L'histoire des Patriotes du hockey est riche en rebondissements, en figures marquantes et en moments de gloire. Cet article explore le parcours de cette équipe, de ses défis initiaux à son ascension vers le titre suprême national.

Les Débuts et les Défis
Après une période de transition marquée par la fin des paillettes internationales et le départ de Pete Laliberté, Grenoble a finalement réussi à s'intégrer à l'élite du hockey français. Cependant, la route vers le sommet a été semée d'embûches. Ces dernières saisons, le club avait perdu des joueurs clés sans les remplacer, ce qui a rendu la conquête du titre d'autant plus difficile.
Le Retour des "Vieux Guerriers"
Pour renforcer l'équipe, il a été décidé de faire revenir quelques "vieux guerriers" au club. Parmi eux, Jean-Claude Sozzi, qui avait passé trois ans à Tours. "J'avais pris un bar à l'Île Verte à Grenoble, avec l'idée d'arrêter le hockey. J'avais 35 ans, mais Serge Bocquet m'a demandé de rejouer...", se souvient-il.
L'attaquant André-Marc Belli-Riz est également arrivé en provenance de Croix. Il restera ensuite fidèle au club et en sera même, en 1992, le vice-président. "J'ai débuté le hockey à Gap en 1970, à l'âge de treize ans. Au départ je suis allé à la patinoire pour accompagner un copain et puis cela a été le coup de foudre, la passion totale et absolue. J'étais raide dingue de hockey", explique Belli-Riz.

L'Arrivée de Gary Brown: Un Tournant Décisif
Après deux échecs consécutifs dans la course au titre, les dirigeants ont décidé de se séparer d'Alex Dick et d'engager le Québécois Gary Brown. Il a 29 ans lorsqu'il vient faire des essais dans l'équipe de Grenoble durant l'été contre Gap et Villard-de-Lans. C'est le club qui l'a contacté, repérant son nom parmi les statistiques des joueurs universitaires.
Mesurant 1m77 pour 78 kilos, cet attaquant est né à La Tuque, près de Trois-Rivières, où son père était le chef de la police ! Il commence le hockey à dix ans à la Tuque avant d'être remarqué à seize ans par le club de NHL des Maple Leafs de Toronto. D'une grande gentillesse, Gary Brown débarque à Grenoble au cours de cet été 78, sans savoir qu'il va y rester près de dix ans et s'y faire que des amis.
Antoine Sangiorgio précise : "Il était simple, honnête, avec un énorme esprit d'équipe. C'est l'entraîneur le plus important que l'on ait eu à Grenoble". Il sera en tout cas celui qui amènera, enfin, le C.S.G.G. vers le titre.
Gary Brown n'est cependant pas rassuré lorsqu'il débute : "Je n'avais jamais été entraîneur-joueur et j'ai vite réalisé qu'il ne fallait pas que je me rate, car c'était un club avec une histoire et des gens importants qui étaient passés par-là, comme Pete ou Adolf. Je me devais donc impérativement d'être à la hauteur. En plus, j'avais été agréablement surpris du bon niveau de jeu de l'équipe. Il y avait beaucoup de talents dans cette équipe, il n'était donc pas question de le gâcher.
Procès des hockeyeurs : quel sera l’impact du verdict?
Préparatifs et Début de Saison 1978/79
La municipalité ouvre la patinoire beaucoup plus tôt cet été afin de permettre aux hockeyeurs grenoblois de mieux se préparer. Deux matches amicaux internationaux de haut niveau permettent même de peaufiner les derniers réglages. Le 16 septembre, coucou les revoilou ! Nos amis des Diavoli de Milan. Le club transalpin repart cette année après avoir arrêté toute activité durant deux saisons. Une équipe milanaise, huit fois championne d'Italie, toujours aussi redoutable, qui obtient le nul 3-3 à Grenoble.
Le championnat de nationale A 1978/79 débute avec la venue de Chamonix. Une partie longtemps très serrée mais qui se solde par une victoire des visiteurs 5-2. "Nous avons manqué de cohésion" déclare au Dauphiné Libéré Gary Brown après son premier match comme entraîneur-joueur du CSGG.
Une Saison en Montagnes Russes
Le début de championnat n'est pas des plus réussis, les Grenoblois doivent absolument se reprendre avec la venue à Clémenceau du double champion gapençais. Devant une foule très nombreuse et dans une ambiance extraordinaire, ils balaient Gap 14-4 avec un mémorable 6-1 dès le premier tiers. Philippe Treille inscrit quatre buts : "Les frères Leblond et Philippe Treille avaient un potentiel énorme, se souvient Franck Avenel. Ils étaient capables à eux seuls de faire tourner un match".
Malheureusement si cette équipe peut être magique dans les matches de gala, elle a encore du mal à retrouver toutes ses qualités dans les rencontres a priori plus facile. Ce défaut lui joue encore des tours en recevant Viry. Les Grenoblois s'inclinent sèchement 7-2. Ce n'est pas en gagnant un match sur deux que le C.S.G.G. va enfin décrocher son premier titre !
Cette saison voit l'arrivée régulière en équipe première de Wilfrid Girod (16 ans) au sein de la défense. Le CSGG se rend à Croix et confirme son retour en forme en se vengeant des deux défaites de la saison passée face aux Nordistes (7-2).
Après avoir fait trébucher le troisième Tours et le deuxième St-Gervais, Grenoble se rend chez le premier Chamonix mais rate totalement son match, encaissant un sévère 8-4. À l'issue de cette rencontre, trois Grenoblois, les frères Leblond et Philippe Treille, partent en équipe de France disputer deux matches contre le Danemark dans le nouveau Palais des Sports de Copenhague, remplit à ras bord de supporters vikings.
Les Dauphinois récupèrent Christian Billièras dont la suspension a été ramenée à un an : "J'avais été gracié pour bonne conduite, mais je suis resté quand même bagarreur... Enfin, un peu moins...".
Mais ce retour à ce surnom trouvé en son temps par Albert Fontaine ne porte pas chance aux Grenoblois, balayés 5-2 par une équipe villardienne beaucoup plus motivée. Les Grenoblois enregistrent le retour de Jean Leblond qui a purgé sa suspension. Un Jean Leblond explosif qui est sur cinq des six buts de la victoire grenobloise 6-5, malgré 2 200 Tourangeaux déchaînés : "C'était un gros match", se souvient-il.
La Phase Finale et les Blessures
Les Brûleurs de Loups débutent chez le leader et favori pour le titre, Chamonix. Une rencontre qui voit le retour dans l'équipe d'Antoine Sangiorgio après un an et demi d'arrêt. Ils le confirment en battant Tours une semaine plus tard 9-6.
Et cela commence le mieux du monde avec l'ouverture du score par l'inévitable Wilfrid Girod dès la deuxième minute... Mais comme l'an passé, la malchance frappe une fois encore à St-Gervais. Jean Leblond a une fracture du nez, mais surtout l'entraîneur-joueur canadien Gary Brown est victime d'une entorse des ligaments internes du genou gauche. En clair : 45 jours de plâtre : La même mésaventure à un an de distance ! Après Alex Dick, c'est Gary Brown qui ne se relève pas de St-Gervais ! Médusés, les Grenoblois s'effondrent dans le dernier tiers et s'inclinent 6-2 : "Je m'en rappellerai toute ma vie ce match, précise Gary Brown.
Hommage à Claude Verret

L’annonce du décès de l’ancien capitaine de Rouen au mois de mars a été un choc. S’il fallait faire un classement des meilleurs hockeyeurs étrangers ayant évolué en France, nul doute que Claude Verret serait parmi les tout premiers. Ce renfort canadien très talentueux a fortement marqué tous les esprits lors de son passage en France.
Claude Verret avait tous les dons : la personnalité, la prestance, la technique et la tactique. De plus, c’était un altruiste qui n’hésitait pas à sacrifier son propre rayonnement pour celui de son équipe. Combien de fois fut-il mis à contribution par l’entraineur-joueur Larry Huras pour reprendre en main une ligne qui battait de l’aile !
Guy Fournier, le manager général de Rouen, qui a décidé de se retirer après 26 ans de loyaux services, m’avait confié à l’époque dans mon livre : « Claude Verret, c’était le talent pur. Il avait une personnalité discrète mais il était aussi un pince-sans-rire. Ce fut un gars irréprochable et très travailleur. En tant que capitaine, il ne s’est jamais énervé envers les arbitres. De plus, il était toujours à l’heure et très aimable. Et puis, pendant les matchs, il nous donnait souvent des « caviars ». Lorsqu’il avait le palet, il arrivait à le faire passer comme par magie entre les crosses et les poteaux.