Le Ciel Vient de Tomber sur la Tête du PSG : Explication

Le ciel semble être tombé sur la tête de Luis Enrique. Entre le mercredi 29 octobre et le mardi 4 novembre, soit une période de six jours seulement, le coach du PSG a perdu quatre cadres sur blessures.

Revenons sur les événements qui ont mené à cette situation et les conséquences pour le club.

Une cascade de blessures

Désiré Doué fut le premier à rendre les armes à Lorient en raison d'une lésion de grade trois à la cuisse. Et pour la réception du Bayern Munich en Ligue des champions (1-2) mardi, l'entraîneur espagnol a perdu tour à tour Ousmane Dembélé, Achraf Hakimi et Nuno Mendes.

Achraf Hakimi n'a pas vraiment de remplaçant contrairement à Nuno Mendes dont l'absence peut être compensée par Lucas Hernandez. Le latéral droit marocain est indisponible pour plusieurs semaines pour cause d'une sévère entorse à la cheville.

Achraf Hakimi, un joueur clé pour le PSG. Source: Onze Mondial

Le casse-tête du remplacement d'Hakimi

Cependant, dénicher un latéral droit de qualité pour combler le vide laissé par la blessure d'Achraf Hakimi à la cheville puis son absence pour cause de participation à la Coupe d'Afrique des nations avec le Maroc ne sera pas chose aisée, voire impossible.

Mais pour ce qui est de son potentiel remplaçant sur le marché, il n'existe pas. « Hakimi ? Reste à savoir si tu arrives à trouver une doublure de grande qualité, qui soit international dans son pays. Et je ne suis pas sûr qu'ils la trouvent ».

Sur les ondes de RMC, à l'occasion de l'émission Rothen s'enflamme, Jean-Michel Larqué a ciblé le domaine à renforcer à tout prix dans les prochaines semaines pour la direction du Paris Saint-Germain. « Je pense qu'il y a au moins un réajustement à faire. Il faut recruter au poste de latéral droit. Quand je vois jouer Neves ou Zaïre-Emery arrière droit, cela m'ennuie ».

Le rôle crucial de Fabian Ruiz

Dans le vaste jeu de chaises musicales auquel s'apparente le premier trimestre du PSG, rythmé par les va-et-vient à l'infirmerie, certains retours sont un peu plus attendus que d'autres.

Contrarié cet automne par des douleurs musculaires persistantes, Fabian Ruiz a vécu mardi contre le Bayern Munich (1-2) sa première titularisation depuis cinq semaines. Une soirée difficile où il a affiché ses lacunes athlétiques du moment, et qui a rappelé en creux l'importance prise par le milieu espagnol de 29 ans.

Au club, on admet qu'il est encore loin de sa forme optimale, et que contrairement à d'autres capables de briller en un claquement de doigts, il a besoin de retrouver ses sensations pour apporter sa patte. Mais on compte sur lui pour redonner de la consistance au fond de jeu de Paris, en déplacement à Lyon dimanche soir.

L'intéressé n'est pas le plus charismatique des champions d'Europe, c'est d'ailleurs une des explications à sa 24e place du dernier Ballon d'Or alors qu'il nourrissait d'autres ambitions. Le discret Andalou n'en est pas moins perçu par Luis Enrique et le staff technique comme un rouage essentiel de la vague de succès récents, dans son style.

« Il n'a pas le profil du joueur français qui va au duel, qui s'épanouit dans le combat, glisse-t-on en interne. Fabian est un joueur fin. Dès qu'il joue et qu'il est bien, notre équipe est difficile à déséquilibrer. Quand on est en attaque, il donne le ton. Quand on est en défense, il prépare déjà l'offensive. » Et de résumer : « C'est un métronome.

Pas un hasard. Ses qualités s'accordent avec le jeu de position prisé par l'entraîneur parisien et l'école espagnole. « Au regard des critères recherchés par Luis Enrique pour un milieu de terrain, Fabian remplit parfaitement le cahier des charges, résume un bon connaisseur du sujet. La qualité technique, la polyvalence, la capacité d'adaptation pour jouer 6 ou 8, la projection dans la surface adverse, le travail défensif. »

Gustavo Poyet, qui l'a entraîné au Betis (mai-novembre 2016), souligne : « Fabian a le profil requis pour beaucoup d'entraîneurs, pas seulement Luis Enrique ! Il a une bonne compréhension du jeu, un gros bagage technique, il répond physiquement présent... »

Dans un football toujours plus intense, il n'est pas un monstre athlétique, il en est conscient, mais il s'est évertué à travailler pour accomplir sa part en termes de kilomètres parcourus et de courses à haute intensité.

À l'image d'un Sergio Busquets, il parvient surtout à tirer son épingle du jeu, malgré une vitesse limitée, en tirant d'autres ficelles. « C'est clair qu'avec sa taille (1,89 m), il peut parfois donner l'impression d'être lent, reprend Poyet. Mais il compense précisément en anticipant le jeu grâce à un "QI foot" développé, une compréhension fine de chaque situation avec ou sans ballon. » Un sens du placement et des déplacements assez redoutable, qui valorise le Meccano collectif. Et qui ne tombe pas du ciel non plus.

En plus de prédispositions dans ce domaine décelées dès ses années de formation sévillanes, Ruiz cultive de longue date une vraie appétence pour l'aspect tactique. Chaque semaine, il y consacre beaucoup de temps, avec le staff ou même en privé. Avant les matches, en dévorant les informations fournies (vidéo, consignes, jeu de l'adversaire), comme après les matches, en décortiquant ce qu'il a fait de bien ou de mal, les erreurs à ne pas reproduire, etc. Il estime d'ailleurs avoir encore franchi un palier important sur ce plan, sous la houlette de Luis Enrique et l'expérience aidant.

À son arrivée dans la capitale en 2022, Ruiz avait eu du mal à faire son trou. « Qui n'a pas connu une mauvaise passe pendant la période où il y avait les stars ? interroge sans rire un témoin de l'époque. Les joueurs d'équipe sont des joueurs d'équipe. » Traduction : le contexte actuel favorise mieux son expression.

Voilà donc Ruiz « au top niveau, quand tu réussis à durer aussi longtemps dans un club comme le PSG et en équipe nationale » (Poyet) et en discussion pour prolonger son contrat (2027).Une reconnaissance tardive, fidèle à son parcours. De Séville à Naples, il a d'abord été escorté par une période de doutes avant d'être incontournable. Y compris avec la sélection.

Non retenu par... Luis Enrique pour la Coupe du monde 2022, il est devenu avec son successeur, Luis De La Fuente, un pilier de la Roja et du sacre à l'Euro 2024. « C'était une erreur de ne pas l'appeler au Mondial 2022 », soufflait le coach parisien en février.

Comment Fabian Ruiz est devenu un PILIER 🔋 au PSG ! ❤️💙

Les démons de la Ligue des Champions

Dans un match incroyable, le FC Barcelone a signé une remontada totalement inouïe et s'est imposé 6 à 1 avec trois buts marqués dans les ultimes minutes de la rencontre, alors que Paris pensait être qualifié.

Pour le PSG, cette déroute va être très dur à digérer. Trois semaines après sa large victoire au Parc des Princes, le PSG l'avait plusieurs fois répété, tout devait être fait pour éviter de prendre un but très rapidement, histoire de ne pas relancer le Barça.

Mais comme dans un mauvais rêve, il fallait à peine trois minutes à Luis Suarez pour réussir à trouver le chemin des filets (1-0, 3e), l'attaquant du Barça profitant d'une erreur de la défense parisienne, et notamment de Trapp. Les joueurs d'Emery avaient clairement pris un coup de massue sur la tête et la première période était un long calvaire, le Paris Saint-Germain étant totalement sur la défensive et surtout incapable de venir créer le danger.

Méconnaissable par rapport au match aller, le PSG allait logiquement encaisser un deuxième but encore une fois sur une incompréhension défensive, avec un bonus une déviation dans son but signée Kurzawa (2-0, 40e). A la pause, le FC Barcelone avait fait la moitié du chemin et la confiance avait totalement changé de camp. Et le scénario tournait à la catastrophe dès la reprise.

En effet, suite à une faute de Meunier sur Neymar, l'arbitre accordait un penalty que Messi se faisait un plaisir de transformer (3-0, 50e). Le PSG était au bord du gouffre et en plus n'avait en plus pas de chance. Sur un centre de Meunier, Cavani trouvait en effet le poteau du Barça (52e). Mais la pression était toujours intense sur le but parisien, le Barça jetant toutes ses forces dans la bataille.

Mais le foot est fou et c'est pour cela qu'on l'aime. Sur un des rares contres du PSG, Kurzawa servait idéalement Cavani qui d'une superbe demi-volée fusillait Ter Stegen (3-1, 62e). Ce but changeait tout, puisque le Barça devait désormais marquer trois buts supplémentaires pour se qualifier.

Le Camp Nou se faisait soudainement plus calme, les supporters catalans pensant que la remontada n'était plus réellement d'actualité. Le dernier quart d'heure était un peu plus zen pour le PSG, Di Maria, entré à la place de Lucas en seconde période, ratant même l'immanquable (85e). Mais là encore, tout basculait de manière incroyable.

Sur un coup-franc, Neymar allait trouver la lucarne de Trapp (4-1, 88e). Et à l'entame du temps additionnel, l'arbitre accordait un très généreux penalty au Barça pour une légère faute de Marquinhos. Neymar trompait Trapp (5-1, 90e+1). Il restait 4 minutes aux Catalans pour marquer un but synonyme de qualification...et hélas le scénario catastrophe se produisait pour Paris.

Sur un ultime coup-franc, la défense du PSG se trouait et Sergi Roberto marquait le but d'un exploit historique à l'ultime seconde (6-1, 90e+4). Inqualifiable. Deux ans après l'incroyable "remontada" subie face au Barça (4-0, 1-6), le PSG a de nouveau sombré.

Au lendemain de l'élimination surprise du Real Madrid, triple tenant du titre, contre l'Ajax Amsterdam (1-4), Paris s'est écroulé à son tour, mercredi soir face à Manchester United (1-3), après avoir pourtant gagné 2-0 en Angleterre il y a trois semaines.

Dans un match qu'il a dominé de la tête et des épaules, stérilement, le club parisien a payé cash les erreurs de Kehrer (2e) et Buffon (30e), bien exploitées par Romelu Lukaku. Un penalty, sévère accordé avec l'aide du VAR et transformé par Rashford (90e+4), a éliminé Paris pour la troisième année de suite aux portes des quarts de finale.

Jamais une équipe qui l'avait emporté 0-2 à l'extérieur au match aller ne s'était fait éliminer au retour. Paris l'a fait. Malgré sa très grande maîtrise (jusqu'à 87% de possession de balle) contre une équipe amputée de nombreux joueurs dont Paul Pogba, suspendu, le PSG a donc succombé à ses démons.

Dès l'entame de match, Lukaku a intercepté une passe en retrait manquée de Thilo Kehrer, a dribblé Buffon et envoyé le ballon dans le le but vide (0-1, 2e). L'égalisation de Bernat (1-1, 12e) a un temps laissé croire que Paris avait retenu les leçons du passé. Pourtant, en face, même si MU n'a rien montré, cela n'a pas empêché Lukaku de s'offrir le doublé sur une nouvelle boulette, de Buffon cette fois-ci, après une frappe tendue de Rashford (1-2, 30e).

Au bord du gouffre, le PSG a tenté de réagir au retour des vestiaires. Angel Di Maria a d'abord vu son but refusé pour hors-jeu (56e). Dans les dernières minutes, Mbappé, méconnaissable sur la pelouse du Parc, s'est présenté face à De Gea mais a glissé alors qu'il essayait de le dribbler avant que Bernat ne tire sur le poteau (84e).

Mais alors que Paris semblait se diriger doucement vers les quarts de finale pour la première fois depuis 2016, Kimpembe a commis l'irréparable dans le temps additionnel en déviant du bras une frappe anodine de Dalot (90e). Alerté par le VAR, Damir Skomina, l'arbitre de la rencontre, a accordé un penalty généreux aux Red Devils après deux minutes de flottement.

📊 Le PSG est décidément maudit en Ligue des champions. Paris est la 1ere équipe dans l’histoire de la Ligue des champions à être éliminée malgré une victoire 2-0 à l’extérieur à l’aller.

Thiago Silva, particulièrement affecté, au micro de RMC Sport : "On n'a pas fait les choses qu'on avait fait à l'aller à Manchester. C'est dommage parce qu'on a travaillé dur pour aujourd'hui. Ça n'a pas marché.

Saison Phase Adversaire Score Aller Score Retour Résultat
2016-2017 8es de finale FC Barcelone 4-0 1-6 Éliminé
2018-2019 8es de finale Manchester United 2-0 1-3 Éliminé

Believe.... POTEAU POUR BERNAT ! Lancé par Dani Alves dans le dos de la défense mancunienne, Mbappé glisse alors qu'il tente de dribbler De Gea. Le ballon revient sur Bernat.

Recrue phare du PSG pendant l'hiver, Leandro Paredes commence à trouver sa place dans le milieu parisien. L'Argentin de 24 ans enchaîne les matches ces dernières semaines.

Le PSG n'a perdu qu'un match au Parc des Princes face à un club anglais (4 victoires, 4 nuls). C'est au tour des Red Devils d'inonder les réseaux sociaux avec des clips vidéos.

Trop court pour revenir face à Caen (1-2) le week-end dernier, Edinson Cavani fait son retour dans le groupe parisien mercredi soir. L'Uruguayen débutera la rencontre sur le banc. Il n'est pas certain de jouer. Aucun risque ne sera pris avec lui. Tout dépendra du scénario.

Le PSG est sur la bonne voie pour retrouver les quarts de finale de la Ligue des champions. Mais, comme il y a deux ans face au Barça, l'idée d'une "remontada" mancunienne fait malgré tout son chemin depuis le match aller.

Selon le barème de l'UEFA, le PSG recevra 10,5 millions d'euros s'il valide sa qualification mercredi soir après sa victoire à Old Trafford du match aller (2-0).

Vainqueur tout en maîtrise et en sérénité de Manchester United (0-2) au match aller à Old Trafford en 8es de finale aller de la Ligue des champions, le PSG a déjà un pied et demi en quarts de finale.

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