Quand j’ai commencé à regarder des matchs de foot US je n’avais jamais consulté les règles du football américain. Et malheureusement, je n’ai rien compris au match. Si tu veux comprendre le football américain, il y a des principes de base à assimiler. Certaines règles sont essentielles pour la compréhension de ce sport mais je te rassure elles sont faciles à comprendre. J’ai donc décidé, dans cet article, de te les expliquer simplement en 6 points.
Le football américain est souvent perçu comme un sport brutal et chaotique. Pourtant, derrière les chocs spectaculaires et les actions explosives se cache une organisation d’une précision presque chirurgicale. Comprendre les postes au football américain est la clé pour apprécier pleinement ce sport ultra-stratégique.
NFL Kicker Breaks Down The Science of a Field Goal
Le football américain repose sur une logique de spécialisation extrême. Chaque joueur n’a qu’un nombre limité de responsabilités, mais doit les exécuter à la perfection. Chaque joueur est sélectionné pour ses qualités physiques, techniques et mentales, qui correspondent précisément à son poste. Comprendre les positions au football américain permet non seulement de mieux suivre un match, mais aussi d’apprécier la finesse tactique de chaque action. Chaque poste a un rôle bien défini, mais ce qui fait la force d’une équipe, c’est la coordination entre tous ces éléments.
Les bases du football américain
La règle du football américain N°1 : Le principe de base
Deux équipes s’affrontent ! Une équipe doit gagner du terrain pendant que l’autre doit l’empêcher d’avancer. L’équipe qui attaque doit remonter tout le terrain jusqu’à marquer un “TOUCHDOWN”. Ensuite, c’est au tour de l’équipe qui défend d’attaquer et vice versa. L’équipe qui a le plus de points à la fin du match gagne le match. Chaque joueur à un poste clé et s’il ne fait pas son travail, c’est toute l’équipe qui s’effondre. Le collectif est au cœur de ce sport. C’est pour cela que je trouve ce sport si intéressant et si passionnant.
Composition d'une équipe
La règle du football américain N°2 : La composition d’une équipe
Au football américain, il y a une équipe qui attaque et une équipe qui défend. Cette équipe se décompte en 3 équipes : L’attaque, la défense et l’équipe spéciale. Chaque joueur possède un seul poste bien que certains soient à la fois en attaque et en équipe spéciale. Décryptons ensemble ces 3 types d’équipes :
L’attaque
C’est l’équipe qui va avoir le ballon pour marquer des points. Elle est composée de :
- Un quarterback (QB) ou meneur de jeu, c’est le joueur qui lance le ballon.
- Un Running back (RB) ou coureur, c’est le joueur qui va courir avec le ballon.
- Un Tight End (TE), c’est un joueur polyvalent qui peut soit protéger le quarterback ou attraper le ballon.
- Les Wide receivers (WR) ou receveurs, c’est le joueur qui doit attraper le ballon, il est la cible du quarterback quand il lance le ballon.
Pour protéger le QB et qu’il puisse avoir le temps de lancer le ballon, tu as 5 joueurs qui composent la ligne offensive appelés lineman (OL). Dans cette ligne offensive, il y a 3 postes.
- Le center (C) ou le centre, c’est lui qui est en charge d’envoyer le ballon au QB à chaque engagement.
- Les Guard (G), qui sont positionnés à gauche (LG) et à droite (RG) du centre.
- Les Tackle (OT) qui sont positionnés aux extrémités de la ligne offensive.
La défense
C’est l’équipe qui va empêcher l’attaque d’avancer et qui va également essayer d’attraper le ballon. Elle est composée de :
- Les Defensive tackle (DT) sont le premier rideau de la défense, ce sont des joueurs qui doivent empêcher les jeux de courses au centre, les passes et mettre la pression sur la ligne offensive.
- Les Linebacker (LB) sont le deuxième rideau de la défense. Joueurs polyvalents, ils doivent s’adapter aux différentes phases de jeux pour contrer les courses et les passes, mettre la pression sur la ligne offensive et essayer de plaquer le QB.
- Les Cornerback (CB) font partis de l’arrière champ de la défense. Leur boulot est d’empêcher le quarterback de réussir une passe vers leur receveur.
- Le Strong safety (SS) fait également parti de l’arrière champ. Il a un gabarit moins imposant que les DT et LB mais il est très rapide et très réactif pour anticiper les passes longues et aider contre les courses.
- Le Free safety (FS) fait également parti de l’arrière champ, c’est le joueur le plus loin de l’attaque. Comme le strong safety, il est très rapide et très réactif pour déjouer les passes longues du quarterback.
Il faut savoir qu’un terrain de foot US ne se compte pas en mètres mais en yards. 1 yard = 0,91 mètre. Le terrain fait 120 yards de long et 53,33 yards de large. Un match de football américain dure 60 minutes composé de 4 quart-temps de 15 minutes. Les deux premiers quart-temps soit 30 minutes sont la première mi-temps et les deux derniers quart-temps sont la seconde mi-temps. À la mi-temps, les joueurs ont une pause de 15 minutes et rentrent au vestiaire. Lorsqu’un quart-temps est fini, les deux équipes inversent de côté.
Si les équipes sont à égalités à la fin du 4ème quart-temps, il y a une prolongation de 15 minutes. En prolongation, le premier qui marque un touchdown gagne le match. Si un field goal est marqué par une équipe, l’autre équipe doit au minimum marquer un field goal pour ne pas perdre le match, c’est comme la mort subite.
Les phases de jeu
La règle du football américain N°5 : La phase de jeu
L’objectif de l’attaque est de marquer des points. Pour cela, elle doit remonter tout le terrain soit 100 yards. Elle commence avec 4 tentatives pour essayer de parcourir 10 yards.
Cas 1 : L’attaque fait 10 yards ou plus. Elle a donc 4 nouvelles tentatives pour franchir à nouveau 10 yards.
Cas 2 : Au bout de la 3ème tentative, elle n’a toujours pas franchi les 10 yards. L’attaque peut soit tenter de franchir les 10 yards avec la 4ème tentative mais si elle ne réussit pas l’équipe adverse redémarre ou l’attaque s’est fait plaquer. Soit elle est assez proche des buts et tente un field goal pour marquer 3 points.
Au foot américain, l’attaque a plusieurs façons de marquer des points. Ces différentes manières sont :
- Touchdown = 6 points
- Conversion d’un Touchdown = 1 ou 2 points
- Field goal = 3 points
- Safety = 2 points
C’est le fait d’entrer dans la end zone avec le ballon soit en courant ou soit en attrapant le ballon. Attention, lorsque le joueur attrape le ballon, il doit avoir les deux pieds en contact avec la surface de la end zone.
Elle peut se faire de deux manières. L’extra point qui est un coup de pied sur la ligne des 15 yards (le plus utilisé) ce qui rapporte 1 point. La conversion qui est une phase de jeu normal commençant sur les 2 yards et qui rapporte 2 points. L’attaque doit attraper ou rentrer à nouveau le ballon dans la end zone (rarement utilisé ou utilisé quand l’équipe à beaucoup de retard).
L’attaque est en 4ème tentative, trop loin pour passer les 10 yards mais assez proche des poteaux. L’équipe qui attaque peut tenter un coup de pied pour passer le ballon entre les poteaux de l’équipe qui défend.
Le quarterback ou un joueur de son attaque se fait plaquer dans sa propre end zone. L’attaque concède 2 points et doit ensuite dégager le ballon au pied (punt).
Le kicker : un rôle à part
Le poste de kicker a une place à part au football américain. Joueur ultra précieux, sa réussite peut changer le cours d’un match, tout comme ses échecs peuvent annihiler les espoirs de victoire de son équipe. Toutefois, les kickers n’ont pas toujours eu cette place spéciale sur les terrains, notamment en NFL, et ont vu leur rôle changer drastiquement depuis plus d’un siècle.
Kicker n’a pas toujours été un poste à part entière. En effet, pendant de très nombreuses années, c’était le joueur de l’effectif avec la meilleure aptitude au pied qui se chargeait de frapper les kicks lors des matchs. De fait, certaines des premières figures de la NFL cumulaient un rôle, souvent en attaque, avec celui de kicker. Pour ne citer qu’eux, Lou Groza (offensive tackle), George Blanda (quarterback) et Paul Hornung (running-back) furent de grands joueurs dans la NFL des années 50 et 60 en alternant entre jeux offensifs et coups de pied.
Avec l’abolition du “one platoon system” au cours des années 40, qui obligeait les équipes à aligner le même personnel en attaque et en défense, les franchises se tournèrent peu à peu vers la spécialisation de joueurs sur certains postes. Cette révolution de l’utilisation de l’effectif affecta bien évidemment le kick, et l’on vit ainsi se développer des joueurs utilisés uniquement pour kicker le ballon. Si historiquement on lie ce mouvement à Ben Agajanian, considéré comme le premier kicker à temps plein lors de la saison 1945, il n’est pas impossible que d’autres joueurs ait eu ce rôle avant lui quelques années auparavant.
Si la réussite sur field goal est restée faible malgré la spécialisation du personnel, c’est également dû à la technique utilisée pour frapper ce type de coup de pied. Après avoir privilégié les drops pendant plusieurs décennies, le principe de placekicking a ensuite suppléé cette technique grâce au straight-on kick. Le principe ? Prendre une course d’élan droite et frapper le ballon avec la trajectoire la plus rectiligne possible grâce à la pointe de son pied. Si cela permet de minimiser l’effet conféré au ballon, cela diminue la puissance et n’augmente que très modérément la précision. De plus, le kicker est obligé de porter une chaussure avec un bout carré afin de réussir sa tâche.
L’histoire s’écrit lors d’un scouting des Buffalo Bills, alors en AFL, durant un match à Cornell en 1964. Sur le terrain se trouve un émigré hongrois, Pete Gogolak, qui va être à l’origine de la transformation du kick aux États-Unis. Ce jour-là, le senior va enchaîner kick sur kick dont un à 50 yds, une distance difficilement atteinte dans les ligues professionnelles. Ce qui impressionne les scouts, ce n’est pas sa régularité mais sa façon de frapper le ballon avec son pied.
Ce kick soccer-style s’inspire fortement d’une frappe au football roi en Europe, auquel Gogolak avait l’habitude de jouer dans son pays natal.
La démocratisation de cette façon non-conventionnelle de frapper les kicks va pousser la NFL à s’ouvrir vers le vieux continent sur la position. Chaque année, un nouveau kicker européen va s’imposer dans une franchise différente : Garo Yepremian (Chypre, Detroit Lions) en 1966, Jan Stenerud (Danemark, Kansas City Chiefs) en 1967, Bobby Howfield (Angleterre, Denver Broncos) en 1968 puis Horst Muhlman (Allemagne, Cincinnati Bengals) en 1969 et Toni Fritsch (Autriche, Dallas Cowboys) en 1971.
Peu à peu, la ligue abandonne le straight-on kick au profit de cette nouvelle technique. Outre l’aspect technique, ce changement a permis à la NFL de s’intéresser à l’Europe, alors même que ce sport est considéré comme une chose purement américaine. Des européens débarquèrent sur les terrains et l’intérêt grandit pour ce sport de l’autre côté de l’Atlantique, et l’on peut ainsi dire que Pete Gogolak est à l’origine de l’ouverture de la ligue vers un monde nouveau. Son style atypique a plus été un déclic qu’une invention, car d’autres kickers se servaient déjà du soccer-style et ont inspiré le hongrois.
Parmi eux, on peut citer le polonais Fred Bednarski en 1957 avec Texas, Evan Paoletti en 1958 avec Huron College ou encore Walt Doleschal, kicker tchécoslovaque de Lafayette entre 1959 et 1961.
À vrai dire, pour plusieurs raisons techniques. Tout d’abord, il était bien plus simple et bien plus naturel pour n’importe quel joueur de frapper le ballon avec l’intérieur du pied plutôt qu’avec la pointe. Il était également plus naturel pour le joueur de prendre une course d’élan décalée par rapport au ballon pour venir frapper le cuir, plutôt que de se placer derrière le ballon et de courir tout droit.
Avec tous ces bénéfices, les statistiques des kickers se sont largement améliorées. Le plus frappant est le taux de field goals réussis à travers la ligue au cours du temps.
Au début des années 60, avant l’apparition du soccer-style et l’émergence de kickers à plein temps, environ 53,8 % des kicks étaient réussis. Suite à la démocratisation de la nouvelle technique, le pourcentage a évolué pour monter à 72,2 % en 1985, soit une évolution de +18,4 % en vingt ans.
La réussite a également explosé sur les field goals longs (50+ yds), passant de 13,1 % dans les années 60 à 35,6 % dans les années 80 puis 65 % en 2015.
Le poste de kicker a connu une évolution impressionnante des années 50 à aujourd’hui. De tâche supplémentaire à poste à plein temps, avec la modification de la technique de frappe, le kicker s’est peu à peu affirmé comme un poste clé en NFL.
Les équipes spéciales
Moins connues que les unités offensives et défensives, les équipes spéciales jouent pourtant un rôle stratégique crucial. Ces rôles requièrent des qualités spécifiques: précision, sang-froid, explosivité et capacité à lire rapidement le terrain. Même s’ils interviennent moins souvent dans le match, les joueurs des équipes spéciales peuvent créer la surprise à tout moment.
Les kickoffs, les PAT (point supplémentaire), les field goals et les punts (et la défense de ces quatre actions) ne sont pas effectués par la formation offensive ou par la défense. Ces jeux spéciaux sont réalisés par des unités qu'on appelle « équipes spéciales ».
Voici les principaux rôles au sein des équipes spéciales :
- Kicker (K): Frappe le ballon lors des kickoffs, field goals et PAT.
- Punter (P): Effectue les punts en 4ème tentative.
- Kick Returner (KR): Reçoit les kickoffs et tente de remonter le terrain.
- Punt Returner (PR): Reçoit les punts et tente de remonter le terrain.
- Long Snapper: Centre spécialisé dans les remises longues pour les punts et field goals.
Le punter forme avec le kicker et le long snapper une équipe dans l'équipe. Leur complémentarité doit être exemplaire. Souvent, le punter a d'autres rôles comme :
- donner les kickoffs à la place du Kicker.
- être le Holder, c'est à dire celui qui tient le ballon pour le kicker sur un field goal ou un extra point.
- être le Kicker de remplacement si le titulaire se blesse (plus rare).
Le Punter reçoit le ballon du snapper spécialiste, le Long Snapper. Leur entente est donc cruciale. Ce dernier étant aussi responsable du snap sur les field goals, l'intérêt d'aligner le Punter comme Holder est donc évident, même si le QB remplaçant joue souvent ce rôle car il a l'avantage de savoir lancer le ballon en cas de mauvais snap ou de Fake. En fait on joue une action normale.
Techniques et spécialisation
Pendant longtemps, les joueurs avaient plusieurs rôles sur le terrain et celui de botteur n'était pas spécialisé. Ainsi, de grands joueurs comme le QB George Blanda avait aussi cette fonction. Dans ces temps reculés, les coups de pied étaient données avec l'avant de la chaussure et le botteur attaquait le ballon par l'arrière. Cette technique n'est plus utilisée en NFL depuis 1986 et a été remplacée par une similaire à ce qui se fait en rugby et en soccer, à savoir une attaque du ballon par le côté et un coup de pied donné de l'intérieur du pied.
C'est le poste qui draine le plus de joueurs non américains dans la NFL. De nombreux sud américains et européens l'occupent et l'ont occupé. La raison est souvent qu'il s'agit d'anciens joueurs de football européen qui maîtrise la frappe de balle.
Les botteurs sont également souvent vus différemment dans une équipe du fait de leur rôle, de la spécificité de leur entrainement, du manque de contact à ce poste et du gabarit du joueur. Pourtant, ils ont une mission importante pour au moins deux raisons. Tout d'abord, de nombreux matchs se jouent sur un field goal. Ensuite, le kicker est généralement le meilleur marqueur de son équipe. D'ailleurs les 25 plus gros marqueurs de points dans l'histoire de la NFL sont des kickers.
Les stars du poste
Sebastian Janikowski, le botteur des Oakland Raiders, est réputé pour sa jambe canon. Il est le kicker le mieux payé de la NFL au début des années 2010.
Adam Vinatieri est réputé pour être le botteur le plus décisif de l'histoire avec notamment un field goal pour la victoire dans 2 Super Bowls.
Tom Dempsey et Jason Elam se partage le record pour le plus long field goal réussi avec 63 yards.
Le tableau suivant résume les différents types de kicks et leur objectif :
| Type de kick | Objectif |
|---|---|
| Kickoff | Engager le jeu, donner le ballon à l'équipe adverse |
| Field Goal | Marquer 3 points en passant le ballon entre les poteaux |
| Extra Point (PAT) | Marquer 1 point après un touchdown |
| Punt | Dégager le ballon le plus loin possible en territoire adverse |
