Le monde du football est souvent animé par la passion de ses supporters, mais parfois, cette passion peut déborder. C'est le cas des Turons 1951, un groupe de supporters du Tours FC, dont l'histoire est marquée par des controverses et des incidents.
Samedi 21 octobre, un match de National 3, opposant le Tours FC à Poitiers, a été interrompu à la 83e minute. En cause : une bagarre ayant éclaté en tribunes entre deux groupes de supporters, dont les Turons, venus de Tours.
Entre ce qui se passe sur le terrain et en dehors, le Tours FC ne vit pas sa meilleure passe. Relégué en National 3 depuis 2019 (avec une saison en Régional en 2021-2022), le club tourangeau vise clairement la remontée en National 2. La dernière défaite en date : 2-1 sur la pelouse de Poitiers, avec une interruption définitive du match à la 83e minute.
L'incident de Poitiers et les Réactions
En tribunes, une bagarre générale a éclaté après le deuxième but de Poitiers, les joueurs étant venus célébrer le score devant les supporters tourangeaux. "Je vois des coups de poing, des coups de pied s'échanger", explique la commentatrice tourangelle.
Pourtant, ces supporters, le président du Tours FC les a qualifiés de "racailles", de "supporters à la petite semaine", et de "sous-déchets de l'humanité" juste après le match interrompu face à Poitiers. Ce dernier n'a également pas hésité à réclamer la dissolution des Turons 1951, en plus de manifester son intention de déposer plainte.
Il leur est reproché l'emploi de fumigènes, de laser, et d'avoir déclenché l'échauffourée. Ces derniers se sont d'ailleurs défendus, dans un communiqué, d'avoir utilisé un laser et d'avoir lancé des fumigènes sur la pelouse. Quant aux débuts de la bagarre, l'association assure s'être défendue face à "un attroupement à notre encontre des joueurs, staff et supporters poitevins".

Les Turons 1951 : Identité et Symbolique
Les Turons 1951, ce sont les supporters ultras de Tours. L'association s'était rapidement construite à ses débuts une réputation plus que sulfureuse, notamment par des incidents lors d'un match avec Angers. Depuis, le groupe semble avoir fait moins de vagues. Dans une interview en 2015, les Turons se félicitent même de communiquer "très régulièrement avec Monsieur Ettori", le président du club.
Selon le site Streetpress, l'association entretiendrait des liens "forts" avec les hooligans d'extrême droite du Turone Squad.
Sur une photo postée sur le site des Turons 1951, un groupe de supporters tourangeaux pose devant la cathédrale d'Orléans avant un match contre l'équipe de Saran. Un totenkopf (tête de mort, en allemand), un crâne humain agrémenté de deux fémurs croisés, y figure également. Le symbole apparaît dans l'armée prussienne dès le 19e siècle.
Le logo des Turons 1951 reprend lui aussi l'imagerie du crâne, mais lui associe une symbolique nationaliste française, avec un casque ailé comme peuvent en porter les Gaulois représentés par la peinture romantique du 18e siècle. Le nom de Turon fait d'ailleurs référence aux Turones, peuple gaulois de la région de Tours, et qui lui a légué son nom.

Une symbolique qui alimente la "réputation" du groupe, celle de "venir avant tout pour en découdre avec d'autres", estime Antonio Teixeira, président de la Ligue Centre-Val de Loire de football. Il se souvient que des "précautions" avaient dû être prises avant la venue du Tours FC à Saran, niveau sécurité. "On est attentifs quand on a l'information qu'ils se déplacent", ajoute-t-il.
Antonio Teixeira adopte un parti pris proche de celui du président du Tours FC : "Ce sont des gens qui vont juste donner une mauvaise image du club, qui ne cautionne pas. Ces gens-là, à un moment, doivent être interdits de stade." Il note cependant que la ligue n'avait "pas eu d'autres problèmes cette saison" avec les Turons.
Conclusion
L'histoire des Turons est un exemple des défis auxquels sont confrontés les clubs de football : gérer la passion de leurs supporters tout en assurant la sécurité et en véhiculant une image positive. Les incidents récents et les controverses liées à leur symbolique montrent qu'il reste du travail à accomplir pour trouver un équilibre entre soutien passionné et comportement responsable.