L'Histoire du Beach-Volley en Lettonie et son Impact sur le Développement de la Discipline

Le beach-volley, discipline peu pratiquée initialement en France, a connu un essor remarquable dans le Nord de l'Europe. Cette popularité s'explique par une adaptation ingénieuse aux conditions climatiques : "Ceux qui n'avaient pas la plage et qui n'avaient pas le soleil ont créé des terrains de beach-volley et des salles pour pouvoir être au soleil toute l'année avec les pieds dans le sable", indique Stéphane Canet.

L'équipe de France masculine de beach-volley a remporté la Coupe des nations de beach-volley en Lettonie, offrant un quota supplémentaire au contingent tricolore pour les Jeux olympiques de Paris 2024. C’est le coup parfait ! Quatre paires tricolores seront au rendez-vous des Jeux olympiques de Paris 2024 en juillet, soit le maximum possible, grâce à la victoire de l’équipe de France lors de la Coupe des nations en Lettonie.

La finale de la Nations Cup se déroule cette semaine. Un gros enjeu, puisque le vainqueur de la compétition décrochera un quota olympique. La Nations Cup promet des débats intenses sur le sable letton, avec l’enjeu crucial des quotas olympiques en toile de fond.

En Lettonie, le Montpelliérain Arthur Canet et le Saussétois Teo Rotar, tous deux âgés de 20 ans, sont devenus champions d’Europe U20 ce dimanche. La paire française a marché sur ses adversaires sans perdre un seul set tout au long de la compétition continentale. Après une demi-finale à sens unique contre les Lettons Fokerots et Bulgacs (21-15, 21-15), les Sudistes avaient donc rendez-vous en finale, en fin de journée.

Opposés à la paire autrichienne Hammarberg-Gerber, les Bleus, déjà champions du monde U20 en 2021, ont confirmé leurs belles promesses aperçues en seniors ces dernières semaines (N.30 au classement mondial). Et au terme d’une partie disputée, Teo Rotar et Arthur Canet s’offraient le titre européen dans la catégorie U20 (26-24, 21-15). Grâce à ce succès, le duo devrait obtenir des wild-cards de la Fédération française pour les prochains tournois du World Tour.

Arthur Canet et Téo Rotar ont décroché l’or aux championnats d’Europe U20 de beach-volley en ce mois d'août en Lettonie. Une belle performance qui vient compléter un palmarès déjà bien rempli après leur titre mondial U19 en décembre 2021, leur médaille d'argent européenne en U20 il y a un an, ainsi qu'une médaille de bronze mondiale en U19 en septembre 2022.

L’équipe de France masculine est composée de deux paires : Julien Lyneel et Rémi Bassereau, ainsi qu’Arnaud Gauthier et Téo Rotar. La compétition se déroule avec quatre poules, où chaque équipe joue une seule fois. Chaque match est composé de deux duels, avec un set en or (15 points) en cas d’égalité. Les deux premiers de chaque poule se qualifieront pour les quarts de finale, puis les demi-finales et la grande finale dimanche 16 juin.

Un résultat qui permet donc d'aligner une quatrième équipe française, et une deuxième masculine, lors des JO qui se disputeront sur le Champ de Mars, au pied de la Tour Eiffel.

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Axelle Guiguet, la DTN de la Fédération française de volley, est catégorique : « J'attends un podium, chez les hommes comme chez les femmes. Un tel résultat validerait les projets mis en place. » Et serait historique pour le volley français : depuis 1993 chez les hommes (or pour Jean-Philippe Jodard et Christian Penigaud), et 1999 chez les femmes (argent pour Anabelle Prawerman et Cécile Rigaux), aucune paire du beach volley français n'est parvenue à monter sur un podium européen.

Mais depuis trois ans, la FFVB s'intéresse de près à sa pratique sur sable. De l'organisation et des moyens supplémentaires (le budget s'élève à plus de 400 000 euros par an) ont permis de faire progresser les équipes de France, sur le World Tour notamment, en attendant la confirmation dans les grands rendez-vous. « L'initiative de la Fédération nous a flattés, se souvient l'internationale Alexandra Jupiter. Cet investissement montrait qu'on passait un cap. Nous avons en retour une responsabilité, quelque chose à rendre. »

Voici les trois changements marquants opérés par le beach français:

  1. Il s'appelle Lissandro Carvalho. Depuis janvier 2018, ce coach brésilien, auréolé de ses succès en Italie (titre européen en 2011 et 5e place aux JO de Londres pour les Italiennes Cicolari/Menegatti), est le chef de projet du beach français. Avec lui, ça déménage, dans tous les sens du terme : regroupement des équipes de France à Toulouse, staff étoffé, entraînement intensif. Son réseau et sa notoriété permettent aux Français de rencontrer des paires prestigieuses, en stage ou en tournoi. Son seul échec jusqu'ici : la tentative de recrutement d'athlètes auprès du grand public, en vue des Jeux de Paris 2024.
  2. Pour la salle, il faudra encore attendre le début de l'année prochaine, la crise sanitaire ayant retardé les travaux de quelques semaines. On y trouvera quatre terrains couverts, dans un lieu dédié au beach, au pôle de Toulouse. Un outil indispensable pour s'entraîner l'hiver, et accueillir des équipes étrangères dans l'optique des Jeux Olympiques de 2024. « Nous nous sommes inspirés des pays européens à notre échelle, comme l'Allemagne », explique Axelle Guiguet. Auparavant éparpillées entre Toulouse et Montpellier, les équipes de France ont été réunies dans la ville rose. « La manière de faire est désormais la même pour tous, on peut dire ce qui marche ou pas, se réjouit Alexandra Jupiter, 30 ans dont 6 en équipe de France. Toutes les équipes sont dans la même dynamique, à se tirer vers le haut, et les chefs de projet ont les mêmes objectifs. » Le site de Montpellier sert désormais de Pôle espoir, puisque la Fédération a également mis en place une filière de formation spécifique. « On propose aux jeunes de pratiquer le beach dès le départ, au lieu d'y venir seulement après une formation indoor, quand on n'est pas assez bon pour faire carrière », explique Axelle Guiguet.
  3. Avec le nouveau staff, le niveau d'exigence s'est renforcé. Alexandra Jupiter a dû s'adapter : « Personne n'aime se faire secouer, mais quand j'ai vu l'intensité des entraînements, j'ai compris que je ne pouvais pas lutter. Dans notre ancien système, je pouvais me coucher tard et manger des pizzas, ça n'avait pas beaucoup de conséquences sur le terrain. Là, je n'avais plus d'énergie, je commençais à avoir des petits bobos... Pour continuer, j'ai dû changer mon hygiène de vie. J'ai compris que s'entraîner à 8h au lieu de 10h permettait de récupérer avant la deuxième séance, à 16h. Sinon on ne tiendrait pas. »

Les Français engagés :

  • Hommes : Arnaud Gauthier-Rat et Quincy Ayé.
  • Femmes : Alexandra Jupiter et Aline Chamereau, Lezana Placette et Alexia Richard.

Les champions olympiques poursuivent leur parcours parfait. Face à un adversaire autrement moins redoutable que l'Allemagne, qui avait poussé les Bleus au quatrième set, Earvin Ngapeth et les siens n'ont eu aucun mal à prendre le dessus sur la Lettonie (25-18, 25-13, 25-17). Un score assez net qui reflète la domination sans partage de l'équipe de Bernardinho Rezende, qui enchaîne donc un quatrième succès en autant de rencontres à la tête des tous frais champions olympiques.

Mission accomplie pour l’équipe de France masculine. Une victoire vite et bien emballée. Vainqueurs 2-0 samedi de la Lituanie en demi-finale de ce 4e tour à Vilnius, les Français ne se sont pas fait de frayeurs ce dimanche en finale puisque c’est sur le même score qu’ils ont disposé de l’Autriche, qui avait difficilement écarté la Finlande la veille (2-1). La France sera donc en juin prochain en finale de la Continental Cup qui délivrera à son vainqueur un billet pour les Jeux Olympiques de Rio de Janeiro, objectif également poursuivi via le ranking mondial par Youssef Krou et Edouard Rowlandson.

Une victoire importante, une de plus pour le jeune binôme qui continue ainsi son ascension dans le beach-volley international.

Ce tournoi, qui rassemble 32 athlètes, permet de gagner des points en vue des Jeux Olympiques de Paris 2024. Stéphane Canet est le directeur du Beach Pro Tour : "On aura toutes les équipes de France qui seront là, et toutes les équipes internationales qui vont venir participer à ce tournoi pour essayer de marquer des points, parce qu'il y a tout un cheminement pour aller jusqu'aux Jeux olympiques de Paris".

"Ils sont la nouvelle vague du beach français, ils bouleversent l'ordre établi et sont issus complètement de la formation montpelliéraine", rappelle Stéphane Canet.

Le week-end dernier encore, les deux phénomènes ont décroché un nouveau titre en remportant la Coupe de France des clubs, permettant au Montpellier beach-volley d'avoir une place en Champions League des clubs de beach. Mais ce n'est pas tout, le clan tricolore peut aussi compter sur la paire Rémi Bassereau et Arnaud Gauthier-Rat pour remporter une médaille. L'année dernière, c'était une paire vénézuélienne qui s'était imposée dans la capitale héraultaise.

À 22 et 24 ans, elles viennent d’être sacrées Championnes de France de la discipline. Ce duo explosif a le sable pour terrain de jeu.

Alexia - J’ai toujours fait du sport de haut-niveau, je faisais partie du pôle Espoir de l’équipe de France de tennis à Bordeaux. C’était un peu compliqué car mes parents étaient militaires. J’ai beaucoup bougé, en Afrique surtout. J’étais souvent six mois à l’étranger, six mois en France : je m’entraînais l’hiver au Sénégal ou à Djibouti et l’été ici.

Puis, on a déménagé dans le sud de la France, j’ai dû arrêter le tennis, mais c’est un sport qui me manquera toujours. J’avais 13 ans, je me suis essayée à l’athlétisme. Comme j’avais un gros bras, on m’a mise au lancé de marteau, javelot, poids. J’ai quand-même fini championne régionale, mais je n’aimais pas vraiment ça. Lors des compétitions, on fait trois lancés et on s’en va, ça ne me faisait pas rêver.

Puis, j’ai eu l’opportunité de remplacer une fille au volley ; j’avais un bon smash au tennis, donc des facilités. Dès le premier match, j’ai été repérée par un sélectionneur, j’ai intégré le pôle Espoir de volley à 15 ans et j’ai commencé la compétition.

Pourtant, je m’ennuyais en salle jusqu’à ce qu’on me propose de participer à des sélections en beach.

Lézana - Moi, c’est moins compliqué ! J’ai essayé le basket, la danse, la gym, le ski, le biathlon… Mais je viens d’une famille de volleyeurs, ce sont mes parents qui m’ont poussée à pratiquer le volley. J’ai commencé en salle à l’âge de dix ans, chez moi à Grenoble, et je suis vite entrée au pôle Espoir à Lyon puis au pôle France à Toulouse.

Alexia - On s’était déjà croisées sans vraiment se voir, on s’est retrouvées aux Championnats du monde à Porto en 2014 puis aux Jeux Olympiques de la Jeunesse en Chine. Ce sont les entraîneurs qui ont choisi de nous réunir, mais on ne s’appréciait pas plus que ça. On n’a carrément pas le même caractère : je suis cash, exacerbée et Lézana est plus douce, plus tendre. On avait peu d’affinités. Et comme nous n’étions pas vraiment matures, on ne faisait pas beaucoup d’efforts pour s’entendre.

Lézana -Le contraste était tel qu’on avait du mal à trouver un juste milieu. Pour autant, on a terminé 17e aux Championnats du monde avec à peine un mois de beach-volley derrière nous!

Alexia - À la fin des JO de la Jeunesse, on a appris à se connaître, on a compris l’importance de notre complémentarité, ce que l’une pouvait apporter à l’autre. C’est un peu comme une relation de couple, on est deux, on doit faire des compromis, des concessions. On a mis les choses au clair et depuis on ne s’est jamais repris la tête.

Au beach-volley, la clé de la réussite est de construire une relation durable, de confiance, d’équilibre, de partage avec son partenaire. Aujourd’hui, on se connait par cœur. Quand l’une a un coup de blues, l’autre sait lui redonner le smile.

Lézana - D’ailleurs, quand on s’est quittées pour retourner s’entraîner chacune de notre côté, on s’est manquées! On a été séparées pendant un an par la fédé, on a joué avec d’autres partenaires. Mais quand on s’est retrouvées, on s’est rendu compte que si on n’est pas les plus fortes ou les plus techniques, sur le terrain ça glisse bien.

Alexia - En France, financièrement, on ne vit pas du beach-volley, on est aidées par le CNOSF et la Fédération française qui nous permettent de vivre l’instant présent, mais c’est tout. On vit de sport et d’eau fraîche! Alors, pour avoir des sponsors, il faut attirer l’œil, on est sur une pente montante mais encore jeunes. Les gens commencent à se dire : « C’est qui ces deux petites blondes qui arrivent ? » Il faut capitaliser là-dessus.

Lézana - Le fait de devenir Championnes de France nous donne de la crédibilité, permet de nous faire connaître davantage, même si on est déjà pas mal suivies sur les réseaux sociaux. Ça permet aussi de médiatiser notre sport. On mise sur ça pour marquer les esprits, intéresser des sponsors. Vous tracez votre chemin en allant de victoire en victoire.

Lézana - Quand on gagne, on ressent de la fierté. C’est l’aboutissement d’un travail, d’un partage avec l’équipe, c’est de la joie, de l’adrénaline, la reconnaissance du travail fourni, un retour sur investissement de la fédé aussi! On est deux sur le terrain, la victoire, on la doit au staff, mais aussi à nous, à ce qu’on donne sur le sable, c’est ce qui nous pousse à continuer. Le revers de tout ça, c’est qu’il est compliqué d’avoir une vie sociale.

Alexia - Une vie amoureuse…on n’en a pas! La victoire, ça ne comble pas. Le plus dur est de trouver un équilibre. Mais c’est compliqué, la balance est plus du côté sportif que du reste. On s’organise : le mercredi, jour de récup’, on se débrouille pour voir des amis, couper avec le sport. On a deux cercles, le pro et le privé. C’est le sport et la vie en dehors.

Lézana - Avec les copains, on parle d’autre chose, de leur travail, de leur vie quotidienne, des potins.

Alexia - Non, on a toutes les deux prévu de faire autre chose après notre carrière sportive : Lézana poursuit son Master en management à Grenoble et moi je viens de valider mon Master en marketing et communication. Je vais maintenant chercher un contrat pro réservé aux sportives de haut-niveau, pourquoi pas dans l’armée? On veut se construire un avenir et un chemin de secours, car la blessure est toujours possible. Pour l’instant, le sport est notre métier, notre mode de vie est dédié au sport, on vit beach-volley. Mais dès qu’on arrêtera le sport, on sera prête à travailler.

Lézana - On aura notre vie pro en dehors du sport, notre vision est plus large que le sport, le sport, encore le sport, sinon on finira par exploser!

Alexia - Notre objectif à court terme, ce sont d’abord les Championnats d’Europe en septembre prochain, en Lettonie. À long terme, c’est se qualifier à la Continental Cup en mai 2021 pour se qualifier aux JO de Tokyo puis faire les Monde en 2022, et ainsi se préparer pour les JO 2024. On ne vit pas à moitié ces compétitions, on veut évidemment aller à Tokyo pour décrocher une médaille. Mais au-delà de l’exploit, le beach est un sport d’expérience, une vision de jeu, et à Paris, on aura l’âge idéal pour performer. Sous la Tour Eiffel, le meilleur des spots, et devant notre public, notre famille, tous les éléments seront réunis!

Lézana - Oui, pour l’instant, on est complètement dans le jeu! Et on a hâte d’être à Paris en 2024. Si on prépare l’avenir, on profite quand-même du moment présent.

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Si vous voulez assister au Beach Pro Tour de Montpellier rendez-vous sur beachmasters.fr.

Retrouvez le programme complet de l'édition 2023 sur beachmasters.fr.

Le tournoi de beach-volley se déroulera jusqu'à dimanche. L'événement sportif accueille les meilleurs athlètes du monde de la discipline. C'est le coup d'envoi ce mercredi du Beach Pro Tour à Montpellier, l'occasion pour les spectateurs de voir les meilleurs volleyeurs de plage au monde.

L’équipe de France masculine semble prête à relever le défi. « On va chercher le ticket olympique, c’est clair, commente Christophe Victor, responsable du secteur beach-volley à la Fédération Française de Volley. Mais on sait que certains pays sont aussi très bien armés, comme les Autrichiens, les Suisses et les Allemands qu’on affronte jeudi.

Palmarès Récent des Équipes Françaises de Beach-Volley
Compétition Année Équipe Résultat
Championnats d'Europe U20 Août 2023 Arthur Canet et Téo Rotar Or
Championnats du Monde U19 Décembre 2021 Arthur Canet et Téo Rotar Or
Championnats d'Europe U20 2022 Arthur Canet et Téo Rotar Argent
Championnats du Monde U19 Septembre 2022 Arthur Canet et Téo Rotar Bronze
Coupe de France des Clubs [Année] Montpellier Beach-Volley Vainqueur
Coupe des Nations 16 Juin Équipe de France Masculine Vainqueur

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