Le Panthéon du Football Français : Définition et Histoire

Le concept de "Panthéon du football français" évoque un lieu symbolique où sont honorées les figures les plus marquantes de l'histoire du football en France. Bien qu'il n'existe pas de bâtiment physique dédié à cet effet, l'idée renvoie à la reconnaissance et à la célébration des joueurs, entraîneurs et autres personnalités qui ont contribué de manière significative à l'essor et au rayonnement de ce sport dans le pays.

Pour bien comprendre cette notion, il est utile de se référer à l'histoire du Panthéon parisien, un monument emblématique de la République française.

Le Panthéon : Un Monument Républicain

Singulière destinée que celle d'un bâtiment d'abord religieux puis baptisé d'un nom grec, rappelant dans sa désignation qu'il était initialement consacré à «tous» les «dieux» de l'Antiquité. Beau parcours pour cet édifice majestueux et républicain au sommet de la Montagne Sainte-Geneviève!

À défaut d'article consacré nommément au «Panthéon» dans le dictionnaire de Moreri, «Panthée» bénéficie en revanche d'un article qui nous en donne l'origine. De fait, furent appelées alors «Panthéa, les temples où les païens adoroient tous les Dieux ensemble & où l'on voyoit tous leurs portraits ou figure». D'où ensuite «le célèbre Panthéon de Rome, qui fut dédié par le Pape Boniface III à la Sainte Vierge & à tous les Saints».

En fait, il faut se souvenir qu'en 1744, Louis XV tomba gravement malade à Metz, et il fit alors le vœu, s'il guérissait, de remplacer l'Église Sainte-Geneviève très mal en point par un très bel édifice élevé au point le plus haut de la rive gauche. Dès que Louis XV fut remis sur pied, sans tarder fut dessiné un édifice impressionnant de 110 m de long, de 84 m de large et d'une hauteur de 83 mètres, les plans étant confiés au protégé de Marigny: Soufflot.

En 1758 on en était déjà aux fondations, mais le financement difficile et quelques mouvements de terrain retardèrent considérablement l'édifice, jusqu'au moment où éclata la Révolution et où en avril 1791, la Constituante, tout en fermant ce lieu de culte, l'institua «Panthéon». On décida d'y inhumer les «grands hommes».

Rendu un temps au culte sous Napoléon III, l'édifice n'a, quoi qu'il en soit, cessé représenter l'un des grands symboles de l'État français, y accueillant par exemple Jean-Jacques Rousseau, Voltaire, Pierre et Marie Curie, André Malraux, Victor Hugo et Alexandre Dumas, Jean Moulin, Jean Jaurès.

Le Panthéon est un monument situé dans le 5e arrondissement de Paris. Sur sa façade est gravée l’inscription : « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante »...

Les Critères d'Admission au Panthéon

Aujourd’hui, 78 personnalités*, à qui la France rend hommage, reposent au Panthéon. Mais qui décide de qui peut y entrer ? C’est le président de la République qui décide qui entre au Panthéon. La personnalité choisie doit être française, avoir œuvré pour le pays, et il faut obtenir l’accord de ses descendants.

Certains y entrent longtemps après leur mort. Louis Braille, l’inventeur du système d’écriture pour les non-voyants, a attendu 100 ans pour recevoir cet honneur. D’autres comme Antoine de Saint-Exupéry, l’auteur du Petit Prince, mort dans un accident d’avion et dont le corps a disparu, y ont une plaque commémorative.

La ministre Simone Veil est entrée au Panthéon le 1er juillet 2018, pour son combat pour les droits des femmes. Mais elles ne sont que 5**, à ce jour, à y avoir été admises !

Le Football et la République

Le football est associé depuis les années 1920 à la République. Le lien a été renforcé par le principe délégataire mis en place à la Libération, puis le rôle joué par l’État dans la réorganisation du football français dans les années 1970. C’est surtout dans la décennie suivante que le football devient politique à un moment où les progrès des équipes françaises contrastent avec la crise industrielle et sociale que connaît le pays.

La Coupe du monde de football joue un rôle ambivalent. La victoire 1998 semble prouver le succès du modèle d’intégration à la française. La grève de 2010, au contraire, est un moment de stigmatisation des jeunes des banlieues.

Mais la République a-t-elle découvert le football avec toutes ses complexités et ambiguïtés ou a-t-elle seulement promu une discipline sportive finalement conforme aux valeurs républicaines et coubertiniennes ? Le football est donc devenu une affaire politique, au-delà de l’usage des métaphores footballistiques (« meneur de jeu », « force du collectif », « marquer contre son camp ») qui ont fleuri depuis les années 1980 dans le monde de l’entreprise et l’univers politique.

D’une part, il peut être l’objet « des décisions explicites et, du moins en partie, conscientes ou réfléchies » visant par exemple à marquer la puissance nationale ou à être un vecteur d’idéologie politique ou de mobilisation par le sport, ce qui se traduit par la mise en place de politiques ou d’initiatives publiques cherchant à fortifier les corps ou à inculquer l’esprit de compétition. D’autre part, le football, en tant qu’institution dotée d’organes de décision, peut aussi mener une politique visant à développer sa propre influence.

Toutefois, la politique relève aussi du domaine des mœurs ou du style de vie d’une collectivité dont le football met en scène les valeurs qui la constituent. C’est une culture, qu’on peut identifier à travers ses routines, ses mémoires, ses modes d’appropriation ou de représentation, qui appartient au style de vie d’une nation ou d’une collectivité historique composant cette dernière et que l’on peut analyser comme une ressource utilisée pour se représenter la société et y penser sa place, ou encore un moyen de la maîtriser et d’agir sur elle, par exemple à travers l’application du principe de justice ou l’identification à une collectivité.

Tout ce qui fait le football français ne relève pas de l’État, mais est marqué par l’imaginaire républicain et par le rôle de l’État comme acteur protecteur, éducateur, incitateur. Le sport, et donc le football, ne fait pas de politique au sens où la politique divise. La République est coubertinienne, elle croit aux vertus intrinsèques du sport pour faire des individus des citoyens responsables ainsi qu'aux conditions de production de ces derniers.

Toutefois, toute une partie de l’histoire du football français, jusqu’aux années 1980, peut se lire comme l’évolution d’une relation initiale d’hostilité à un accommodement et à la production d’un consensus entre la République, sous ses différentes manifestations historiques, qui semblait toujours tracer la voie vers l’achèvement de son modèle, le triptyque « nation, égalité, progrès »12, et le football qui réalise par son fonctionnement (monopole fédéral, mission de service public, présence sur l’ensemble du territoire, hiérarchie d’excellence, progression des résultats) la cohésion sociale, l’éducation et la grandeur nationale.

Dans l’histoire de l’accommodement du football et de la République, la Coupe de France apparaît comme le premier événement du football digne d’être intégré dans le rituel de la République lorsque le Président Gaston Doumergue se fait en 1927 présenter les équipes et remet le trophée au vainqueur.

La réconciliation entre le football et la République est achevée par la conversion à la philosophie olympique, et à un sport en quelque sorte sécularisé17, au même titre que l’école est laïque, de tous les partis qui se définissent alors comme républicains face à la menace que font peser les totalitarismes par leur instrumentalisation et idéologisation du sport.

Si la réponse donnée après la guerre par l’Allemagne est de séparer le monde associatif sportif et l’État à l’échelle nationale, la réponse française est d’intégrer le monde sportif, par la délégation de service public et l’agrément donné aux fédérations, à la participation aux objectifs fixés par l’État : l’augmentation de la pratique sportive pour la santé, pour l’éducation et pour la cohésion sociale et, l’amélioration des performances des athlètes français dans les grandes compétitions internationales.

Cette Charte donne un cadre juridique au football professionnel et surtout introduit la régulation de l’entrée et de la mobilité dans le marché du travail qui vont de pair avec l’encouragement à l’ouverture des centres de formation des clubs professionnels qui deviendront l'une des forces du football français. Cette organisation originale sera ainsi l'un des éléments de satisfaction en permettant de considérer la victoire de 1998 comme celle d’une forme de service public du football capable de produire de grands joueurs et de grands entraîneurs présents sur le marché international, un peu comme on peut compter le nombre d’anciens diplômés des grandes écoles françaises sur le marché universitaire américain.

Avec la progression des résultats du sport français dans les grandes compétitions à partir des années 1970, l’intérêt pour le sport de la part des gouvernants s’éveille, offrant l’occasion de célébrer la présence française sur la scène internationale. Le football n’est pas en reste.

Ce n’est pas la première fois que la France organise la Coupe du Monde. Mais en 1938, le choix de la France n’était pas véritablement porté, comme en 1998, par le gouvernement de l’époque.

En revanche, l’édition disputée en juin 1998 est organisée par quelques grands commis de l’État afin de recevoir dignement les équipes, les supporters et les médias du monde entier et démontrer ainsi la capacité du service public à la française à organiser à un événement mondial. Alors que le Front Populaire avait refusé aux organisateurs de 1938 la construction d’un stade de 100 000 places, le Grand Stade appelé finalement Stade de France est achevé, après quelques péripéties, à Saint-Denis.

Et le 12 juillet, les Bleus remportent leur premier titre mondial contre tous les pronostics. Depuis, le président rend visite avant chaque Coupe du Monde à l’équipe de France, ajoutant à la tradition républicaine de la présence du président à la finale de la Coupe de France celle de la visite aux Bleus à Clairefontaine et celle de la réception après la compétition.

En 2018, comme en 1998, des millions de personnes ont envahi les rues des villes et des bourgs pour célébrer cette victoire et, comme en 1998, les Parisiens, intramuros et banlieusards, mais aussi des provinciaux, ont convergé vers les Champs-Élysées.

Mais lorsque l’on croise la chronologie des événements du football et ceux qui marquent la société française, on s’aperçoit que le regain sportif du football français, de ses clubs et de son équipe nationale, commence dans la deuxième partie des années 1970 (« l’épopée de...

## Le Geste Sportif et sa Protection Juridique

Le geste sportif est un mouvement technique, le plus souvent improvisé et réalisé à l’instinct, permettant d’accomplir une performance physique et, le cas échéant, de créer une différence dans le jeu. Alors que de nouveaux types de NFT font leur apparition, se pose la question de la protection juridique du geste sportif ou, plus précisément, de sa patrimonialisation, c’est-à-dire de sa capacité à donner prise à des droits privatifs opposables aux tiers.

Lorsqu’un sportif réalise ou démocratise un geste en particulier, le public a tendance à l’identifier à travers ce geste. Cette association peut d’ailleurs s’avérer si forte que le geste ne peut plus être identifié autrement qu’en ayant recours au nom du sportif qui en est à l’origine (Madjer, Fosbury, Panenka). Les nord-américains utilisent même le terme de « signature move » (geste signature) pour évoquer le lien indissociable qui existe entre un athlète et le geste qui lui est propre.

Depuis la réforme dite du « Paquet marque » transposée en droit national par Ordonnance du 13 novembre 2019, il est notamment possible de procéder au dépôt d’une marque de mouvement (sous format MP4 ou JPEG), laquelle est définie par l’Institut National de la Propriété Industrielle comme « un signe qui consiste en un mouvement ou un changement de position des éléments qui composent la marque« .

A titre d’exemple, Usain Bolt a saisi l’office américain USPTO d’une demande de protection d’un logo portant sur le geste qui l’a rendu célèbre à l’issue de ses courses victorieuses (jusqu’à le personnifier) : la foudre esquissée au moyen de ses bras (« a man in a distinctive pose, with one arm bent and pointing to the head, and the other arm raised and pointing upward« ). Le sprinter à la retraite est par ailleurs titulaire d’une marque de l’Union européenne portant sur sa silhouette en noir et blanc, déposée en novembre 2009 et dûment renouvelée en 2019, pour désigner notamment des vêtements en classe 25.

D’autres célèbres silhouettes de sportifs ont également été enregistrées à titre de marque, à l’instar du logo « jumpman » qui reprend celle - en noir et blanc - de Michael Jordan. On songe également à la silhouette de Kylian Mbappé effectuant l’une de ses célébrations (bras croisés contre son torse et les deux pouces levés) qui a été déposée à titre de marque de l’Union européenne pour de nombreux produits (dont des chaussures de sport et des vêtements) concomitamment à son transfert au PSG, en août 2017. Le droit des marques représente ainsi un outil pour le moins efficace pour assurer la patrimonialisation du geste sportif dans ses aspects élémentaires.

En théorie, il n’existe aucune opposition de principe à accueillir le geste sportif parmi les créations protégeables par le droit d’auteur. L’article L.112-1 du Code de la propriété intellectuelle rappelle d’ailleurs que le genre, la forme d’expression ou encore le mérite ne sont pas des critères à prendre en considération. Il n’en reste pas moins que, pour être protégé au titre du droit d’auteur, le geste sportif doit notamment pouvoir être considéré comme artistique.

Il s’agit là d’un obstacle potentiellement difficile à surmonter, dès lors que - par nature - le geste sportif est avant tout un geste technique, apportant une réponse sportive à une situation de jeu nécessitant une intervention de l’athlète pour atteindre un objectif. Le geste sportif s’inscrit de plus dans un contexte sportif contraint et soumis aux règles de la compétition : de telles contraintes techniques et sportives permettent-elles toujours de laisser place à un parti pris esthétique ?

Finalement, le principal coup à la protection du droit d’auteur a peut-être été porté par la Cour de justice, siégeant en grande chambre, aux termes d’un arrêt du 4 octobre 2011 (affaire Murphy). Elle y a dit pour droit que « les rencontres sportives ne sauraient être considérées comme des créations intellectuelles (…). Dans le même temps, la Cour de Justice s’est alors empressée de souligner que les Etats membres ont parfaitement la possibilité d’accorder aux manifestations sportives une « protection comparable à la protection des œuvres« .

Pour se prémunir de toute difficulté, les organisateurs des manifestations sportives feront certes signer aux sportifs un contrat de cession de leurs droits d’auteur, mais la validité de telles clauses se heurtera alors aux dispositions de l’article L.131-1 du Code de la propriété intellectuelle prohibant la cession globale des œuvres futures.

Si l’on songe par ailleurs à la fameuse Panenka, est-il envisageable de la protéger au titre du droit d’auteur au risque de brider ainsi les tireurs de penalty, contraints de solliciter une autorisation préalable et de verser une rémunération à l’auteur, sous peine de se voir attraits en justice ? Ne serait-il pas grotesque d’imaginer un monde dans lequel le but marqué par Zinédine Zidane sur pénalty à la 6ème minute de la finale de la coupe du monde de football 2006 puisse être annulé/refusé par l’arbitre en raison d’une atteinte aux droits d’auteur d’Antonin Panenka ? Que deviendrait la discipline du saut en hauteur si Dick Fosbury pouvait revendiquer des droits privatifs sur la technique du saut en rouleau dorsal ?

Cette absence de protection du geste sportif a en tout cas une conséquence concrète pour l’athlète : celui-ci n’est pas éligible à la protection du droit voisin des artistes-interprètes, à défaut d’exécuter une œuvre de l’esprit au sens de la propriété intellectuelle.

La fonction de conservation de données et de certification garantie par la blockchain a permis l’émergence du phénomène récent des jetons non-fongibles (ou NFT). Un NFT est une sorte de code ou de donnée unique, généré numériquement à l’aide d’un programme informatique dénommé smart contract (contrat intelligent), inscrit sur la blockchain et certifiant à son détenteur un ou plusieurs droits sur un bien numérique (image, vidéo, item d’un jeu vidéo, etc.) ou physique (œuvre d’art, immobilier, etc.).

Ainsi que nous l’exposions dans ce précédent article, la philosophie même des NFT est de recréer de la rareté sur des contenus qui, en principe, pourraient être reproduits à l’infini eu égard à leur nature dématérialisée. Cet usage particulier de la blockchain attire en tout cas de plus en plus les acteurs du sport titulaires de droits sur les images et vidéos de gestes sportifs et souhaitant diversifier leurs revenus.

La société canadienne DAPPER LABS a par exemple conclu un partenariat avec la NBA et propose sur sa plateforme de NFT « NBA TOP SHOT » des séquences-vidéo des meilleures actions réalisées dans la Grande Ligue. Les fans de ballon orange ont alors la possibilité de devenir propriétaire d’un « moment » dont la valeur fluctue au gré de l’intérêt porté à ces actifs numériques.

TOP 15 des Meilleurs Joueurs Français de l'Histoire 🇫🇷

Personnalité Domaine Année d'entrée au Panthéon (si applicable) Motif
Just Fontaine Football - Meilleur buteur de la Coupe du Monde 1958
Michel Platini Football - Ballon d'Or à trois reprises, champion d'Europe 1984
Zinédine Zidane Football - Ballon d'Or, champion du monde 1998, champion d'Europe 2000
Raymond Kopa Football - Premier Ballon d'Or français, grand joueur du Real Madrid
Thierry Henry Football - Meilleur buteur de l'histoire de l'équipe de France
Simone Veil Politique, Droits des Femmes 2018 Son combat pour les droits des femmes

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