ne tenait qu'à un fil, Fernando Morientes (78e) et Shabani Nonda (83e) ont mis fin à tout suspense. Avec une victoire 3-1, Monaco va rallier la première finale de la Ligue des Champions de son histoire, mais perdre 3-0 contre le FC Porto.
Ligue des Champions 2004/2005 : Chelsea Contre le Paris Saint-Germain
Quelques mois plus tard, lors de la Ligue des Champions 2004/2005, Chelsea sera placé dans le même groupe qu'un club français : le Paris Saint-Germain. Le 14 septembre 2004, lors de la 1re journée de la phase de poules, Chelsea s'imposera assez facilement sur le score de 3-0. John Terry trouvera la faille (29e) avant que Didier Drogba (45e +1 et 76e) d'un doublé alourdisse la marque. Un écart conséquent que les Franciliens réussiront à combler lors du match retour. Parvenant à décrocher un match nul et vierge à Stamford Bridge (0-0), les coéquipiers de Fabrice Pancrate s'offriront un brin d'espoir pour la qualification en huitièmes de finale mais il sera douché par le CSKA Moscou de Sergey Semak (3-1) lors de l'ultime journée. Chelsea de son côté se hissera en demi-finale, mais tombera contre le vainqueur de l'épreuve, Liverpool.
Ligue 1, saison 2004/2005 : les meilleurs moments (Téléfoot, TF1)
Saisons Suivantes : Bordeaux, Marseille et le PSG Reviennent
Quatre ans plus tard, Chelsea est de nouveau placé dans un groupe avec une formation française : les Girondins de Bordeaux. Pour la 1ère journée face aux Girondins, les Blues vont dérouler avec des buts de Frank Lampard (14e), Joe Cole (30e), Florent Malouda (82e) et Nicolas Anelka (90e +2). Humilié 4-0, Bordeaux sauvera l'honneur à Chaban-Delmas lors du match retour. Pourtant mené suite à un but de Nicolas Anelka (60e), le club au scapulaire arrachera le match nul grâce à Alou Diarra (83e). Un résultat de 1-1 qui permettra à Bordeaux d'être reversé en Ligue Europa. Chelsea échouera en demi-finale de la Ligue des Champions contre le FC Barcelone.
Ensuite, Chelsea retrouvera une nouvelle fois l'Olympique de Marseille lors de la phase de poules de l'édition 2010/2011. Après avoir débuté par une défaite contre le Spartak Moscou (1-0), Marseille va perdre 2-0 contre les Blues sur des buts de John Terry (7e) et Nicolas Anelka (28e s. p.). Au fond du gouffre, les Phocéens se joueront des Slovaques de Zilina (1-0 et 7-0) avant de cartonner le Spartak Moscou (3-0). Qualifiés au moment d'affronter Chelsea pour le match retour, les Phocéens vont confirmer leur deuxième place avec un succès de prestige contre les Londoniens (1-0). C'est Brandão en fin de match (81e) qui va permettre à Marseille de l'emporter.
En quart de finale de l'édition 2013/2014, les Franciliens débutaient fort avec un but d'Ezequiel Lavezzi (4e). La qualification semblait en bonne voie pour l'équipe de Laurent Blanc, mais Chelsea inversera la donne au match retour. André Schürrle montrera la voie (32e) avant que Demba Ba crucifie Salvatore Sirigu dans les dernières minutes (87e). Une belle victoire 2-0 pour Chelsea qui ira en demi-finale, mais s'inclinera contre l'Atlético de Madrid. La revanche interviendra lors de l'exercice 2014/2015. Alors que le Paris Saint-Germain est malmené en championnat par l'OM de Marcelo Bielsa et l'OL d'Hubert Fournier, Chelsea s'avance en grand favori. Branislav Ivanovic va ouvrir le score au Parc de Princes (36e), mais Edinson Cavani réussira à accrocher un match nul 1-1 en début de seconde période (54e). Le match retour sera complètement fou.
Suite à l'expulsion de Zlatan Ibrahimovic en début de match (31e) et l'ouverture du score tardive de Gary Cahill pour Chelsea (81e), l'élimination semblait toute proche pour le PSG. C'est à ce moment que l'ancien Blues et néo parisien, David Luiz a égalisé (86e). Chelsea reprendra l'avantage lors des prolongations sur un penalty d'Eden Hazard (96e), mais Thiago Silva remettra les compteurs à zéro (114e). Grâce à la règle des buts à l'extérieur, le PSG ira en quart de finale grâce à ce 2-2, mais s'inclinera contre le FC Barcelone. Cette qualification permettra cependant de créer une dynamique positive qui débouchera sur l'obtention du titre de champion de France.
Enfin, la troisième double confrontation entre les deux équipes sera bien moins équilibrée. Large leader de la Ligue 1 lors de la saison 2015/2016, le PSG sera large favori contre une équipe de Chelsea bloquée dans le ventre mou de la Premier League. Le 16 février 2016 lors du match aller, Zlatan Ibrahimovic ouvrira le score (39e) avant que John Obi Mikel égalise juste avant la pause (45e +1). Alors qu'il est en train de plomber son avantage de débuter à domicile, le Paris Saint-Germain va trouver des ressources et arrachera un succès 2-1 en fin de match grâce à Edinson Cavani (78e). En position de force au moment d'aborder le match retour, le PSG ouvrira le score grâce à Adrien Rabiot (16e) avant que Diego Costa égalise (27e). Sous la menace des Blues, le club francilien se mettra définitivement à l'abri en s'imposant 2-1 grâce à son Suédois Zlatan Ibrahimovic (67e). Cette saison-là, Manchester City bouchera l'accès au dernier carré de la compétition à Paris.
Dernière confrontation : Chelsea contre le LOSC
Enfin, Chelsea a affronté le LOSC en phase de poules de l'édition 2019/2020. Deux matches, où les Dogues ont essayé, mais se sont heurtés à une équipe plus expérimentée. Au match aller, Chelsea s'est imposé 2-1 grâce à Tammy Abraham (22e) et Willian (78e), et ce, malgré l'égalisation de Victor Osimhen (33e). Au retour, Chelsea s'est imposé sur le même score via des buts de Tammy Abraham (19e) et Cesar Azpilicueta (35e). Loïc Rémy avait réduit le score pour le club nordiste. Sixième club français à affronter Chelsea en Ligue des Champions, le Stade Rennais aura la difficile mission de remettre à l'équilibre le bilan.
L'Épopée Surprenante de Porto et Monaco
En 2004, les outsiders Porto et Monaco squeezaient le top du G14 en parvenant en finale d'une Ligue des champions propriété quasi exclusive des clubs continentaux les plus puissants. Un truc improbable. Une aventure irrationnelle, à la fois romantique et réaliste, qui devait beaucoup à deux jeunes entraîneurs charismatiques, José Mourinho et Didier Deschamps. 2004 fut la dernière exception en date à l'ordre économique établi. Car depuis cette finale Porto-Monaco (3-0), les « grands clubs » ont raflé à nouveau toutes les C1.
La veille du 3-1 du Real à Porto, l'AS Monaco a tordu l'AEK Athènes dans la poule C (4-0). Après la victoire inaugurale de l'ASM au PSV Eindhoven (2-1), Guus Hiddink avait chaudement félicité Didier Deschamps : « Bravo, Didier ! Tu tiens une équipe qui ira en finale. »

Première expérience de coach pour Deschamps à Monaco, et première réussite. La seule finale de ligue des champions d'un club français post arrêt Bosman. Par la suite, la Dèche s'habitue aux exploits : il fait remonter la Juve en Serie A avec Boumsong en défense centrale, remporte la L1 avec l'OM et parvient même à rendre sexy une équipe de France en mal d'amour. Où va s'arrêter Didier ?
La Finale de la Ligue des Champions 2004-2005 : Milan AC vs Liverpool
Le 25 mai 2005, Liverpool remportait la plus épique des finales de Ligue des champions en remontant un handicap de trois buts face au Milan AC, avant de s’imposer aux tirs au but (3-3, 2-3 TAB). Les Milanais de Carlo Ancelotti avaient pourtant réalisé une première mi-temps parfaite, avant d’être défaits par un changement tactique payant de la part de Rafael Benitez. Comment la finale s’est-elle jouée ?
Les Compositions de Départ
La finale de la Ligue des champions 2004-2005 entre Milan et Liverpool est considérée comme l’un des plus grands matches du siècle. Les deux équipes débutaient en 4-4-2. Les Milanais choisissaient un milieu en losange avec Andrea Pirlo à sa base, et Kaka en meneur de jeu. Gennaro Gattuso et Clarence Seedorf opérant en position centrale. Les Reds alignaient une formation en 4-4-1-1. Harry Kewell était la seule surprise de la composition anglaise. L’Australien devait agir en tant que meneur de jeu derrière Milan Baros, préféré à Djibril Cissé.

La Domination Initiale de Milan
Évidemment, le plan de Liverpool était obsolète à partir du moment où Paolo Maldini ouvrait le score, dès la 52e seconde de jeu, suite à une faute commise… sur Kaka. La première implication du Brésilien dans une mi-temps qu’il éclaboussait de son talent. Suite à l’ouverture du score précoce des Milanais, Liverpool était confronté à un dilemme. Avec Xabi Alonso, Steven Gerrard puis Luis Garcia opérant à des positions plus offensives pour chercher l’égalisation, le milieu de terrain des Reds s’ouvrait comme un livre.
« Pour nous les latéraux, on n’avait pas d’opposants directs, explique le Malien. D’habitude, tu as un ailier, mais là non. En face, on avait deux attaquants qui bougeaient beaucoup (Crespo et Shevchenko) et un n°10 (Kaka), et sur les côtés, les latéraux défensifs.
Dans cette configuration, Milan contrôlait les débats sur le plan tactique dans les 45 premières minutes, fatiguant le milieu de terrain à Liverpool. C’est donc en toute logique que les Italiens creusaient leur avantage, en fin de mi-temps, et à la suite de contre-attaques.
Peu après une situation confuse, dans laquelle Milan échappait à un penalty suite à une main de Nesta, Pirlo coupait le milieu Alonso - Gerrard d’une passe vers Kaka. Le Brésilien servait Shevchenko, dont le centre est repris victorieusement par Crespo.
Le Milan AC triplait la mise grâce à son génie auriverde. Après une perte de balle de Gerrard, Pirlo sollicitait Kaka. Celui-ci tournait autour de Gerrard avant de déclencher une passe laser pour Crespo. 3-0.
La Remontée Spectaculaire de Liverpool
En deuxième période, Liverpool était face à une tâche impossible : remonter trois buts à une équipe tactiquement et techniquement supérieure. Mais les Reds allaient bénéficier d’un coup de pouce du destin. Suite à la blessure de Steve Finnan, Rafael Benitez avait désormais non pas une mais deux raisons de bouleverser ses plans. Le coach espagnol passait sa formation en 3-4-2-1. Entré en jeu, Dietmar Hamann avait pour charge d’annihiler la menace Kaka, aux côtés de Xabi Alonso.

Coupable d’une certaine nonchalance en première mi-temps, où trop souvent il essayait de feinter Milan d’une passe impossible, Steven Gerrard était métamorphosé au retour des vestiaires. De plus, avec un entre-jeu plus compact, et l’apport de Vladimir Smicer, Liverpool pouvait bénéficier d’un meilleur allant offensif sur les côtés. Ce qui était d’ailleurs renforcé par le manque de largeur des Italiens qui, comme nous l’indiquions, ne bénéficiaient pas d’ailiers.
La combinaison de ces deux facteurs offrait aux Reds le souffle d’espoir qui leur manquait. Cafu ne se montrait pas assez offensif sur John Arne Riise, qui pouvait s’y reprendre à deux fois pour centrer vers… Gerrard, oublié par la défense transalpine. 3-1.
Une centaine de secondes plus tard, et Milan pouvait cette fois vraiment s’inquiéter, et ne s'en prendre qu’à lui-même. Alors que Kaka semblait refaire ses lacets, Xabi Alonso avait toute latitude pour transmettre le cuir à Hamann, qui décalait Vladimir Smicer. Clarence Seedorf voyait le danger arriver, mais il était trop tard. Le Tchèque justifiait son dépassement de fonction par une grosse frappe sur laquelle Dida n’était pas exempt de tout reproche.
La Séance de Tirs au But
La séance de tirs au but pouvait commencer. Et comme cette finale n’était plus à un rebondissement près, Milan tirait en premier, et devant son virage de supporters de surcroît. Heureusement pour Liverpool, Serginho expédiait le ballon dans le Bosphore pour laisser les Scousers prendre l’avantage dans la séance par Hamann. Ce n’était pas un hasard. Le staff de Rafael Benitez avait étudié les tireurs de penalty milanais, et indiqué à Dudek le côté du but que ces derniers favorisaient.

Conclusion
Voici comment Liverpool a remonté un handicap de trois buts, en six minutes, en finale de Ligue des champions face à la meilleure équipe d’Europe. En changeant de formation, Rafael Benitez a injecté du dynamisme offensif à ses Scousers, incarné par Steven Gerrard. Rafael Benitez mérite également d’être salué pour avoir très efficacement basculé vers une défense à trois.