La Ligue de l'Enseignement à Paris: Histoire et Missions

Depuis sa création, la Ligue de l’enseignement fédère les citoyen·nes qui souhaitent promouvoir une éducation accessible et de qualité pour toutes et tous. À travers l’histoire, elle a su ensuite rassembler des acteurs variés autour de la défense de principes et de valeurs essentiels, tels que la laïcité, la citoyenneté, le droit d’association et la solidarité. Aujourd’hui, notre Fédération souhaite renouveler cet engagement en lançant un projet fédéral ambitieux, structuré autour d’une grande alliance parisienne en faveur de l’éducation. Une nécessité à laquelle nous conduisent les urgences démocratiques, sociales, écologiques. Une nécessité citoyenne, que nous souhaitons mener avec et auprès de tous les publics, y compris les plus fragiles.

La Ligue de l’enseignement a toujours placé la culture et le sport au cœur de son projet, convaincue de leur rôle essentiel dans la formation de citoyen·nes éclairé·es et engagé·es. Vecteur de valeurs communes et d’identité partagée, ils contribuent à retisser des liens solides entre les individus, en favorisant la tolérance et la compréhension mutuelle. Avec notre nouveau projet fédéral, et dans le cadre de notre grande alliance éducative, nous nous engageons ainsi à mener des actions favorisant l’accès à la culture, et encourageant la promotion de la diversité culturelle et de l’interculturalité. Notre objectif avec ce nouveau projet fédéral ? Agir et participer à la transformation de la société.

Association complémentaire de l’enseignement public, notre Fédération accompagne l’École et l’ensemble de la communauté éducative, de la petite enfance au lycée, en développant ses projets sur les temps scolaire et périscolaire.

Les Projets et Initiatives de la Fédération

Au nom de son engagement pour l’accès à la culture et la lutte contre les discriminations, notre Fédération propose plusieurs projets croisant découverte d’objets culturels et sensibilisation à des sujets de citoyenneté.

Programme "Lire et Faire Lire"

Le programme « Lire et Faire Lire », met ainsi en lien des bénévoles retraité·es et des structures éducatives pour des sessions de lecture auprès d’enfants. L’occasion de développer le lien intergénérationnel et de favoriser le plaisir de lire chez les plus jeunes.

Festi’mômes

« Festi’mômes » s’invite pour sa part chaque automne au sein d’établissements socioculturels de proximité avec des séances de cinéma gratuites et du spectacle vivant jeune public.

Lutte contre les Discriminations

Notre Fédération s’attache par ailleurs à penser la question des discriminations au travers d’un travail sur les environnements qui nous entourent.

Concours National "La Flamme de l’égalité"

Nos programmes à destination des publics scolaires laissent par ailleurs une place importante aux questions de mémoire. A travers le concours national « La Flamme de l’égalité« , nous proposons aux classes, de la primaire au lycée, de réfléchir et de créer autour de la mémoire de l’esclavage.

Dispositifs Relais

La Fédération de Paris de la Ligue de l’enseignement, c’est aussi une volonté profonde de voir tous les élèves réussir. Les dispositifs relais, dont nous sommes partenaires aux côtés de l’Académie dans les 19e et 20e arrondissements, constituent ainsi l’un de nos engagements forts en faveur de l’égalité des chances.

Mission Cerveau

Donner confiance aux élèves : c’est aussi le projet de « Mission cerveau » qui, à travers l’exploration des sciences cognitives, propose à ces dernier·es de découvrir comment le cerveau apprend. Une démarche parfois salvatrice qui, tout en déconstruisant les pensées limitantes, renforce la culture scientifique, encourage la motivation et l’engagement scolaire.

Temps d’Activité Périscolaire (TAP)

La motivation des élèves est aussi renforcée par les temps d’activité périscolaire (TAP) que nous animons dans de nombreux établissements parisiens.

Prévention du Harcèlement Scolaire

A travers « Vivre ensemble, Fri for mobberi », notre Fédération participe enfin activement à la prévention du harcèlement scolaire.

Nouveau Projet Fédéral 2025-2029

La saison est lancée et avec elle, notre nouveau projet fédéral 2025-2029.

Histoire de la Ligue de l'Enseignement

Le livre que Jean-Paul Martin signe ici, avec la collaboration de Frédéric Chateigner et Joël Roman, répond à une commande des dirigeants de la Ligue de l’enseignement, soucieux d’offrir au public un ouvrage de référence sur leur mouvement. Qui mieux que J. P. Martin pouvait en effet retracer l’histoire longue et complexe de cette nébuleuse associative ?

L’auteur souligne dès l’introduction combien le délai imposé fut pour lui contraignant. Il en résulte un livre dense, parfois aussi touffu que l’enchevêtrement des réseaux de la Ligue, qui met surtout l’accent sur l’histoire politique du mouvement.

Les Débuts (des Origines à 1914)

La première partie décrit les débuts de la Ligue de l’enseignement « des origines à 1914 ». Jean Macé en a l’initiative en 1866, autour d’une cause en apparence restreinte mais fondamentalement politique : pour cet adversaire du Second Empire, la diffusion de l’instruction doit en effet déboucher sur une société enfin prête à s’émanciper. C’est alors surtout que la laïcité devient le mot d’ordre de la Ligue, au moment où l’instauration de la République suscite la résistance du monde catholique. En réaction, dans l’un de ces mouvements de balancier dont l’histoire politique française est coutumière, les républicains raidissent leurs positions.

Elle adopte ainsi une position où Jean-Paul Martin voit le fondement du « modèle associatif laïque ». L’Union sacrée, suscitée par la guerre et prolongée dans le Bloc national jusqu’en 1924, ne remet que provisoirement en cause le militantisme de la Ligue.

Montée en Puissance (Années 1920 à 1960)

Dans une deuxième partie, Jean-Paul Martin décrit sa montée en puissance, des années 1920 à 1960. À l’exception de la période vichyste, qui tente de lui substituer une organisation corporatiste, le mouvement est largement soutenu par l’État enseignant, qui met à sa disposition subventions et personnels, délègue des missions de service public à ses œuvres, implique ses dirigeants dans les commissions et conseils où se décide la politique scolaire et périscolaire.

Adaptation aux Nouvelles Donnes (Après 1960)

La troisième et dernière partie rend compte des efforts d’adaptation de la Ligue de l’enseignement à la nouvelle donne politique, sociale et culturelle inaugurée dans les années 1960. La loi Debré sur les relations entre l’État et l’enseignement privé, qu’elle a vigoureusement combattue, fragilise les liens privilégiés entretenus jusqu’ici avec le ministère de l’éducation nationale. Dans ce domaine, les défis auxquels elle doit alors faire face étaient en réalité en germe dès la Libération. La mise en place de l’État-providence s’accompagne en effet d’une segmentation des politiques publiques relatives à l’éducation.

Mais la Ligue est aussi confrontée à des évolutions affectant les conditions mêmes de son succès. L’urbanisation tend à modifier profondément la sociabilité souvent rurale dans laquelle s’inséraient les associations du mouvement. Le foisonnement associatif du moment, qui vient les concurrencer, va de pair avec une mutation de l’engagement civique, dont Jacques Ion (1997) a montré comment il se faisait peu à peu plus restreint dans ses causes et dans son implication, plus rétif aussi aux hiérarchies organisationnelles.

Jean-Paul Martin explique comment, peu à peu, non sans difficulté, la Ligue est conduite à l’aggiornamento. Restructurée en 1967, date à laquelle elle change à nouveau de nom, la Ligue française de l’enseignement et de l’éducation permanente croit un temps à la reconquête laïque, que le programme commun de la gauche puis la victoire de François Mitterrand à la présidence de la République semblent rendre possible. Mais le retrait du projet Savary, qui aurait conduit à l’intégration de l’enseignement privé au sein d’un grand service public d’éducation, impose au mouvement un travail de refondation, dont l’ampleur surprend.

Convertie au pluralisme, y compris lorsqu’il implique qu’elle renonce à son rapport privilégié à l’État au profit d’autres associations, elle défend désormais une laïcité humaniste, qui valorise la vitalité de la société civile tout en s’inscrivant dans un républicanisme renouvelé, plus critique à l’égard du néo-libéralisme que de la religion.

Comme le souligne Jean-Paul Martin en introduction, l’histoire de la Ligue ‒ résumée ici trop rapidement ‒, est aussi un point d’entrée stimulant pour saisir une certaine culture politique française, celle qu’elle cherche à forger chez ses adhérents (jusqu’à 47 000 associations et 3,5 millions de membres en 1982, à l’apogée du mouvement), celle qu’elle impose dans une certaine mesure à l’État enseignant, du moins sous la Troisième République où la collaboration avec l’administration est souvent très étroite.

Mais adopter le point de vue de la Ligue ne conduit-il pas à surestimer la puissance de ce modèle associatif laïque ? Les travaux consacrés à la nébuleuse réformatrice des débuts de la Troisième République (Topalov dir., 1999) suggèrent une réponse nuancée. Aux heures les plus anticléricales du régime, scandées par la loi 1901 ou la mise en œuvre de la loi 1905, l’État ne ferme pas la porte aux initiatives privées, qu’elles soient laïques ou confessionnelles. En matière de politique pénale, d’assistance aux indigents, malades ou vieillards, de protection de l’enfance, etc., on le voit au contraire s’appuyer sur un réseau associatif multiforme, qui fait la part belle à ceux qui, parmi les vaincus d’hier, ont renoncé à l’engagement politique au profit de la philanthropie.

Même après l’instauration de la loi 1901, dont la Ligue a contribué à faire un instrument du combat laïque, le Conseil d’État fait en outre preuve d’une certaine réticence à l’égard des associations rationalistes trop militantes, qui obtiennent rarement la reconnaissance d’utilité publique. La Ligue de l’enseignement doit elle-même attendre 1930 pour décrocher le précieux sésame !

Chronologie des Événements Clés

  • 1866: Jean Macé initie la Ligue de l'enseignement.
  • 1877-1879: Les républicains opèrent de profondes réformes après leurs victoires électorales.
  • 1905: Adoption de la loi de séparation des Églises et de l'État.
  • 1914: La Ligue est un creuset républicain bien implanté.
  • 1925: La Ligue devient la Confédération générale des œuvres laïques.
  • 1939-1945: La Ligue est ciblée par le régime de Vichy.
  • IVe République: Développement des activités culturelles et sociales, surtout en milieu rural.
  • 1954: Lancement d'un "Manifeste au peuple de France".
  • 1960: Opposition à la loi Debré.
  • 1966: Réforme des statuts de la Ligue.
  • 1977: "Municipalisation" de certaines activités associatives.
  • 1992: Participation au Sommet de la Terre à Rio.
  • 1998: Création des Rencontres nationales de l'éducation avec la ville de Rennes.
  • 1999: La Ligue rejoint Lire et faire lire.

Ressources et Outils Pédagogiques

  • Dis-moi dix mots: Un livret pédagogique pour l'accueil collectif de mineur·es, en partenariat avec la Délégation générale à la langue française et aux langues de France.
  • Expédition ESS: Un kit pédagogique pour éduquer les jeunes à l'économie sociale et solidaire (ESS), téléchargeable gratuitement en PDF.
  • Développer la lecture en centre de loisirs: Un guide pratique pour accompagner les centres de loisirs dans leurs projets de développement de la lecture, soutenu par le Centre national du Livre et le ministère de la Culture.

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