Lausanne Hockey Club: Analyse de l'Effectif et Perspectives

Pour la deuxième année consécutive, le Lausanne HC termine finaliste. Le scénario a changé, mais le résultat reste le même : une série perdue contre Zurich, cette fois 4-1. Pourtant, les hommes de Geoff Ward paient un prix élevé pour quelques erreurs défensives, un jeu de puissance inefficace, des absences de marqueurs clés (Raffl, Heldner, Fuchs, Pajuniemi, Kuokkanen), et un manque cruel de réalisme dans les moments cruciaux.

Mis à part le match I, Lausanne n’a jamais été dominé outrageusement. Mais à ce niveau-là, il faut plus que du courage. Il faut être clinique. Pour Lausanne, la leçon est rude. Deux finales, deux échecs.

Au-delà du résultat du match, cette finale a mis en lumière les fondations solides du projet zurichois. Un effectif construit autour de stars issues de sa propre filière - comme Malgin, Andrighetto ou Kukan - auquel s’ajoutent des joueurs de rôle parfaitement intégrés. Le contraste avec Pasche était cruel.

Côté banc, Marco Bayer, promu depuis l’équipe-ferme GCK Lions, a parfaitement su gérer son groupe, trouver les bons ajustements et canaliser les émotions. À l’inverse, Geoff Ward a semblé manquer d’un brin de souplesse, notamment en « matchant » quasi-systématiquement Suomela - son meilleur attaquant - en mission défensive contre Malgin, limitant ainsi son impact offensif. À la décharge de l’entraîneur du LHC, les nombreuses blessures qui ont miné son effectif ont limité ses possibilités d’adaptation.

Le Lausanne Hockey Club est heureux d’annoncer l’arrivée du jeune attaquant suisse Gian-Marco Hammerer (22 ans), jusqu’à la fin de la présente saison. Né en 2002, Gian-Marco Hammerer a effectué sa formation au sein de l’organisation du HC Davos. De 2021 à 2024, l’attaquant de 193 cm pour 94 kg a disputé 63 rencontres dans l’élite du hockey suisse.

John Fust, directeur sportif du Lausanne Hockey Club : « Nous sommes heureux d’ajouter Gian-Marco dans notre effectif, un joueur qui nous a impressionné notamment lors des derniers playoffs.

Voici la description complète des évènements de la saison suisse en attendant de vivre son apothéose avec ces play-offs.

Les Mouvements de Joueurs et les Attentes

Les ZSC Lions entament la saison 2024/25 en position de force, mais la National League s’annonce plus compétitive que jamais. Lausanne, qui doit se reconstruire après une saison inattendue, Fribourg est en pleine transition, et Genève rêve d’un nouveau sacre.

Au rendez-vous l’année écoulée avec une saison régulière contrôlée, deux premiers tours de playoffs expédiées et l’avantage de la glace maîtrisé en finale, les ZSC Lions se posent en grandissimes favoris à leur propre succession. Déjà identifié comme sans point-faible ou presque lors du précédent exercice, l’effectif zurichois n’a que très peu changé. Les départs concernent essentiellement des joueurs de profondeur (Simon Bodenmann, Reto Schäppi, Phil Baltisberger) et seront remplacés par des jeunes issus de la formation et « promus » du club-ferme des GCK Lions, finaliste de la Swiss League (le prometteur Daniil Ustinkov, Joel Henry, Jan Schwendeler, Timo Bünzli).

Du côté des joueurs étrangers, Mikko Lehtonen (30 points et +28), Rudolfs Balcers (38 points dont 20 buts), Jesper Frödén (40 points dont 22 buts), Juho Lammikko (34 points) et Derek Grant (18 buts et 39 points) seront toujours présents en 2024/25. Le défenseur Scott Harrington, arrivé en cours de saison et souvent laissé de côté, retourne en Amérique du Nord (aux Thunderbirds de Springfield en AHL) et sera remplacé par le Finlandais Santtu Kinnunen, qui sort de deux saisons en AHL avec les Checkers de Charlotte (57 points en 137 rencontres). Le dernier membre du contingent importé, Šimon Hrubec, entamera sa troisième saison sur les bords de la Limmat.

Mis à part les joueurs étrangers, la majorité des cadres sont engagés pour encore deux saisons minimum. Sven Andrighetto (31 points en 40 rencontres en 2023/24 et 14 points en 15 matchs de playoffs), dont le contrat arrivait à échéance à la fin de la prochaine saison, a ainsi été prolongé jusqu’en 2029 à la fin de l’été.

Faut-il dès lors attribuer d’office le titre aux ZSC Lions ? Après tout, ils repartent sur des bases quasi identiques à celles de la saison précédente, tandis que les autres prétendants (Genève-Servette, Zoug, Berne, Lugano) n’ont pas suffisamment progressé, ou restent dans l’incertitude (Lausanne, Fribourg-Gottéron).

Cependant, la participation à la CHL pourrait jouer en leur défaveur. Les exemples récents de Zoug (en 2023) et de Genève-Servette (2024) ont montré que les clubs qui disputent « sérieusement » les joutes continentales y épuisent beaucoup d’énergie qui finit par leur manquer au moment des playoffs. C’est probablement pour cette raison que Zurich commence la saison avec sept joueurs étrangers, bien que seulement six puissent être alignés en National League.

Le staff devra également gérer la fatigue des cadres et les blessures, mais le réservoir de talents disponible avec les GCK Lions devrait faciliter cette tâche. Seul bémol, le gardien Hrubec, qui a disputé 57 des 67 matchs des ZSC en saison régulière et séries confondues en 2023/24, ne dispose pas d’une véritable doublure référencée.

L'Émergence de Kevin Pasche

La révélation de la saison de Lausanne, c’est le gardien natif de la ville Kevin Pasche, âgé de 22 ans. Ce petit portier avec la mitaine à la main droite a chassé le légendaire record de Genoni (10 blanchissages en saison régulière).

Kevin Pasche (gardien de Lausanne) : « C’est une petite obstruction, mais ça ne m’a pas gêné. J’ai relâché sur le joueur devant moi et je ne savais pas où était le puck. C’est malchanceux. Ma foi, ce sont des goals de play-off avec des rebonds et du trafic devant le but. […] C’est beaucoup de déception. Tu te demandes si tu aurais pu faire quelque chose en plus. Ça va piquer un moment. Puis il faudra prendre du recul. J’ai acquis beaucoup d’expérience et je suis content de ma saison - même si j’aurais voulu en faire plus.

Analyse des Forces et Faiblesses de l'Équipe

Pourtant, les hommes de Geoff Ward paient un prix élevé pour quelques erreurs défensives, un jeu de puissance inefficace, des absences de marqueurs clés (Raffl, Heldner, Fuchs, Pajuniemi, Kuokkanen), et un manque cruel de réalisme dans les moments cruciaux.

Premièrement, malgré cette augmentation du nombre d’étrangers, les équipes ont principalement recruté des joueurs avec un bon pédigrée, issus de championnats renommés, ce qui suggère que les salaires n’ont pas baissé pour ces profils. Deuxièmement, une des craintes exprimées était l’invasion de gardiens étrangers, réduisant ainsi les opportunités pour les gardiens suisses. Enfin, la situation des joueurs suisses n’a pas non plus évolué en termes de modération salariale. Ces joueurs restent rares et donc chers, ce qui est accentué par la signature de contrats longue durée (7 ans pour Andrea Glauser à Fribourg-Gottéron, 5 ans pour Lukas Frick à Davos ou encore 6 ans pour Sven Jung à Davos), asséchant le marché des joueurs disponibles.

Ainsi, les directeurs sportifs sont obligés de se positionner rapidement sur les rares agents-libres, y compris sur pour des joueurs de 3e ou 4e bloc.

Pour la seconde année consécutive, il peut réjouir d’avoir signé l’un des rares défenseurs majeurs suisses disponibles sur le marché. Après Dominik Egli la saison passée, c’est Michael Fora qui rejoint la Vaillant Arena. Plus encore, Alston est parvenu à sécuriser ses pépites : Valentin Nussbaumer (22 ans) a été prolongé jusqu’en 2027 et Simon Knak (20 ans, drafté en sixième ronde par Nashville en 2021) est quant à lui sous contrat jusqu’en 2026.

Concernant le contingent importé, le HCD a joué sur la carte suédoise avec cinq représentants. En défense, Klas Dahlbeck (depuis 4 ans au CSKA Moscou) rejoint le fidèle Magnus Nygren (au club depuis 2017). Le profil défensif de Dahlbeck est susceptible de bien compléter le jeu plus porté sur l’attaque de Nygren.

Avec les internationaux suisses Lukas Frick (26 ans) et Joël Genazzi (32 ans), le routinier Robin Grossmann (33 ans) et l’arrivée du SCB de Justin Krueger (33 ans), la défense lausannoise apparaît solide et comme le point fort de l’équipe, du moins sur le papier.

En attaque, Lausanne a perdu en qualité pour gagner en quantité. Est-ce le bon pari ? L’avenir le dira. Les départs de Yannick Herren, Joël Vermin, Tyler Moy et Dustin Jeffrey représentent 31% des buts inscrits la saison passée. Le dernier nommé est remplacé par Cory Conacher (30 ans). Le centre canadien avait brillé avec le SCB en 15-16 (22 buts en saison régulière). Pour épauler Cory Emmerton (32 ans), un autre Nord-Américain est arrivé, à savoir l’ailier (pouvant aussi jouer au centre) Brian Gibbons (32 ans).

L’effectif est pléthorique, mais l’équipe n’est pas renforcée qualitativement.

Après deux saisons avec un style nordique construit autour d’un système défensif optimal et d’une discipline à toute épreuve, Lausanne change complètement de cap avec l’arrivée d’une nouvelle équipe dirigeante et un nouvel entraîneur, le Canadien Craig MacTavish. Ancien head puis GM des Oilers d’Edmonton (où il avait connu une brillante carrière en tant que joueur), il était arrivé en fin de saison passée déjà (suite au limogeage de Ville Peltonen), après un échec personnel en KHL pour sa première expérience hors d’Amérique du Nord. Avec les nombreux nouveaux joueurs arrivées cet été et l’adaptation à la nouvelle philosophie, le LHC risque de prendre un peu de temps au démarrage.

En outre, Le nouvel homme fort du club, l’ancien NHLer Petr Svoboda, a fait couler beaucoup d’encre durant l’été. Petr Svoboda vient aussi d’annoncer au capitaine Etienne Froidevaux qu’il pouvait se chercher un nouveau club et, il semblerait, que ce soit la même chose pour la nouvelle recrue Mauro Jörg (arrivé de Lugano à l’intersaison). Si les résultats n’arrivent pas rapidement, tout pourrait vite virer au vinaigre du côté de Malley.

Le Contexte de la National League

La National League accueille en son sein une quatorzième équipe avec Kloten (qui retrouve l’élite après quatre années en deuxième division). Première conséquence, les équipes sont dorénavant autorisées à aligner six joueurs étrangers sur la glace auparavant. Cette mesure était initialement destinée à freiner la spirale inflationniste sur les salaires des joueurs domestiques - notamment sur les joueurs de soutien - en permettant aux clubs de recruter deux joueurs importés supplémentaires, dit de "complément". Ceux-ci, moins réputés que les stars étrangères habituelles et/ou en provenance de championnats moins cotés, seraient surtout moins gourmands en termes de salaires que leurs homologues suisses.

En pratique, avec le conflit en Ukraine et le repli de la KHL, les équipes de National League ont pu recruter des joueurs autrefois inaccessibles financièrement mais qui ont accepté de revoir leurs prétentions à la baisse pour pouvoir jouer en Suisse. Si certains recrutements répondent à cette logique de joueur importé "de complément" (on pense à Juuso Vainio à Fribourg ou encore à Miikka Salomäki à Lausanne), ce sont surtout d’authentiques stars de KHL qui ont débarqué dans le championnat cette année : Teemu Hartikainen (photo) à Genève-Servette, Mikko Lehtonen à Zurich, Brian O’Neill à Zoug ou encore Markus Granlund à Lugano, etc.

Autres conséquences du passage à 14 équipes, le barrage de promotion/relégation entre le dernier de National League et le premier de Swiss League est réintroduit (sous réserve que le club de Swiss League réponde aux conditions de promotion). De plus, la "Lex Suter" (surnommée d’après Pius Suter) qui permettait à une équipe perdant un joueur sous contrat au profit de la NHL de le compenser par l’acquisition d’un joueur étranger supplémentaire est abolie. Enfin, les groupes régionaux disparaissent également.

Les Ambitions Renouvelées du HC Lugano

Le HC Lugano aborde la saison 2024/2025 avec des ambitions renouvelées, après avoir réussi à bien manœuvrer dans un marché des transferts plutôt restreint pour les joueurs suisses. Le club a notamment réussi à attirer le meilleur jeune défenseur disponible, David Aebischer (23 ans, en provenance de Rapperswil-Jona), ainsi que le meilleur gardien sur le marché, Joren van Pottelberghe (27 ans). Ce dernier est considéré comme l’un des futurs piliers de la Nati au poste de gardien, aux côtés de Wüthrich (Berne) et Akira Schmid (Vegas).

L’une des meilleures nouvelles pour le HCL est la confirmation que Calvin Thürkauf, MVP de la National League la saison passée avec 60 points, sera toujours dans l’équipe. Après l’échec de Mikko Koskinen devant le filet, Lugano a choisi de revenir à une configuration avec deux gardiens suisses, Niklas Schlegel et donc van Pottelberghe.

Ces dernières années, Lugano a connu des déceptions avec le recrutement de ses joueurs étrangers, mais le club a su se défaire des contrats des décevants Joey LaLeggia et Arttu Ruotsalainen (parti à Frölunda), et a choisi de ne pas prolonger Markus Granlund, désormais à Genève-Servette. Pour les remplacer, le HCL a misé sur Carl Dahlström, un défenseur au profil stay-at-home de 29 ans (seulement 4 buts marqués lors des 6 dernières saisons, playoffs compris), mesurant 1m93 pour 96 kg. À l’attaque, Lugano a également misé sur la taille et la puissance avec l’arrivée de Radim Zohorna (28 ans), un attaquant tchèque de 1m98 pour 104 kg. Malgré des statistiques intéressantes en AHL (92 points en 132 matchs), Zohorna n’a pas pu s’établir durablement en NHL. Il sera accompagné de son compatriote Jiří Sekáč, vu à Lausanne lors des trois dernières saisons. Bien qu’inconstant, Sekáč a montré des éclairs de talent et a été précieux en séries, malgré une production en déclin (de 46 points en 2021/22 à 25 points en 2023/24).

La grande question qui demeure est de savoir combien de temps les tifosi devront encore attendre pour voir des résultats concrets. Lugano n’a plus remporté une série de playoffs depuis 2018. Réputé pour être un emploi précaire (comprendre : un siège éjectable), le poste d’entraîneur est occupé depuis maintenant deux ans par le local de l’étape Luca Gianinazzi épargné par les critiques grâce à son attitude humble et son éthique de travail.

Genève-Servette: Entre Ambitions Nationales et Européennes

Genève-Servette a vécu une saison 2023/24 paradoxale : sacré champion d’Europe en CHL, le club a pourtant été éliminé prématurément lors des play-ins, en partie à cause de l’énergie dépensée durant les compétitions européennes. Désormais champions d’Europe, les Grenats vont-ils tout mettre en œuvre pour défendre leur couronne continentale ou se concentrer sur le championnat national afin de retrouver une place de premier plan, conforme à leur standing et à la qualité de leur effectif ? Le directeur sportif Marc Gautschi, dans un entretien avec l’agence ATS, affirme que le club a les ressources pour mener de front ces deux objectifs.

Concernant les joueurs étrangers, Genève-Servette a rajeuni son effectif en ne renouvelant pas les contrats de Valtteri Filppula (40 ans, qui a rejoint son club formateur Jokerit Helsinki) et de Daniel Winnik (39 ans, retraité après 18 saisons professionnelles, dont les six dernières à Genève). Michael Špaček, après deux saisons à Ambrì-Piotta, a rejoint le club du bout du Lac. Avec 100 points en 98 matchs de saison régulière, Špaček s’est imposé comme un marqueur prolifique, mais ses performances en play-in ont été décevantes (0 point en 4 matchs et un différentiel de -5). De plus, il traîne une réputation de joueur à fort caractère.

Par ailleurs, après avoir longtemps été figuré parmi les rumeurs, Markus Granlund, en provenance de Lugano, s’installe finalement dans la Cité de Calvin. Avec Sakari Manninen et Teemu Hartikainen (tous deux prolongés pour une saison supplémentaire), Marc Gautschi espère reformer le trio dominant de la KHL à Ufa entre 2020 et 2022, ou en sélection finlandaise avec laquelle ils ont été couronnés champions olympique en 2022. Sur le papier, cette combinaison des trois Finlandais a de quoi faire rêver, à condition que Granlund se remette complètement de sa blessure au genou (qui a écourté sa saison 2023/24 à 20 matchs) et que Hartikainen retrouve son efficacité offensive de la saison 2022/23 (36 buts cumulés), après une saison plus modeste (9 buts). Certains pourraient critiquer Gautschi de vouloir « faire du neuf avec du vieux », mais ces paris pourraient porter leurs fruits.

Dans les autres mouvements, Servette perd Eliot Berthon (non renouvelé et désormais retraité) et a signé pour quatre ans Luca Hischier. Le frère de Nico (New Jersey) arrive en provenance de Bienne et est identifié comme un joueur précieux tant en attaque qu’en défense. Le staff genevois mise ainsi sur un groupe qui, pour l’essentiel, a été champion en 2022/23 avant une saison en demi-teinte. La majorité des cadres n’a pas été à la hauteur de ses standards habituels et cherchera à prendre sa revanche. La défense, particulièrement décevante en 2023/24, sera sous haute surveillance, notamment avec Theodor Lennström, appelé à remplacer Henrik Tömmernes mais qui a passé plus de temps à l’infirmerie que sur la glace, ou encore Tim Berni, débarqué en provenance de Columbus et qui n’a pas pu stabiliser l’arrière-garde.

Tableau des Joueurs Clés du Lausanne Hockey Club

Nom du Joueur Poste Description
Kevin Pasche Gardien Révélation de la saison, gardien natif de Lausanne.
Gian-Marco Hammerer Attaquant Jeune attaquant suisse, arrivée récente dans l'équipe.
Lukas Frick Défenseur International suisse, pilier de la défense.
Joël Genazzi Défenseur International suisse, pilier de la défense.

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