L’ancien milieu international Lassana Diarra a annoncé sa retraite à 33 ans, quelques heures après avoir résilié son contrat le liant jusqu’en juin 2019 au Paris SG.
Lassana Diarra, le milieu de terrain français, a annoncé la fin de sa carrière après avoir résilié son contrat qui le liait jusqu’au 30 juin 2019 avec le PSG.
C'est par un tweet que Lassana Diarra a annoncé sa volonté de "raccrocher les crampons." Il part par la petite porte après une année très discrète, pour ne pas dire anonyme, du côté du PSG.
« Le moment est venu de + raccrocher les crampons +, comme on dit. Pour le football, j’ai beaucoup donné. Grâce au football, j’ai énormément reçu », écrit le joueur sur son compte Instagram.
« Je ne dis pas que j’ai tout fait parfaitement mais je l’ai fait avec cœur, passion et bienveillance. Merci à tous ceux et toutes celles qui m’ont encouragé tout au long de ma carrière sportive, a-t-il poursuivi. Je tourne donc la page mais je n’oublie rien. »
« Lass » Diarra quitte le terrain sur un échec sportif, un an au Paris Saint-Germain durant lequel il n’a pas eu l’impact escompté.
Plus tôt dans la journée, le Paris SG a annoncé sans surprise que le contrat le liant au joueur jusqu'en juin 2019 était résilié.
Dans un communiqué, le club « remercie Lassana pour son professionnalisme tout au long de son séjour parisien et lui souhaite le meilleur dans les orientations qu'il donnera désormais à sa carrière. »
C'est donc dans l'anonymat d'une large victoire de Ligue 1 contre Amiens (5-0), le 20 octobre, que "Lass" a pour la dernière fois goûté au terrain, pour 45 minutes.
Une fin sans fard pour le joueur au statut sportif récemment dégradé par les blessures et la forte concurrence à son poste, mais qui colle à son profil de travailleur de l'ombre, discret, qui a persévéré dans la difficulté pour lancer sa carrière.
Avant d'oublier celui qui n'a joué que treize matches avec le PSG depuis un an, il faut se souvenir de ce qu'a accompli Lassana Diarra.
L'ancien joueur de Chelsea et du Real Madrid n'a disputé que 19 rencontres officielles au PSG, dont 12 en tant que titulaire.
Il avait officiellement renoncé au football de haut niveau, rêvant des « Etats-Unis » et s’offrant une ultime et lucrative escapade au « Moyen-Orient ».
Après avoir résilié son contrat avec le club d’Al-Jazira (Emirats arabes unis), en décembre 2017, Lassana Diarra est la première recrue du Paris-Saint-Germain lors du mercato hivernal.
Malgré un temps de jeu famélique (6 matchs) en 2017, celui qu’on surnomme « Lass » a séduit les dirigeants du PSG, désireux de trouver une doublure au vétéran (35 ans) italo-brésilien Thiago Motta, l’habituelle « sentinelle », miné cette saison par les blessures.
En recrutant l’ex-Merengue, les dirigeants parisiens ont clairement fait le pari de l’expérience alors que leur objectif minimal est d’atteindre les demi-finales du tournoi.
A l’instar des chevronnés brésiliens Daniel Alves (34 ans) ou Thiago Silva (33 ans), le Français pourrait prodiguer ses conseils à la jeune garde incarnée par Giovani Lo Celso (21 ans), Adrien Rabiot et Presnel Kimpembe (22 ans).
Le 14 février, lors des huitièmes de finale aller de l’épreuve, Lassana Diarra évoluera en terrain connu à Santiago-Bernabeu, dans l’antre du Real Madrid.
Si d’aventure il retrouvait ses jambes d’antan, le milieu international français serait un atout pour l’armada d’Unai Emery.
En attendant les grands débuts du trentenaire au PSG, le conditionnel reste toutefois de mise.
LASSANA DIARRE SIGNE AU PSG "HAUTE TRAHISON"
Une Carrière Décousue
Au gré de ses déboires et tribulations, le Parisien s’est forgé l’image d’un phénix capable de claquer la porte pour mieux renaître de ses cendres ailleurs, d’un joueur discret et énigmatique, dont la carrière en clubs comme en sélection s’avère décousue, voire labyrinthique.
Depuis son départ du Real, en 2012, le petit milieu (1,73 mètre) à la barbiche soigneusement entretenue traverse une période chaotique.
A 27 ans, Lassana Diarra estomaque les observateurs en quittant Madrid pour rallier l’Anji Makhatchkala, club russe tout juste racheté par le milliardaire daghestanais Suleyman Kerimov.
L’expérience à l’Anji tournera court rapidement pour des raisons budgétaires.
En conflit pour licenciement abusif avec son ancien club du Lokomotiv Moscou (2013-2014), le joueur n’avait pu s’engager avec l’Inter Milan ou West Ham en raison du refus de la Fédération internationale de football (FIFA) d’entériner ses contrats.
Dans le cadre de cette procédure, le joueur a été condamné en mai 2016 par le Tribunal arbitral du sport (TAS) à verser 10 millions d’euros à son ex-employeur.
Le joueur avait par ailleurs réclamé, devant la justice belge, 6 millions d’euros à la FIFA et à la fédération belge pour son transfert avorté vers l’équipe de Charleroi en février 2015.
Véritable tremplin, cette parenthèse phocéenne a permis au trentenaire de rééditer ses performances passées et de réintégrer l’équipe de France, sur laquelle il avait fait une croix, en 2013.
Soit trois ans après son forfait pour le Mondial sud-africain en raison d’une maladie génétique (la drépanocytose).
Couvé par le sélectionneur Didier Deschamps, Lassana Diarra est frappé par le malheur lorsque, le 13 novembre 2015, au terme d’un match amical contre l’Allemagne, il apprend le décès de sa cousine, tombée rue Bichat, dans le 10e arrondissement de Paris, lors des attentats qui ont ensanglanté les rues de Paris.
Quatre jours plus tard, il décide malgré tout de jouer, à Wembley, contre l’Angleterre.
Alors qu’on l’annonce comme l’un des tauliers des Bleus à l’Euro 2016, Diarra, touché au genou, déclare forfait quelques instants avant l’envoi de la liste définitive de Didier Deschamps à l’Union des associations européennes de football (UEFA).
Selon la Fédération française de football (FFF), le joueur aurait conseillé au sélectionneur de ne pas le retenir.
Depuis ce coup du sort, « Lass » a quitté l’OM par la petite porte et n’a plus remis les pieds en sélection, désormais richement dotée dans son secteur de jeu (N’Golo Kanté, Paul Pogba, Adrien Rabiot, Corentin Tolisso, Blaise Matuidi).
Ce n’est guère la préoccupation première du joueur, connu pour son stoïcisme et son recul sur le microcosme du foot professionnel.
Au PSG, qu’apportera-t-il à Neymar et consorts dans leur quête d’un titre en Ligue des champions ?
Les premières années
Diarra sait tout faire : récupérer les ballons, se projeter vers l'avant avec une technique exceptionnelle et une qualité de passes largement au-dessus de la moyenne.
Au Real Madrid, il dispute tout de même 116 matches et s'impose même durant deux ans et demi comme un membre essentiel de l'effectif merengue.
A Marseille, à 30 ans et après douze mois sans jouer, il éclabousse la Ligue 1 de son talent et figure dans l'équipe-type de la saison.
Interrogé sur son cas l'été dernier, Alain Boghossian nous avait avoué son admiration pour le Parisien : "Entre 2008 et 2010, quand j'étais adjoint en équipe de France, c'était un des plus forts. Tellement incisif, tellement méchant, tellement technique : j'étais ébahi par ce joueur."
Alors pourquoi sa carrière, après 14 saisons au plus haut niveau, 34 sélections en équipe de France tout de même, laisse-t-elle ce goût d'inachevé ?
D'abord parce que le palmarès est maigre : deux Coupes d'Angleterre, une Liga et tous les titres en France mais dans un rôle de doublure au PSG.
Ensuite parce que Diarra a appliqué le même schéma dans chaque club où il est passé. Au début, tout va pour le mieux. Les exigences de Diarra gonflent autant que son temps de jeu, la situation se dégrade peu à peu, le milieu de terrain est moins concerné et l'histoire se termine mal en général.
Ce fut le cas à Chelsea, au Real et à Marseille où il fut tour-à-tour patron puis paria.
Il quitte l'OM à l'hiver 2017 car le club ne souhaite ni augmenter son salaire, ni payer une partie de sa faramineuse amende (condamné par le TAS à verser 10 millions d'euros après un litige qui l'opposait au Lokomotiv Moscou).
Sa fin d'aventure entre blessures et manque d'implication gâche son expérience dans la cité phocéenne.
Son litige avec le Lokomotiv le prive des terrains durant un an et plutôt que de profiter d'un rebond réussi à Marseille, il choisit là-encore l'exil doré à Al-Jazira en 2017.
Des choix qui laissent de vrais regrets et qui l'ont sans doute empêché d'exprimer pleinement son talent.
Son histoire en sélection est, elle aussi, une succession de rendez-vous manqués et de mauvais timing.
Des douleurs intestinales avant le Mondial sud-africain le prive du fiasco de Knysna en 2010.
Plus embêtant, une inflammation au genou gauche le prive de l'Euro 2016 qu'il aurait débuté comme titulaire.
Telle est la carrière de Lassana Diarra. Très honorable bien sûr. Mais elle laisse surtout l'impression d'un vrai gâchis pour un milieu de terrain qui savait absolument tout faire.
Lassana Diarra devrait désormais se concentrer totalement au développement de sa marque de boissons énergétiques.
De Paris à Paris, Lassana Diarra a bouclé à 33 ans la boucle d'une longue carrière pas si linéaire.
| Club | Période | Matches joués (PSG) |
|---|---|---|
| Chelsea | 2005-2007 | - |
| Real Madrid | 2009-2012 | - |
| Anji Makhatchkala | 2012-2013 | - |
| Lokomotiv Moscou | 2013-2014 | - |
| Marseille | 2015-2017 | - |
| Al-Jazira Club | 2017 | - |
| Paris Saint-Germain | 2018-2019 | 19 |
