L'histoire du club de football Les Ulis : Un vivier de talents

Aux portes de Paris, à moins de 25 km au sud de la capitale, se trouve la ville des Ulis. C'est la plus jeune ville francilienne, créée en 1977 pour répondre au développement démographique, industriel et scientifique des communes d’Orsay et de Bures-sur-Yvette.

Cette ville est non seulement un territoire d'excellence au rayonnement international, mais aussi un berceau de talents sportifs, notamment dans le domaine du football. Le club omnisports des Ulis (COU) est reconnu pour sa formation, ayant vu passer des joueurs de renom tels que Thierry Henry, Patrice Evra et Anthony Martial.

Mais quelle est donc la particularité de ce club qui a su former autant de professionnels ? Plongeons au cœur de l'histoire du club de football Les Ulis.

Les Ulis : Une ville sportive et engagée

La ville des Ulis se veut dynamique et permet à ses habitants de pratiquer diverses activités telles que la musique, le chant, la poterie, la photographie, la sculpture, les arts martiaux, la danse, le basket, le foot, la randonnée, l’équitation et bien d’autres encore !

Avec de très nombreuses associations sportives et autant de disciplines représentées, le sport fait partie intégrante de la vie ulissienne. La commune des Ulis dispose de nombreux équipements sportifs :

  • Une piscine avec bassin de nage de 25 m, bassin à vagues, pataugeoire et solarium minéral.
  • Un stade avec piste d’athlétisme synthétique et 3 terrains de football.
  • De nombreux gymnases.
  • Courts de tennis en accès libre.
  • Un terrain de rugby.
  • Un skatepark.
  • Un boulodrome.
  • Un pas de tir à l’arc.
  • Un parcours de santé et d’orientation.
  • Un espace de fitness en plein air.

La saison sportive aux Ulis est riche : 400 manifestations et rencontres, 15 compétitions hebdomadaires et de nombreux tournois scolaires. Et, évidemment, autant de sportifs, amateurs et professionnels, et d’acteurs locaux investis dans l’engagement et les valeurs sportives.

Les parcs et espaces verts de la ville en font un terrain favorable à la pratique d’activités physiques.

Le CO Les Ulis : Une exception dans le monde du football amateur

Au niveau national amateur, le COU est celui qui a sorti le plus de professionnels (13), dont Thierry Henry, natif de la commune. Une véritable exception, qui doit bien avoir une raison... «On n’a pas de potion magique», assurent pourtant les dirigeants en chœur.

En ce samedi ensoleillé d’avril, le stade Jean-Marc Salinier est bondé. Dans ce vaste complexe sportif, situé au cœur de la ville dortoir du sud-ouest parisien, les allées et venues se succèdent sur le parking. Tandis qu’une centaine d’enfants s’ébattent sur les deux nouveaux terrains synthétiques, la place commence à manquer pour les voitures des parents. Avec l’entraînement des plus petits le matin et leur plateau organisé l’après-midi, en parallèle du programme des aînés, tout le monde a de quoi s’occuper. Et c’est comme ça tous les week-ends.

Fort de 830 adhérents aujourd’hui, contre 370 il y a dix ans, le CO Les Ulis ne cesse de s’accroître, malgré son budget étroit (200 000 euros). Seul le voisin Evry, au bassin de population plus important, compte plus de licenciés dans le département. «Notre politique technique est simple : on accueille tout le monde, n’importe quand dans l’année. On n’a pas de quotas, avance le directeur technique Aziz Benaaddane. Ça nous permet de fidéliser les nouveaux jeunes qui viennent s’installer dans la ville.»

Cette incroyable réussite n’est pas le fruit du hasard, même si certains s’en amusent. Après avoir fait mine de chercher, l’ancien partenaire d’Evra finit vite par trouver : «Sans prétention bien sûr, c’est la qualité des éducateurs du club (qui en est à l’origine), d’un point de vue sportif mais aussi humain.»

Parmi les 59 bénévoles présents au club, une vingtaine disposent d’un diplôme agréé. Les plus aguerris, responsables de plusieurs catégories, ne se souviennent même plus depuis combien de temps ils sont arrivés. «Quand on a repris le club, on avait le souhait de développer la formation. On s’est vraiment attaché à former des éducateurs, se rappelle le vice-président Jean-Michel Espalieu. On ne s’est pas trop occupé de l’équipe seniors. (…) Automatiquement, tous ont progressé». Et le club avec. Les bons résultats des premières classes d’âge en attestent.

«On fait ce qui est préconisé par la Fédération française (FFF) et par la Direction technique nationale (DTN), c’est-à-dire des séances classiques avec beaucoup de ludique et de jeu pour les plus jeunes, développe Aziz Benaaddane. Les plus grands travaillent surtout l’aspect mental de la compétition.»

«C’est une vraie chance d’avoir beaucoup d’enfants parce que ça nous permet de travailler avec des groupes de niveaux, à la fois sur la technique mais aussi en fonction des capacités physiques ou des affinités de chacun, détaille l’éducateur. Tout est fait pour que l’enfant puisse s’épanouir.»

Cette «attention individualisée» n’est pas simple à pérenniser avec autant de licenciés. Les dirigeants ulissiens l’ont pourtant érigée en clé de voûte de leur projet. «Les méthodes ont vraiment changé, assure Benaaddane. Aujourd’hui, on est dans un travail beaucoup plus personnalisé, moins global. On est en capacité de détecter des gamins dès l’âge de 9-10 ans.»

Parmi les valeurs fortes prônées au quotidien, «le respect, la rigueur et le travail» figurent en bonne place. Ça commence par une poignée de main en arrivant, la première des politesses. «Et on regarde la personne dans les yeux. On s’attache à maintenir ça, confie Marc Perucchini, à la fois éducateur auprès des U10-U11 et père de Ryan, gardien en U12. On est avant tout des parents. On continue leur éducation», dans un cadre rassurant.

Les Ulis ont beau être «la meilleure école de football de la région, à l’approche différente axée sur le ballon et le plaisir en harmonie», selon Heykel, papa très présent aux entraînements de son fils, les obstacles restent très nombreux pour percer dans ce milieu. Au besoin, les dirigeants n’hésitent pas à le rappeler.

ÇA EXISTE AUX ULIS | Le Club Omnisports des Ulis

Des connexions avec le monde professionnel

La force du club, c’est aussi son réseau et ses nombreuses connexions avec le monde pro. Régulièrement, des recruteurs se déplacent pour venir superviser des jeunes aux qualités supérieures à la moyenne. Avec le temps, les scouts ont tissé des liens avec les éducateurs. «Ça fait tellement longtemps qu’on est dans le milieu, on les connait. Ils n’ont pas besoin de se cacher, poursuit Aziz Benaaddane. Ils se présentent à nous et on prend un café. Ça se fait naturellement, ce n’est pas le marché aux bestiaux.»

Parmi la vingtaine de joueurs présents, venus de toute la région, les Ulis sélectionnent trois ou quatre candidats susceptibles de taper dans l’œil d’un club de haut niveau. En moyenne, trois anciens pensionnaires du CO intègrent un centre de formation par an.

Une atmosphère familiale et un ancrage local

Ce qui saute aux yeux, aux Ulis, c’est enfin cette atmosphère chaleureuse. Bien que située en zone d’éducation prioritaire (ZEP) et entourée des nombreuses cités (les Bosquets, les Hautes-Plaines ou encore les Bergères), l’enceinte respire la tranquillité. Loin du cliché des stades de banlieue, ses occupants s’efforcent d’en faire un havre de paix.

Dans ces conditions, l’encadrement ne compte pas ses heures, pour se consacrer à des membres très assidus. Le taux d’absentéisme aux entraînements avoisine le zéro.

Dans cette ville populaire, bardée de terrains et «qui vit pour le foot», l’essentiel des adhérents (95%) est issu des Ulis. Sans aucune gare, difficile d'aller ailleurs. Voilà une autre spécificité de ce club formateur de proximité, au réservoir insoupçonné de jeunes talents.

Conséquence ou pas : le CO (Club omnisports) Les Ulis est le seul club amateur de France, et peut-être d'Europe, à avoir deux joueurs formés chez lui qui disputent l'Euro 2016. Il s'agit de Patrice Evra (35 ans), défenseur de la Juventus Turin, et Anthony Martial (20 ans), attaquant de Manchester United.

Patrice Evra, quant à lui, n'a rien oublié. A chaque fois qu'on lui demande quelque chose, il répond présent, c'est rare. Et même si on ne lui demande rien, il est là.

Car aux Ulis, on donne la priorité aux enfants. Pas (forcément) pour en faire de futurs pros : juste des gamins qui s'amusent balle au pied.

Hommage à Patrice Évra et Anthony Martial

En 2016, un événement peu commun s'est tenu dans cette commune de l'Essonne (91) pour saluer la longévité du parcours de Patrice Évra et l'ascension fulgurante d'Anthony Martial. Gaye Niakaté, ami d'enfance de Patrice Évra et organisateur de l'événement, souhaitait rendre hommage à Patrice pour sa longue et belle carrière et profiter de la présence d'Anthony Martial, dont le transfert à Manchester United avait bouleversé le paysage footballistique.

L'événement a pris la forme d'une fête avec de nombreuses animations, dont un match de féminines opposant le CO des Ulis à l'OC Gif Football, suivi d'une rencontre entre les U12 et U13 ulissiens, où Évra et Martial ont participé en tant que capitaines d'équipe.

Cet événement a mis en lumière la fierté de la ville des Ulis envers ses enfants prodigues et a renforcé le lien entre les jeunes joueurs du club et leurs modèles.

Le transfert d'Anthony Martial : Une manne financière pour le club

Le transfert d’Anthony Martial de Monaco à Manchester United pour 60 à 80 millions d’euros a surpris tout le petit monde du foot. Si personne ne s’attendait au départ du jeune attaquant de 19 ans, les éducateurs des Ulis, le club du 91 où il a été formé, ont dû avoir un sacré choc. Car la transaction pourrait leur rapporter 600.000 euros, au titre des indemnités de formation. C’est trois fois le budget annuel du club de l’Essonne.

Avec l'argent touché au titre de l'indemnité de formation (100 000 € déjà débloqués), le club a acheté 4 autres minibus avec une gestion de bon père de famille.

La direction se vante de ne jamais refuser un seul jeune qui veut s’inscrire. Et si la famille ne peut pas payer l’inscription ? « On s’arrange », s’exclament les deux personnes assises un peu plus loin. Le vecteur social est un leitmotiv du club. Le club fonctionne un peu comme un repère pour certains jeunes en difficulté qui retrouvent dans les 18 éducateurs diplômés une figure adulte qui les considère et est toujours à l’écoute.

Les Ulis : Une source d'inspiration pour les jeunes

Aux Ulis, peut-être plus qu’ailleurs, les Bleus seront très soutenus pendant l’Euro. Deux joueurs actuels de l’équipe de France y ont grandi et y reviennent encore souvent voir leurs proches. Mais les gamins du coin, Patrice Evra et Anthony Martial, ne sont pas les seuls à être passés par le club omnisports de l’Essonne, reconnu pour sa formation.

«Pour les enfants du club, Thierry Henry c’est déjà très loin. C’est à Martial qu’ils vont s’identifier maintenant.

Le club fonctionne un peu comme un repère pour certains jeunes en difficulté qui retrouvent dans les 18 éducateurs diplômés une figure adulte qui les considère et est toujours à l’écoute. « Nous, on ne veut pas tuer leur passion. Ils sont aussi là pour s’amuser et grandir, on s’en fout de qui va finir pro ou pas. »

Tableau des Joueurs Formés aux Ulis

Nom du Joueur Poste Club(s) Majeur(s)
Thierry Henry Attaquant Monaco, Arsenal, FC Barcelone
Patrice Evra Défenseur Manchester United, Juventus Turin
Anthony Martial Attaquant Monaco, Manchester United
Yaya Sanogo Attaquant Arsenal, Ajax Amsterdam

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