Le derby breton entre le Stade Rennais et le FC Nantes est bien plus qu'une simple rencontre sportive. C'est un affrontement chargé d'histoire, de rivalité et de passion, qui oppose deux villes et deux clubs emblématiques de la région. Samedi, Rennes va disputer le premier de ses trois derbies consécutifs, le plus attendu aussi par les supporters rennais.

Les origines du FC Nantes
Le FC Nantes est fondé en 1943 sous l’impulsion de Marcel Saupin, grâce à la fusion de cinq clubs locaux. Parti en division d’honneur, le club monte rapidement en D2 et y passe 18 saisons. Il accède à la D1 à l’issue de la saison 1962-1963.
Rapidement, viendront les heures de gloire du football nantais, matérialisées par quelques « figures » que furent José Arribas ou Jean-Claude Suaudeau. À la clé, huit titres de champion (le dernier en 2001 sous l’égide de Raynald Denoueix) et sept places de vice-champion. Sur le plan européen, l’équipe nantaise s’est tout d’abord distinguée en 1980, éliminée en demi-finale de la Coupe des vainqueurs de coupe par le FC Valence de Mario Kempes (2-1 et 0-4).
Outre ses glorieux titres, le club de la Jonelière détient plusieurs records à son actif. De 1976 à 1981, le club nantais fut invincible à domicile pendant 92 matches consécutifs. Nantes possède aussi le record d’invincibilité en championnat avec 32 matches consécutifs sans défaite lors de la saison 1994-1995.
Depuis son dernier titre en 2001, le FC Nantes a cependant vu son prestige s’affaiblir petit à petit, jusqu’à une relégation en 2007 que les « Canaris » n’avaient jamais connue dans leur histoire, et ce après 44 années de présence ininterrompue en Ligue 1 (un autre record) de 1963 à 2007. Si la remontée fut au bout de la saison suivante, les Nantais sont de nouveau descendus en Ligue 2 en 2009.
Les premières confrontations
Les quatre premiers matchs entre le Stade rennais et Nantes au stade de la route de Lorient ont eu lieu alors que les deux équipes évoluaient en Division 2. Ils sont tous les quatre gagnés par Rennes. La première confrontation, en 1953, est remportée sur le score de 2 à 0 (Pär Bengtsson, Victor Gomez), et les trois suivantes sur un même score de 4 à 2. Depuis, à l’exception des coupes nationales, toutes les confrontations entre Rennes et Nantes se sont déroulées au sein de l’élite.
Un bilan équilibré
Entre le Stade rennais et le FC Nantes, le bilan route de Lorient est relativement équilibré. Le bilan général est plutôt équilibré : sur 96 confrontations au total, les Nantais mènent avec 43 victoires contre 30 pour Rennes et 23 matchs nuls. En 33 matchs, le Stade rennais s’est imposé à 12 reprises, contre 10 victoires nantaises.
- Bilan des Stade rennais - Nantes en Ligue 1 : 33 matchs, 12 victoires rennaises, 11 matchs nuls et 10 victoires nantaises.
La saison passée, le stade de la route de Lorient a pu de nouveau goûter au derby entre le Stade rennais et le FC Nantes après près de cinq ans d’absence. Les hommes de Philippe Montanier avaient cependant complètement manqué le rendez-vous. En début de seconde période, Oliveira redonnait espoir aux siens, alors que Nantes manquait par la suite la balle du 3-1 à plusieurs reprises.
Sur 96 affrontements, le FC Nantes conserve l’avantage avec 43 victoires contre 30 pour Rennes et 23 matchs nuls. À domicile, nos Canaris affichent un impressionnant 64,6% de succès face aux Rouge et Noir avec 31 victoires en 48 rencontres.
Ce derby breton, qui oppose nos Canaris aux Rouge et Noir, raconte bien plus qu’une simple rivalité footballistique. C’est l’histoire de deux villes qui se disputent l’âme bretonne, deux clubs qui ont vu leur relation évoluer drastiquement au fil des décennies.
En fouillant dans les cartons d’archives, j’ai retrouvé ces clichés jaunis des années 60 où supporters nantais et rennais partageaient les mêmes tribunes. Une époque qui me paraît presque mythique aujourd’hui!
En 1965, nos Canaris célébraient leur titre de champion tandis que le Stade Rennais soulevait la Coupe de France. Les deux clubs avaient alors partagé un moment de fraternité dans les locaux d’un quotidien régional, image impensable aujourd’hui.
La cordialité a commencé à s’effriter vers la fin des années 90. Le transfert d’Olivier Monterrubio de notre FC Nantes vers Rennes en 2001 a créé la première fissure majeure dans cette relation. Je me souviens encore de l’impression de trahison ressentie par toute une génération de supporters.
Puis est venue cette date que je préférerais effacer de ma mémoire : le 4 janvier 2006, quand Rennes a remporté sa première victoire à la Beaujoire après 41 ans de disette.
Septembre 2013 marque un tournant dans l’intensité de cette rivalité. Des supporters nantais ont endommagé un tifo rennais, provoquant un envahissement de terrain par les fans bretons avant même le coup d’envoi. Cet incident a transformé une simple compétition sportive en véritable guerre de clochers. La tension est montée d’un cran, comme si les deux clubs exposaient désormais leurs différends dans un musée de la rivalité régionale.
Le 3 septembre 1969 reste gravé en lettres d’or dans notre collection de souvenirs nantais. Ce jour-là, nos Canaris infligeaient une correction mémorable aux Rennais : 6-1, la plus large victoire dans l’histoire de ce derby! Cette rencontre symbolisait parfaitement l’écrasante domination nantaise qui a perduré pendant des décennies.
Le 21 novembre 1997 a sonné comme un premier avertissement : Rennes 3-0 Nantes, première victoire des Rouge et Noir face à nous depuis 1991.
Mais c’est véritablement le match du 5 janvier 2006 qui a marqué le basculement. En s’imposant 0-2 à la Beaujoire, le Stade Rennais brisait quatre décennies de suprématie nantaise à domicile.
Le 6 mars 2016, un certain Ousmane Dembélé nous infligeait un triplé douloureux lors d’une défaite 4-1 au Roazhon Park. À seulement 18 ans, ce prodige rennais marquait dès la première minute, nous plongeant immédiatement dans un cauchemar.
Mais le derby qui me hante encore? Celui du 31 janvier 2020. Nous menions 1-2 jusqu’aux ultimes secondes avant que Raphinha et Niang ne renversent complètement la situation dans le temps additionnel.
Si le bilan historique penche encore en notre faveur, les chiffres se rééquilibrent dangereusement.
Depuis 2004, les statistiques me font mal aux yeux: seulement 5 victoires nantaises contre 17 pour Rennes et 8 matchs nuls. La saison 2006-2007, marquée par notre relégation, a accéléré ce basculement.
Sur les 10 dernières confrontations directes (2019-2023), le constat est encore plus cruel: 7 victoires rennaises, 2 succès nantais et 1 match nul. L’histoire s’est inversée aussi nettement qu’un VAR défavorable.
Notre dernier affrontement, le 1er octobre 2023, s’est soldé par une défaite 3-1 face aux Rouge et Noir. Les statistiques récentes dessinent une tendance claire que j’espère voir s’inverser bientôt.
Le Stade Rennais a plié le FC Nantes (3-0), samedi 20 avril à la Beaujoire. Une sixième victoire sur les sept dernières confrontations pour le SRFC, qui fait du derby face aux Canaris une quasi-propriété. Ces derniers, fêtés à grand coup de fumigènes par leurs supporters à l’arrivée du bus samedi soir au centre technique de la Piverdière, se relancent avant un autre derby contre Brest, programmé dimanche 27 avril (17 h 05) au Roazhon Park.
C’était la 50e fois où Nantes recevait Rennes toutes compétitions confondues. Nantes n’a gagné que 2 de ses 21 derniers matches contre Rennes en Ligue 1 (6 nuls, 13 défaites), s’inclinant même lors de 6 des 7 plus récents (1 victoire en 2022).
À Nantes, le SRFC a obtenu son 16e penalty de la saison, un record pour le club. Bourigeaud a converti en but 13 des 14 penalties qu’il a tentés en Ligue 1.
Steve Mandanda a disputé son 533e match de Ligue 1 (469 avec Marseille, 64 avec Rennes) ce samedi à Nantes.
Dans les travées du derby breton Rennes-Nantes
Tableau récapitulatif des confrontations en Ligue 1
| Compétition | Matchs joués | Victoires Rennes | Matchs nuls | Victoires Nantes |
|---|---|---|---|---|
| Ligue 1 | 33 | 12 | 11 | 10 |
| Toutes compétitions | 96 | 30 | 23 | 43 |