L'histoire des Sacramento Kings, ex-Cincinnati Royals qui, en 1951, ont remporté le seul titre de l'histoire de la franchise, a souvent connu des périodes de vaches maigres. Une mauvaise surprise pour la franchise de Sacramento, qui affichait pourtant ses ambitions, malgré un effectif qui interrogeait à l’entame de la campagne.
Avec 12 victoires pour 44 défaites, les Kings sont désormais la lanterne rouge de la NBA. « Il y a beaucoup de matchs que nous aurions pu et dû gagner, mais que nous n’avons pas gagnés. Cela arrive, et les séries peuvent aller dans les deux sens. J’ai vécu cela en tant que joueur et maintenant en tant qu’entraîneur.
Impossible de penser au titre à court terme, et les Kings visent plutôt le Top 3 de la prochaine Draft afin de rebondir. « La douleur que vous ressentez, et la douleur que je ressens en particulier, d’avoir été si proche de quelque chose et de ne pas pouvoir l’atteindre pour Sacramento m’a poussé pendant longtemps », conclut Doug Christie.
« Cela continue. Je ne cesserai pas de les entraîner. Je ne cesserai pas d’être positif avec eux et de leur montrer que d’autres équipes ont connu des difficultés et qu’elles se trouvent maintenant dans de très bonnes positions.
L'histoire des Sacramento Kings, ex-Cincinnati Royals qui, en 1951, ont remporté le seul titre de l'histoire de la franchise, a souvent connu des périodes de vaches maigres. La jonction entre les années 1980 et 1990 fait partie de cette catégorie pour les Californiens, qui, entre le 21 novembre 1990 et le 22 novembre 1991, ont même réussi à se fendre d'une série jamais égalée depuis : 43 défaites consécutives à l'extérieur - soit l'équivalent de plus d'une saison régulière.
Le 23 novembre 1991, alors qu'ils n'avaient plus gagné hors de leur salle depuis le 20 novembre 1990 (à Washington), Lionel Simmons (27 points) et Mitch Richmond (20 points) parviennent à briser la malédiction (victoire 97-95) face aux 18 points, 10 passes et 8 rebonds de Scott Skiles.
Selon le site champsorchumps, cette malheureuse série n'a jamais été concurrencée (34 défaites à l'extérieur de rang pour les Cleveland Cavaliers en 2003, ou les New Jersey Nets en 1989-1990). L'exemple le plus récent retrouvé ? Le Utah Jazz de 2025 et ses 24 défaites de rang à l'extérieur.
L'exemple le plus récent retrouvé ? Le Utah Jazz de 2025 et ses 24 défaites de rang à l'extérieur.
Quand Rick Adelman, le coach qui emmènera les Kings aux sommets de l’Ouest en 2002, pose ses valises à Sacramento en 98, la franchise est alors dans une situation sportive plutôt morose. Une seule participation aux Playoffs en 13 ans - depuis l’arrivée de l’équipe en Californie, donc - et surtout un groupe certes doté de qualités indéniables mais ô combien sous-exploitées.
Pour la petite histoire, les Kings ont un passé assez unique. Équipe présente à l’heure de la fondation de la NBA en 1946 sous le nom des Rochester Royals, les premières saisons sont encourageantes et ponctuées par un titre en 1951. Comme quoi avant de vous foutre de la tronche des fans de Sac Town, souvenez vous bien qu’ils ont possiblement un titre de plus que votre franchise de cœur.
Bref, l’équipe est certes championne mais l’argent est le nerf de la guerre, et justement de l’argent, il n’en rentre pas assez dans les caisses. L’institution Royals est donc baladée de Rochester, dans l’État de New York, à Cincinnati puis Kansas City, s’offrant au passage les services de joueurs légendaires comme Oscar Robertson -(aka Mr. Triple-Double, n’en déplaise à Russell Westbrook).
Ça ne marche pas et à Kansas City, la flamme du basket est très compliquée à entretenir. En 1985, fini le Midwest et bonjour la Californie et son climat plus enclin à jouer au basket : Lakers, Warriors, le coin semble être le bon pour que la sauce prenne enfin avec les fans.
Pour autant, les premières années sont, à l’image des dernières décennies, plutôt nazes. En 1991, tout change quand Mitch Richmond, alors joueur chez les voisins de Golden State, parcourt les 100 kilomètres qui séparent la baie de Sacramento et vient dynamiser cette équipe des Kings.
Une équipe qui veut par-dessus tout s’implanter durablement en offrant à la NBA des résultats synonymes de sa légitimité parmi les cadors. Encore raté, les Kings n’iront qu’une seule fois en Playoffs, en 1996, pour manger une torgnole des Seattle SuperSonics de Shawn Kemp et Gary Payton.
Mais nommé entraîneur des Kings au début de la saison 1998-99, Rick Adelman débarque avec son bagage rempli d’espoir. Son groupe est composé de Peja Stojakovic, d’un certain rookie nommé Jason Williams et du first pick de la Draft 1993, Chris Webber, récupéré à l’intersaison lors d’un échange incluant Mitch Richmond et un tour de draft.
Mais Sac Town pioche aussi Vlade Divac, agent libre, histoire de chapeauter tous ces princes pleins de fougue. Et devinez quoi ? La sauce prend, avec un style de jeu à l’effet de grande bouffée d’air frais dans une NBA qui ne jure que par l’isolation depuis qu’un certain Michael Jordan a prouvé l’efficacité de ce « système ».
En plus d’être un véritable show ambulant, cette équipe est diablement efficace. La grande NBA est toute acquise à la cause de ces Kings qui retrouvent les Playoffs dès leur première saison sous les directives de Rick Adelman.
Malheureusement, les Californiens sont éliminés au premier tour par le Jazz de John Stockton et Karl Malone. Pas d’inquiétude, c’est de l’expérience engrangée pour la suite, et comme dirait Liliane dans Scènes de ménages : « C’est dans la défaite qu’on apprend ! ».
Et la suite, c’est une année de perfection dans tous les compartiments du jeu, la joyeuse bande tirant profit de cet échec partagé. Ça passe la régulière tranquille, mais encore une fois, les Kings échouent dès le premier tour sur l’exercice 1999-00.
À l’intersaison 2000, les Kings s’attachent les services de Doug Christie, l’un des meilleurs défenseurs de ligue sur les lignes arrières. Un joueur plutôt intéressant qui apporte un gros gain en terme de solidité, sans compter que le garçon est aussi du style gâchette derrière l’arc et que tout ça nous donne un bonhomme qui s’arrache des deux côtés du terrain.
Parfait pour compléter cet effectif bien talentueux, mais trop léger pour les joutes de Playoffs. On n’a pas parlé des autres gars qui complètent le groupe, mais il y a de l’excellente jeunesse ! Hedo Turkoglu, tout juste drafté, mais aussi du Scot Pollard et du Bobby Jackson.
Et ça paye ! Les Kings passent enfin un tour de Playoffs, s’offrant les Suns du trio Jason Kidd, Shawn Marion et Clifford Robinson. Boum, un vilain 3-1 dans les dents de Phoenix au premier tour, et direction la demi-finale de Conférence Ouest. Quel bonheur pour les Kings, qui voient enfin leur travail récompensé.
Seulement, la NBA est cruelle et au tour suivant, les deux lurons de Los Angeles - messieurs O’Neal et Bryant - se muent en hommes de ménage pour envoyer un gros coup de balai sur la truffe des Kings. Plus question de continuer dans le vent.
Durant l’été 2001, Rick Adelman et le front office des Kings prennent une très lourde décision : se séparer de Jason Williams, l’âme de cette équipe, la figure de proue du style si particulier des Kings. Les fans sont forcément remontés car on les prive subitement de leur White Chocolate préféré, celui qui faisait chavirer les cœurs bien au-delà de la Californie.
En même temps, il faut faire quelque chose car Chris « Je veux ma bague » Webber commence à ronchonner et qu’il est inconcevable de laisser partir l’un des meilleurs postes 4 de l’époque. On parlera de lui plus en profondeur, pas d’inquiétude.
Contre Jason, Sac Town récupère toutefois Mike Bibby, un profil de meneur bien plus défensif que JW, mais aussi plus calé sur ses fondamentaux : pas de passes sorties de Namek, mais du jeu dur, efficace. Ce dont ont besoin les Kings pour enfin aller sonner à la porte du Staples Center et causer droit dans les yeux avec les proprios.
Après une douzaine d’années de galère, Sacramento retrouve enfin les Playoffs en 98. Régularité s’ensuivra. Le groupe échoue, encore et encore, mais arrivera le couteau entre les dents en novembre 2001 pour le début d’une saison qui marquera à jamais l’histoire de la franchise.

La saison 2001-2002 : Un tournant dans l'histoire des Kings
C’était il y a 20 ans, déjà. Les Kings s’offraient - sur la saison 2001-02 - la plus belle épopée de leur histoire en Playoffs, qui rentrera carrément dans la légende du basket lors de cette finale de conférence perdue contre les Lakers.
Pour cette saison 2001-02, force est de constater que le sweep reçu par Sacramento lors des derniers playoffs n’a pas eu l’effet escompté de couper leurs ambitions : Vlade Divac, Mike Bibby et consorts terminent en tête de la conférence Ouest avec un bilan de 61 victoires, record de franchise.
Logique oui, car Sacramento et Los Angeles sont des villes très proches à l’échelle américaine et se partagent un même territoire : la Californie. Mais la rivalité est bien plus importante qu’une simple guerre de territoire entre deux équipes de basketball.
« C’était la grosse ville de Californie contre celle qui était perçue comme la petite capitale endormie de Californie. Le Nord contre le Sud. L’ordre établi contre le futur. Tout était tendu à cette époque-là entre Kings et Lakers, et on peut le dire, chacun avait sa manière à lui de l’exprimer : la haine pure et simple pour les fans des Kings envers les Lakers, le mépris et l’arrogance pour les champions Angelinos envers leurs voisins.
Dans leurs ADN, les équipes sont totalement en opposition. Les Lakers s’appuient en grande partie sur la domination physique sans précédent de Shaquille O’Neal, double MVP des Finales en titre, et sur l’axe fort que ce dernier formait avec Kobe Bryant.
Les Kings de leur côté ont réussi à conquérir l’Ouest progressivement grâce à un mouvement de balle permanent, permis notamment par ceux que beaucoup considéraient comme les créateurs de l’équipe, Webber et Divac.
C’est dans ce cadre-là qu’intervient la série de playoffs de 2002, l’acte III de la rivalité du début des années 2000. Le premier match est remporté par LA sur le parquet des Kings.
Pour le match 2, les Kings s’imposent. Entre protestations sur les flops de Vlade Divac, et la suspiscion d’empoisonnement de Kobe Bryant (malade ce soir-là après avoir mangé un cheesburger à Sacramento), la sauce commence tout doucement à monter.
Au game 3, les troupes d’Adelman confirment : une victoire au Staples Center 103-90, avec une large avance tout le match, pendant que les Lakers étaient en mode arroseur-automatique sans trouver la mire. Au game 4, les Kings vont connaître un choke terrible : une avance de 24 points gâchée, et une victoire pour les Angelinos, notamment grâce à celui qu’on allait désormais appeler Big Shot Rob, j’ai nommé Robert Horry.
Et là, le game 6. La cause de tous les maux des fans de Sacramento depuis bientôt 16 ans. Et pour cause… Les Kings mènent alors la série 3-2 et ne sont plus qu’à une petite victoire des Finales NBA.
Pourquoi ça ? Principalement à cause de l’arbitrage dont ont été bénéficiaires les Lakers. Entre les 27 lancers-francs qui leur ont été accordés dans le seul 4ème quart-temps, les deux éjections de Divac et Pollard (les deux pivots chargé de défendre sur Shaq) pour 6 fautes, la faute sifflée à Mike Bibby alors que Kobe Bryant lui enfonce son coude dans les narines à 12 secondes du buzzer final, les Kings se sont vus privés pour beaucoup d’une victoire, synonyme de potentielles Finales NBA.
Devant des coups de sifflets rarement autant critiqués unanimement ou presque, des questions se sont rapidement posées sur l’intégrité des officiels pendant la série, et sur l’influence ou non qu’aurait pu avoir les bureaux de la Grande Ligue sur le nom final du vainqueur de la série.
« J’étais là en courtside, game 6, 2002. C’était incroyable. Quel bénéfice avait la NBA à avantager les Lakers ?
Si Sacramento est la capitale californienne, Los Angeles est définivitement un marché plus important pour la NBA. Kobe Bryant, Shaquille O’Neal, Phil Jackson, la cité des Anges, tout est plus vendeur à l’époque pour David Stern et la Ligue que du côté de Chris Webber, Mike Bibby, Doug Christie, Vlade Divac et compagnie.
« Si on devait rejouer la série, les Kings battraient les Lakers 99 fois sur 100 dans une série en 7 matchs.
« J’ai joué un match dans lequel, clairement, quelque chose ne tournait pas rond. La situation dans son ensemble était étrange.
« En tant qu’arbitre, vous allez dans chaque vestiaire en souhaitant avoir un match parfait.
Les Kings, suite à cet épisode ô combien douloureux pour leur franchise, ne retrouveront jamais les couleurs qu’arboraient alors leur équipe, et s’enfonceront doucement dans une crise tout au long des années 2000.
Jamais la NBA n’a revu depuis une équipe de Sacramento aussi sexy sur le terrain, aussi badass en dehors, et tout simplement aussi forte. De leur côté, les Lakers profiteront de ces péripéties pour accéder aux Finales et remporter un nouveau titre, qui viendra parachever un three-peat si rare et si symbolique dans l’histoire de la NBA.
Même si l’histoire ne peut être rétablie et que la vérité reste celle d’une victoire des Lakers, chacun a déjà imaginé ce qu’il serait advenu des Kings, des Lakers et des playoffs 2002 si toute cette affaire n’avait jamais eu lieu. Nul doute que les choses auraient été bien différentes à court, moyen et long terme pour les deux équipes.
Les Kings ont laissé passer leur chance. Les résultats des Sacramento Kings déclinent saison après saison, avec la chute qui s’accélère en 2004. La blessure de Chris Webber, le départ de Vlade Divac ou encore le transfert de Doug Christie mettent fin à cette ère prometteuse et excitante.
Tout doucement, les Kings deviennent même une blague car à partir de 2007, ils sont en vacances avant les joutes printanières des Playoffs NBA. Peu importent alors les trades, les signatures, les joueurs sélectionnés à la Draft, le destin semble toujours enfoncer les Kings. Que ce soient Kevin Martin, Tyreke Evans, DeMarcus Cousins ou Isaiah Thomas, personne n’arrive à sortir l’équipe de Sacramento de son marasme, et chaque maigre satisfaction est vite balayée.
Même le retour de Vlade Divac - en tant que General Manager - n’y change rien. Il faut dire que la légende des Kings a préféré miser sur Marvin Bagley plutôt que Luka Doncic avec le deuxième choix de la Draft 2018.
Alors comme souvent dans cette situation, appuyer sur le bouton reset demeure la meilleure solution en NBA. On fait le ménage à tous les étages. Vivek Ranadivé - propriétaires des Sacramento Kings depuis 2013 - décide de s’appuyer sur d’autres hommes, dont Monte McNair comme General manager.
Pour cela il a fallu faire des choix comme se séparer de Tyrese Haliburton, pourtant adoré par les fans, afin de récupérer Domantas Sabonis. Le mot d’ordre est clair : solder l’héritage laissé par Divac. Enfin une partie, car le meneur De’Aaron Fox est heureusement toujours là, tout comme l’ailier Harrison Barnes, aussi discret que précieux.
Autour de ce trio, les jeunes Keegan Murray et Davion Mitchell - draftés par les Kings ces dernières années - apportent de la profondeur sur la base arrière. Tout comme Malik Monk, pote de De’Aaron Fox depuis leur passé commun à Kentucky.
Les Sacramento Kings restant les Sacramento Kings, ils se devaient de faire souffrir leurs fans. L’éclaircie de 2023 n’est pas confirmée, malgré une saison 2023-24 avec un bilan positif (46 victoires pour 36 défaites). Mais dans une Conférence Ouest toujours aussi relevée, cela signifie passage par le Play-In.
Les Kings vont chercher DeMar DeRozan pour tenter de relancer une dynamique positive lors de l’été 2024, quitte à se séparer d’Harrison Barnes. En vain. Les Sacramento Kings ne semblent plus répondre. Mike Brown est remercié, remplacé sur le banc par Doug Christie, l’ancien joueur. De’Aaron Fox est envoyé à San Antonio dans un trade triangulaire (à trois équipes) qui permet aux Sacramento Kings de récupérer Zach LaVine.
Le duo DeRozan-LaVine ayant prouvé aux Chicago Bulls qu’il était parfait pour arriver jusqu’au Play-In et se faire éliminer, on a l’impression que le changement de dynamique n’est pas pour tout de suite du côté de Sacramento.
La preuve ? Il faut donc une fois de plus reconstruire chez les Sacramento Kings. Cela sera sans Monte McNair, remercié dans la foulée de l’élimination. C’est désormais à Scott Perry d’apporter un souffle nouveau en tant que General Manager. Seul Domantas Sabonis semble intouchable dans l’effectif actuel.
En 1985, ils rejoignent la Californie. Nous sommes enfin bel et bien chez les Sacramento Kings. Mais là encore, cela ne signifie pas la fin des galères sportives. Si les Kings disputent les Playoffs NBA lors de leur première saison à Sacramento en 1986, ils doivent ensuite attendre jusqu’en 1996 pour revoir la post season NBA. Le principal joueur de cette époque est l’arrière Mitch Richmond. S’il fait ses stats, il ne permet pas aux Sacramento Kings de gagner beaucoup de matchs.
Suite à ce mouvement, les Sacramento Kings retrouvent les Playoffs, et cette fois-ci de façon régulière. Le rookie Jason Williams (7e choix de la Draft 1998), l’expérimenté Vlade Divac et C-Webb constituent le noyau de cette génération et sont déjà présents, tout comme Peja Stojakovic qui débute lui aussi sa carrière NBA lors de cette saison 1998-99.
Mais le jeu trop à risque du meneur lui est fatal. Les Kings décident qu’ils ont besoin d’un point guard meilleur gestionnaire pour franchir un palier. Williams est alors envoyé aux Grizzlies contre Mike Bibby en 2001. Le cap est passé dans la foulée avec la meilleure saison de l’histoire de la franchise (61-21, premiers en NBA) en 2002.
Les fans des Kings rêvent alors de titre NBA, mais les Los Angeles Lakers bien aidés par les arbitres - Tim Donaghy (arbitre NBA impliqué dans un scandale de paris et au sifflet lors de cette série) en tête - douchent leurs espoirs. Vol ? Pour une fois, le mot ne semble pas trop fort.

Les débuts de la franchise : De Rochester à Sacramento
Bien avant de voir les Kings tenter de régner sur la Californie depuis Sacramento, tout débute à Rochester, dans l’État de New York. Nous sommes en 1945 et les Royals - descendants des Rochester Seagrams, équipe semi-pro fondée en 1923 - évoluent en NBL.
C’est ensuite en BAA (qui devient NBA en 1949) que les Rochester Royals sévissent à partir de la saison 1948-49. La transition se passe plutôt bien puisque l’équipe va chercher le titre NBA en 1951 dans le sillage de Bob Davies, Bobby Wanzer et Arnie Risen, trois hall of famers (membres du Hall of Fame, le Panthéon du basket).
Sur les saisons suivantes, les Royals demeurent une équipe solide, même s’ils ne parviennent plus à aller au bout. Surtout, un souci pointe le bout de son nez. Le calendrier NBA, désormais plus chargé qu’à leur période NBL, ne permet plus aux Rochester Royals de disputer beaucoup de matchs d’exhibition.
Peu importent les victoires sur le parquet, le blé ne rentre pas, ou en tout cas pas suffisamment. Et quand en plus les saisons sont moins abouties (comme en 1956 et 1957 sans Playoffs), le déménagement est inexorable. C’est en direction de Cincinnati que les Royals bougent.
Bon en termes de taille de marché, on n’est toujours pas à Los Angeles ou New York. Avant cela, un moment marque l’histoire de la franchise et de la NBA : l’accident de Maurice Stokes en 1958. En fin de saison régulière, l’ailier fort chute et se cogne la tête. Quelques jours plus tard, il est victime d’une attaque lors d’un déplacement en avion. Il ne quittera plus jamais son lit d’hôpital.
Son coéquipier Jack Twyman devient son tuteur légal et se débrouille pour lever des fonds afin de payer les soins de Stokes. Pour inverser la dynamique, les Cincinnati Royals misent sur Oscar Robertson lors de la Draft NBA de 1960. Ce monsieur Triple Double (il devient en 1962 le premier joueur de l’histoire de la NBA à réaliser une saison en triple double de moyenne, 30,8 points, 12,5 rebonds et 11,4 passes) brille individuellement.
Il porte l’équipe, fait des Royals une franchise qui compte, mais pas suffisamment pour venir à bout des Celtics. Même l’ajout de Jerry Lucas (drafté par les Royals en 1963) n’y change rien. Pire, lorsque l’équipe tente de mettre Bob Cousy - justement un ancien de Boston - coach en 1969, c’est le désastre : l’effectif vole en éclat avec le trade (transfert) de Jerry Lucas puis celui d’Oscar Robertson, alors que l’ancien meneur des C’s s’offre même quelques minutes sur les parquets (7 matchs à 41 ans).
Survient alors un nouveau déménagement en 1972, direction le Missouri et Kansas City. L’équipe se baptise Kansas City-Omaha Kings, pour éviter la confusion avec l’équipe de baseball de la ville nommée Kansas City Royals. On reste dans le thème de la royauté mais malheureusement on conserve aussi la médiocrité, malgré l’avènement de Tiny Archibald qui termine la saison 1973 comme meilleur scoreur (34,4 points) et passeur (11,4 passes) de la NBA, une première.
Est-ce qu’un déménagement peut changer la donne ? On n’est plus à un mouvement prêt pour les Kings qui ont désormais l’habitude de faire leurs valises.
| Saison | Conférence | Classement | Résultats |
|---|---|---|---|
| 2001-2002 | Ouest | 1er | 61-21 |
| 2022-2023 | Ouest | 3ème | 48-34 |
| 2023-2024 | Ouest | 9ème | 46-36 |