Beach-Volley en Égypte: Histoire, Règles et Controverses

Le volleyball est aujourd'hui l'un des sports les plus pratiqués et appréciés à travers le monde. Avec sa combinaison unique de stratégie, de coordination et de dynamisme, il rassemble des millions de joueurs et de fans sur tous les continents. Mais comment ce sport est-il né, et quelles ont été les étapes clés de son évolution ?

L'histoire du volleyball débute à la fin du XIXe siècle, une période d'innovation et de développement pour les sports modernes. En 1895, William G. Morgan, un directeur d'éducation physique à la YMCA (Young Men's Christian Association) de Holyoke, dans le Massachusetts, cherche à créer une activité physique pour ses étudiants adultes.

Morgan s'inspire de plusieurs sports existants pour concevoir un jeu qui combine l'adresse du tennis, le dynamisme du handball et la simplicité du badminton. Il imagine alors un sport où une balle légère est échangée au-dessus d'un filet, sans contact physique direct entre les joueurs, réduisant ainsi les risques de blessures.

Le matériel utilisé pour les premiers matchs est rudimentaire : le filet est emprunté au tennis et fixé à une hauteur de 1,98 mètre, tandis que le terrain mesure environ 15 mètres de long sur 7,6 mètres de large. En 1896, lors d'une conférence de la YMCA à Springfield College, Morgan présente son nouveau jeu à des collègues et étudiants.

Pendant la démonstration, le professeur Alfred T. Halstead remarque le caractère "volant" de la balle au-dessus du filet. Il suggère alors de renommer le jeu "Volleyball", un terme qui décrit parfaitement l'essence du sport. Les premières règles officielles du volleyball sont publiées en 1897 par la YMCA.

Elles définissent notamment les dimensions du terrain, la hauteur du filet, le nombre de joueurs et les points à atteindre pour remporter un set. Le début du XXe siècle est marqué par une expansion rapide du volleyball au-delà des frontières américaines. Grâce au réseau international de la YMCA, le sport est introduit dans de nombreux pays.

En 1900, le volleyball est implanté au Canada, devenant ainsi un sport nord-américain. Le volleyball gagne ensuite l'Asie, avec une introduction au Japon en 1908, où il connaît un succès immédiat. Les pays d'Asie du Sud-Est, comme les Philippines, adoptent également le sport, en y apportant leurs propres innovations. En Europe, le volleyball arrive pendant la Première Guerre mondiale.

Les soldats américains stationnés en France et dans d'autres pays européens jouent au volleyball pour se divertir, suscitant l'intérêt des populations locales. Au fil des années, les règles du volleyball subissent de nombreuses modifications pour améliorer le jeu et le rendre plus attractif. En 1916, la NCAA (National Collegiate Athletic Association) des États-Unis intègre le volleyball dans son programme, ce qui contribue à sa diffusion dans les universités et les écoles.

Les années 1930 voient l'introduction du système de score en sets, avec des matchs disputés au meilleur des trois ou cinq sets. La nécessité d'une organisation internationale pour gérer et promouvoir le volleyball se fait sentir au milieu du XXe siècle. En 1947, des représentants de 14 pays se réunissent à Paris pour fonder la Fédération Internationale de Volleyball (FIVB).

La FIVB a pour mission de standardiser les règles, d'organiser des compétitions internationales et de promouvoir le volleyball dans le monde entier. L'intégration du volleyball aux Jeux Olympiques représente une étape majeure dans l'histoire du sport. Après plusieurs tentatives et des démonstrations lors des éditions précédentes, le volleyball est officiellement inclus au programme olympique en 1964, lors des Jeux de Tokyo.

Le succès du volleyball aux Jeux Olympiques contribue à augmenter sa popularité mondiale. Les compétitions olympiques deviennent des événements phares, mettant en valeur les talents des joueurs et favorisant l'émulation entre les pays. Parallèlement au volleyball en salle, une variante du sport émerge sur les plages ensoleillées de Californie dans les années 1920 : le beach-volley.

Les années 1960 et 1970 voient l'organisation des premiers tournois de beach-volley, avec des compétitions locales et régionales. En 1986, la FIVB reconnaît officiellement le beach-volley, ouvrant la voie à des compétitions internationales. Le beach-volley séduit par ses particularités : les équipes sont composées de deux joueurs, le terrain est plus petit, et les matchs se jouent en extérieur, souvent sous un soleil éclatant.

L'essor du volleyball au XXIe siècle est également marqué par l'intégration des technologies modernes. L'introduction de l'arbitrage vidéo, connu sous le nom de "Challenge System", permet de revoir les actions litigieuses et d'améliorer l'équité des décisions arbitrales. Sur le plan médiatique, le volleyball bénéficie d'une couverture accrue grâce à la télévision et aux plateformes de streaming. Les compétitions internationales sont diffusées en direct, atteignant un public mondial. Les sponsors et les partenariats commerciaux se multiplient, apportant des ressources financières essentielles au développement du volleyball.

Le volleyball féminin connaît une croissance significative depuis son introduction aux Jeux Olympiques en 1964. Les équipes féminines affichent un niveau de jeu impressionnant, et les compétitions attirent un nombre croissant de spectateurs. La promotion du volleyball féminin est soutenue par des initiatives visant à encourager la participation des femmes dans le sport. Les ligues professionnelles féminines se développent, offrant aux joueuses des opportunités de carrière et une visibilité accrues.

À l'heure actuelle, le volleyball continue de se développer et d'évoluer. Les compétitions internationales, telles que la Ligue des Nations, le Championnat du Monde et les Jeux Olympiques, sont des rendez-vous incontournables pour les fans et les joueurs. Les innovations tactiques et techniques se poursuivent, avec des entraîneurs et des joueurs qui repoussent les limites du jeu. Le volleyball de plage continue également de gagner en popularité, avec de nouveaux tournois et une audience en croissance.

Le volleyball joue un rôle important dans la société, en promouvant des valeurs telles que le travail d'équipe, le respect et l'inclusion. Des initiatives comme le "Volleyball Your Way" de la FIVB encouragent la participation de tous, indépendamment de l'âge, du genre ou du niveau de compétence. En outre, le volleyball est un vecteur de diplomatie sportive, facilitant les échanges culturels et renforçant les liens entre les nations.

Malgré son succès, le volleyball doit faire face à plusieurs défis pour assurer son développement futur. La pandémie de COVID-19 a impacté les compétitions, les entraînements et la participation des joueurs à tous les niveaux. Le volleyball doit également continuer à promouvoir l'égalité des genres, en s'assurant que les femmes disposent des mêmes opportunités que les hommes. Enfin, le volleyball s'engage dans des initiatives environnementales, en adoptant des pratiques durables lors des événements et en sensibilisant le public aux enjeux écologiques.

Depuis sa création en 1895, le volleyball n'a cessé de se réinventer et de grandir. De simple jeu conçu pour divertir les étudiants, il est devenu un sport mondial, riche en histoire et en émotions. Le volleyball continue d'inspirer des générations de personnes, qu'elles soient athlètes professionnels, amateurs passionnés ou simples spectateurs. Alors que nous regardons vers l'avenir, le volleyball est prêt à relever les défis et à saisir les opportunités qui se présentent.

Beach-Volley : Un Sport Olympique à Part Entière

Le beach-volley, officiellement volleyball de plage, est inscrit au programme des Jeux olympiques depuis l’édition de 1996. Il suscite un engouement certain et est devenu un sport olympique à part entière. Cet article explore les règles actuelles, les controverses et les enjeux entourant le port de tenues spécifiques, notamment le bikini, dans le beach-volley.

Depuis l’apparition de la pratique féminine du sport, à la fin du XIXe siècle, les tenues ont toujours fait débat. C’est sur les plages de Santa Monica, en Californie, que la discipline fait son apparition dans les années 1920. À l’époque, il s’agit d’une simple distraction pour les familles américaines qui tentent d’échapper à la grande dépression en se rendant à la plage.

Histoire et évolution des règles vestimentaires

Traditionnellement, le beach-volley féminin a été associé à une image de joueuses en bikini, une tenue considérée pratique et emblématique de ce sport de plage. La discipline se professionnalise bien des années plus tard, lors de son introduction au programme des Jeux olympiques, d’abord comme sport de démonstration à Barcelone en 1992, puis comme sport olympique à part entière en 1996 à Atlanta.

Cependant, afin de promouvoir la discipline dans l'ensemble des pays, y compris les plus conservateurs, la Fédération Internationale de Volleyball (FIVB) a assoupli ses règles en 2012, avant les Jeux de Londres. Les joueuses peuvent désormais porter un legging long ou un bermuda descendant jusqu'à 3 centimètres au-dessous du genou, et revêtir un tee-shirt, à manches courtes ou longues. Cette modification a été introduite pour répondre à des motifs religieux ou culturels, permettant ainsi à des athlètes de différentes origines de participer sans compromettre leurs convictions.

Les joueuses de beach-volley des équipes du Costa Rica, du Venezuela, d'Espagne ou encore d'Argentine ont également joué les épaules (et/ou les jambes) couvertes.

Les règles actuelles de la FIVB

Le règlement sportif de 2016 édicté par la fédération internationale précise, en plus des habituelles brassières dévoilant le nombril, le type de tenues autorisées en raison de « croyances religieuses ou culturelles ». Les athlètes peuvent ainsi jouer les jambes entièrement couvertes, et porter des manches allant jusqu'aux poignets.

En pratique, ce fut surtout en raison de la météo londonienne pas vraiment clémente que les beach-volleyeuses durent se couvrir lors des Jeux d'été de 2012. Chaque équipe prévoit ainsi les tenues de ses joueuses, en accord avec la réglementation de la FIVB. Un impératif cependant : les deux joueuses doivent porter la même tenue sur le terrain. Les beach-volleyeuses des équipes du Costa Rica, du Venezuela, d'Espagne ou encore d'Argentine ont également joué les épaules (et/ou les jambes) couvertes.

Lors de leur victoire face aux Allemandes ce lundi soir, les Françaises Lézana Placette et Alexia Richard portaient un short et une brassière, étant l'une des rares équipes à ne pas avoir de bikini pour le tournoi de beach-volley féminin aux Jeux olympiques de Paris.

Controverses et débats

L'assouplissement des règles vestimentaires a suscité des débats passionnés. Certains y voient une entorse à un des principes fondamentaux des Jeux, la neutralité. L'article 50-2 de la charte olympique interdit en effet toute « sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale […] dans un lieu, site ou autre emplacement olympique. »

D'autres estiment que laisser les joueuses concourir vêtues de tenues couvrantes ou voilées favorise la participation des athlètes femmes, mais ne fait d'ailleurs pas consensus au sein des mouvements féministes, qui y voient une légitimation d'un instrument de domination de la femme. Pour Annie Sugier, présidente de la Ligue du droit international des femmes, « découvrir les femmes pour des raisons commerciales ou les couvrir pour des raisons religieuses, c'est les considérer comme des objets sexuels. Le sport, censé être le langage universel par excellence, devient l'outil de transmission de stéréotypes et de relativisme culturel ».

Par ailleurs, le beach-volley souffre d'une image hypersexualisée, véhiculée notamment par sa couverture médiatique. Une étude réalisée durant les Jeux d'Athènes en 2004 montrait ainsi que respectivement 20 et 17% des images diffusées lors des épreuves de beach-volley féminin étaient des plans serrés sur la poitrine ou sur le fessier des joueuses. Pourtant, plusieurs beach-volleyeuses défendent le port du bikini. Sa compatriote Jen Kessy affirmait de son côté en 2012 qu'on ne la verrait jamais en short sur un terrain, également en raison du sable qui aurait une fâcheuse tendance à finir dans les poches. Les joueurs masculins de beach-volley concourent pourtant dans cette tenue, et en débardeur.

L'athlète égyptienne Doaa Elghobashy, qui a participé aux Jeux olympiques de Rio en 2016 en portant un hijab, est un exemple emblématique de cette évolution. Une photo d'elle, opposée à une joueuse allemande en bikini, a été interprétée de diverses manières, symbolisant à la fois l'esprit olympique du vivre-ensemble et un prétendu « choc des cultures ».

Port du voile dans le sport :la jeune génération a-t-elle une mauvaise compréhension de la laïcité ?

Le cas de Doaa Elghobashy

Doaa El-Ghobashi ne s'est pas vu imposer le voile islamique par sa fédération. Sa coéquipière, Nada Moawad, jouait d'ailleurs tête nue, le port du voile n'étant pas obligatoire en Egypte (même s'il est majoritaire). Finalement éliminées par l'Allemagne, les deux athlètes étaient les premières Egyptiennes à participer aux JO dans cette discipline. Doaa El-Ghobashi, qui s'est exprimée à plusieurs reprises dans les médias sur le sujet, a d'ailleurs expliqué qu'elle avait « doublement vérifié que la liberté de tenue était d'application dans ce sport » avant de s'y consacrer.

Doaa Elghobashy, qui participe aux Jeux olympiques de Paris 2024 en leggings et en portant un hijab, a fait part de son incompréhension concernant l'interdiction imposée à l'équipe de France. C'est une interdiction qu'elle ne comprend pas et elle n'a pas manqué de le faire savoir. Alors qu'elle peut disputer ses matchs en portant son hijab, la beach volleyeuse égyptienne Doaa Elghobashy a évoqué la différence de traitement avec les athlètes françaises qui, elles, ne peuvent pas prendre part aux Jeux dans cette tenue. "Je veux jouer avec mon hijab, elle veut être en bikini - tout est ok, que l'on veuille être nue ou porter un hijab. Il faut simplement respecter les différentes cultures et religions", a-t-elle déclaré auprès du journal suédois Expressen jeudi. La joueuse égyptienne et sa coéquipière Marwa Abdelhady participent au tournoi olympique en leggings, avec des manches longues et un foulard hijab. Elles se sont inclinées jeudi contre les Espagnoles Liliana Fernández Steiner et Paula Soria Gutiérrez, toutes deux en bikini. "Je ne vous dis pas de porter un hijab et vous n'avez pas à me dire de porter un bikini. Personne n'a le droit de m'imposer comment m'habiller.

La position de la France et la laïcité

En France, le principe de laïcité est au cœur des débats sur le port de signes religieux dans le sport. En vertu de ce principe, le pays-hôte a interdit à ses athlètes - et seulement aux siennes,- de porter le hijab et le voile aux Jeux olympiques de Paris. Une mesure qui concerne notamment le football, le basket, le volley et la boxe et qui a largement été critiquée. Amnesty International s'en était notamment indigné et avait même écrit au CIO pour lui demander d'intervenir. "Les interdictions imposées par les autorités sportives françaises sont discriminatoires et empêchent les athlètes musulmanes qui choisissent de porter le hijab de faire valoir leur droit humain de faire du sport sans quelconque discrimination.

Cette interdiction a suscité de vives réactions et a soulevé des questions sur la compatibilité entre la laïcité et la liberté religieuse. La Fédération française de volley (FFvolley) s'apprête également à clarifier ses règlements relatifs au respect de la laïcité et de la « neutralité ». À la suite de sa soumission au conseil d'administration de l'instance, un nouveau « préambule des statuts » de la FFvolley doit être validé, selon nos informations, lors de la prochaine assemblée générale de l'instance, le 28 octobre, à Rungis (Val-de-Marne).

Comme annoncé par L'Equipe le 19 octobre, la FFvolley a clarifié le préambule de ses statuts relatifs aux « principes de laïcité et de neutralité ». Cet ajustement réglementaire a été validé, à l'unanimité, lors de la dernière assemblée générale de l'instance, qui s'est déroulée le samedi 28 octobre à Rungis (Essonne). Le nouveau texte, qui rappelle d'abord l'interdiction de toute « discrimination » ou de toute « atteinte à la dignité d'une personne », en raison notamment de son « orientation sexuelle » ou de son « origine ethnique », s'étend ensuite sur ce qui pourra faire l'objet de « poursuites disciplinaires et/ou pénales » pour les contrevenants, dans le cadre de « compétitions ou de manifestations organisées par la FFvolley ».

Réactions et sentiments du public

Ceux qui fantasment encore sur le beach-volley féminin doivent quand même être un peu déçus devant leur téléviseur lors de cette édition de Paris 2024. Alors que le basket et le football connaissent des remous, au niveau amateur, sur la question de l'interdiction du port du hijab (voile islamique) en compétition, la Fédération française de volley s'apprête également à clarifier ses règlements relatifs au respect de la laïcité et de la « neutralité ».

Le choix vestimentaire des joueuses françaises

Bikinis, shorts, leggings… Si la question fait encore jaser hors des terrains, les joueuses de l’équipe de France considèrent que ce n’est plus un débat : elles revendiquent la liberté de s’habiller comme elles l’entendent. Lors des Jeux olympiques de Paris, la paire française porte un short et une brassière plutôt que le bikini, qui garde les faveurs de la majeure partie des autres concurrentes. Depuis les JO de Londres, les joueuses ont la possibilité de choisir.

Organisation/Personne Position
Doaa Elghobashy Défend le droit de porter le hijab et le choix individuel de la tenue.
FIVB A assoupli ses règles en 2012 pour permettre des tenues plus couvrantes pour des raisons religieuses ou culturelles.
CIO Appuie le principe de laïcité et s'appuie sur les dispositions des Fédérations Internationales.
Athlètes françaises Interdiction de porter le hijab en vertu du principe de laïcité.

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