L'histoire des Sangliers Arvernes, le club de hockey de Clermont-Ferrand, est une aventure faite de passion, de défis et d'une identité forte ancrée dans le paysage auvergnat. Des débuts modestes à la patinoire de Clermont Métropole à l'ascension en Division 1, le club a su conquérir le cœur de nombreux supporters fidèles, dont Patrick Poitrineau et Gaëtan Boucheret, véritables mémoires vivantes du club.

Les Pionniers et les Fidèles Supporters
Comme tous les clubs auvergnats, les Sangliers Arvernes ont la chance de pouvoir compter sur des supporters irréductibles. Patrick Poitrineau et Gaëtan Boucheret sont des figures incontournables du club. Tous deux anciens joueurs, archivistes, correspondants de presse, arbitre pour l’un, inventeur du nom du club pour l’autre, ces passionnés arpentent les travées de la patinoire de Clermont Auvergne Métropole depuis de nombreuses années.
Reconnu pour son impartialité, Gaëtan Boucheret est un acteur des sports de glace en Auvergne. Pour celui qui a fait partie des bénévoles auprès du Comité d’organisation des Jeux Olympiques d’Albertville en 1992, le HCCA représente une partie de son quotidien : « Ce club a une histoire, une âme. Depuis toujours, on a eu des attaches familiales et viscérales avec un club où mon frère a longtemps été joueur, lui aussi. »
Il poursuit : « Mon frère a joué en compagnie de Patrick Poitrineau, il y a plusieurs années. Je n’avais pas leur talent, alors j’ai voulu vivre ma passion par procuration en devenant arbitre. »
Patrick Poitrineau exprime sa passion via le site internet Hockey-Hebdo. Avec Patrick Poitrineau et aussi Yannick Martin, photographe du club, la presse est toujours abondamment alimentée d’informations ou de statistiques via leur média de prédilection, Hockey-Hebdo.
Opticien de profession, Patrick a toujours un œil sur l’actualité de son club : « Pour les besoins de ma profession, j’ai dû partir sur Paris. J’ai toujours fait en sorte d’avoir des infos de mon club de cœur, même si à l’époque on n’avait pas forcément les moyens modernes pour se tenir au courant. C’est alors que j’ai développé mes archives personnelles en essayant de conserver toutes les coupures de presse ou autres objets en rapport avec le club. »
Parmi ses plus remarquables faits d’armes, Patrick Poitrineau est aujourd’hui une encyclopédie vivante du HCCA et a même contribué à donner aux joueurs le nom de Sangliers Arvernes : « A l’époque, le club cherchait une identité propre. C’était le temps ou chaque club se trouvait un patronyme. On avait réalisé un premier logo avec Bugs Bunny mais je souhaitais proposer un nom plus original, plus proche de l’identité de la structure. Alors j’ai proposé au président de l’époque le nom de Sangliers Arvernes. »
Les Débuts et l'Évolution du Club
Dès l’ouverture de la patinoire en cours d’hiver 1972 -voire probablement avant même le début des travaux- il y avait l’intention de pratiquer les 3 grands sports de glace reconnus : le patinage artistique, le hockey et le patinage de vitesse. Pour cette dernière, elle ne sera guère pratiquée plus de 5 années avant de disparaître faute de réelle motivation.
La création de cette patinoire était l’œuvre d’un privé, M.Boudou, par ailleurs déjà propriétaire du premier bowling clermontois. Cette précision a son importance pour les évènements futurs.
Vers mars-avril 1972, ce fut le hockey qui eut droit en premier à un entraineur en la personne de Jean-Marie Nourry. Il porta aussi beaucoup d’attention à la formation d’une école de hockey pour les plus jeunes, dès 4-5 ans. Son travail assidu lui permettra d’inscrire pour la première fois une équipe sénior en compétition officielle dès la saison 1972/1973.
Dure expérience mais loin d’être sans victoires, le club fut rattaché pour cette première saison à la ligue Rhône-Alpes. La saison suivante l’équipe première, nettement plus aguerrie, se lancera en 2ème série dans une ligue moins relevée, celle du Sud-Ouest.
Ce fut l’année d’un premier titre : « Champion de la ligue du Sud-Ouest » face à Anglet. Le championnat s’arrêtera là mais Jean-Marie Nourry pouvait être fier du travail accompli et d’avoir conquis un public non négligeable pour une toute nouvelle discipline. Enfin, il pouvait aussi être fier des jeunes pousses que lui et Freddy Heussi couvaient activement.
L’affaire éclata en début d’année 1975. Jean-Marie Nourry, outre son poste d’entraîneur, donnait aussi des cours de patinage à des particuliers lors des séances générales et affutait aussi les patins de particuliers sur l’affûteuse appartenant à la patinoire de M. Boudou. Lorsque le propriétaire de la patinoire s’aperçut que Jean-Marie était loin de tout déclarer, la direction bannit l’entraineur de la patinoire, lui interdisant formellement d’y remettre les pieds.
Quoiqu’il en soit très vite, il y eut deux clans : ceux soutenant M.Nourry et ceux, plus pragmatiques - mais avaient-ils le choix… ? Cela conduisit les dissidents à créer une nouvelle section hockey rattachée au prestigieux C.U.C. (le Club Universitaire auquel étaient rattaché les « Demoiselles de Clermont » multi championnes de France de basket). Ils essayèrent de le faire avec Jean-Marie Nourry comme entraîneur mais l’intransigeance de M. Boudou ne permettra pas à ces derniers de le garder.
L’équipe première, si bien partie, bafouillera complètement sa saison. Ce titre, qui d’ailleurs n’existe plus, mettra du baume au cœur et amena les nouveaux dirigeants à choisir le premier entraîneur étranger au club pour la saison suivante.
Une Saison Remarquable : 1989-90
La saison 1989-90, tout en nous replongeant bien 30 ans en arrière, nous rappelle pourtant à l’actualité du club. En effet cette saison là les dirigeants, de ce que l’on appelait alors l’Auvergne Hockey Club, avaient également fait le pari de prendre un entraîneur-joueur, ce qui en soit n’était pas une première; mais un gardien, si ! Ce n’était pas chose courante et en tout cas une première pour Clermont qui ne sera renouvelé . . .
Mais commençons par évoquer la saison précédente, une des plus brillantes de l’histoire du club puydomois. Elle fut menée de main de maître par l’entraîneur-joueur canadien André Saint-Laurent, cela malgré le handicap de nombreuses blessures et maladie, à commencé pour lui-même.
Remise à temps pour les playoff de tous leurs maux, l’équipe sut se galvaniser sous l’autorité de son charismatique coach et finira 3ème de cette D1, à égalité de point avec le second Reims et 1 point derrière le premier Caen*. Les 2 premiers montants en élite, Clermont rate donc de peu la monté.
Saint Laurent très demandé, le président Michel Condat ne put le retenir ainsi que son gardien emblématique clermontois, Patrick Partouche, parti donner un nouveau virage à sa carrière professionnel.
Voilà donc le hockey clermontois orphelin à la fois de son entraîneur et de son gardien. Les dirigeants voulant retrouver performance et sûreté devant les cages et le dynamisme de l’école canadienne qui plaisait tant aux joueurs comme au public, ils pensèrent qu’une seule et même personne pouvait remplir ces 2 conditions.
Ce fut donc Michel Vallière. Pour l’intéressé c’était aussi une première que de prendre en main des séniors. Ce joueur n’est pas n’importe qui, même si inconnu en France. Il était dans la sélection canadienne préparée depuis plusieurs mois pour représenter la feuille d’érable aux JO de Calgary (1988).
Jamais évident de porter les 2 casquettes de joueur et d’entraîneur ; encore moins pour un gardien qui ne peut que difficilement faire passer les consignes sur le banc lors des matchs. Il sera en cela secondé par Serge Messier lors des entraînements comme des rencontres.
Cette saison, pour être tout à fait franc ne fut pas des plus performantes mais on était alors sur un nouveau cycle à relancer. Michel Vallière contribua beaucoup à le faire, sur la glace comme en dehors. D’ailleurs, si nous faisonst abstraction du classement final, l’équipe sut être par moment brillantes et combative.
Ce fut aussi cette saison là qu’on adopta définitivement le nom-totem que j’avais proposé il y a quelques années au club et que tout le monde connaît dorénavant : les Sangliers Arvernes. Je reste persuadé qu’il n’y est pas pour rien.
L’équipe terminera dernière de cette poule de playoff mais Michel aura tapé dans l’œil de bien des observateurs, à commencer par un certain Bob Gainey, ancien joueur-capitaine vedette des canadiens de Montréal et qui cette même année faisait une « expérience exotique » remarquée en tant qu’entraîneur-joueur à Epinal.
Il n’oubliera pourtant pas Michel Vallière qu’il convia au stage de pré-saison de sa franchise. Malheureusement pour lui il ne sera finalement pas gardé et Michel regagnera Clermont en novembre 90 mais cette fois avec la double nationalité franco-canadienne.
Cela permit au nouvel entraîneur Jacques Delorme de pouvoir être aussi présent sur la glace où il fut un précieux renfort à l’arrière. La suite : après une brillante saison, l’équipe finira à nouveau 3ème (suivant cette fois la formule qui prévaut toujours aujourd’hui dans les playoff).
Michel Vallière ne resta pas et partit d’abord pour Chamonix avant de rejoindre un nouveau venu en élite aux dents longues, Brest, avec lequel il sera champion de France. Mais surtout grâce à sa naturalisation il sera appelé rapidement en équipe de France; certes trop tard pour Alberville (92*) mais à temps pour participer à la grande fête olympique de Lillehammer en 94*. Il accomplissait par la même un rêve de jeunesse.
Les Défis et la Culture Hockey à Clermont-Ferrand
À Clermont-Ferrand, les Sangliers Arvernes font partie du paysage, au même titre que le Puy de Dôme qui surplombe la capitale auvergnate ou encore la sombre cathédrale en pierre volcanique dont les flèches noires auraient pu elles aussi donner un nom à l'équipe de hockey locale. Une grande partie des 250 000 habitants de l'agglomération connaît le nom de l'équipe, et le club a déjà 32 ans cette année, une longévité respectable pour un club "de plaine".
Il y a bien, à Clermont, une culture hockey : trouvez un Clermontois, dites-lui "hockey ?", il ne vous répondra ni "NHL", ni "kézako", mais "Sangliers Arvernes".
Cependant, si le Clermont Auvergne Hockey Club (CAHC) fait bien partie du patrimoine sportif de la ville, il souffre d'une concurrence qui se durcit d'année en année. La concurrence s'inscrit jusque dans les noms employés : ainsi, en rugby, l'AS Montferrand est devenue le Clermont Auvergne, probablement en contrepartie des importantes subventions versées par la ville et la région.
Le tarissement des subventions d'origine institutionnelle est la pire des tuiles qu'un club de hockey français puisse envisager. À l'intersaison, Clermont s'est retrouvé avec Tours dans la zone orange tracée par Luc Tardif. Il existe des solutions de secours, comme la réduction du nombre d'invitations aux matchs, mais le CAHC n'a ni l'expérience ni les structures pour se muer en un club plus attractif pour les sponsors.
Le CAHC est un club durablement installé dans la Nationale 1 aujourd'hui disparue. Il s'agit là d'un lourd héritage, difficile à gérer lorsque, au gré des aléas du hockey français, il se trouve soudain propulsé au plus haut niveau hexagonal, en compagnie d'équipes à l'organisation rigoureuse.
Il y a bien à Clermont une culture façonnée par la routine de la N1 : manque de sérieux dans la préparation hors glace, manque de concentration pendant les matchs, mentalité dilettante pour certains joueurs. Si l'on ne demande pas à la formation clermontoise de devenir une structure professionnelle, un minimum de rigueur est requis pour rester au plus haut niveau.
Les joueurs ne sont pas les seuls à incriminer. Le club peut se sentir bien seul dans une région où il n'existe que deux autres clubs de hockey, Le Lioran et Mont-Dore, micro-clubs de montagne qui n'ont même pas d'équipe-fanion engagée en championnat. Dès lors, il est naturel que le personnel du club ait parfois l'impression d'être loin de tout : au cours de leur apprentissage, beaucoup de hockeyeurs auvergnats n'ont parfois pour référence que les autres jeunes du club. Ils ne grandissent pas dans le hockey en essayant de se hisser au niveau d'un Rouennais ou d'un Amiénois.
De ce point de vue, l'arrivée d'un jeune coach suédois au passé de recruteur dans un grand club nord-américain ressemblait à un joli pari. Henrik Evertsson, à son arrivée au club en 2002, a tout de suite instauré une discipline rigoureuse, un principe de concurrence qui a abouti à la mise à l'écart de joueurs bénéficiant jusque là d'un statut injustifié de titulaires inamovibles (Villedieu, Saint-Aubin).
Les Recrues et l'Équipe
L'année dernière encore, Clermont s'est fait remarquer pour ses quelques jolis coups dans le domaine des transferts : Daniel Lombard, qui fut quand même le grand artisan du nul 0-0 à Rouen en demi-finale de la Poule nationale, fut de ceux-ci. Mais la recrue la plus emblématique de la saison 2003-2004 restera ce diable de Greg Willers, l'un des meilleurs défenseurs offensifs du dernier championnat, avec seize buts, et le premier joueur drafté en NHL à avoir enfilé le chandail auvergnat.
L'attaquant québécois Éric Normandin, arrivé en cours de saison, fit son travail de manière honnête. Niklas Evertsson, arrivé un an après son coach de frère, devint tout simplement le meilleur compteur du club, et Mathias Karlsson fut toujours solide derrière.
Mais il y eut aussi des désillusions dans le recrutement étranger : l'épisode Gourdeau, sur lequel il n'est pas nécessaire de revenir, laissera un goût amer du côté du Puy-de-Dôme. D'autre part, Bobby Davis, longtemps victime d'une pubalgie, joua seulement quinze matchs alors qu'il devait être un pilier de l'attaque clermontoise. Henrik Karlsson, pour sa deuxième année au club, fut lui aussi longtemps blessé.
Les bons côtés de la période Evertsson, en particulier le fait que les Sangliers Arvernes se soient hissés deux années de suite à une place jamais atteinte dans la hiérarchie nationale (10e), n'ont pas pesé lourd face au sentiment de cassure de l'époque Evertsson. En effet, il y eut bien, pendant deux ans, à Clermont, deux équipes : une équipe d'étrangers et une équipe française.
La qualité de son enseignement est reconnue par tous au sein des structures clermontoises. Il a apporté un nouveau souffle à l'ensemble de la maison auvergnate. Cette année, son chandail sera frappé du C, Christophe Roux lui cédant la place de capitaine.
En équipe une, l'ailier gauche clermontois s'appuiera sur les anciens du club, Christophe Roux, modèle à suivre dans la conversion de la N1 à l'élite, tant il a su se hisser au niveau du S16 les deux saisons passées, et François Martin, défenseur, doyen de l'équipe à 33 ans, pour guider les jeunes.
Pour diriger tout ce beau monde, un sorcier slovaque qui connaît bien la formation française, Milan Jancuska. À 45 ans, l'entraîneur de la réserve de Kosice relève le défi : Clermont recherchait un entraîneur francophone pour tourner la page Evertsson. Le club a trouvé Jancuska, qui a passé cinq ans à Megève.
Le Partenariat avec Kinic et l'Arrivée d'Éric Sarliève
Dans le parcours de l’agence Kinic et parmi toutes les associations sportives avec qui elle travaille, le HCCA est un club qui a une place un peu particulière en raison de l’ancienneté de sa collaboration. En septembre 2015, elle propose au club de hockey, un nouveau partenariat dont le but est la réalisation de vidéos et la communication Web.
Consacrés d’un titre de Champion de France Division 2 cette année, les Sangliers Arvernes s’apprêtent à aborder la Division 1 pour la saison 2016-2017 avec un nouvel entraineur à la tête, Eric Sarliève.
Pour la saison 2016-2017, c’est une vieille connaissance que retrouvera l’équipe senior de Division 1 du HCCA, le Club de Hockey de la ville de Clermont-Ferrand, après le départ de Dusan Brincko, joueur et entraineur des sangliers Arvernes pendant 3 années consécutives.
Joueur au HCCA de 1989 à 1999 dans l’équipe première senior, en 1999, diplômes en poche, Eric Sarliève décide de passer de joueur à entraineur professionnel d’équipes de Hockey. Pour son grand retour, durant la saison 2016-2017, Eric Sarliève aura en charge l’entrainement d’une équipe recomposée, avec de nouvelles recrues plus jeunes après le départ de quelques-uns de ses vétérans.
Brest - Clermont-Ferrand : Un Match Piège
« Ne pas vendre la peau du Sanglier avant de l'avoir tué. » Ce célèbre conseil est adapté au match de ce samedi soir au Rïnkla Stadium. Force donc est d'attribuer la tunique de favoris aux Albatros.
« Attention, c'est un match piège, prévient le coach brestois, Sylvain Codère. Il faut se préparer contre Clermont comme s'il s'agissait de rencontrer Briançon (le leader). »
La cage brestoise sera à nouveau confiée à Sébastien Dubé-Rochon, très solide à Caen samedi dernier. Enfin, le jeune Chapron complétera le groupe Albatros, Sylvain Codère ne pouvant pas compter sur Thibaut Kervella blessé, ni sur Clément Ramos ou Yann Bourhis suspendus à la suite d'un match de D3, Nantes - Brest (2-3) très houleux, où les Brestois ont collecté 107 minutes de pénalités.

| Poste | Joueur |
|---|---|
| Gardien | Dubé-Rochon |
| Défenseurs | Duquenne, Cannizzo, Doyle, Grévérend, Laine, Bernard |
| Attaquants | Dulude, J. et G. |
Pour les deux compères, il est aujourd’hui impossible de manquer le moindre tiers temps de leurs protégés d’autant plus, qu’ avec la montée en D1 (2eniveau national), le HCCA a retrouvé le haut niveau. Après avoir tout connu, montées, descentes mais aussi problèmes financiers, Patrick et Gaëtan sont ravis de pouvoir assouvir leur passion tout en étant des acteurs de la vie du club.