La Draft NBA, c’est un événement attendu et qui vient rythmer l’après saison pour de nombreux fans de basket chaque année. Imaginez : des centaines de jeunes talents (universitaires, internationaux) qui espèrent entendre leur nom au micro, appelé par le commissionnaire de la ligue.
La Draft NBA est la procédure annuelle (fin juin) où les équipes choisissent (“draftent”) des joueurs éligibles, principalement issus de la NCAA ou de championnats étrangers. Chaque franchise espère y dénicher la perle rare (la future super-star). Mais attention, il n’y a pas de garantie.
Parce que la draft incarne l’éternel renouveau de la grande ligue. Les rookies sont les futurs visages de la ligue. Derrière chaque draft se cache peut être votre futur joueur préféré. Et puis il y a certaines promotions hors normes, comme en 2003 : Lebron James, Carmelo Anthony, D-Wade, Chris Bosh.
Certaines années, le 1er choix confirme. La Draft c’est un plongeon dans le futur mais aussi dans l’inconnu. Comment vont performer des jeunes joueurs plein de promesses qui explosent tout en NCAA, ou même en Europe (Luka Doncic), comment seront-ils placés dans la draft… Les journalistes vont créer des mock drafts pour essayer de prédire les choix, et ces choix de draft et positions de joueurs vont créer beaucoup d’émulsions tout au long de l’année.
La draft est unique. Que ce soit pour sa profondeur, les légendes qui y figurent ou pour son histoire, chaque cuvée est singulière. Mais au bout du compte, les grosses classes de draft sont finalement assez rares.
C’est assez clair, la draft est un savant mélange entre chance et nez fin. Un choix peut changer l’histoire d’une franchise du tout au tout.
La Draft 1984 revient quasi systématiquement lorsque l’on cherche la meilleure cuvée de l’histoire, tout comme ses deux petites sœurs de 1996 et 2003 déjà épluchées sur Rookie Republic. Toutes trois ont vu dans leurs rangs plusieurs MVP, plusieurs champions et de nombreuses légendes.
Fan de nba depuis des années, et aussi fan de statistiques, le Topiteur "nbalive" s'est penché sur les drafts NBA et a cherché à savoir quelles furent les meilleures draft depuis 1976 (pourquoi 76, ça reste un mystère). En gros la meilleure fournée de joueur de l'histoire.
Pour les novices, un petit lexique:
- "Hall of fame" = Pantheon du basket ou seul les meilleurs joueurs de l'histoire ont leur place.
- MVP = meilleur joueur de la saison.
- All stars = joueurs invités a participer au All Star Game, match de gala entre les meilleurs joueurs de la saison.
1981: 1 Hall of Fame : Isaiah Thomas et 7 all stars: Mark Aguirre, Buck Williams, Tom Chambers, Rolando Blackman, Kelly Tripuka, Larry Nance et Danny Ainge.
Top écrit par NBAlive, topiteur aux stats en or.
Top 5 des classes de draft de l'histoire de la NBA
Les joueurs emblématiques de la Draft 1984
Dans l’imaginaire collectif, le joueur NBA est un monstre physique, une armoire à glaces qui doit baisser la tête en franchissant le pas des portes. John Stockton n’est pas de cette trempe-là.
Malgré son absence de qualité athlétiques remarquables, l’homme au physique de comptable a laissé une trace indélébile au sein de la Grande Ligue. John Stockton brillait par son intelligence de jeu et représentait l’archétype du meneur organisateur, une espèce en voie d’extinction de nos jours.
Le meneur passé par l’Université de Gonzaga passe inaperçu dans la rue grâce à ses mensurations « normales », 1,85 mètres pour moins de 80 kilos. Il gérait le tempo de son équipe, lançait les systèmes et enchaînait les picks and roll avec son éternel acolyte Karl Malone. Son jeu de passes n’était pas aussi spectaculaire que Magic Johnson ou Steve Nash, cependant il était encore plus efficace. En effet, aucun joueur n’a réalisé plus de passes décisives en NBA que lui, et ce record n’est pas près d’être battu.
Indissociable de son unique franchise du Utah Jazz à laquelle il est resté fidèle durant 19 saisons, il n’a malheureusement jamais été champion, ni remporté de titre de MVP. Mais l’essentiel est ailleurs : les jeunes de tout âge ont compris que sans être grand, sans être rapide, sans être musclé, il est possible de réaliser une immense carrière NBA grâce à son Q.I basket.
Moyennes en carrière : 1504 matchs, 10,5 passes et 2,2 interceptions.
Alvin Robertson n’était pas une Superstar contrairement à tous les autres basketteurs qui vont suivre. Cependant, nul n’apparaît dans un Top 5 d’une si ce n’est la plus grande Draft de tous les temps sans marquer l’histoire. Robertson ne déroge pas à la règle.
Il fut sélectionné en septième position par les San Antonio Spurs à une époque lointaine où les joueurs de la franchise texane ne participait pas systématiquement aux Play-Offs. Propulsé titulaire au poste d’arrière, le natif de l’Ohio ne tarde pas à montrer d’immense qualités dès sa deuxième saison au sein de la Grande Ligue.
Il brillait avant tout par sa défense. Historiquement, ce sont plutôt les pivots, les joueurs les plus imposants de la ligue qui sont sacrés meilleurs défenseurs grâce à leurs bras immenses qui bloquent l’accès au panier. Pourtant, Robertson fut sacré en 1986 et ce malgré son mètre 92.
La même année, il remporta aussi le trophée de joueur ayant le plus progressé gage de son importance au sein du collectif texan. Sa carrière fut relativement courte, à peine dix saison pleines, mais il laissa une trace indélébile dans le livre des records. Il est l’un des quatre joueurs à avoir réalisé un quadruple double, le seul à compiler DPOY et MIP lors de la même saison et détient les meilleures moyennes d’interceptions sur une saison (3,7), ainsi qu’en carrière (2,71).
Des blessures récurrentes et des problèmes avec la justice viennent ternir l’image de sa carrière où il compila davantage de récompenses individuelles que collectives.
Moyennes en carrière : 779 matchs, 14 points et 2,71 interceptions.
Les plus jeunes d’entre vous risquent d’être surpris en voyant celui qui officie depuis quelques années comme consultant à la télévision américaine dans ce Top 5. Oui, malgré ses kilos en trop, Charles Barkley fut un excellent joueur de basket-ball.
Il fut choisi en cinquième position de la Draft 1984 par les Philadelphia Sixers. Dès sa première saison, il prouva que les recruteurs de la franchise de Pennsylvanie ont eu raison de miser sur lui. Barkley était un ailier fort à la taille plus petite que la moyenne de son poste : 1 mètre 98. Cependant, ce déficit de hauteur ne l’empêchait pas d’être bon, loin de là.
Il compensait cela par un physique de déménageur et d’excellentes qualités athlétiques. L’intérieur excellait à la prise de rebonds, ce qui est paradoxal quand on sait que ce domaine est initialement réservé aux pivots les plus grands. Mais Sir Charles n’en avait rien à faire des conventions. Il était le spécialiste pour prendre des amendes à cause de coups de poings échangés ou d’insultes profanées envers ses adversaires mais aussi ses coéquipiers et ses dirigeants.
Son tempérament de feu ne l’a pas empêché d’être un joueur performant. Il fut sacré meilleur joueur de la ligue en 1993 alors que Jordan tutoyait les sommets, avant que ce dernier ne le batte en Finale. Cependant, tout comme son collègue de promo John Stockton, il fait parti des légendes qui n’ont jamais été champions NBA.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, Michael Jordan n’est pas un premier choix de Draft, il fut sélectionné en troisième position par les Chicago Bulls. Deux équipes sont donc passées à côté du plus grand joueur de tous les temps. Elles doivent s’en mordre les doigts me diriez-vous, et bien pour les Houston Rockets qui avaient le premier choix, nous allons y venir, mais pour les Blazers de Portland qui ont choisi Sam Bowie, cette erreur monumentale ne fait que lancer une période de malchance et de choix douteux qui va poursuivre la franchise de l’Oregon.
Michael Jordan était un jeune universitaire très attendu. Les attentes des fans ont été récompensées par une première saison absolument phénoménale avec plus de 28 points de moyenne à plus de 50% au tir. L’ère Jordan venait de commencer.
La suite de sa carrière fut une succession de matchs magnifiques, d’actions sorties de nulle part, de récompenses collectives et de records individuels. Chaque soir, M.J pouvait faire sauter un record ou planter cinquante pions. Ses performances extraordinaires firent de lui la première star mondiale du basket-ball. Son influence dépassa le cadre de la NBA grâce à la création de sa marque de chaussures ou encore son apparition au cinéma avec le film Space Jam.
Il fut le premier sportif à subir le train de vie d’une célébrité planétaire, une sorte de Truman Show réel, avec tous les inconvénients qui composent ce quotidien. Malgré ça, l’impact de sportif de Jordan n’a jamais diminué, bien au contraire. Son hygiène de vie restait irréprochable et son envie de gagner était la même qu’à ses débuts dans la Grande Ligue. Il remporta 6 titres lors de ses dernières saisons complètes avec les Bulls.
Hakeem Olajuwon est né en janvier 1963 à Lagos, au Nigeria. Il fut obligé de quitter son pays pour se donner une chance de devenir, un jour, un joueur NBA. A l’époque, et encore aujourd’hui dans une moindre mesure, le système de Draft américain est très centralisé et accentué sur les universités les plus prestigieuses du pays. Le jeune nigérian a donc fait le bon choix en rejoignant l’Université de Houston avant d’être appelé en premier lors de la Draft 1984 par les Rockets.
Hakeem Olajuwon était un pivot ultradominant aux qualités diversifiées. Il excellait dans le scoring et marqua plus de 27 points de moyenne lors de ses saisons les plus prolifiques, était un défenseur redoutable grâce à une envergure gigantesque lui permettant d’être, à l’heure actuelle, le meilleure contreur de l’histoire. Mais la palette du nigérian ne se résumait pas qu’à cela. Il était un pivot moderne, capable de dribler, de passer, de tirer de loin et de défendre sur des plus petits. The Dream était l’archétype de l’intérieur complet.
Le nigérian fut sacré deux fois champion NBA, deux fois MVP des Finals et une fois MVP lors de la première retraite sportive de Michael Jordan. Il fait incontestablement parti des meilleurs joueurs de tous les temps et sa carrière ne souffre d’aucune comparaison avec MJ.
MJ finira 3ᵉ choix derrière Hakeem Olajuwon (Houston) et Bowie (Portland). Michael Jordan choisit troisième, Olajuwon ça peut se comprendre, mais Michael a dominé en NCAA et dominera directement la grande ligue avec 28 points de moyenne sur sa saison de rookie, du délire.
En 1984, les Blazers décident de passer leur tour sur Michael Jordan pour drafter Sam Bowie.

Autres drafts notables
La draft 2011, ou la draft « nez fin ». Si les drafts cachent souvent des joueurs surprises, sélectionnés bien plus bas que leur talent l’exigeait, la cuvée 2011 regorge de bonnes affaires. Car outre les quatre joueurs cités plus haut et draftés hors du top 10 alors qu’ils sont aujourd’hui des stars (ou l’ont été pour IT), on peut aussi citer Kemba Walker (9), Tobias Harris (19) notamment comme « steals » de la draft. Cette draft contient tout simplement le joueur symbole des années 2010, Stephen Curry.
Les Timberwolves sont d’ailleurs les stars bien malgré eux de cette cuvée, alors qu’ils ont drafté non pas un, mais bien deux meneurs, Ricky Rubio et Jonny Flynn, (respectivement avec les choix 5 et 6) alors que Curry était toujours dispo.
La Banana draft. Si cette cuvée est également connue pour avoir vu l’énorme bust serbe, Darko Milicic, être sélectionné en deuxième position devant de futurs Hall of Famers, elle est surtout réputée grâce aux quatre larrons cités plus haut.
La draft Deutsche Qualität. Une draft qui sent bon le bitume. Avec Kobe Bryant, Allen Iverson, Stephon Marbury ou encore Shareef Abdur-Rahim (3), l’année 1996 nous a réservé une classe de draft avec un jeu tout droit venu de la rue et ses isolations, ses cross, ses grandes gueules.
La draft de l’excellence. Avec ses 4 Hall Of Famers, la cuvée est considérée par beaucoup comme la meilleure de l’histoire. En effet, en plus d’être la draft de celui qui est perçu comme le GOAT par une grande partie des observateurs, Michael Jordan, elle compte également des joueurs parmi les cinq meilleurs de l’histoire à leur poste.
Les "Busts" de la Draft
Dominant au lycée, dominant en NCAA, l’arrivée d’Anthony Bennett était très attendue en NBA. Un échec total, il ne fera que 4 saisons en NBA dans 4 franchises différentes. Ce qui définit un bust, c’est les attentes placées en lui ou la présence d’énormes joueurs derrière lui dans la draft.
Et derrière Hasheem Thabeet il y’a du beau monde. J’ai 5 all stars et deux MVPs : James Harden et Stephen Curry.
Potentiel énorme comparé à Shaquille O’Neal, mais miné par les blessures. Greg Oden est drafté devant Kevin Durant, il n’a jamais pu exploser.

Liste des premiers choix de la draft NBA
La liste des premiers choix de la draft de la NBA est le premier joueur sélectionné, parmi les joueurs éligibles, par une franchise NBA lors de la cérémonie annuelle de la draft organisée par la National Basketball Association (NBA). La première sélection est accordée à l'équipe victorieuse de la loterie, généralement une équipe avec un faible taux de victoires la saison précédente.
Le Chinois Yao Ming (2002), l'Italien Andrea Bargnani (2006) et les Français Victor Wembanyama (2023) et Zaccharie Risacher (2024) sont les seuls premiers choix de la draft à ne pas avoir été formés aux États-Unis.
Douze joueurs étrangers, mais formés en NCAA ont été premiers choix de la draft : le Bahaméen Mychal Thompson en 1978, le Nigérian Hakeem Olajuwon en 1984, le Jamaïcain Patrick Ewing en 1985, le joueur des Îles Vierges américaines Tim Duncan en 1997, le Nigérian Michael Olowokandi en 1998, les Australiens Andrew Bogut en 2005 et Kyrie Irving en 2011, les Canadiens Anthony Bennett et Andrew Wiggins en 2013 et 2014, le Dominicain Karl-Anthony Towns en 2015, l'Australien Ben Simmons en 2016 et le Bahaméen Deandre Ayton en 2018.
Les drafts de 1947 à 1949 ont été organisées par la Basketball Association of America (BAA). La BAA absorba la National Basketball League pour prendre le nom de NBA à l'automne 1949.
En date du 19 novembre 2020, 6 des 30 franchises n'ont jamais pu choisir en premier lors de la draft au cours de leur histoire : les Grizzlies de Memphis, le Heat de Miami, le Jazz de l'Utah, les Nuggets de Denver, les Pacers de l'Indiana et le Thunder d'Oklahoma City.
Note:
- q Hakeem Olajuwon est né au Nigeria, mais a été naturalisé citoyen américain en 1993. À son arrivée aux États-Unis, l'Université de Houston écrivit de manière incorrecte son nom "Akeem".
- r Patrick Ewing est né en Jamaïque, mais a été naturalisé citoyen américain pendant sa carrière à Georgetown.
- s David Robinson n'a pas joué en NBA jusqu'en 1989 en raison de son engagement militaire avec l'United States Navy.
- u Greg Oden a subi une intervention chirurgicale à son genou droit avant la saison NBA 2007-2008 lui faisant manquer toute la saison.