Les Barjots : L'Histoire de la Légendaire Équipe de Handball Française

L’équipe de France de handball a marqué l'histoire en remportant plusieurs titres mondiaux, et l'épopée des Barjots reste gravée dans les mémoires. Vingt ans après leurs premiers exploits, retour sur cette équipe emblématique et son héritage.

Le 21 mai 1995 à Reykjavik (Islande), les célèbres Barjots ouvraient la voie du succès, aux dépens de la Croatie (23-19). En remportant la finale face au Qatar, la France deviendrait la première nation dans l'histoire du handball à détenir cinq médailles d'or mondiales (après 1995, 2001, 2009 et 2011).

L'Héritage des Barjots : Une Influence Durable

Les "Barjots", nom donné à l'équipe de France de handball dans les années 90 en raison du caractère de ses joueurs aussi imprévisible sur le terrain qu'en dehors, ont fêté les vingt ans de leur médaille de bronze décroché aux JO de Barcelone.

En 1992, la France se présente aux Jeux Olympiques de Barcelone comme nation mineure du handball. Lors de son premier mondial à Berlin deux ans plus tôt, elle avait terminé à une anonyme 9e place. "On est arrivé aux Jeux comme des enfants à Eurodisney" confesse Denis Lathoud, arrière gauche de l'époque.

"On avait regardé notre poule et lors d'un stage en Hongrie, on s'était dit : si on fait septième on se rase la tête, on se teint les cheveux en blond" ajoute-t-il. D'emblée, les Bleus s'imposent face à l'Espagne (18-16) et ne s'inclinent que d'un petit but contre la Communauté des états indépendants (23-22) future championne olympique.

En battant pour la première fois l'Allemagne (23-20) puis la Roumanie et l'Egypte, les futurs "Barjots" accèdent aux demi-finales. Chose promise, chose due, la plupart d'entre eux apparaissent face à la Suède cheveux peroxydés mais cela n'empêche pas leur défaite.

Néanmoins, en venant à bout de l'Islande dans le match pour la 3e place, ils décrochent une médaille de bronze historique, propulsant le handball en pleine lumière sur le sol national. Ils tireront de cette distinction leur surnom de "Bronzés" avant de devenir "Barjots" pour leurs grandes gueules, leurs coupes de cheveux farfelues mais aussi leurs soirées mémorables d'après-match.

"Cette équipe a d'abord fait rire, elle a ensuite fait peur" souligne Greg Anquetil, avant de nous rafraîchir la mémoire. "Il y avait quand même les meilleurs joueurs du monde à leurs postes avec Stéphane Stoecklin, Jackson Richardson, Lathoud, Volle, Munier, Quintin, Gardent, Péreux…".

Cette incontrôlable bande de potes "qui n'avait aucune conscience de la rigueur du professionnalisme " dixit Lathoud a confirmé tout son potentiel après Barcelone avec une deuxième place au Mondial 93 avant un sacre historique en 1995. Pour la première fois de l'histoire, une équipe française de sport collectif s'installait sur le toit du Monde.

Les secrets de cette réussite sont multiples. "On s'est forgé tout seul et même arrivés en haut de l'affiche, on n'avait pas cette rigueur, on était juste content d'avoir des résultats ensemble". Pour l'ailier Greg Anquetil "dans cette équipe tout coulait de source" et "l'amitié vache" qui unissait le groupe l'a surpris à son arrivée.

L'ex-international confesse même que "cette équipe marchait sur un fil et ça a parfois vacillé". L'exemple du Mondial 95 gagné à Reykjavik est à ce titre évocateur. Au bord de l'implosion après les matches de poule, le groupe improvise une réunion dans un café de la capitale islandaise pour tout remettre à plat et aller au bout.

A l'inverse, lorsque l'entraîneur Daniel Constantini injecte du sang neuf en 1996, la greffe a du mal à prendre même si les Français décrochent tout de même le Bronze. Depuis, le handball français vit une époque dorée, trustant de nombreux podiums internationaux sous la houlette des "Costauds" puis des "Experts".

Dans cet intervalle de vingt ans, les Français ont disputé huit finales internationales pour sept titres gagnés. Et si les descendants des "Barjots" ne sont plus aussi déjantés, il n'en reste pas moins tout autant carnassiers.

Les Barjots remportent le premier titre mondial de sport collectif de l'histoire du sport français. Lathoud se remémore: «On avait commencé le soir à 21h après le repas et on a fini à deux heures du matin. Au petit déjeuner, les adversaires ont halluciné. Ils ont dû se dire qu’on était ravagés, que le seul truc auquel on pensait avant une finale mondiale c’était de déconner !»

Cette attitude démontrait surtout l’absolue confiance qui transpirait de cette équipe, quitte à, parfois, passer pour de l’irrespect voire de l’arrogance. «Il y en a qui n’aimaient pas du tout, notamment les pays de l’Est ou les Suédois, et d’autres qui étaient très fans».

«Comme on était plus sur du design à valeur ajoutée (sic), j’ai vu surtout des rigolades autour de nous», sourit Eric Quintin. En 1995, le handball n’en était qu’au début de son processus de professionnalisation. «On a vécu comme nos anciens, en essayant d’en jouir le plus possible», analyse Eric Quintin, devenu entraîneur de l’équipe de France jeunes, pour qui c’était «quasi incompréhensible» la première fois qu’on lui a proposé de l’argent pour jouer au hand.

A l’entraînement, les joueurs se chauffent, se chambrent constamment et sont parfois à deux doigts d’en venir aux mains. «On était sanguins», admet Perreux. L’échec des JO d’Atlanta en 1996, où la nouvelle génération n’a pas su s’intégrer aux anciens, a marqué la fin des Barjots.

«Il y avait une telle envie de vivre dans cette équipe qu’à un moment donné, ça débordait dans tous les sens, estime Anquetil. Tout était démesuré chez les Barjots. Dans les soirées, c’était hors du commun. Dans l’amitié entre les joueurs, c’était extrême. Et quand il a fallu que ça explose, c’était extrême aussi.» Restent alors les liens tissés, qui eux sont éternels.

Les Barjots ne sont pas nés au pied du mont Esja, ni dans les sources d’eau chaude. Mais c’est bien là, à Reykjavik, qu’ils ont atteint, le 21 mai 1995, le sommet d’une trajectoire pas comme les autres. Les Barjots remportent le premier titre mondial de sport collectif de l'histoire du sport français.

«Quelque part, la première fois où on est champion du monde, c’est un peu comme avec la première femme, on ne l’oublie jamais», se souvient Grégory Anquetil, également titré en 2001 à Bercy.

Les Barjots : Une Génération Emblématique

La phrase est signé Grégory Anquetil, international de 1993 à 2005. Elle résume à elle seule l'influence qu'ont eue les "Barjots" sur le handball et sur les sports collectifs français en général.

Les "Barjots" est le surnom de l'équipe de France de handball qui a disputé une première finale mondiale en 1993 (perdue face à la Russie 19-28 en Suède) puis remporté le championnat du monde 1995 en Islande en battant la Croatie 23-19 pour le titre, emmenée notamment par Denis Lathoud, Jackson Richardson et Frédéric Volle.

Le surnom de « Barjots » est dû à l'état d'esprit général des joueurs qui abordaient les compétitions dans des conditions toujours particulières, perdant face à des équipes abordables pour ensuite enchaîner des matches nettement meilleurs face à de grosses équipes. Les joueurs avaient aussi l'habitude de fêter des titres ou des médailles avec des coupes de cheveux très particulières à une époque où cela n'était pas courant.

L'origine du sobriquet est né d'une simple interview entre Philippe Gardent, le capitaine et François Brassamin, journaliste de L'équipe, la veille de la finale de 1993, durant laquelle le journaliste demande à Gardent de donner un trait de personnalité qui illustre parfaitement chaque joueur de l'équipe de France. Au beau milieu de l'interview, le capitaine déclare : « on est tous des barjots ».

En 1992, les «Bronzés» empochent le bronze olympique. En 1993, ils sont vice-champions du monde. Et en 1995, les désormais «Barjots» remportent le titre mondial.

L’enthousiasme des «Barjots» fait des émules et suscite des vocations. Rendez-vous leur est donné aux Jeux Olympiques 2012. La chaîne Canal + diffusera en CLAIR un document inédit retraçant les 20 ans du handball tricolore masculin.

Si on vous cite Philippe Médard, Philippe Gardent, Stéphane Stoecklin, Frédéric Volle, Jackson Richardson, Grégory Anquetil, Bertrand Gille, Thierry Omeyer, Nikola Karabatic, entre autres? bien évidemment, vous pensez au handball tricolore masculin et aux nombreux titres obtenus par les Bronzés, Barjots, Costauds, Experts !! Justement !!

Pour Fernandez: «Ce surnom les représentait bien. C'était une génération à part, qui avait tout sacrifié pour l'équipe de France. Ils passaient énormément de jours ensemble en sélection, souvent au détriment de leurs carrières en clubs. Cela a payé et cela a permis de lancer le handball français sur la voie que l'on connait aujourd'hui.»

Un avis rejoint par Michaël Guigou: «Leur surnom a sans doute été le plus facile à trouver, encore plus que les Bronzés. En plus de coupes de cheveux extravagantes, de bizutages complètement fous et d'une hygiène de vie qui n'avait rien de monacale, les Barjots ont donné à la France son premier titre de championne du monde dans un sport collectif.

Les Barjots venaient de naître sur la terre nordique, se créant une légende, qui aujourd'hui encore, représente une marque de fabrique reconnue et appréciée. Aussi, les Barjots font encore rêver. Il est vrai que dans leurs rangs figuraient des personnalités et des hommes allant jusqu'au bout de leurs défis.

D'ailleurs, l'entraîneur de l'épopée, Daniel Costantini, avait dû accepter de composer avec ces tempéraments capables de repousser des montagnes. Ainsi, lors du mondial islandais, la solidarité de l'effectif avait pris corps dans cet esprit de lutte et de domination dont le groupe avait fait sa marque de fabrique.

Provocateurs, physiquement forts, moralement invulnérables, ils allaient faire de cette affirmation de supériorité le ciment de leurs victoires. Un brin déjantés, le nom de « barjots » ne pouvait que leur coller à la peau. Aujourd'hui, cette appellation reste forte dans les esprits car elle porte en elle cette notion de fierté qui a donné au sport français sa soif de gagner.

La victoire islandaise de 1995 est l'un des tournants intellectuels des sports collectifs tricolores. Aujourd'hui, cela peut paraître une évidence. Depuis 1995, beaucoup de joueurs ont fait leur petit bonhomme de chemin.

A cette liste que l'on ne voudra pas exhaustive, il faut laisser une place de choix pour Grégory Anquetil, qui vient de remporter une nouvelle fois la Coupe de France avec Montpellier et Jackson Richardson nouveau champion d'Europe des clubs. Tous deux ont en effet gagné, au mois de février à Berçy, la deuxième Coupe du Monde du handball français. L'un et l'autre ont apporté à la France les buts de l'espoir. Grégory a offert la prolongation de la finale contre la Suède sur un but ultime. Et Jackson, quelques jours auparavant, en avait fait autant contre l'Allemagne.

Presque 30 ans plus tard, pour le documentaire « Or Norme » sur BeIN Sports, Denis Lathoud était retourné avec François-Xavier Houlet en Islande, à Akureyri, devant le café de ce petit port de pêche près de Reykjavik. C’est ici que « le Grand » comme le surnommaient ses potes - et il en avait beaucoup - a fait basculer le destin du handball français, un jour de mai 1995.

« Je garderai pour toujours ces deux jours en Islande lors desquels nous avons fait véritablement connaissance lui et moi.

Les Barjots : Un Regard sur les Joueurs Clés

Les principaux joueurs de l'époque racontent leurs lointains successeurs, poste par poste.

Gardien Thierry Omeyer, par Christian Gaudin

"Devant ma télé, je vibre avec lui et je serre le poing à chacune de ses parades. J'ai beaucoup d'affection pour lui. J'étais encore en équipe de France, avec Bruno Martini, quand il a joué son premier Mondial en 2001. Il s'est nourri de notre période commune mais il a mûri si vite qu'il n'a pas eu besoin de nos conseils. Son hygiène de vie depuis vingt ans est un exemple. Il a une superbe génétique qui peut l'emmener aux Jeux de Rio, voire au-delà de 40 ans.

Arrière droit Xavier Barachet, par Stéphane Stoecklin

"C'est un handballeur assez stéréotypé, sage, du style de Cédric Burdet. J'affectionne davantage les joueurs instinctifs, qui tentent des tirs venus d'ailleurs, des roucoulettes, comme Valentin Porte quand il a joué à ce poste à l'Euro 2014. Mais on ne peut pas non plus jouer une grande compétition avec sept gars fantasques comme Luc Abalo [forfait pour le Mondial]. Il faut de tout pour faire une bonne équipe.

Demi-centre Nikola Karabatic, par Jackson Richardson

"Je ne me reconnais pas dans son style car j'étais un gratteur de ballon, lui use davantage du corps-à-corps. N'empêche que je pourrais payer pour voir jouer Niko. Sa réussite est inestimable. Avant sa première sélection, contre la Russie en 2002, je me rappelle lui avoir dit : "Tu n'as rien à prouver. Prends du plaisir, les responsabilités viendront plus tard." En prenant ma retraite, en 2005, je lui ai transmis le flambeau en lui demandant de porter haut nos couleurs. Cette année-là, il m'a demandé mon avis avant de partir en Allemagne [Kiel]. Il hésitait avec l'Espagne. Je m'en souviens bien, nous étions dans un jacuzzi! Comme j'ai accompagné ses débuts, peut-être que Niko passera le relais à mon fils Melvyn [18 ans, grand espoir de Chambéry] dans quelques années. Ce serait un beau clin d'œil!"

Arrière gauche Daniel Narcisse, par Denis Lathoud

"S'il n'a plus la même détente à 35 ans qu'à ses débuts, Daniel me fait toujours bondir de mon canapé. Sa palette est si large qu'on ne sait jamais s'il va tirer de loin, faire une passe ou rentrer dans la défense. Ça le rend imprévisible. Je me retrouve dans son jeu créatif. À son poste, la hiérarchie n'est pas claire car il était blessé en début de compétition. Jérôme Fernandez est plus expérimenté, William Accambray plus puissant.

Pivot (offensif) Cédric Sorhaindo, par Guéric Kervadec

"À son arrivée en équipe de France, en 2005, il m'a demandé conseil sur les secteurs où il devait progresser. Aujourd'hui, j'aime tout chez lui : son côté imprévisible, capable de tirer dans le dos, à plat ventre, sa prise de balle à une main. Il est adepte de la roucoulette, ce qui n'est pas fréquent pour un pivot. Il a l'allure d'un gros nounours mais tous ses adversaires savent que c'est une boule de nerfs qui va gâcher leur soirée car il ne rate presque rien devant le but."

Pivot (défensif) Luka Karabatic, par Pascal Mahé

"Sa progression est fulgurante mais j'en attends un peu plus dans le rapport de force. Malgré sa jolie barbe de bûcheron, on peut penser qu'il manque un peu de méchanceté. Moi, j'aimais accrocher le regard de l'adversaire pour lui faire peur tandis que Luka est moins démonstratif. Mais il ne faut pas changer sa nature si ça risque de le faire moins bien jouer. À mon époque, le hand ne passait pas beaucoup à la télé, on pouvait donc envoyer, même du trop lourd! Aujourd'hui, le moindre geste est menacé d'un carton rouge, comme celui qu'il a reçu face à la Suède."

Ailier droit Valentin Porte, par Grégory Anquetil

"Sa polyvalence est sa grande force : il a placé le curseur de l'excellence entre ses deux postes, ailier ou arrière droit. Claude Onesta l'a changé de position juste avant la compétition à cause du forfait de Luc Abalo mais il continue de jouer aussi juste car il bosse dur : il a dû prendre 15 kg de muscle en trois ans. Valentin est le plus méritant car il a fait son trou dans une équipe presque au complet l'an dernier et a été l'un des meilleurs de l'Euro. Il exploite 100 % de son potentiel, à l'inverse d'un William Accambray qui n'en utilise pas le quart."

Ailier gauche Michaël Guigou, par Éric Quintin

"On peut le comparer à Tony Parker pour son côté meneur de jeu, toujours à l'affût d'un mouvement pour déclencher une passe. Mika, c'est le geste juste, innovant et spectaculaire mais jamais au détriment de l'efficacité. Il fait la démonstration de l'intelligence sans ostentation. Je l'ai cité en exemple à tous les joueurs dont je me suis occupé depuis que je suis entraîneur. Si ce sport résiste au dogme du kilogramme et du centimètre, c'est aussi grâce à lui.

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Les Différentes Générations du Handball Français

Les Bronzés (1992)Contrairement aux autres surnoms symbolisant plusieurs années, les Bronzés ne font référence véritablement qu'à une seule compétition: les Jeux olympiques de Barcelone.

«Le nom n'a pas dû être compliqué à trouver», nous avoue Jérôme Fernandez, l'actuel capitaine de l'équipe de France, «puisqu'il se rapporte directement à la médaille de bronze aux JO de 1992.»

«Ce surnom m'inspire la notion de commencement», confie au Scan Sport Xavier Barachet, âgé de ... quatre ans à l'époque. «Sans ces joueurs-là, sans ce qu'ils ont véhiculé, sans un entraîneur comme Daniel Costantini, nous n'en serions pas là aujourd'hui.

Une opinion totalement partagée par Fernandez: «Je reste très admiratif de cette génération qui a permis à notre sport de sortir de l'oubli. C'est elle qui a donné envie aux suivantes de faire des exploits et de remporter des médailles.»

Y en-a-t-il un qui l'a plus inspiré que d'autres? «Au niveau du jeu, évidemment, j'avais un regard plus particulier sur ceux qui évoluaient à mon poste, à savoir Denis Lathoud et Frédéric Volle. Mais il y avait aussi l'incontournable Jackson (Ndlr: Richarson) qui a tellement marqué de son empreinte cette période, et même les suivantes.

Les Barjots (1993-1996)Sans doute le surnom et la période la plus emblématique de l'équipe de France.

Pour Fernandez: «Ce surnom les représentait bien. C'était une génération à part, qui avait tout sacrifié pour l'équipe de France. Ils passaient énormément de jours ensemble en sélection, souvent au détriment de leurs carrières en clubs. Cela a payé et cela a permis de lancer le handball français sur la voie que l'on connait aujourd'hui.»

Un avis rejoint par Michaël Guigou: «Leur surnom a sans doute été le plus facile à trouver, encore plus que les Bronzés. En plus de coupes de cheveux extravagantes, de bizutages complètement fous et d'une hygiène de vie qui n'avait rien de monacale, les Barjots ont donné à la France son premier titre de championne du monde dans un sport collectif. Mais cette folie, aujourd'hui, ne passerait plus pour Guigou: «Ce n'est plus possible, certains auraient dû arrêter leur carrière beaucoup plus tôt. Nous sommes rentrés dans d'autres exigences, que ce soit avec les clubs ou les compétitions internationales. Le rythme des matches n'est plus le même non plus.»

Barachet, lui, ressort la boîte à souvenir: «J'ai commencé le handball alors que cette génération touchait à sa fin. Quand j'entends ce surnom, immédiatement, je vois les photos de jeunesse de Philippe Gardent, de Laurent Munier… Cela me fait rire.

Les Costauds (2001-2008)Après avoir atteint les sommets du monde, l'équipe de France allait connaître un quinquennat plus difficile, marqué par une seule médaille, en bronze, lors du Mondial 1997. Mais la fin de carrière de nombreux Barjots et l'arrivée de Claude Onesta sur le banc en lieu et place de Daniel Costantini ouvrait une nouvelle ère: celle des Costauds, qui débutait par un nouveau titre de champion du monde, décroché à domicile en 2001.

Arrivé en 1997 en sélection, Fernandez y a pris pleinement son essor à ce moment-là: «Je suis arrivé avec une génération qui avait beaucoup de pression sur les épaules, car elle devait reprendre le flambeau d'une génération dorée. Ce surnom est donc venu du fait que nous ayons réussi à prendre le relais en devenant nous aussi champions du monde en 2001.

Guigou aussi a fréquenté les Costauds: «Je les ai bien connus puisqu'ils étaient une petite dizaine à évoluer à Montpellier à cette époque-là. Et puis j'ai joué avec eux en intégrant l'équipe de France en 2002, un an après leur titre mondial à Bercy. J'ai été fier de pouvoir évoluer avec ces joueurs-là, en particulier Jackson qui était mon idole. C'était incroyable pour moi de passer en si peu de temps des tribunes, où je les supportais à Bercy en finale en 2001, à joueur proprement dit.»

«Néanmoins», précise l'ailier de Montpellier, «je ne sais pas pourquoi on leur a donné un tel surnom. Autant les trois autres, la symbolique est claire, autant là… C'est sans doute parce qu'elle avait une dimension physique supérieure, notamment en défense avec le duo Bertrand Gille-Didier Dinart.

Les Experts (2008-?)En 2008, avec le bronze européen et surtout l'or olympique après lequel elle courrait, la France rentrait dans l'ère des Experts, cette fameuse génération qui allait être capable de détenir en même temps les trois grands titres du handball: mondial, européen et olympique.

«C'est le surnom que je préfère et c'est celui qui dure depuis le plus longtemps», précise Fernandez. «C'est aussi celui qui nous définit le mieux. On est passé de joueurs talentueux à joueurs très bien entraînés et préparés. Forcément, quand on arrive à un tel niveau, cela demande une certaine expertise.

Un enthousiasme moins présent chez Guigou: «D'être un joueur de l'équipe de France, cela me fait quelque chose. D'être un Expert en revanche, je n'y attache pas d'importance. On subit plus qu'autre chose cette histoire de surnom. C'est sympa, cela permet de démarquer les générations et peut-être aussi de créer un lien différent avec le public mais dans notre vie de groupe, ce n'est qu'un détail.»

Même constat chez Barachet: «Je ne sais pas si cela nous correspond tant que cela. «Il faudra sans doute changer de nom quand il n'y aura plus Fernandez, Omeyer et Narcisse dans l'équipe», répond Guigou. «Je me souviens qu'il y avait eu quelques tentatives de la part de la presse après le dernier Euro, comme les Invincibles ou les Indestructibles…» Avant d'analyser l'un des derniers possibles, dans un grand éclat de rire: «Les Rois du désert circulent désormais? Alors on aura tout eu.»

Fernandez, lui, n'est pas pressé de changer d'ère: «Je trouve que les Experts, c'est très bien, et j'espère que cela va durer encore un petit moment.

Titres et récompenses de l'équipe de France de handball "Les Barjots"

AnnéeCompétitionMédaille
1993Championnat du Monde en SuèdeArgent
1995Championnat du Monde en IslandeOr
1996Jeux Olympiques d'Atlanta4ème place

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