Ligue des Champions 1985 : Une Saison Marquée par la Tragédie et le Triomphe

La Ligue des Champions, anciennement appelée Coupe d’Europe des clubs champions, est l’événement le plus attendu par les fans de football à travers l’Europe. Cette compétition, qui a vu le jour en 1955, a changé de formule à plusieurs reprises pour gagner en efficacité et en retombées médiatiques.

En 1985, la compétition a été marquée par des événements tragiques et des moments de gloire. Retour sur une saison inoubliable.

La Tragédie du Heysel

Le 29 mai 1985, la finale de la Coupe d'Europe des clubs champions entre la Juventus de Turin et Liverpool s'est déroulée dans le contexte d'une tragédie au stade du Heysel, à Bruxelles. Une bousculade entre supporters a fait 39 morts et plusieurs centaines de blessés.

Le penalty marqué par Michel Platini, qui a donné la victoire à la Juventus, n’a pas pu masquer les conséquences de l’hooliganisme britannique. Ce match reste à jamais terni par ce drame.

La Victoire de la Juventus

Malgré le deuil et la tristesse, le match a eu lieu et la Juventus a remporté sa première Ligue des Champions.

À 70 ans, Michel Platini sort du silence et admet que son état de santé devient grave.

La première victoire de la Juventus en Ligue des champions date de 1985 lorsqu’ils ont battu Liverpool en finale.

L’effectif de la Vecchia Signora n’est plus tout à fait le même depuis l’intersaison. Vainqueur de la Coupe d’Europe des clubs champions, un sacre terni à jamais par le drame du Heysel et la joie obscène l’ayant suivi, la Juventus brigue le dernier titre majeur manquant à son palmarès, la seconde tentative après l’échec de 1973. A ce jeu, la Juventus l’emporte : Stefano Tacconi stoppe deux tentatives d’Argentinos et il revient à Michel Platini le droit d’offrir le trophée à la Juventus.

Le Match pour la Coupe Intercontinentale

Le 8 décembre 1985, selon un rituel instauré depuis 1980, le champion d’Europe affronte à Tokyo le champion d’Amérique du Sud pour l’attribution de la Coupe Intercontinentale/Toyota Cup.

Le prétendant sud-américain est Argentinos Juniors, une surprise et un mystère pour la plupart des observateurs européens, El Bicho étant surtout connu pour avoir lancé El Pibe en 1976. A quelques heures de la rencontre, le président d’Argentinos lit à la presse le télégramme qu’il vient de recevoir : « Un gros câlin à tout le monde, que la chance vous aide, allez les gars, vous rentrerez en tant que nouveaux champions du monde. Signé : Maradona.

Pénible vainqueur de la finale de Copa Libertadores face à l’América de Cali, El Bicho semble une proie facile pour la Juventus. Quand les journalistes insistent sur le peu de prestige de l’adversaire, Trapattoni se tend comme un arc, augmente encore son débit de parole alors que ses mains effectuent machinalement des gestes conjuratoires. 60 000 spectateurs garnissent le stade Olympique national de Tokyo, une enceinte sans charme que rend plus austère encore une piste d’athlétisme et d’immenses pylônes métalliques soutenant les projecteurs, le tout sous un ciel d’hiver maussade.

Dès les premières minutes, Argentinos démontre de louables intentions en mettant Tacconi sous pression alors que la Juventus procède par de longues et rapides transmissions à destination de Serena et Laudrup. En début de seconde période, le match s’anime. Lancé en profondeur par une déviation de la tête de Serena, Laudrup pense ouvrir le score mais il est justement signalé hors-jeu. En retour, sur un centre de Castro, Manfredonia dévie du bras le ballon en corner sans que l’arbitre allemand, Volker Roth, ne siffle le pénalty qui semble s’imposer.

Sur une récupération et une relance d’Olguín, Videla transmet la balle à l’ailier gauche Ereros, venu se faufiler entre les défenseurs centraux et, sans contrôle, ce dernier lobe Tacconi sorti à sa rencontre. Battue en vivacité, la Juventus semble condamnée à chercher la faille par de longues passes.

C’est d’ailleurs sur une ouverture de Platini que Serena s’effondre au contact d’Olguín. Le numéro 10 français égalise sur pénalty et ne manifeste qu’une satisfaction mesurée, à peine perceptible. Ce moment survient à 20 minutes du terme de la rencontre. Sur corner, Olguín dégage de la tête dans l’axe, Bonini remet vers Platini à l’entrée de la surface de réparation.

La suite : contrôle de la poitrine, sombrero du droit pour se débarrasser de la pression de Pavoni, volée croisée du pied gauche sur laquelle Vidallé ne peut que s’incliner. Il manifeste sa joie sans retenue, poursuivi par ses équipiers qui savent ce qu’ils lui doivent depuis des années. A la 75e minute, une énième accélération de Borghi crée le déséquilibre. Bichi glisse le ballon dans l’espace vers Castro et l’ailier droit argentin trompe Tacconi alors qu’il se trouve en position excentrée.

Durant la prolongation, Ereros manque une énorme opportunité sur une énième offrande de Claudio Borghi alors que Cabrini tente grossièrement d’obtenir un nouveau pénalty. Les deux équipes sont épuisées et les tirs au but sont inévitables.

L'Héritage de la Coupe Intercontinentale 1985

De ce match, 38 ans plus tard, il reste une ligne sur le palmarès de la Juventus, la fin de la domination sud-américaine en Coupe Intercontinentale, le toucher de velours et les courses géniales de Claudio Borghi à qui l’on prédit alors un destin maradonesque.

Nouveau propriétaire du Milan, Berlusconi s’offre la pépite, Sacchi n’en veut pas, ce sont les prémices d’un immense gâchis.

Les Clubs Français en Ligue des Champions

Les clubs français sont arrivés en finale à sept reprises, mais ne l’ont emporté qu’une seule fois, avec l’Olympique de Marseille : une amère victoire, car elle a précédé l’un des plus grands scandales du football français.

Le Stade de Reims

À la création de l’épreuve, le Stade de Reims était l’une des meilleures équipes européennes et accédait deux fois à la finale, en 1956 et en 1959, battu à chaque fois par le grand Real de Madrid. À partir de 1960 s’est amorcé un long déclin.

L'AS Saint-Étienne

1975 est l’année du renouveau. L’équipe de Saint-Étienne parvient alors en demi-finales, puis même en finale en 1976, après avoir éliminé les Soviétiques de Kiev lors d’un match retour épique en quart de finales. En finale, les « Verts » sont battus par le grand Bayern de Munich, le tenant du titre, mené des joueurs qui avaient été champions du monde deux ans auparavant : Franz Beckenbauer, Gerd Müller, Sepp Maier.

Saint-Étienne, conduit par son capitaine Jean-Michel Larqué, aurait mérité de l’emporter, envoyant deux fois le ballon sur la barre transversale avec Dominique Bathenay puis Jacques Santini.

L'Olympique de Marseille

Il devait revenir au Marseille des années 1990, dirigé par Bernard Tapie, de franchir la dernière marche. Après avoir échoué en 1991 en finale aux tirs aux buts, malgré une domination d’ensemble face à l’Étoile rouge de Belgrade, puis en 1992 en demi-finales, l’Olympique de Marseille offrait enfin au pays créateur de l’épreuve une Coupe d’Europe en 1993, grâce à sa victoire grâce à un but de Basile Boli face au Milan AC de Marco Van Basten et Franck Rijkard, dirigé par Silvio Berlusconi.

L'AS Monaco

Monaco accède en 2004 à la finale, avec des joueurs comme Ludovic Giuly, Jérôme Rothen, Fernando Morientes, ou Dado Prso, mais est sèchement battu par Porto. C’est à ce jour la dernière présence d’un club français en finale de la plus prestigieuses des coupes d’Europe.

Palmarès de la Ligue des Champions

Voici un aperçu du palmarès de la Ligue des Champions, mettant en évidence les clubs les plus titrés :

ClubNombre de Titres
Real Madrid15
Milan AC7
Bayern Munich6
Liverpool FC6
FC Barcelone5
Ajax Amsterdam4
Inter de Milan3
Manchester United3
Juventus de Turin2
Benfica Lisbonne2
Nottingham Forest2
FC Porto2

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