Le Club Omnisports des Ulis (COULIS) est une véritable référence en matière de pratique sportive à Les Ulis (91940) en Essonne. Aux Ulis, peut-être plus qu’ailleurs, les Bleus seront très soutenus pendant l’Euro. Deux joueurs actuels de l’équipe de France y ont grandi et y reviennent encore souvent voir leurs proches. Mais les gamins du coin, Patrice Evra et Anthony Martial, ne sont pas les seuls à être passés par le club omnisports de l’Essonne, reconnu pour sa formation.
Au niveau national amateur, le COU est celui qui a sorti le plus de professionnels (13), dont Thierry Henry, natif de la commune. Une véritable exception, qui doit bien avoir une raison... «On n’a pas de potion magique», assurent pourtant les dirigeants en choeur. Vraiment ? On a voulu vérifier.
En ce samedi ensoleillé d’avril, le stade Jean-Marc Salinier est bondé. Dans ce vaste complexe sportif, situé au cœur de la ville dortoir du sud-ouest parisien, les allées et venues se succèdent sur le parking. Tandis qu’une centaine d’enfants s’ébattent sur les deux nouveaux terrains synthétiques, la place commence à manquer pour les voitures des parents. Avec l’entraînement des plus petits le matin et leur plateau organisé l’après-midi, en parallèle du programme des aînés, tout le monde a de quoi s’occuper. Et c’est comme ça tous les week-ends.

Patrice Evra est resté proche de son club formateur. (C. Calais/L'Equipe)
Une Philosophie d'Accueil et de Formation
Fort de 830 adhérents aujourd’hui, contre 370 il y a dix ans, le CO Les Ulis ne cesse de s’accroître, malgré son budget étroit (200 000 euros). Seul le voisin Evry, au bassin de population plus important, compte plus de licenciés dans le département. «Notre politique technique est simple : on accueille tout le monde, n’importe quand dans l’année. On n’a pas de quotas, avance le directeur technique Aziz Benaaddane. Ça nous permet de fidéliser les nouveaux jeunes qui viennent s’installer dans la ville.»
Cette incroyable réussite n’est pas le fruit du hasard, même si certains s’en amusent. «Je ne sais pas ce qui se passe, allez faire un tour à la maternité, lance Mahamadou Niakaté, tout sourire. Anthony Martial a grandi derrière le stade puis est tombé dans nos pattes à l’âge de 6 ans. Je n’ai aucune explication, ajoute le directeur de l’école de foot et entraîneur de l’équipe seniors (DH), si ce n’est peut-être qu’il y a une bonne étoile au-dessus de cette ville.»
Après avoir fait mine de chercher, l’ancien partenaire d’Evra finit vite par trouver : «Sans prétention bien sûr, c’est la qualité des éducateurs du club (qui en est à l’origine), d’un point de vue sportif mais aussi humain.»
Parmi les 59 bénévoles présents au club, une vingtaine disposent d’un diplôme agréé. Les plus aguerris, responsables de plusieurs catégories, ne se souviennent même plus depuis combien de temps ils sont làrrivés. «Quand on a repris le club, on avait le souhait de développer la formation. On s’est vraiment attaché à former des éducateurs, se rappelle le vice-président Jean-Michel Espalieu. On ne s’est pas trop occupé de l’équipe seniors. (…) Automatiquement, tous ont progressé». Et le club avec. Les bons résultats des premières classes d’âge en attestent. La grande variété des exercices proposés aussi.
Ce jour-là, Mahamadou Niakaté dirige les U6-U7 et met l’accent sur les gammes : les passes, le contrôle et le dribble. Il donne aussi de la voix : «Allez Ethan, c’est pas grave. On s’applique sur la conduite de balle. Bien joué !» Le slalom avec ballon, concocté autour de plots comme repères visuels, n’est pas encore maîtrisé par tous. «Jordan, t’as oublié cette porte. Encore ! C’est mieux les garçons.» Les bambins sont à l’écoute. Ils s’éclatent.

Mahmadou Niakaté dirige l'école de foot des Ulis. (C. Calais/L'Equipe)
L'Ascension en Nationale 3 et les Ambitions du Club
B.V.B. LEGRAND SOIR approche enfin. Fébriles et impatients, les volleyeurs du CO Les Ulis effectuerontdemain leurs premiers pas en Nationale 3. Sous la conduite de Philippe Jeammie, le club a décrochésa montée au printemps et vient redorer le blason d'un volley masculin en total sommeil depuisde longues années dans le département.
Sur leur dynamique, les Ulissiens attaquent ce nouvelexercice pleins d'ambitions même si les dernières nouvelles du front ont refroidi un peu leursardeurs. « Au départ, notre objectif était de continuer notre progression. On attaquait cettesaison en N 3 avec l'ambition de monter à nouveau, lance Philippe Jeammie. Malheureusement,nous nous retrouvons privés de trois joueurs pour la quasi-totalité des matchs aller. Il y ade quoi revoir nos ambitions à la baisse. »
Le central Sam Larousse (mononucléose), les pointusJoffrey Meuleau (genou) et Fabrice Meuleau (entorse), éléments du six majeur, sont en effetsur le flanc.
Du coup, les Ulissiens, qui entameront la saison avec un effectif de dix joueurs,vont devoir resserrer les rangs autour de leurs deux recrues en provenance du Plessis-Robinson(Nationale 3). « Il était indispensable de s'entourer de joueurs qui avaient déjà évolué à ceniveau, confie Philippe Jeammie. On devait absolument remplacer notre passeur Arnaud Fauvelqui a quitté le club. Par ailleurs, il fallait densifier le collectif sur le poste de centraloù nos joueurs prennent de l'âge et où la dépense physique est très importante. »
Sans s'enfaire une montagne, le promu connaît les exigences de la Nationale 3. Son coach a mené, parle passé, le club de Vincennes de la N 3 à la N 1. Il connaît quelques ficelles et a fait deson groupe des joueurs avertis.
« Par rapport au championnat régional, la Nationale 3 offredes adversaires qui commettent moins de fautes et font preuve d'une plus grande régularité.On y trouve davantage de joueurs de taille et souvent des garçons d'expérience en fin de carrière. »
Le danger devrait venir des voisins tels qu'Asnières, chantre de la formation, et Charenton,auxquels le CO Les Ulis s'est frotté en match de préparation. « Attention aussi aux clubs deRennes, aux effectifs dynamiques renforcés par une forte colonie d'étudiants », prévient encorePhilippe Jeammie dont l'équipe devra éviter les trois dernières places de la poule, au termedu championnat, pour prolonger l'aventure à ce niveau.
En Nationale 3 (F), Yerres et Savigny, versés dans la poule C, débutent leur championnat dimanche.
Valeurs et Méthodes Pédagogiques
Parmi les valeurs fortes prônées au quotidien, «le respect, la rigueur et le travail» figurent en bonne place. Ça commence par une poignée de main en arrivant, la première des politesses. «Et on regarde la personne dans les yeux. On s’attache à maintenir ça, confie Marc Perucchini, à la fois éducateur auprès des U10-U11 et père de Ryan, gardien en U12. On est avant tout des parents. On continue leur éducation», dans un cadre rassurant.
«On a trois chartes, on y est très attaché, affirme Jean-Michel Espalieu. Au départ, on est là pour faire du sport. Mais après, on fait aussi presque du social. On veut former nos jeunes à demain.»

Vice-président, Jean-Michel Espalieu insiste sur les valeurs à respecter. (C. Calais/L'Equipe)
«Mon fils va-t-il devenir professionnel », demandent tous les parents.
Les Ulis ont beau être «la meilleure école de football de la région, à l’approche différente axée sur le ballon et le plaisir en harmonie», selon Heykel, papa très présent aux entraînements de son fils, les obstacles restent très nombreux pour percer dans ce milieu. Au besoin, les dirigeants n’hésitent pas à le rappeler. «La réussite d’Anthony Martial nous a apporté une centaine de nouveaux licenciés, raconte Niakaté, et toujours la même question des parents avec : "Mon fils va-t-il devenir professionnel ?" Ils sont pleins d’ambition mais sont aussi conscients qu’il n’y aura pas de place pour tout le monde.»
Alors parfois, certains n’ont aucun scrupule, comme ce père très intéressé par les caméras et prêt à déformer la vérité devant les micros, pour mettre en avant sa progéniture. Il sera ensuite dénoncé. Telle est la rançon du succès.
Un Club Ouvert et Connecté au Monde Professionnel
La force du club, c’est aussi son réseau et ses nombreuses connexions avec le monde pro. Régulièrement, des recruteurs se déplacent pour venir superviser des jeunes aux qualités supérieures à la moyenne. «On ne les appelle pas pour venir voir nos joueurs. Ils nous préviennent quand ils viennent. On leur propose certains matches, c’est à la carte», raconte le directeur technique.
Avec le temps, les scouts ont tissé des liens avec les éducateurs. «Ça fait tellement longtemps qu’on est dans le milieu, on les connait. Ils n’ont pas besoin de se cacher, poursuit Aziz Benaaddane. Ils se présentent à nous et on prend un café. Ça se fait naturellement, ce n’est pas le marché aux bestiaux.»
Deux ou trois fois dans l’année, des stages d’observation sont organisés sur le site. Parmi la vingtaine de joueurs présents, venus de toute la région, les Ulis sélectionnent trois ou quatre candidats susceptibles de taper dans l’œil d’un club de haut niveau. «On a fait signer des joueurs partout, assure le dirigeant. Mais on a plus de facilités à travailler à ceux qui sont plus proches, car délocaliser un gamin à 500 ou 600 kilomètres de chez lui, ce n’est pas facile à cet âge-là.»
C’est pourquoi actuellement, quatre jeunes pousses ulyssiennes poursuivent leur apprentissage à Laval, Châteauroux et Caen. En moyenne, trois anciens pensionnaires du CO intègrent un centre de formation par an.

Les éducateurs ont l'habitude de voir des recruteurs venir aux Ulis. (C. Calais/L'Equipe)
Un Club de Proximité et d'Inclusion
Ce qui saute aux yeux, aux Ulis, c’est enfin cette atmosphère chaleureuse. Bien que située en zone d’éducation prioritaire (ZEP) et entourée des nombreuse cités (les Bosquets, les Hautes-Plaines ou encore les Bergères), l’enceinte respire la tranquillité. Loin du cliché des stades de banlieue, ses occupants s’efforcent d’en faire un havre de paix. «Tout le monde se connaît», promet l’un des responsables.
«Il y a une continuité, c’est l’histoire, une histoire de copains, de dirigeants, d’éducateurs», ajoute le numéro deux dans l’organigramme. Dans ces conditions, l’encadrement ne compte pas ses heures, pour se consacrer à des membres très assidus. Le taux d’absentéisme aux entraînements avoisine le zéro.
«Ce qui fait vraiment la différence, pour moi, c’est ce côté famille, lié à l’aspect compétitif, estime Fabrice Tenin, meilleur ami d’Anthony Martial et aujourd’hui co-entraîneur des U15. J’entraîne par exemple des petits frères de copains que j’ai vu grandir. C’est important qu’un joueur se sente aimé et écouté. Je pars du principe que si un joueur apprécie travailler avec son entraîneur, l’entraîneur obtiendra tout ce qu’il veut de lui.»
Dans cette ville populaire, bardée de terrains et «qui vit pour le foot», l’essentiel des adhérents (95%) est issu des Ulis. Sans aucune gare, difficile d'aller ailleurs. Voilà une autre spécificité de ce club formateur de proximité, au réservoir insoupçonné de jeunes talents.
«On va continuer à sortir beaucoup de joueurs parce qu’on a un petit secret, reconnait finalement le président Leroy. Les ULIS (Unités Localisées pour l’inclusion Scolaire) accueillent des élèves en situation de handicap ou avec des besoins spécifiques. Ces dispositifs permettent à ces jeunes de suivre une scolarité adaptée tout en participant à des activités collectives comme le sport, pour favoriser leur inclusion et leur épanouissement. Cette journée a donc été une belle occasion de mêler découverte sportive, partage et cohésion.

Le stade des Ulis est situé au milieu de la ville. (C. Calais/L'Equipe)
La journée a commencé à 10h00. Les collégiens et collégiennes étaient au nombre de 8, allant de la 5ème à la 3ème, accompagnés de 9 adultes (4 AESH, un coach, deux alternant-es et deux membres de l’OSL).
Nous avons préparé les jeunes à l’activité en tenant compte de leurs différents niveaux de concentration. Chaque élève ayant ses spécificités, nous avons dû adapter notre approche. L’échauffement a duré 30 minutes. Le coach et l’alternant de l’ASUL Volley ont proposé des exercices de passes, tous assis au sol, afin qu’ils soient à l’aise (voir au dessus). Les groupes ont changé régulièrement. Cette position a permis de maintenir leur calme et de les aider à se concentrer.
Bien que certains étaient peu investis au départ, cet exercice a favorisé leur engagement.
Nous avons utilisé des ballons très légers et plus maniables pour éviter les blessures. À 10h40, nous avons débuté la deuxième partie de l’activité, dédiée à l’apprentissage du volley. Les élèves ont appris à positionner leurs mains et leurs pieds et à effectuer des passes. Ceux qui étaient moins à l’aise sont restés en position assise au sol, tandis que les plus confiants sont allés sur le grand filet pour réaliser des passes en duo (voir photos).
L’énergie et l’envie de jouer étaient au rendez-vous. Les groupes tournaient régulièrement, et chacun a pu jouer avec tout le monde. Pour conclure la matinée, tout le monde a participé à un regroupement final où nous avons remis aux AESH des flyers avec des renseignements sur les aides financières pour faire du sport et les clubs adhérents de l’Office pouvant accueillir les jeunes dans de bonnes conditions. Ces flyers pourront aider les familles à se renseigner si les jeunes souhaitent s’inscrire à l’année dans un club.