La Belgique est relativement absente de l’historiographie consacrée au football. Aucune histoire scientifique n’a été écrite à propos d’un pays qui a joué un rôle important dans le football international et d’un sport qui a contribué à construire l’identité nationale de la Belgique.
En revanche, en Belgique, force est de constater que le ballon rond demeure le parent pauvre de l’historiographie.
Au cours des dernières décennies, l’histoire du football est devenue un champ de recherche à part entière dans plusieurs universités européennes, suscitant nombre de travaux scientifiques, qu’il s’agisse de thèses, d’articles ou d’ouvrages.
Il existe pourtant des archives très riches qui restent à dépouiller, notamment les archives générales du royaume, celles de villes comme Bruxelles ou encore les fonds privés.
Les Archives du Football en Belgique
En 2008, la revue Archives et bibliothèques de Belgique consacrait un numéro spécial aux archives du sport sous la direction de Rolande Depoortere, Thierry Delplancq et Marc Libert. S’inscrivant dans une perspective comparative, avec des contributions sur la situation aux Pays-Bas, en France et dans les grandes organisations internationales comme le Comité international olympique (CIO), cette publication proposait un état des lieux de la conservation des archives « sportives » en Belgique à travers l’exemple des fonds de clubs de différentes disciplines, de communes ou encore, plus originales, de la télévision flamande.
Les auteurs relevaient la contradiction entre l’importance du sport aujourd’hui et le faible et/ou tardif intérêt des pouvoirs publics et des institutions pour leur patrimoine « sportif ».
La plupart d’entre eux soulignaient également la fragilité des archives, dont la conservation dépend encore trop souvent de l’implication et de la sensibilisation d’un supporter ou d’un dirigeant.
Dans le même temps, la publication susmentionnée rappelait, à partir de l’exemple de l’Union Saint-Gilloise et des associations tournaisiennes, que les archives de certains clubs de football avaient été préservées, notamment celles relatives aux organes de gestion que sont le comité exécutif et les assemblées générales, et donc qu’elles existaient bien.
L’écriture d’une histoire du ballon rond, ou du moins de certains de ses aspects, était donc possible.
Ce qui fut confirmé un an plus tard par le versement par l’Union royale belge des sociétés de football-association (URBSFA) de ses principaux documents aux Archives Générales du Royaume (AGR).
Les plus intéressants et les plus anciens sont sans conteste les fiches de joueurs (1910-1984), les dossiers d’adhésion de clubs sur numéro de matricule (1910-2000) et les procès-verbaux du comité exécutif (1928-2007).
Ces derniers rendent compte de l’activité hebdomadaire ou mensuelle des plus hautes instances de la fédération et abordent tous les sujets : finances, publicité, statut et transfert des joueurs, relations avec les autres fédérations sportives nationales ainsi qu’avec les médias, compétitions nationales et internationales, équipes nationales belges, formation des joueurs, techniques et tactiques de jeu, activité des comités provinciaux.
De fait, l’ensemble de ces archives permettent d’avoir une vue d’ensemble sur l’évolution de la pratique depuis la veille de la Première Guerre mondiale jusqu’aux années 2000.
D’autres documents plus récents permettent d’évaluer le travail de différents organes de gestion à partir des années 1970, notamment des commissions suivantes : codification, enquête, secrétaires, juridique.
Ils sont complétés par des dossiers relatifs à l’arbitrage, au football féminin et au football en salle ainsi que des vidéos et des photos de matchs dont les dates extrêmes sont 1920-2000.
Les Archives Générales du Royaume comptent plusieurs autres fonds évoquant le football.
On se contentera ici de signaler quelques pistes.
Il est possible par exemple de retrouver des traces du ballon rond dans les archives des deux conflits mondiaux, plus précisément dans celles des consulats et ambassades de Belgique en Amérique du Nord mais aussi dans les fonds d’entreprises comme ceux du plus important groupe sidérurgique belge, Cockerill Sambre, qui avait son siège à Seraing.
Les fonds des cabinets ministériels du Premier ministre Hubert Pierlot à Londres contiennent quant à eux des correspondances et des notes sur l’organisation de rencontres des Diables rouges militaires en Angleterre, notamment contre les Pays-Bas, pendant la Seconde Guerre mondiale.
Archives Communales et Football
Les archives communales proposent aussi aux chercheurs nombre d’archives historiques intéressantes.
Nous prendrons ici l’exemple de celles conservées par la ville de Bruxelles.
Au-delà du fonds « Fauconnier », dont la section 77 contient des affiches relatives à des événements footballistiques, notamment une assez rare concernant le football féminin dans les années 1920, il est possible de trouver plusieurs dossiers sur l’histoire du sport et du ballon rond en particulier.
De Charles Buls à Pierre Van Halteren, les bourgmestres et leur cabinet ont entretenu des liens étroits avec le monde sportif.
Le dossier laissé par Lucien Cooremans est particulièrement intéressant puisqu’on y trouve des traces de son passage à l’échevinat des sports avant qu’il ne devienne bourgmestre de la ville en 1956.
Ainsi peut-on consulter des dossiers sur les demandes de subsides, de reconnaissances d’associations et de manifestations footballistiques, sur les infrastructures sportives, notamment le stade du Heysel.
Il est possible d’en savoir plus sur les recettes et dépenses générées par différents événements liés au football.
On prendra ici l’exemple d’une note du 29 juin 1966 de la direction de l’assistance publique, des œuvres sociales et des sports adressée au bourgmestre Coormans et qui récapitule les recettes perçues par la ville en mai et juin 1966 lors de la finale de la Coupe d’Europe des clubs champions, de la rencontre Belgique-URSS et de la finale de la Coupe de Belgique Anderlecht-Standard.
De même, ces archives permettent de connaître les membres et l’organisation des associations de football.
Le 31 octobre 1938, la Royale Union Sportive de Laeken, fondée en 1907 et qui possède, comme de nombreux clubs, son siège social dans un débit de boisson, sollicite Adolphe Max pour qu’il en occupe la présidence d’honneur.
Une note de renseignement est alors rédigée à l’attention de ce bourgmestre libéral de Bruxelles lui indiquant que ce cercle sportif compte 400 membres et plusieurs groupes officiels de supporters.
La ville de Bruxelles a conservé les archives des différentes directions et services qui ont été en charge de gérer le sport et donc le football.
Dans cette perspective, les fonds de l’instruction publique puis, à partir de 1945, de la direction des œuvres sociales sont également très riches.
Les inventaires de la direction culture, en charge du sport à partir de 1962, laissent entrevoir des recherches fécondes tout comme les rapports de police produits pendant la Seconde Guerre mondiale et après 1955.
Ces fonds sont complétés par des publications d’associations affiliées à l’URBSFA et permettent, par exemple, de reconstituer certains réseaux d’industriels et d’hommes politiques impliqués à divers degrés dans l’univers du ballon rond.
Les archives de la ville conservent par exemple le compte rendu de l’assemblée générale du 17 juillet 1935 de l’association sportive du commerce et de l’industrie.
Ce groupement corporatif réunissait plusieurs entreprises du secteur industriel, du groupe Empain aux établissements Gosset de Molenbeek, spécialisés dans la production de cigarettes, en passant par les sociétés Shell et Siemens.
Placé sous le patronage d’Adolphe Max, le comité est composé de personnalités appartenant à la sphère économique et politique de la capitale et de tendance exclusivement libérale parmi lesquels Marcel Wielmans, membre du conseil d’administration de la brasserie éponyme, Jean Meiser, bourgmestre de Schaerbeek ou encore Oscart Bossaert, ancien joueur et dirigeant du Daring et bourgmestre de Koekelberg.
Les comptes de profits et de pertes présentés lors de l’assemblée générale permettent d’avoir une idée des montants que représentent l’inscription de joueurs, les amendes, les donations ainsi que des frais liés à l’administration du club, à l’achat de matériel ou encore à l’organisation de tournois.
Enfin et surtout, les archives communales de Bruxelles ont hérité des archives du Comité Olympique Belge (COB), fondé en 1906 et devenu plus tard Comité Interfédéral Belge (COIB).
Certes, ce fonds de 74 mètres linéaires se trouve « en dépôt » aux archives de la ville, c’est-à-dire qu’il nécessite une autorisation préalable du COIB.
Mais en raison des liens incestueux qu’ont entretenus pendant plus d’un demi-siècle cette organisation et la fédération de football ainsi que de la place occupée par ce sport dans le mouvement olympique belge et international, il pourrait s’avérer utile pour celle ou celui qui souhaiterait travailler sur l’histoire du ballon rond en Belgique.
En effet, le COB et l’URBSFA ont partagé le même président, à savoir le baron de Laveleye, qui resta à la tête des deux institutions jusqu’en 1924 ainsi que le même secrétaire général, l’Anversois Alfred Verdyck.
De même, Rodolphe Seeldrayers, président de l’Union royale belge de football de 1929 à 1937, est devenu président du COB au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
Cette mise sous tutelle du Comité olympique belge par l’URBSFA se renforça avec les Jeux olympiques d’Anvers de 1920.
Non seulement le football représenta près de 25 % des recettes totales de la manifestation, mais ce fut également l’union belge qui combla le déficit de 620 000 francs belges (FB) enregistré par le COB.
Aussi, les documents du comité exécutif, qu’il s’agisse des correspondances, circulaires, coupures de presse ainsi que des rapports d’activité et de participations belges aux Jeux olympiques depuis 1924, permettent d’éclairer l’histoire du football.
Archives Privées et Football
Les archives privées, c’est-à-dire celles qui sont conservées par des personnes, des associations ou encore des entreprises, offrent également des perspectives stimulantes pour la recherche sur l’histoire du football.
Nous prendrons ici le cas des archives d’entreprises.
Au début du xxe siècle, plusieurs compagnies des secteurs de l’industrie ou des services, privées comme publiques, encouragèrent la création de club de sport pour le personnel.
Cela répondait à un double, voire un triple objectif : donner une image positive de l’entreprise, renforcer la cohésion sociale au sein de l’entreprise tout en permettant aux salariés de se délasser physiquement et d’avoir une meilleure hygiène de vie, notamment dans le milieu des employés de bureau souvent confinés à une vie sédentaire.
Certains de ces fonds d’archives d’entreprise se trouvent, on l’a vu, aux AGR ou aux archives de la ville de Bruxelles.
Mais les entreprises elles-mêmes ont conservé plusieurs traces de leurs activités sportives et footballistiques.
Les archives de BNP Paribas Fortis témoignent du patrimoine sportif de cette banque et de ses ancêtres dans le monde du sport.
Parmi les documents conservés, on compte le fonds relatif au Royal Cercle sportif de la Caisse Générale d’Épargne et de Retraite (CGER) entre 1911 et 1990.
Il est ainsi possible d’en savoir davantage sur le budget du club, les subsides reçus par la direction, les membres, les effectifs, les participations aux championnats, parfois internationaux, le coût de la pratique sportive et des installations6.
Ces archives évoquent les salariés de la CGER qui ont réalisé des performances sportives de haut niveau comme Armand Van de Kerkhove, qui a joué en équipe nationale de football.
On peut retrouver également des témoignages d’autres salariés, interviewés sur leur pratique et la philosophie sportive du club.
Enfin, des dossiers consacrés aux tournois interservices, souvent récompensés par un ancien dirigeant, ou à des thématiques telles que la femme et le football sont également accessibles7.
Il est possible de consulter Caisse Écho, journal interne de la CGER, qui évoque aussi l’activité du Cercle sportif et des différents groupes d’agence à partir de 1966.
Mais les interactions entre football et entreprise ne se limitent pas au seul paternalisme social.
La Générale de Banque, autre ancêtre de BNP Paribas Fortis, a également été très dynamique dans le domaine du sponsoring.
Elle soutient financièrement l’équipe d’Anderlecht, dont un exemplaire du premier contrat a été conservé.
À partir de 1981, il arbore l’identité visuelle de la Société Générale de Belgique pour 12 millions de FB par an.
Des tableaux récapitulatifs présentent également la location de « business seat » par les banques pour des rencontres de football du FC Malines ou encore des études permettent d’évaluer l’impact du sponsoring sportif8.
L’ensemble de ces archives papiers, sonores, audiovisuelles et photographiques pourraient être complétées par la presse sportive et d’information.
Dès 1900, l’ancêtre de la fédération belge de football, l’Union belge des sociétés de sports athlétiques, s’était doté d’un organe officiel intitulé La Vie Sportive dont la collection complète a été conservée sur microfilms par la bibliothèque royale de Belgique.
Il s’agit d’une publication fondée à la fin du xixe siècle par Gustave Pelgrims, pionnier du mouvement sportif au sein du monde universitaire, et qui s’affirma rapidement comme le principal hebdomadaire d’information pour les sportsmen étudiants.
Lorsque, en 1912, le football gagna son autonomie, par la transformation de l’Union en Union belge des sociétés de football association (UBSFA)10, cette dernière prit en charge son édition.
Aussi y trouve-t-on reproduit les principaux débats qui traversèrent le football belge, comme la question du football féminin, des concours de pronostics, des tactiques de jeu ou encore de la formation.
L’hebdomadaire, devenu au cours des années 1930 bi-hebdomadaire, accueille aussi la plume de journalistes qui rendent compte des rencontres de différentes divisions, des règlements ainsi que des relati...
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Staff du Club de Football de Leuven
L’historique du staff liste tous les managers, présidents, directeurs athlétiques, etc. (ainsi que leur période) qui ont travaillé pour le club sélectionné.
Sous « concernant le staff », vous pouvez sélectionner un poste spécifique dans le menu déroulant.
Voici une liste des managers récents :
- Felice Mazzù: 12 mars 1966 - 26 oct.
- Hans Somers: 9 mars 1978 - 13 oct. 2025, 26 oct.
- David Hubert: 12 févr. 1988 - 1 juil. 2025, 12 oct.
- Chris Coleman: 10 juin 1970 - 30 nov.
- Hans Somers: 9 mars 1978 - 22 nov. 2024, 5 déc.
- Óscar García: 26 avr. 1973 - 3 nov. 2023, 22 nov.
- Eddy Vanhemel: 30 sept. 1969 - 13 oct. 2023, 5 nov.
- Marc Brys: 10 mai 1962 - 16 juin 2020, 13 oct.
- Vincent Euvrard: 12 mars 1982 - 8 févr.
- Nigel Pearson: 21 août 1963 - 22 sept. 2017, 3 févr.
- Dennis van Wijk: 16 déc. 1962 - 19 janv. 2017, 22 sept.
- Hans Vander Elst: 13 déc. 1972 - 15 janv. 2017, 19 janv.
- Emilio Ferrera: 19 juin 1967 - 26 nov. 2015, 15 janv.
- Jacky Mathijssen: 20 juil. 1963 - 26 déc. 2014, 24 nov.
- Hans Vander Elst: 13 déc. 1972 - 28 nov. 2014, 26 déc.
- Ivan Leko: 7 févr. 1978 - 26 févr. 2014, 28 nov.
- Herman Vermeulen: 10 nov. 1954 - 21 janv. 2014, 25 févr.
- Ronny Van Geneugden: 17 août 1968 - 1 juil. 2010, 21 janv.
- Jean-Pierre Vande Velde: 10 janv.
- Marc Wuyts: 12 sept.
- Rudy Cossey: 2 août 1961 - 1 juil.
- Guido Brepoels: 7 juin 1961 - 1 juil.
- Jean-Pierre Vande Velde: 10 janv. 1955 - 1 juil.
Ces informations offrent un aperçu de la direction et de l'encadrement du club au fil des années.
En conclusion, l'histoire du club de football de Leuven est riche et complexe, avec des moments marquants et des figures emblématiques qui ont contribué à façonner son identité. Les archives et les témoignages permettent de retracer son évolution et de comprendre son impact sur le football belge.
| Manager | Début | Fin |
|---|---|---|
| Felice Mazzù | 12 mars 1966 | 26 oct. |
| Hans Somers | 9 mars 1978 | 13 oct. 2025 |
| Óscar García | 26 avr. 1973 | 3 nov. 2023 |
