L'histoire du football américain à Cleveland: Des triomphes initiaux à la quête persistante du titre

Cleveland, une ville souvent associée à la désillusion sportive, possède une histoire riche et complexe dans le monde du football américain. Cet article explore les hauts et les bas de la franchise des Cleveland Browns, de leurs débuts prometteurs à leur quête persistante d'un titre.

Les premiers jours de gloire (1944-1964)

Les Browns de Cleveland ont été fondés en 1944 lorsque le magnat des taxis Arthur B. « Mickey » McBride a obtenu une franchise de Cleveland au sein de la nouvelle All-America Football Conference (AAFC). Le propriétaire organise alors un concours en 1945 auprès des fans pour trouver un surnom. Le vote le plus populaire se porte sur « Browns » en l’honneur du premier entraîneur Paul Brown, véritable figure populaire dans le sport de l’Ohio.

Selon la version officielle, Brown a apposé son véto, préférant « Panthers » parmi les autres suggestions. Problème, un homme d’affaires de la région informe alors la franchise qu’il possède les droits sur le nom « Cleveland Panthers », en référence à une ancienne équipe qui n’avait pas connu un grand succès auparavant. Paul Brown a une autre version de l’histoire. Le nom serait venu de « Brown Bombers », surnom du champion du monde de boxe poids lourds de l’époque, Joe Louis. Brown voulait que son équipe ait un surnom digne d’un champion et estimait que « Brown Bombers » était approprié. Le nom aurait été ensuite raccourci en « Browns ».

Avec la fin de la guerre, la franchise a profité des liens de son nouvel entraîneur avec le football universitaire et l’armée pour constituer son effectif. La première signature a été celle d’Otto Graham, un ancien quarterback vedette de Northwestern qui servait alors dans la marine. Les Browns ont ensuite signé le kicker et tackle offensif Lou Groza, les receveurs Dante Lavelli et Mac Speedie, et le centre Frank Gatski.

Au même titre que les Rams à cette époque, l’entraîneur a également joué un rôle clé dans l’intégration raciale des sports professionnels avec les signatures en 1946 de Marion Motley (FB) et Bill Willis (NT), deux des premiers afro-américains à avoir joué au football professionnellement. Brown, Graham, Motley, Groza, Lavelli, Willis et Gatski ont ensuite été élus au Hall of Fame.

Le 6 septembre 1946, au Cleveland Municipal Stadium, ils ont aisément dominé les Seahawks de Miami devant une foule record de 60 135 personnes lors du premier match de saison régulière. Ils ont terminé la saison avec une fiche de 12 victoires pour seulement 2 défaites, avant de dominer les New York Yankees 14 à 9 lors de la première finale organisée. Le début d’une domination sans partage où seuls les Yankees et les 49ers faisaient illusion.

Sous la houlette de Brown, l’équipe a remporté les trois autres championnats de l’AAFC (14-3 contre les Yankees en 1947, 49-7 contre les Bills en 1948, 21-7 contre les 49ers en 1949) jusqu’à sa dissolution en 1949.

L’AAFC a été dissoute et trois équipes (Browns, 49ers et Colts alors à Baltimore) ont rejoint les rangs de la NFL à partir de la saison 1950. Le 16 septembre à Philadelphie, ils ont ouvert la saison contre les champions en titre de la meilleure des manières avec une victoire 35 à 10 grâce à une attaque de feu (487 yards au total, dont 246 de Graham à la passe).

Ce secteur qui mettait également en vedette Groza, Motley, Lavelli et le running back Dub Jones a permis à Cleveland de terminer la saison 1950 à la première place de la conférence Est, à égalité avec les Giants de New York (10-2). Une équipe qu’ils ont vaincu 8 à 3 en playoffs, avant de disposer des Rams à Cleveland 30 à 28, sur un field goal à la dernière minute de Groza, pour s’adjuger le titre national.

En fait, les Browns ont participé à la finale sept fois au cours de ses 8 premières années dans la ligue (1950-1957). Seule la saison 1956 a été en deçà des standards habituels. Suite au premier titre, ils ont enchainé trois revers successifs en finale contre les Rams (24-17 en 1951), et deux fois contre les Lions (17-7 et 17-16 en 1952 et 1953).

Le succès a fait son retour en 1954, bien que cela ne soit pas gagné d’avance. Initialement, Otto Graham avait déclaré que ce serait sa dernière saison, tandis que Motley et Willis ont pris leur retraite. 9 victoires - 3 défaites et les voilà en finale contre Detroit pour la troisième année consécutive. Cette fois, ils ont dominé de la tête et des épaules (56-10). Des deux côtés du ballon. Bobby Lane a été intercepté à 6 reprises côté Lions, pendant que Graham enchainait les touchdowns (3 à la passe et 3 au sol).

Convaincu par son entraineur, le quarterback est revenu aux affaires pour une ultime saison en 1955, qui l’a consacré pour la troisième fois. Une victoire 39-14 face aux Rams où il a reçu une standing ovation du public californien lorsqu’il est sorti en fin de match. Sans son maitre à jouer, et face à de nombreuses blessures, ils ont chuté à 5 victoires - 7 défaites l’année suivante, la première négative de son histoire, entrainant le départ à la retraite de plusieurs cadres.

Avec 942 yards en 12 matchs seulement, Jim Brown a été désigné rookie de l’année et aidé Cleveland à retrouver la finale, bien qu’ils aient été battus 59 à 14 par les Lions. Apprécié des joueurs, il a mis en place un système offensif ouvert permettant au quarterback Frank Ryan de décider lui-même des jeux.

Porté par le meilleur joueur de la saison Jim Brown (1863 yards et 12 touchdowns au sol), Cleveland a terminé avec 10 victoires - 4 défaites au compteur, échouant d’un rien pour une place en finale. Suite au succès de prestige face aux Giants (52-20), ils ont remporté la conférence Est afin de se hisser en finale pour la huitième fois, et ils sont venus à bout des Colts de Johnny Unitas 27 à 0 devant les 80 000 personnes du Stadium Municipal.

Collier avait mis en place un système rigoureux pour éviter les gains importants, en employant une défense homme à homme sur les jeux de passe. Une tactique qui a porté ses fruits et offert le titre à la franchise, le dernier à ce jour.

Ils sont bien retournés en finale la saison suivante, mais ont échoué contre les Packers (23-12) au Lambeau Field avant que NFL et AFL ne fusionnent en 1966. Le dernier match professionnel de Jim Brown au terme duquel il avait amassé 12 312 yards au sol en carrière, un record NFL qui est resté valable pendant 22 ans.

Avec la fusion entérinée, Cleveland a rejoint les équipes de l’AFL en compagnie des Colts et Steelers pour former la conférence AFC, et ont été positionnés dans la division C...

PériodeFaits marquants
1946-19494 titres de l'AAFC
1950-19577 participations en finale de la NFL
1964Dernier titre de la NFL

Jerry Jeudy gave one of the weirdest press conferences we've ever heard on Wednesday

Identité visuelle : Logos et Uniformes

Les Browns sont la seule équipe de la ligue à ne pas avoir de logo sur leur casque. Ce casque sans logo sert d’ailleurs également de symbole officiel depuis la fusion AFL-NFL en 1970. Une identité visuelle originale dans le petit monde de la NFL. En fait, 7 des 9 logos principaux ont présenté ce concept, y compris une version inutilisée de 1965.

Le logo principal connaît sa toute première version en 1948. Elle met en scène le personnage original de Brownie l’elfe (qui est également devenu la mascotte officielle de l’équipe), dans un style classique d’animation de l’époque. L’image a été créditée à l’artiste Dick Dugan, devenu plus tard dessinateur sportif pour le journal local Cleveland Plain Dealer. Le nom de Brownie est associé au surnom de l’équipe « Browns ».

En 1959, l’identité visuelle de Brownie évolue. Il est désormais tourné vers la droite, la couronne a été remplacée par une casquette et le ballon de football est dans sa main droite. Ses vêtements sont en noir et orange, ses bras et son visage blancs. Lorsque Art Modell a acheté la franchise, il a estimé que l’emblème était trop enfantin et l’a supprimé.

Au milieu des années 60, un nouveau logo est alors créé. Un casque orange foncé vu de côté, des lettres « CB » entrelacées marron avec une bordure blanche, une grille de protection grise, une bande blanche sur le dessus et un contour noir. Le logo fut alors remplacé par une version qui ressemble à la version inutilisée de 1956. Seuls de petits changements ont été apportés : les trois points gris ont été supprimés, le contour noir interne s’est élargi et la grille est devenu blanche.

En 1986, les concepteurs adoptent une vue de ¾ face. Le changement d’angle permet de dessiner le masque en détail et en 3D. Des lignes sombres longent les fixations blanches, soulignant la tridimensionnalité. En 1992, la forme globale a simplement été modernisée pour coller à l’évolution des casques. Les couleurs deviennent plus ternes et un rebord blanc fait son apparition sur la partie inférieure arrière.

En 2006, les formes, le ratio et l’épaisseur des rayures ne sont pas modifiés. Les variations se concentrent sur la couleur. Le logo actuel a été adopté en 2015 et représente un casque de football plus moderne. Sa forme est identique à celle des deux versions précédentes, seules les couleurs ont changé. Un brun est utilisé à la place du noir, l’orange tire sur l’orange brûlé.

La franchise utilise son logo Wordmark depuis 1972 et il n’a guère évolué au fil du temps. La mouture initiale, valable jusqu’en 2002, représentait le terme « Browns » en orange avec un contour marron et inscrit sur une seule ligne. À partie de 2003, le nom de la ville et le surnom de l’équipe sont apparus sur deux lignes. « Cleveland » plus petit en marron au-dessus, et « Browns » en orange avec un contour marron en-dessous.

Entre 2006 et 2014, le mot-symbole a utilisé la même teinte orange avec un contour marron. L’ensemble formait un bloc de la même largeur. Le premier logo alternatif a vu le jour dans les années 60. Il représentait l’elfe de la version originale courant avec un ballon sous un bras et l’autre tendu comme pour raffûter un défenseur.

Cette version a fait son retour en 1999 au même moment où la franchise a fait son retour en NFL. Elle a alors introduit un chien brun et blanc portant un casque de l’équipe et serrant un ballon de football orange dans sa bouche. Entre 2003 et 2014, les Browns ont eu recours a deux représentations alternatives : un bulldog orange et marron, aux yeux marron, blancs et orange avec une vue de face ; ou un ballon de football stylisé avec la lettre « B » et des rayures orange et marron à l’intérieur.

En 2023, les Browns annoncent une évolution dans leur identité visuelle avec l’ajout d’un logo alternatif. Le « Dawg », un bullmastiff, fait son retour mais il reste en position de logo alternatif. Le logo gagnant a été dessiné par Mark Houston. « Le fait que les fans des Browns se sentent représentés par ce logo, a été de loin la chose la plus gratifiante de ce projet. Voir autant de personnes se sentir connectés et se sentir eux-mêmes est incroyable », a expliqué le graphiste. « C’est ce que l’on veut en tant que designer de logo.

Les numéros étaient marrons avec une ombre portée orange. La combinaison visuelle était complétée par un pantalon et un casque blanc. Trois ans plus tard, un casque orange a fait son apparition en complément, avant de devenir la seule couleur officielle en 1952. Cette version comportait une bande centrale blanche. Cet original comportait des numéros blancs, tandis que les versions ultérieures ont utilisé des numéros bruns. Entre 1957 et 1960, les numéros de joueurs ont été ajoutés sur les côtés des casques.

À l’exception de quelques très rares occasions, ce sera la dernière fois qu’un symbole apparaîtra sur la protection. À la fin de cette période, deux bandes brunes y ont été incorporées de part et d’autre de la blanche existante. Pour le 50ème anniversaire de la NFL en 1969, l’équipe a placé un écusson spécial sur l’épaule gauche des tenues. À noter également l’ajout sur les manches de fines bandes blanches entre l’orange et le marron.

Le changement suivant s’est produit en 1984 avec une évolution au niveau des manches et le retour à un pantalon blanc. Deux fines bandes blanches entouraient une seule orange plus large sur les tenues domicile. Sur les hauts blancs, ce motif était orange sur les bords extérieurs et marron au centre. Cette version n’était pas du goût des fans qui l’ont beaucoup critiqué et après une petite année, les hauts ont retrouvé l’ancienne apparence.

Pour son retour en 1999, Cleveland a opté pour un look classique, pratiquement inchangé depuis leurs dernières apparitions dans le monde professionnel. En 2003 et 2004, des pantalons orange ont été ajoutés comme option, avant que cette couleur ne soit plus du tout utilisée (en haut comme en bas) à partir de 2005. En 2008, Cleveland a joué pour la première fois avec un bas marron uni contre les Giants en présaison. Bien que cela reste une option, il ne sera plus porté jusqu’en 2013 et 2014 où l’équipe adoptait un look entièrement marron avec des chaussettes de la même couleur.

Les Browns ont complètement remanié leurs uniformes avant la saison 2015. Pour le haut, les rayures sur les manches ont été réduites de 5 à 3, le mot-symbole « Cleveland » apparaissait sur la face avant, au-dessus des numéros, qui ont été mis en valeur avec une ombre portée. Les bas avaient des rayures partielles, et le terme « Browns » s’étendait le long de la jambe. Le casque a également changé, avec l’ajout d’une grille marron pour la première fois.

La déclinaison Color Rush, entièrement marron avec des numéros et bandes orange, a vu le jour en 2018. Cleveland était alors la dernière équipe a présenté son modèle pour l’occasion. Un retour dans le passé avec une touche de modernité. L’année « 1946 » est inscrite en orange à l’intérieur du col pour commémorer l’année de fondation de l’équipe. La nouvelle police pour la numérotation est plus ronde, et ressemble à celle des années 50-60.

Enfin, le nouveau Color Rush est simplement marron, uni, avec les numéros et nom du joueur inscrits en orange. Baker Mayfield, Joel Bitonio et Nick Chubb peuvent ainsi être admiré dans une tenue blanche, réplique de celle de leur saison inaugurale en 1946. Le design du casque reflète plusieurs époques de l’équipe. Il comporte la coque orange habituelle avec une seule bande blanche centrale (1952-59), le numéro du joueur en marron sur les côtés (1957-60 et milieu des années 2000) et une grille de protection grise (1961-74, 2006-14).

Mascottes : Brownie l'Elfe et Chomps

Les Browns sont l’une des rares équipes à avoir deux mascottes officielles. La première est un chien nommé Chomps, apparu en tant que mascotte officielle à partir de la saison 2019. La deuxième est un elfe nommé Brownie. C’est la mascotte historique de l’équipe en même temps que le logo historique de l’équipe des Browns.

Chomps (l’abréviation de Chomps Swagger Jr.) est la mascotte officielle des Cleveland Browns depuis la saison 2019. C’est un bullmastiff basé sur la section Dawg Pound de l’équipe des Browns. Le Dawg Pound est le nom de la section des gradins derrière la zone est du Huntington Bank Field, le stade des Browns.

Lorsque les Browns ont été formés en 1946, la première publicité faisant la promotion de la vente de billets présentait le dessin d’un elfe, avec le texte « Les Brownies arrivent ! » Il y a des spéculations selon lesquelles Paul Brown, le premier entraîneur des Browns et l’homme qui a donné son nom à l’équipe, a chargé un artiste local de concevoir la mascotte des Browns nouvellement formés.

Malgré son histoire mouvementée, Brownie est de plus en plus présent chaque année. C’était le logo officiel du camp d’entraînement en 2006, célébrant le 60e anniversaire de la franchise et une mascotte secondaire de Brownie l’Elfe est apparue en 2015. Il existe d’ailleurs une autre petite histoire concernant Brownie l’Elfe. Les lecteurs de fiction britannique moderne peuvent sans doute reconnaître un personnage célèbre, basé sur Brownie. Il s’agirait de Dobby, l’elfe de maison de la série de livres Harry Potter de J.K. Rowling.

La malédiction de Cleveland et l'espoir renouvelé

Cleveland est la ville dont on aime se moquer, un peu partout aux Etats-Unis. En sport - « On ne choisit pas Cleveland, ça te tombe dessus », a dit un jour Andy Roddick - mais pas seulement. L’ancienne capitale de la « Manufacturing Belt », victime de la désindustrialisation puis de la crise des subprimes, est désormais surnommée « Miserable City ».

La défaite des Cavaliers en finale NBA face aux Warriors prolonge la traversée du désert sportive de Cleveland, qui dure depuis 1964. Un coup dur de plus pour cette ville sinistrée. Cette étiquette va rester collée aux moins un an de plus aux doigts de Cleveland. Celle d’une ville maudite, particulièrement en sport. Les Cavaliers, son équipe de basket, avaient l’occasion de l’en débarrasser mais, touchés par la guigne, ils ont cédé face aux Golden State Warriors, favoris objectifs de cette finale, quatre victoires à deux. Pis : la franchise d’Oakland (Californie) a obtenu la victoire décisive sur le parquet de Cleveland, la nuit dernière, 105-97.

L’un des meilleurs basketteurs de l’histoire, LeBron James, était revenu à Cleveland cette saison pour mettre fin à ce que, sur la rive du lac Érié, on appelle « the Curse », « la Malédiction ». Elle a sa page Wikipédia et tient en un chiffre : zéro, comme le nombre de titre de champion remporté par les équipes de Cleveland dans les trois sports majeurs du pays (football américain, baseball et basket) depuis 1964.

Parmi les 15 villes du pays accueillant une franchise dans ces trois sports, Cleveland est la seule qui soit restée bredouille depuis cette date. La probabilité pour que cette disette dure cinquante ans était de 0,4 %, a calculé un mathématicien de la région. Depuis, c’est le néant. La plupart du temps, les trois franchises, Cleveland Browns (football américain), Cleveland Indians (baseball) et Cleveland Cavaliers (basket-ball), ont été lamentables. Pas une des trois franchises n’a gagné un match sur deux. Les Browns n’ont plus accédé aux playoffs depuis 2003 et n’ont jamais disputé le SuperBowl, créé en 1967 ;Les Indians ont connu une traversée du désert de trois décennies à partir de 1960, au point qu’un film se moquant d’eux a été tourné avec Charlie Sheen ;Les Cavaliers détiennent, à égalité, le record de défaites consécutives d’une franchise en sport américain avec 26 revers lors de la saison 2010-2011.

Quand les équipes de Cleveland ont été en mesure de convoiter un titre, elles ont toujours joué de malchance ou pris des mauvaises décisions. « The Drive », « the Fumble », « the Shot », « the Move », « the Decision » sont, à Cleveland, des expressions associées à une désillusion sportive. Les fans maudissent un mauvais choix tactique, la trahison du propriétaire qui déménage l’équipe à Baltimore, le premier coup de génie de Michael Jordan… et l’infidélité d’un des leurs, LeBron James, lorsqu’il a quitté Cleveland pour Miami en 2010 alors que la franchise jouait enfin les premiers rôles.

Les supporteurs des trois équipes de Cleveland sont dans ce contexte étonnamment fidèles et résilients. Ils suivent les hauts et, surtout, les bas de leurs franchises avec une forme de fatalité, résumée dans un texte publié en 2013 dans le New York Times par le journaliste de Cleveland John Hyduk : « En tant que fan de sport à Cleveland, je tiens la devise suivante pour une lapalissade : aussi séduisant soit le projet, aussi élevé soit le choix de draft, quelqu’un finira par planter le truc. (…) Nous cherchons la victoire, comme les emplois, où nous le pouvons. Moi, par exemple, je me réconforte en me disant que ma voiture ne sera jamais renversée par les célébrations suivant un titre de champion. »

Comme les Indians, les Browns ou les Cavaliers sont tous passés, une année ou l’autre, tout près du titre de champion, les supporteurs s’accrochent. Avec une devise : « Il y a toujours l’année prochaine. » L’un des sites de sport les plus populaires à Cleveland s’appelle d’ailleurs « Waiting for next year » (« En attendant l’année prochaine »).

Les Cleveland Browns commencèrent une nouvelle existence, qui s'avéra morose, avec, en 22 saisons, seulement deux bilans positifs et une qualification pour les play-offs. Cleveland rejoignit également le cercle peu envié des équipes qui bouclèrent un championnat sans victoire (16 défaites en autant de matches en 2017). Mais, cette année, le cauchemar pourrait prendre fin.

Après 12 journées de saison régulière, les Cleveland Browns comptent huit victoires contre trois défaites (avec une journée en ayant été exempté), et sont deuxièmes de leur division derrière les intouchables Pittsburgh Steelers (11 matches, 11 victoires). Alors qu'ils leur restent encore cinq rencontres à jouer, les Browns ont déjà l'assurance de réussir leur meilleure saison depuis 2007, quand ils avaient gagné 10 matches et manqué de peu les play-offs.

Jim Brown : Une légende du football et un militant

L’Amérique a appris vendredi la mort à 87 ans de Jim Brown et Barack Obama a été prompt à rendre hommage à celui que Sports Illustrated a qualifié de “légendaire” joueur de football américain, mais qui était aussi un grand défenseur de la communauté noire, contemporain de Muhammad Ali et Kareem Abdul-Jabbar.

En neuf saisons, il ne rate pas un seul match. À l’été 1966, l’athlète de 30 ans, qui avait commencé à faire du cinéma deux ans plus tôt avec un rôle conséquent dans le western Rio Conchos, tourne Les douze salopards. La production à Londres est retardée et il demande au propriétaire des Browns. On lui répond qu’il recevra une lourde amende pour chaque jour de retard. “Vivant la menace comme un affront, Brown organise une conférence de presse et annonce la fin de sa carrière”, rapporte NPR.

En 1967, M. Brown organise à Cleveland “le sommet Mohammed Ali” pour défendre le boxeur qui refuse de s’engager dans la guerre du Vietnam. Les basketteurs Bill Russell et Kareem Abdul-Jabbar (encore appelé Lew Alcindor) participent à l’événement. Même s’il admirait Martin Luther King, “il ne croyait pas au pouvoir des marches et des manifestations et n’était pas d’accord avec sa stratégie de résistance passive”, explique NPR.

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