Les Inconnus du Football Brésilien: Histoires et Talents Cachés

Le football brésilien, souvent associé à la gloire et aux stars mondiales, recèle aussi son lot d'histoires méconnues et de talents restés dans l'ombre. Des clubs modestes aux figures oubliées, plongeons au cœur de ces récits qui contribuent à la richesse du paysage footballistique brésilien.

Un Club de l’Ombre qui Fait Trembler les Géants

Ils étaient inconnus il y a quelques mois. Aujourd’hui, ils font tourner la tête du PSG et des cadors de la Série A brésilienne. Le EC Meia-Noite, modeste club de l’intérieur paulista, a créé la sensation lors de la dernière Copa São Paulo de Futebol Júnior. Le parcours du EC Meia-Noite à la Copinha - élimination du Coritiba, puis chute face au Cruzeiro, double tenant du titre - a mis en lumière une génération dorée.

Bruno Aquiles, le Prodige Surveillé par Paris

Imaginez : à seulement 16 ans, Bruno Aquiles, défenseur central né en 2010, s’envole pour Paris. Deux semaines d’entraînement au PSG, sous l’œil acéré des recruteurs, pour un simple « monitoring »… mais tout le monde sait que ce genre de période d’essai n’est jamais anodine.

Des Transferts en Cascade vers l’Élite

Résultat : cinq joueurs déjà négociés avec des géants du Brésil. Vasco da Gama, Fluminense, Corinthians… tous se sont jetés sur ces jeunes, flairant la bonne affaire. Le milieu offensif Edu Bernardes (n°8) et le meneur de jeu Bruno Medeiros (n°10) rejoignent Vasco pour un an, tout comme le latéral droit Kauã Borges, déjà repéré par la sélection brésilienne U17. João Cristiano (n°11) file au Fluminense, tandis que Vitor Michel (n°7) débarque au Corinthians. Tous ces prêts sont assortis d’options d’achat, preuve que les clubs veulent verrouiller ces pépites avant qu’elles n’explosent.

Dans l’ombre des projecteurs, le EC Meia-Noite s’impose comme un laboratoire à talents. Et si la prochaine star mondiale sortait de ce petit club ?

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Izidor Kürschner: Un Révolutionnaire Oublié

Si certains comme Galilée ou Van Gogh ont pu voir leurs travaux et œuvres reconnus post-mortem, d’autres restent à jamais des inconnus du grand public malgré leur réelle plus-value passée. Izidor Kürschner est l’un d’entre eux.

Une Belle Carrière en Europe

Plonger dans la vie d’Izidor, c’est avant tout faire un saut vers le début du XXe siècle. De 1904 à 1913, le Hongrois joue pour l’un des plus grands clubs de son pays : le MTK Budapest, qui à l’époque est le grand rival de Ferencvaros. Durant sa carrière de joueur, Kürschner gagne deux titres de champion d’Hongrie ainsi que 3 coupes. Là-bas, il entraîne le Bayern Munich très brièvement mais surtout Nuremberg avec qui il remporte le titre de champion d’Allemagne en 1921 puis accède à la finale du championnat en 1922.

Cette finale reste mythique puisqu’elle a duré plus de 5 heures sur deux matchs sans pouvoir donner de vainqueur final. Le premier match dura trois heures et dix minutes, se terminant sur le score de 2-2 alors que le second match alla aussi jusqu’aux prolongations. Alors que le score était de 1-1, l’équipe de Nuremberg se retrouva à sept joueurs et l’arbitre siffla la fin du match. Hambourg fut désigné champion mais refusa le titre. Cette finale de 1922 est connue comme « l’Eternelle Finale ».

L’entraîneur file ensuite en Suisse, où il mène la sélection nationale en 1924 aux Jeux Olympiques de Paris en compagnie de deux entraîneurs britanniques Jimmy Hogan - un des grands pionniers du football en Europe au début du XXe - et Edward Duckworth. La Suisse termine vice-championne olympique et la rencontre avec les deux techniciens anglais s’avère importante pour Izidor, qui s’enrichit de nouvelles méthodes d’entraînement.

Kürschner entraîne ensuite les Grasshopper Zurich de 1925 à 1934. Sous sa conduite, le club gagne 3 titres de champion et 4 coupes nationales. Il entraînera encore les Young Boys, pour sa dernière étape européenne.

Deux Révolutions Importantes pour le Technicien et l’Homme

La première révolution pour Kürschner est footballistique. En 1925, la loi du hors-jeu évolue. Alors qu’il fallait 3 défenseurs entre l’attaquant et la ligne de but adverse pour qu’il ne soit pas hors-jeu, le nombre de défenseurs nécessaires passe à deux. Dans les années 1920 et 1930, cela entraîne un réel bouleversement tactique avec un passage progressif du 2-3-5 au WM, sous l’impulsion notable de l’entraîneur d’Arsenal Herbert Chapman. Sur le Vieux Continent, Izidor est le témoin de cette révolution et la met en pratique avec ses équipes en Suisse.

La Classe Désuète de l’Entraîneur d’Antan

L’autre évolution pour Kürschner provient du contexte en Europe à l’époque. La montée du nazisme dans les années 1930 est bien entendu perçue comme une menace pour le Juif Hongrois qu’il est. Même s’il n’y a pas de version certaine, beaucoup pensent que le départ d’Izidor du Vieux Continent vers le Brésil était avant tout dicté par cette pression sociale, de plus en plus importante. En 1937, Izidor Kürschner débarque au Brésil et une nouvelle vie commence pour lui. Il laisse derrière lui ses succès européens mais arrive fort de nombreuses idées novatrices en Amérique du Sud.

Izidor au Flamengo : « Coudre le Manteau sur les Boutons »

En 1937, le Hongrois prend en main le grand Flamengo. Il débarque dans un club très ambitieux avec le président Padilla à sa tête. A l’époque, le club construit son stade et a dans ses rangs certains des meilleurs joueurs sud-américains comme le Brésilien Leonidas da Silva dit le « Diamant Noir ».

Kürschner doit apporter la dernière pièce du puzzle en étant cet entraîneur qui arrive auréolé de succès d’Europe et doit emmener l’équipe vers la modernité et un style plus européen. Il prend la place de Flavio Costa, qui devient son adjoint. Le Hongrois tente de mettre en place quelques nouveautés dont le WM, totalement novateur à l’époque au Brésil. Cependant, le passage du 2-3-5 au WM est perçu comme trop défensif au Brésil. Izidor propose aussi des méthodes d’entraînement novatrices, dont le travail sans ballon.

Malheureusement, il se heurte au rejet des joueurs, qui ne pensent pas qu’ils ont besoin d’un Européen pour apprendre à jouer au football, mais aussi aux critiques incessantes de son adjoint Flavio Costa qui moque les considérations tactiques du Hongrois. Il faut aussi reconnaître que le Hongrois est victime de son incapacité à parler portugais, qui le prive de contacts directs avec ses joueurs. Kürschner ne restera finalement qu’une petite année à Flamengo, devant céder sa place suite à une défaite contre le Vasco pour l’inauguration du nouveau stade de Flamengo.

Comme le dit le proverbe hongrois « a gombhoz varrja a kabátot », Izidor Kürschner aura sans doute voulu « coudre le manteau sur les boutons » sans se laisser le temps et la possibilité de voir si les boutons, en l’occurrence les joueurs et leur mentalité, pouvaient s’adapter rapidement à ses idées et principes.

Izidor aura malgré tout également travaillé avec l’encadrement technique du Brésil en préparation de la Coupe du Monde 1938, les mettant au fait de l’approche différente du football en Europe et de l’évolution tactique du jeu sur le Vieux Continent. Kürschner entraînera ensuite brièvement Botafogo. Le Hongrois meurt en 1941 au Brésil, sans doute d’un virus.

L’Héritage de Dori au Brésil

La mort prématurée de celui connu comme « Dori » au Brésil ne lui aura pas permis de voir les fruits de sa pensée sur l’évolution du football brésilien. Car bien que l’ayant fortement moqué, Flavio Costa a su tirer profit de son année passée aux côtés du Hongrois pour faire évoluer sa mentalité tactique.

Flavio Costa reste un grand nom du football brésilien, aussi bien pour sa carrière d’entraîneur à Flamengo que pour son passage sur le banc de la Selecao. Après le départ de Kürschner, Flavio Costa gagne 4 Campeonato Carioca avec Flamengo entre 1939 et 1944 puis trois autres avec Vasco de Gama à la fin des années 40. Bien entendu, Costa ne copie pas complètement le système du WM qu’il a ouvertement critiqué lors du passage de Kürschner. Mais il s’en inspire pour créer une évolution du système appelée « la diagonale ». Le carré rigide au milieu du WM devient un losange, avec plus de liberté offensive pour un inter et plus de responsabilités défensives pour un des deux demis.

Aux commandes du Brésil, Flavio Costa gagna la Copa America en 1949, vingt-sept ans après la dernière victoire de la sélection brésilienne. Bien entendu, il était aussi de l’historique finale de 1950 au Maracana lors du Mondial organisé au Brésil. Si cette défaite reste ancrée dans la conscience collective brésilienne, il ne faut pas oublier que c’était à l’époque la meilleure performance de la sélection brésilienne.

S’il n’a jamais utilisé lui-même le 4-2-4, nombreux sont ceux à reconnaître que les évolutions tactiques apportées par Flavio Costa ont permis d’arriver au glorieux système tactique qui permit au Brésil de remporter la Coupe du Monde en 1958. Flavio Costa reviendra d’ailleurs sur le banc de la Selecao de 1955 à 1956. A l’époque, sur le Vieux Continent, ce sont les Magyars qui écrasent tout, grâce à un nouveau système prôné par Gustav Sebes en 4-2-4. Le mouvement permanent et les permutations dans ce schéma mettaient à mal les systèmes désuets comme le WM.

Kürschner fait partie de cette kyrielle d’entraîneurs hongrois qui ont révolutionné le football, à l’image d’un Gustav Sebes ou de Bela Guttman, qui a aussi eu son heure de gloire au Brésil. Malheureusement, son nom a disparu des livres et sa prodigieuse influence sur l’évolution du football brésilien a été oubliée.

Les Brésiliens du Stade Rennais: Entre Espoirs et Désillusions

Le Stade Rennais a semble-t-il réalisé un beau coup lors de la fin de ce mercato en engageant Raphinha. Voici un point sur les faits marquants de ces joueurs Brésiliens passés par le Stade Rennais.

  • Luis Fabiano: Arrivé avec l'étiquette de grand espoir, son passage fut un échec, ne marquant aucun but en 11 matchs de Ligue 1.
  • Vander: Son rôle était de favoriser l'intégration de Luis Fabiano, mais des blessures à répétition l'ont cantonné à un rôle secondaire.
  • Severino Lucas: Peu d'informations disponibles, mais il fait partie de la liste des Brésiliens passés par Rennes.
  • Cesar: Défenseur central international brésilien, il a joué une quarantaine de matchs sans laisser une empreinte mémorable.
  • Dudu: Champion du monde des moins de 20 ans, sa blessure aux ligaments croisés a mis fin à son aventure rennaise.
  • Emerson: Son passage fut peu convaincant malgré une présence régulière dans l'équipe.
  • Pedro Henrique: Joueur travailleur, il n'a jamais été un titulaire indiscutable, barré par une forte concurrence.

Le Football Brésilien: Plus qu'un Sport, un Fait Social Total

Selon Salvatore Bruno Barba, le football au Brésil est un « fait social total ». Étudier le football brésilien revient à étudier le Brésil. En effet, le futebol a accompagné les programmes et les transformations politiques, contribué à promouvoir les stratégies d’éducation, été le moteur de la croissance économique et favorisé la formation de a conscience identitaire nationale.

Regarder les joueurs brésiliens évoluer revient à observer la façon de penser, la façon d’être brésilienne. La Seleçao représente ce Brésil d’abord sensuel, libre et agressif puis métisse, politique et dionysiaque et, enfin, réaliste, moderne et globalisé.

Arlei Sander Damo rappelle l’importance que revêt le fait d’organiser une Coupe du Monde. En 2014, le Brésil organise sa deuxième Coupe du Monde après celle de 1950. Les manifestations correspondraient à un temps rituel, qui correspondrait au temps des grandes manifestations de football, durant lequel les Brésiliens célèbrent leur identité nationale. Or les stades de la Coupe du Monde ne sont pas destinés à accueillir un public brésilien. La F.I.F.A. impose des quotas de nationalité lors de la vente des billets. Seuls des Brésiliens privilégiés ont obtenu des places. Le football, facteur d’unité de la nation, est devenu excluant.

Carmen Rial rappelle que le nombre de footballeurs brésiliens quittant leur pays pour aller jouer à l’étranger ne cesse d’augmenter. De nos jours, un millier de joueurs brésiliens s’expatrient chaque année. Comme tous les migrants, les joueurs partent pour améliorer leurs conditions de vie. L’argent motive majoritairement ces départs. Mais d’autres facteurs, sportifs ou non, interviennent : opportunité de jouer, volonté de fuir l’homophobie…

Facteur Description
Géographique Destinations non traditionnelles des migrants brésiliens (Europe, Asie).
Administratif Footballeurs parfaitement encadrés, pas de clandestinité.
Symbolique Facilité à traverser les frontières, discipline collective au sein des clubs.

Bertrand Piraudeau confirme que l’intensification des départs du Brésil résulte, entre autres, des interconnexions entre les clubs brésiliens et les clubs européens. Il montre également que les parcours individuels sont de plus en plus complexes car multipolaires.

Michel Raspaud rappelle que la réussite des uns ne doit pas masquer les parcours sinueux d’autres. Le football est associé à la plage de Copacabana, du carnaval de Rio. Ce monde à l’apparence festif et enchantée masque des drames humains : ceux d’Heleno de Freitas (1920-1959), de Garrincha (1933-1983) et de Walter Casagrande (1963- ) et d’Adriano (1982- ). Chaque parcours illustre un état de la société brésilienne.

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