Le football, souvent perçu comme un sport de passion et de gloire, peut aussi se révéler impitoyable. L'expression "le football est cruel" résonne particulièrement fort après des défaites inattendues, des éliminations surprenantes et des moments de désillusion où les espoirs s'effondrent. Cette analyse explore divers exemples où la cruauté du football s'est manifestée, laissant des traces amères chez les joueurs, les entraîneurs et les supporters.

Les désillusions en Coupe
L'élimination du Stade Brestois en quart de finale de la Coupe de France illustre parfaitement cette cruauté. Menant 2-0 contre Dunkerque, Brest s'est écroulé, encaissant trois buts et voyant s'envoler la possibilité de jouer la première demi-finale de Coupe de France de son histoire. L'entraîneur, Éric Roy, a qualifié cette défaite de "plus grande désillusion" depuis son arrivée au club. Il a ajouté : "Mais bon, le football est parfois cruel". C'est "une énorme déception. Je pense que c'est la plus grande désillusion depuis que je suis ici à Brest", a confié le technicien, abattu en conférence de presse, après la rencontre.
Il ajoute : "Par rapport au scénario, c'est quand même assez incroyable de prendre 3 buts sur 3 coups de pied arrêtés en cette fin de match. Alors qu'en plus, on a eu le ballon de 3-0 avec le poteau de Ludovic Ajorque (60e)", quelques instant après le but du 2-0 et cinq minutes avant celui du 2-1 qui a relancé les Nordistes.
"C'est difficile à analyser (...) Prendre ces 3 buts sur 3 coups de pied arrêtés, c'est difficile à comprendre et c'est difficile à digérer, forcément", reconnaît encore l'entraîneur de Finistériens. "Il y a des choses, des fois, qui sont un petit peu en dehors de toute (rationalité).
Les revers en Ligue des Champions
L'Olympique de Marseille (OM) a également fait l'amère expérience de la cruauté du football lors du troisième tour préliminaire de la Ligue des champions. Malgré une performance où ils se sentaient supérieurs, ils ont été éliminés aux tirs au but par le Panathinaïkos. Pablo Longoria, président de l’OM, a exprimé la déception du club et des supporters, soulignant que "le football est cruel".
Marcelino, entraîneur de l’OM, a déclaré : « Je voulais dire désolé aux supporters. On est tous très déçus du résultat. On était très confiants pour nous qualifier en C1 mais, au vu de leur performance ce soir, on ne peut pas en vouloir aux joueurs qui ont tout donné. Le résultat est très cruel avec un penalty discutable. On peut dire que le destin nous a joué un mauvais tour. Bravo aux joueurs pour leur travail et leurs efforts pendant 120 minutes. Pour moi, c’est assez facile d’analyser le match, mais c’est difficile de justifier le résultat. On aurait dû marquer plus de buts, ça aurait été logique tant on a été supérieurs. Ce qui n’est pas logique, c’est quand à la dernière minute il y a un simple choc entre joueurs puis une minute après un penalty est sifflé.
À propos de Mattéo Guendouzi, auteur du penalty et qui a également raté son tir au but : « Il est très triste. Il n’a vraiment pas eu de chance aujourd’hui sur le penalty concédé mais il a notre soutien complet. On est tous responsables. On voulait vraiment réussir ce soir et passer au prochain tour. Désormais en Europa League, on va faire au mieux pour aller le plus loin possible. Je sais qu’on voulait tous jouer la C1, désolé encore une fois.
De même, le Paris Saint-Germain (PSG) a subi les affres de la cruauté en Ligue des champions, perdant dans les derniers instants contre l'Atlético de Madrid après avoir manqué de réalisme face au but.

Les défaites en Championnat
En Championnat d'Espagne, le Real Madrid a concédé un nul in extremis à Las Palmas (2-2) dans un match qu'il a globalement "contrôlé". L'entraîneur Zinédine Zidane a déploré que le football soit "parfois cruel". "Nous avons eu beaucoup d'occasions et je ne crois pas que nous ayons manqué d'appétit, bien au contraire, a commenté le technicien français en conférence de presse. Après, c'est vrai que si nous avons encaissé deux buts, c'est que quelque chose s'est passé et nous allons analyser cela. Je veux retenir le jeu de mon équipe.
Il faut que j'analyse cela, mais je ne vais pas me plaindre, parce qu'en jouant 90 minutes comme cela, nous allons rester en haut de classement, je n'en ai aucun doute.
Les désillusions en Compétitions Internationales
Lors de l'Euro 2020, l'équipe de France, favorite, a été éliminée en huitièmes de finale face à la Suisse. Paul Pogba a reconnu que "parfois le football peut être cruel" mais aussi "beau".
Le milieu de terrain de Manchester United, qui a marqué le troisième but des Bleus à la National Arena de Bucarest, a écrit sur Instagram : "Parfois, le football peut être cruel… cruel et aussi beau"."Le match nous a apporté de la tristesse mais du bonheur à nos adversaires. C'est la beauté du football. Bien sûr, nous aurions tous souhaité avoir un résultat positif. Merci beaucoup à tous nos fans à travers le monde. C'était magnifique de vous voir, de vous entendre et de célébrer avec vous. Vous nous avez donné de l'espoir et de la joie tout au long de nos matchs. Nous garderons la tête haute et nous reviendrons plus forts. Enfin, je tiens à féliciter la Suisse", a ajouté le Red Devil.
La sélectionneuse espagnole, Montse Tomé, a déclaré : "Le football est un sport où ce n'est pas toujours le meilleur qui gagne", après la défaite en finale de l'Euro contre l'Angleterre. Selon elle, "ce que nous avons accompli méritait une autre fin. Nous avons le sentiment que cela nous a échappé.

La frustration des joueurs
La frustration des joueurs face à la cruauté du football est palpable dans les réactions de Cristiano Ronaldo lorsqu'il est remplacé en cours de match, ou dans les propos de Paul Pogba après l'élimination de la France à l'Euro. Ces moments révèlent l'intensité émotionnelle et l'investissement personnel que les joueurs mettent dans leur sport.
Jamie Carragher et Thierry Henry ont débattu sur l'adaptation d'Erling Haaland à Manchester City, soulignant sa frustration potentielle face au manque de ballons reçus. Ces discussions mettent en lumière les défis individuels face aux dynamiques collectives et aux attentes tactiques.
Carragher n’en démord pas et hier, à l’occasion du match RB Leipzig-Manchester City, il était sur le plateau de CBS Sports, notamment accompagné par Thierry Henry, pour développer son raisonnement au sujet d’Erling Haaland. Vidéo à l’appui, comme vous pouvez le voir dans le tweet présent ci-dessous, il détaille ses arguments. « On pourrait trouver ça fou de dire ça vu le nombre de buts qu’il a marqué. Il a des statistiques fantastiques. (…) J’ai préparé des images qui montrent comment il pourrait être mieux utilisé et comment Man City ne s’en sert pas de manière optimale. Le débat étant toujours s’il doit s’adapter plus à Manchester City ou si Manchester City doit s’adapter à lui. On peut voir comment il attire son défenseur dans sa partie de terrain, pour générer de l’espace ensuite dans la profondeur. Manchester City joue toujours avec son style de jeu fait de passes courtes.
Il montre ainsi deux ou trois exemples où Haaland prend la profondeur mais n’est pas servi par ses partenaires. « C’est le gros problème pour moi. Et il faut voir de plus en plus les réactions d’Haaland. Je les ai vues à plusieurs reprises. Je pense qu’il se sent frustré dans cette équipe, parce qu’il ne reçoit pas les ballons. On n’a toujours pas vu 100% des qualités d’Haaland mais seulement 70-80%, j’en suis persuadé », conclut-il.
Henry achève sa démonstration avec une séquence vue lors du dernier Nottingham Forest-Man City. Alors que De Bruyne a le ballon dans les pieds et regarde vers Haaland, ce dernier, plutôt bien positionné à l’entrée de la surface et avec la possibilité de déclencher un appel en profondeur pour surprendre son défenseur, préfère s’orienter derrière son défenseur en allant au second poteau. « Il veut souvent aller au second poteau. Et pour revenir à ce que Jamie disait, est-ce que l’équipe peut s’adapter à lui ? Oui, parfois. Mais peut-il faire ce que le jeu réclame ? ».