L'Histoire du Hockey sur Glace en Suisse : Focus sur les Lakers et Autres Équipes

Le hockey sur glace en Suisse est un sport passionnant avec une ligue nationale compétitive et des clubs emblématiques. Cette analyse se penche sur les performances de plusieurs équipes, dont les ZSC Lions, Lausanne HC, HC Davos, Fribourg-Gottéron, SC Bern, EV Zug et EHC Kloten, en mettant en lumière leurs moments clés, leurs défis et leurs réussites.

ZSC Lions : Une Machine Bien Huilée

Les ZSC Lions de Zurich ont continué à dominer le hockey suisse, remportant le championnat en 2024 et étant les grands favoris pour la saison suivante. On pouvait craindre un léger relâchement après tant d’efforts pour décrocher le titre un an plus tôt, avec le risque d'une démobilisation, de l’usure mentale, de la fatigue physique, ou encore de la surcharge liée à la Champions Hockey League. Bien installés dans le peloton de tête dès l’automne, les Zurichois ont pu faire tourner leur effectif grâce à leur profondeur de banc et aux renforts ponctuels du club-école des GCK Lions. En parallèle, ils ont enchaîné les tours de CHL jusqu’à s’adjuger le trophée, dominant les Suédois de Färjestad en finale.

Les deux internationaux suisses ont aussi brillé sur la scène nationale : Andrighetto (20 buts, 39 points en saison régulière, puis 22 points en 16 matchs de playoffs) et Malgin (36 points en 39 matchs, 20 en séries) ont formé avec Derek Grant (40 points dont 21 buts) un trio redoutable, renforcé par la constance de Jesper Frödén (41 points en 45 matchs) et l’efficacité à deux sens de Juho Lammikko (38 points, +23).

Pourtant, tout n’a pas été linéaire. Pendant la trêve de Noël, le club a dû encaisser la démission surprise de Marc Crawford, pour raisons de santé mentale. Il a été remplacé par Marco Bayer, inexpérimenté à ce niveau et accueilli avec scepticisme. En playoffs, Zurich a montré toute sa solidité. Si l’attaque zurichoise a su répondre présent (3e de la ligue), c’est surtout par sa défense que Zurich a construit son succès.

Derrière un Simon Hrubec impérial (2,25 buts encaissés et 92,1 % d’arrêts en saison régulière, 1,60 et 94,0 % en séries), les Lions ont pu s’appuyer sur une arrière-garde expérimentée et solide. Dean Kukan (24 points, +20 en saison, +15 en playoffs) a mené le groupe avec autorité, bien épaulé notamment par Yannick Weber (+17 en saison régulière) ou encore l’inamovible Patrick Geering (+15 en séries).

Avec un budget estimé à 60 millions d’euros pour l’ensemble de la holding ZSC Lions, le club zurichois repose sur une structure tentaculaire, forte de 1 687 licencié-e-s réparti-e-s dans 79 équipes. Ce vivier impressionnant alimente une filière de formation parmi les plus performantes du continent : les GCK Lions ont été sacrés champions U20, tandis que le ZSC s’est offert les titres en U18 et U16. Une pyramide solide et bien huilée, qui fait du ZSC un club modèles en matière de formation et de résultats dans le paysage suisse.

Lausanne HC : Une Saison Agitée

Au regard de l’intersaison 2024 agitée - départ du gardien titulaire Connor Hughes (partit tenter sa chance en Amérique du Nord) et de cinq joueurs étrangers - on n’attendait pas forcément le finaliste malheureux de 2024 à pareille fête. L’éclosion du jeune Kevin Pasche, propulsé titulaire à 22 ans, a été l’une des grandes révélations de la saison. Le portier vaudois a impressionné : 42 matchs, 2,09 buts encaissés en moyenne, 92,6 % d’arrêts et 9 blanchissages, à une seule unité du record de Leonardo Genoni. Les autres attaquants étrangers eux, ont été plus inconstants. Janne Kuokkanen, souvent blessé (35 matchs), s’est limité à 25 points (et seulement 6 buts). Lauri Pajuniemi a déçu (21 points), au point d’être souvent laissé de côté en playoffs.

En playoffs, le LHC a montré un visage combatif. Poussé à 7 matchs par Langnau en quart-de-finale (malgré l’absence de Stéphane Charlin dans les buts adverses pendant 5 matchs), le club vaudois a ensuite réalisé une remontada spectaculaire contre Fribourg, effaçant un déficit de 3 victoires à 1 pour l’emporter au bout du suspense. Mais la marche était trop haute en finale face aux ZSC Lions. Et l’été s’annonce encore agité. Quatre défenseurs quittent le navire (Andrea Glauser, Lukas Frick, Gavin Bayreuther, David Sklenička), tout comme quatre attaquants, dont trois étrangers (Kuokkanen, Pajuniemi, Raffl) et Tim Bozon.

HC Davos : En Progression Constante

Sixième en saison régulière l’an passé et éliminé en quarts de finale, le HC Davos a confirmé sa montée en puissance cette saison en terminant à la 5e place avant de s’incliner en demi-finale face au futur champion, le ZSC Lions. Une élimination logique face à une équipe zurichoise plus complète, alignant quatre lignes offensives équilibrées et trois paires défensives solides. Le HCD s’est largement reposé sur ses joueurs étrangers, auteurs de 61 % des buts de l’équipe.

L’histoire retiendra également que cette saison marque la fin de la carrière d’Andres Ambühl, véritable légende du hockey suisse. À 41 ans, il raccroche les patins après :1322 matchs professionnels, dont 1147 avec Davos ? 221 matchs de playoffs ? Un monument tire sa révérence, alors que le HC Davos, en reconstruction, semble progresser à chaque saison.

Fribourg-Gottéron : Une Saison de Thriller

Ce devait être une saison de transition, elle fut finalement digne d’un thriller. Après une révolution de palais à l’été 2024 qui a vu Christian Dubé écarté par celui qui l’a remplacé au poste de Manager General (Gerd Zenhäusern) et remplacé à la bande par son ancien assistant (Patrick Emond) sur une base intérimaire en attendant l’arrivée programmée de Roger Rönnberg, la saison s’annonçait délicate.

Dès le mois d’août, quelque chose ne tourne pas rond : mauvaise énergie, vestiaire fracturé, changement mal accepté par certains cadres. Mais la greffe ne prend pas, Fribourg-Gottéron se traîne en queue de classement « Dès le premier jour, au mois d’août, quelque chose ne jouait pas. Il y avait une mauvaise énergie, clairement. Le changement d’entraîneur a déplu à certains joueurs et cela a eu un impact dans le vestiaire » confiera Zenhäusern au journal La Liberté. Le plus fidèle soutien de Dubé, Chris DiDomenico, traîne son spleen et finit par être transféré en novembre à Ambrì-Piotta contre Jakob Lilja. En interne, la défiance s’installe : Yannick Rathgeb, recrue phare du précédent mercato, dénonce publiquement les méthodes du coach : « Il promettait des choses qu’il n’a pas faites après. C’est difficile d’être motivé quand tu sais que le coach, lui-même, n’est pas motivé. L’entraîneur me critiquait dans les médias, des choses que je faisais faux, mais il ne me parlait pas. Je n’avais plus envie de jouer pour lui.

Le couperet tombe à la veille de Noël, après une 19e défaite en 31 matchs et une 11e place au classement : Pat Emond est relevé de ses fonctions. Lars Leuenberger, ancien joueur du club et… futur assistant de Rönnberg, reprend l’équipe. En quart-de-finale, Gottéron dispose en costaud du grand rival bernois et file en demi-finale défier Lausanne avec la volonté de venger l’élimination vécue au même stade de la compétition par les Vaudois un an auparavant. Mais les pensionnaires de la BCF Arena vont être rattrapés par leur lose légendaire. Alors qu’ils mènent la série par 3 victoires à 1 et que les Lausannois sont dans les cordes, les Dragons vont se prendre les pieds dans le tapis, laissant les Lions effectuer une remontada et remporter la série en 7 matchs (avec un score cumulé de 11 à 3 sur les 3 derniers matchs).

Côté statistiques, le trio suédois a tenu la baraque avec Lukas Wallmark (45 points), Marcus Sörensen (43 points) et Jakob de la Rose (27 points, malgré une blessure en playoffs). En revanche, grosse déception pour Killian Mottet : encore olympique à Pékin en 2022, l’attaquant fribourgeois a totalement perdu pied cette saison (1 but, 6 assistances en 41 matchs).

SC Bern : Tumulte et Contraste

À Berne, la seule chose qui ne change jamais, c’est que tout finit toujours par changer dans le tumulte. Et la saison 2024/25 n’a pas dérogé à la règle : dramas en coulisses, performances sportives contrastées, gestion contestée… mais aussi meilleure saison régulière depuis 2019 et une attaque flamboyante. Sportivement, le SCB renoue avec les sommets : 3e de la saison régulière (à seulement 2 points du 2e) avec la 2e meilleure attaque du pays derrière Zoug.

Le trio étranger Czarnik - Merelä - Ejdsell a carburé : Austin Czarnik : top scorer de la ligue (56 points, 20 buts), Waltteri Merelä : 47 points en 52 matchs pour sa première saison en Suisse et Victor Ejdsell : 37 points dans un rôle plus secondaire mais efficace. Le tout bien épaulé par un collectif suisse/à licence suisse solide avec six joueurs au-delà des 20 points, de Tristan Scherwey (21 pts) à Benjamin Baumgartner (35 points). Mais comme l’an passé, tout s’est effondré en quart de finale, qui plus contre le rival Fribourg-Gottéron dans un derby des Zähringen à la sauce playoffs . Ni la densité de l’effectif (8 étrangers pour 6 places), ni l’alternance gardiens n’ont permis de trouver la bonne formule.

La saison aura aussi été marquée par le clash permanent en coulisses, où la communication absente du manager général Patrik Bärtschi a cristallisé les critiques (la presse, Klaus Zaugg en tête, s’en est donné à cœur joie). Résultat : Czarnik, top scorer de la ligue, file à Lausanne, Patrick Nemeth à Fribourg, Philipp Wüthrich à Ambrì, et surtout Dominik Kahun, en froid total avec le coach Jussi Tapola, finit placardisé (24 matchs, 9 points), puis part en fin de saison régulière… à Lausanne, remplacé par Miro Aaltonen (ex-Kloten), suspendu puis relancé malgré un contrôle positif à la cocaïne. Le tout au moment où Martin Plüss reprend le flambeau en intérim, en attendant le 5e directeur général en 10 ans… Un feuilleton à épisodes.

Invité à s’exprimer dans les colonnes de Blick sur les départs, le directeur du CP Berne, Marc Lüthi n’a pas maché ses mots : « Jusqu’à présent, à l’exception de Czarnik, nous ne perdons aucun joueur que nous aurions aimé garder ». Curieusement, Jussi Tapola reste en place malgré deux échecs consécutifs en quart-de-finale.

EV Zug : Un Cycle qui Touche à sa Fin

Clap de fin amer pour Dan Tangnes, qui espérait conclure ses six années à la tête de Zoug sur une note plus glorieuse. Mais au terme d’un exercice marqué par une forme de continuité dans la régularité (4e de saison régulière), les Zougois ont subi une sortie de route brutale : balayés en quart de finale par un HC Davos redoutable… dirigé par Josh Holden, ancien assistant de Tangnes devenu coach à succès. La claque est d’autant plus cinglante que Zoug n’a inscrit que 4 petits buts en 4 matchs lors de cette série, incapable de répondre à l’intensité et au jeu direct des Grisons.

Le départ de Zoug vers une politique plus sobre sur le plan budgétaire a conduit à un contingent d’étrangers moins clinquant que par le passé (et notamment lors de la conquête des titres de 2021 et 2022) et ce pour des résultats mitigés : Jan Kovář, en regain de forme, termine meilleur pointeur du club (36 points), Daniel Vozenilek a surpris agréablement (35 points, 16 buts), mais Fredrik Olofsson (6 buts seulement, 29 points) et Andreas Wingerli (27 points) ont déçu. En playoffs ? Catastrophe collective : Vozenilek (1 point, 16 minutes de pénalité), Olofsson (-3), Wingerli (-2) ont disparu des radars, tout comme les cadres suisses.

Les statistiques de la saison régulière laissaient entrevoir des motifs d’espoir : Lino Martschini (44 points, 18 buts) ou encore Grégory Hofmann (19 buts en 43 matchs) qui reste à 32 ans un buteur redoutable même si son influence dans le jeu s’est réduite par rapport à ses meilleures années, ont tenu leur rang. Mais en séries, tous se sont effondrés : Hofmann (-4), Dario Simion (0 point, -4), Martschini (0 point, -3), Sven Senteler (-5).

L’un des rares motifs de satisfaction se nomme Leon Muggli. À 18 ans, le défenseur a été le deuxième Suisse le plus utilisé à son poste derrière Tobias Geisser, avec des responsabilités importantes, y compris en infériorité numérique. Drafté en 2024 par Washington, il a terminé la saison en AHL avec Hershey, en attendant peut être de pouvoir faire le grand saut en NHL dans un avenir proche. En revanche, Zoug perd deux autres espoirs et purs produits de la formation du club : Ludvig Johnson (18 ans), drafté par Utah et Attilio Biasca (22 ans), partent tous deux chercher plus de temps de jeu à Fribourg-Gottéron.

Leonardo Genoni, blessé en avant-saison, a manqué près de trois mois de compétition. Tim Wolf, son back-up, a d’abord peiné avant de monter en puissance. Zoug tourne la page Dan Tangnes sur un échec cuisant, symptomatique d’un cycle qui touche à sa fin. Si les fondations restent solides, un renouveau est nécessaire, tant dans le leadership que dans la capacité à retrouver l’efficacité offensive.

EHC Kloten : Stabilité Retrouvée

Après une saison 2023-2024 aussi ratée sportivement qu’agitée en coulisses, le EHC Kloten abordait cet exercice avec un objectif simple mais essentiel : retrouver de la stabilité. Pour cela, le club a confié les rennes de l’équipe Lauri Marjamäki (pour sa première expérience hors de Finlande), épaulé par les anciens joueurs Kimmo Rintanen et Benjamin Winkler.

Kloten est sans doute l’équipe la plus paradoxale de la saison. Malgré une attaque modeste (10e) et une défense quelconque (9e), malgré le pire powerplay (15,9%) et le pire penalty killing (69,9%) de la ligue, les Aviateurs ont terminé 7e. Leur secret ? Le début de saison a été porté par un Miro Aaltonen étincelant (35 points dont 20 buts en 36 matchs)… jusqu’à ce qu’un contrôle positif à la cocaïne en janvier vienne ternir son parcours. Son contrat résilié par Kloten, suspendu un mois (!), il a fini la saison… à Berne ! Un tournant qui aurait pu faire chavirer le collectif.

Mais Kloten s’est réorganisé autour d’un noyau où les Finlandais sont restés très visibles : Niko Ojamäki a presque doublé sa production (33 points contre 19 en 2023-2024), Sami Niku, comme attendu, a brillé offensivement (30 points, 4e parmi les défenseurs), l’autre défenseur Thomas Grégoire s’est montré complémentaire (25 points, 8 buts). En revanche, Daniel Audette (28 points) et surtout Tyler Morley (17 points) ont largement déçu, avec une production très inférieure aux standards attendus pour des étrangers de National League.

Le salut est venu de jeunes talents qui ont su saisir leur chance. Misha Ramel (21 ans), du haut de ses 1m68, a explosé avec 27 points dont 11 buts, Rafael Meier (20 ans) a impressionné pour son premier exercice complet (44 matchs, 14 points, +8), Dario Meyer, à 28 ans, a connu un tardif mais notable envol (24 points dont 10 buts). En revanche, Axel Simic, freiné par les blessures, a été limité à 26 matchs (5 buts contre 18 la saison passée), et Keanu Derungs n’a pas confirmé (3 buts contre 10 en 2023-2024). Kloten est parvenu à redresser la barre sans vraiment séduire, dans un style parfois austère mais efficace.

SCL Tigers : Retour en Play-offs

En progrès constants depuis trois saisons, les SCL Tigers ont enfin concrétisé leurs efforts en retrouvant les playoffs, une première depuis l’épopée surprise de 2018-2019. Le grand atout de Langnau cette saison ? Sa défense. Avec seulement 126 buts encaissés en saison régulière (2e meilleure performance derrière Zurich), les Tigres ont affiché une solidité impressionnante… du moins en apparence. Car paradoxalement, ils ont concédé beaucoup de tirs (32,5 par match, seul Ajoie fait pire) et surtout un grand nombre d’occasions dangereuses dans le slot (près de 15 par match).

La vraie explication tient donc en un nom : Stéphane Charlin. Le portier genevois a littéra...

16/11/2025 ZSC Lions 1 - 2 Lausanne HC (TAB)

Tableau Récapitulatif des Équipes

Ce tableau offre une vue d'ensemble des performances des équipes mentionnées :

Équipe Performance Points Clés
ZSC Lions Champion en 2024 Défense solide, attaque efficace, formation performante
Lausanne HC Finaliste malheureux Éclosion de jeunes talents, intersaison agitée
HC Davos Demi-finale Progression constante, forte dépendance aux joueurs étrangers
Fribourg-Gottéron Demi-finale Saison tumultueuse, trio suédois performant
SC Bern Quart de finale Saison contrastée, conflits en coulisses
EV Zug Quart de finale Fin de cycle, performances décevantes des étrangers
EHC Kloten 7ème place Stabilité retrouvée, paradoxe entre statistiques et classement
SCL Tigers Retour en play-offs Défense solide, performance de Stéphane Charlin

Le hockey suisse continue d'évoluer avec des équipes dynamiques et des joueurs talentueux. Les saisons sont souvent imprévisibles, offrant aux fans des moments de suspense et de passion.

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