Saviez-vous que la Fédération Internationale de Football (FIFA) avait été créée en 1904 par le Français, Robert Guérin ? Avant de devenir champions du monde de football, de handball ou de décathlon, les Français ont été des pionniers dans la mise en place des structures internationales qui ont chapeauté l'organisation de ces compétitions.
Deux organisations qui règnent aujourd'hui sur le sport mondial : On sait que Pierre de Coubertin (1863-1937) a fondé le "Comité International Olympique" (CIO) qui a organisé les premiers Jeux Olympiques de l'ère moderne à Athènes, en 1896. Mais beaucoup de gens ignorent encore que la Fédération Internationale de Football (FIFA) a été créée en 1904, elle aussi, par un Français : Robert Guérin, qui était à la fois journaliste et arbitre.
La naissance de ces deux organisations, qui règnent aujourd'hui sur le sport mondial, doit beaucoup au contexte politique qui existait en France. Deux conceptions du sport s'opposaient alors. Le baron de Coubertin défendait les valeurs aristocratiques du sport amateur, alors que Robert Guérin plaidait pour une professionnalisation, afin de permettre aux classes populaires de se perfectionner dans leur sport, en dehors de leurs rares moments de loisir.
Sortie exsangue de la Grande Guerre, la FIFA fut redressée par l'adjoint de Guérin, Jules Rimet, qui en assuma la présidence jusqu'en 1954. C'est lui qui proposa l'organisation d'une Coupe du monde de football, dont la première édition eut lieu en 1930. Portés par les succès des Jeux Olympiques mondiaux de 1924 et 1928, le Président Jules Rimet et son secrétaire Henri Delaunay proposent l’organisation d’une coupe du monde sous l’égide de la FIFA (Fédération Internationale de Football Association) lors du congrès d’Amsterdam de 1928. Un an plus tard, le projet est adopté. Et le premier mondial verra le jour en 1930.
Le 26 mai 1928 à Amsterdam, le Congrès de la FIFA (Fédération Internationale de Football Association) décidait par un vote, la création d’une compétition internationale où se rencontrerait les plus grandes équipes de football de chaque continent. L’année suivante à Barcelone, le projet était confirmé grâce à la persévérance de quelques passionnés.
A partir de 1928, suite à un regain de tension avec le CIO et convaincue de la faisabilité de son projet en solitaire, la FIFA décida qu’elle organiserait sur une base quadriennale et pour la première fois en 1930 une grande compétition mondiale « ouverte aux équipes représentantes de toutes les Associations Nationales affiliées » et à tous les joueurs, qu’ils furent professionnels ou amateurs. C’étaient là les prémices de la Coupe du monde telle que nous la connaissons aujourd’hui.
Toutefois, cette décision prise lors du Congrès de la FIFA de 1928 organisé à Amsterdam en marge des Jeux olympiques était avant tout une résolution de principe. Malgré son imprécision, la simple existence de ce tournoi en puissance fixé pour 1930 offrait à l’Uruguay une perspective inespérée alors même que le pays cherchait à fêter son Centenaire en grande pompe et pensait déjà pour cela organiser des tournois de type athlétiques où le football aurait la part belle.
Le gouvernement uruguayen souhaitant s'appuyer sur cet événement sportif mondial pour célébrer le centenaire de l'indépendance officielle de son pays fut choisi pour l'organiser. Du 13 au 30 juillet 1930, alors qu’il fêtait son centenaire de vie indépendante, l’Uruguay a accueilli dans sa capitale, Montevideo, la première Coupe du monde de football de l’histoire.

Final Coupe du monde 1930
Sur les 13 pays qui y participèrent, quatre seulement (dont la France) venaient d'Europe car beaucoup d'équipes redoutaient les conséquences pour leurs performances, d'un voyage en bateau qui durait deux semaines. La première édition de la Coupe du monde de football, qui se déroule en 1930 en Uruguay, n'a pas attiré un grand nombre d'équipes européennes. Les participants sont invités et n'ont pas à se qualifier, mais beaucoup sont rebutés par la distance à parcourir et le coût du voyage.
La France fait néanmoins partie des nations en lice et c'est un Bleu, Lucien Laurent, qui fera entrer l'Europe dans l'histoire du football international en marquant le premier but de l'histoire du Mondial, après 19 minutes de jeu contre le Mexique.

Lucien Laurent
Comme on pouvait s'en douter, la finale opposa le pays organisateur à son plus proche voisin : l'Argentine. Grâce à la victoire de son équipe, le peuple d'Uruguay put célébrer avec ferveur le centenaire de son indépendance. Le lendemain de la victoire fut même proclamé fête nationale. Mais à Buenos Aires, de supporteurs argentins se regroupèrent devant l'ambassade d'Uruguay pour y jeter des pierres, obligeant les policiers à faire usage de leurs revolvers pour rétablir l'ordre.
Les deux Coupes du monde suivantes, organisées en Italie puis en France, sont marquées par le contexte politique de l'avant-guerre. Encore plus que l'Allemagne nazie, qui se sera surtout appuyée sur les Jeux olympiques de Berlin de 1936 pour essayer de prouver sa supériorité athlétique, c'est l'Italie fasciste qui profite de ces éditions du Mondial, qu'elle remporte toutes deux. A domicile en 1934, la Squadra Azzura vient à bout de la Tchécoslovaquie. Grâce à un arbitrage curieusement favorable, diront certains. Et de l'autre côté des Alpes, quatre ans plus tard, les Italiens terrassent la Hongrie, une autre dictature alors dirigée par l'amiral Horthy. Deux mois avant le Mondial 1938 a lieu l'Anschluss. L'équipe d'Allemagne "avale" alors la talentueuse sélection autrichienne, débarrassée toutefois de son joueur vedette juif, Matthias Sindelar.
En 1950, le monde se remet à peine de la Seconde Guerre mondiale et l'Europe est un continent dévasté. La Coupe du monde se déroule cette année-là au Brésil, seul pays candidat, et en l'absence de nombreuses nations du Vieux Continent. L'Angleterre, qui n'a jusqu'alors jamais daigné participer, est en lice pour la première fois.
Un an après avoir marqué l'histoire du football en terrassant l'Angleterre à Londres sur le score de 6-3, l'équipe de Hongrie arrive grande favorite à la Coupe du monde 1954, organisée en Suisse. La sélection hongroise révolutionne le football en pratiquant un jeu très offensif. Elle se heurtera néanmoins à l'Allemagne de l'Ouest (RFA). Les deux pays s'affrontent d'abord au 1er tour et la star hongroise Ferenc Puskás sort blessée. Puis les deux équipes se retrouvent en finale dans la capitale suisse, pour une victoire 3-2 des Allemands. Ils trouveront dans ce match, resté dans l'histoire comme le "miracle de Berne" , leur première source de fierté nationale depuis la guerre. Pour les Hongrois, la déception est totale.
La Coupe du monde 1958, qui a lieu en Suède, a des accents britanniques, avec la présence historique des quatre nations constitutives du Royaume-Uni, qui concourent séparément dans les compétitions internationales de football. Le tournoi est toutefois davantage marqué par l'équipe de France : Just Fontaine marque la bagatelle de 13 buts, un record toujours d'actualité aujourd'hui dans le palmarès du football international. Les Bleus, qui peuvent aussi compter sur Raymond Kopa, n'échoueront qu'en demi-finale contre le Brésil, où figurent Garrincha et un jeune inconnu de 17 ans, Pelé. Les Auriverde écrasent les Français 5-2.
De l'avis général, le Mondial 1962, qui se déroule au Chili (dévasté par un tremblement de terre deux ans plus tôt), n'aura pas proposé un jeu aussi attrayant et offensif que lors des deux Coupes du monde précédentes. Le Brésil domine à nouveau les débats de la tête et des épaules, remportant un deuxième trophée consécutif. Le match du 1er tour entre le Chili et l'Italie passe tristement à la postérité, ayant ensuite été baptisé "la bataille de Santiago".
Inventé sous sa forme moderne par les Britanniques, le football et sa compétition reine se posent enfin sur le sol de Sa Majesté en 1966. L'Angleterre, qui a boudé les premières Coupes du monde puis enchaîné les contre-performances, ne rate pas le coche et peut brandir la Coupe reçue des mains de la reine à Wembley. Huit ans après le crash de l'avion du club de Manchester United, où ont péri plusieurs espoirs du football anglais, l'émotion est immense. La défaite a toutefois un goût amer pour l'Allemagne de l'Ouest finaliste, car un des buts anglais n'a en fait probablement pas passé la ligne de but.
Pour de nombreux amoureux de football, la Coupe du monde 1970 est la plus belle de l'histoire. Il est vrai qu'après deux éditions marquées par des matchs rudes et défensifs, le beau jeu est de retour, avec des rencontres à rebondissements. La demi-finale entre l'Italie et l'Allemagne est à cet égard un sommet. Menée toute la partie, la RFA égalise à la dernière minute, arrachant des prolongations. Elles seront les plus folles de l'histoire de la Coupe du monde, avec 5 buts marqués en 30 minutes, les deux équipes menant tour à tour jusqu'à la victoire des Italiens 4-3. L'Allemand Beckenbauer finit même la rencontre avec le bras en écharpe.
Vingt ans après celle initiée par la Hongrie, une nouvelle révolution footballistique est en marche en 1974, lors du Mondial organisé par l'Allemagne de l'Ouest. Elle vient des Pays-Bas. Emmenée par la star Johan Cruyff, parfaitement à son aise dans l'ambiance des années 70, l'équipe néerlandaise survole le tournoi. Elle pratique le "football total", une tactique où les joueurs ne sont pas assignés à une position particulière : ils attaquent et défendent tous ensemble comme un rouleau-compresseur. Mais comme les Hongrois en 1954, les Néerlandais vont se heurter à l'Allemagne de l'Ouest, qui oppose à leur vision "romantique" du football un réalisme à toute épreuve. Au 1er tour, un drôle de match a lieu à Hambourg : une confrontation RFA-RDA. A la surprise générale, elle tourne à l'avantage des Est-Allemands.
44 ans après l'Italie en 1934, une autre édition de la Coupe du monde se déroule, en 1978, dans un pays sous le joug d'une dictature. En Argentine, la junte militaire s'est emparée du pouvoir deux ans avant le Mondial et on sait aujourd'hui que des centaines de prisonniers politiques étaient enfermés dans des geôles à quelques encablures du stade Monumental de Buenos Aires, où eut lieu la finale. L'Albiceleste y remporte la première Coupe du monde de son histoire, contre une équipe des Pays-Bas qui essuie un deuxième échec consécutif. L'ambiance est délétère et les Néerlandais accusent les Argentins de délibérément retarder le coup d'envoi pour faire encore plus monter la pression de la foule.
Si l'Allemagne a marqué de son empreinte la Coupe du monde 1982, organisée par une Espagne tout juste sortie du franquisme, ce n'est pas tant pour sa défaite en finale contre l'Italie. C'est d'abord pour son "match de la honte" du 1er tour contre l'Autriche. Les deux équipes peuvent se qualifier en cas de courte victoire des Allemands. La Nationalmannschaft ouvre le score à la 10e minute et les deux sélections vont faire la passe à 10 pendant les 80 restantes. Les huées de la foule n'y changeront rien, le résultat est homologué (1-0). Deux semaines plus tard, en demi-finale contre la France à Séville, l'Allemagne se retrouve à nouveau au cœur du scandale. Le gardien Harald Schumacher assomme volontairement Patrick Battiston qui filait au but. L'arbitre ne siffle rien. S'en suit une rencontre à rebondissements, que les Français pensent d'abord gagner avant que la RFA ne revienne miraculeusement au score.
Au 1er tour, la France affronte le Koweït. Les Bleus dominent largement lorsqu'un but valable d'Alain Giresse est contesté par l'équipe adverse. A tel point que l'émir du Koweït descend sur la pelouse et convainc l'arbitre de l'annuler.
Plus que Michel Platini, qui joue sa dernière Coupe du monde, c'est l'Argentin Diego Maradona qui s'impose comme le joueur majeur du Mondial 1986. Un match particulièrement va asseoir sa légende : le quart de finale contre l'Angleterre. Devant les 115 000 spectateurs du stade Azteca de Mexico, il assomme à lui seul la partie. D'abord en marquant de la main au terme d'une action confuse. On parle aujourd'hui encore de "la main de Dieu". Puis en réalisant le "but du siècle", après avoir dribblé l'intégralité de la défense anglaise. Un coup de filou suivi d'un coup de génie.

Diego Maradona
En 1990, la Coupe du monde se déroule en Italie et les sélections présentes s'adaptent au style de jeu du pays hôte. Les gardiens et les défenseurs vont prévaloir et jamais le nombre de buts par match n'aura été aussi bas, avec des matchs ennuyeux se terminant aux tirs au but. A ce petit jeu, l'Allemagne de l'Ouest, qui joue sa dernière compétition avant la Réunification (qui interviendra trois mois plus tard), sera la plus forte. Au bout du suspense, les Allemands éliminent les Anglais en demi-finale, puis les Argentins en finale.
Aux Etats-Unis en 1994, la finale est un classique Brésil-Italie, remportée aux tirs au but par les Brésiliens. Les demi-finalistes malheureux sont, eux, des invités surprises. La Suède d'abord, qui perd de peu en fin de match contre les Auriverde. Et la Bulgarie ensuite, qui perd elle-aussi par un but d'écart contre l'Italie.
Quand commence son Mondial 1998, l'équipe de France dispose de trois références avec ses demi-finales perdues de 1958, 1982 et 1986. Cette fois, il n'y aura aucun accroc avec une victoire historique à la clé. La génération de Didier Deschamps - aujourd'hui sélectionneur - et de Zinédine Zidane obtient le Graal à domicile. Le 1er tour a été parfait, la suite plus difficile contre le Paraguay, l'Italie et la Croatie. La finale en revanche apparaît aujourd'hui presque facile, soldée par un 3-0 sans appel contre le Brésil de Ronaldo.

Équipe de France 1998
Pour la première fois organisé en Asie (en Corée du Sud et au Japon), la Coupe du monde 2002 est le théâtre de nombreuses surprises. Plusieurs favoris sont prématurément éliminés, dont la France, piteusement dès le 1er tour. L'Allemagne que personne n'attendait atteint la finale, remportée par le Brésil. Et, surtout, la Corée du Sud élimine successivement l'Italie et l'Espagne. Sauf que le pays hôte est bien aidé par l'arbitrage. But indument refusé et expulsion sévère pour les Italiens.
Dominé par les sélections européennes, la Coupe du monde 2006, qui se déroule en Allemagne, se termine par une finale France-Italie. Il s'agit du dernier match de Zidane avant sa retraite. Le n°10 des Bleus a survolé la compétition et peut finir sur un triomphe. Seulement voilà, après avoir marqué le seul but des Français, Zidane perd ses nerfs pendant les prolongations. Il répond aux provocations de l'Italien Materazzi et lui assène un coup de tête au plexus passé à la postérité. Zidane est expulsé.
En finale de la Coupe du monde 2010, qui se tient pour la première fois en Afrique (du Sud), ce sont probablement les deux meilleures équipes n'ayant encore jamais gagné la compétition qui s'affrontent : l'Espagne et les Pays-Bas.
Pour les Brésiliens, remporter le Mondial qui se déroule chez eux en 2014 est la seule option. La sélection est emmenée par Neymar - qui deviendra le joueur le plus cher de l'histoire avec son transfert au PSG en 2017 pour 222 millions d'euros - et la pression du public est immense. Elle sera d'ailleurs probablement en partie responsable de l'échec des Auriverde en demi-finale contre l'Allemagne, future gagnante du trophée. La Nationalmannschaft marche littéralement sur le pays hôte et le score s'achève sur un incroyable 7-1.

Brasil - Germany 2014
La Coupe du monde en Russie contribue à l'éclosion d'un grand talent : Kylian Mbappé. Le jeune français se distingue, notamment lors d'un huitième de finale disputé face à l'Argentine où il martyrise la défense adverse par sa vitesse. Mais surtout en finale, contre la Croatie, durant laquelle il inscrit un but et participe à la victoire française (4-2). Il devient au passage le deuxième plus jeune buteur de l'Histoire à inscrire un but dans une finale de Coupe du monde, derrière Pelé.
Jusqu’au 18 décembre, le Qatar accueille la Coupe du monde masculine de football. Tous les 4 ans, cet événement planétaire est suivi à la télévision par des milliards de personnes. Mais qui a inventé la Coupe du monde ? Et depuis quand existe-t-elle ?
La première Coupe du monde de football a lieu en 1930. À l’époque, 13 équipes de football du monde entier s’affrontent et représentent leur pays. C’est un Français, Jules Rimet, président de la Fédération française de football, qui en a eu l’idée et a mis presque dix ans à la créer. Depuis, cette compétition a eu lieu tous les quatre ans. Sauf en 1942 et en 1946. Ces deux éditions ont été annulées à cause de la Seconde Guerre mondiale.
Depuis la première édition, le nombre d’équipes participantes a beaucoup augmenté. On est passé de 13 à 32 aujourd’hui. Et, depuis 1991, il existe aussi une Coupe du monde féminine de football, de plus en plus suivie.
Parmi les principaux vainqueurs de la Coupe du monde masculine, on compte le Brésil, l’Allemagne et l’Italie. La France, quant à elle, a réussi l’exploit, en 1998, d’accueillir et gagner la Coupe du monde.
Tous les quatre ans, un nouveau pays organise cette compétition, dont les retombées économiques sont énormes.
| Année | Pays Hôte | Vainqueur |
|---|---|---|
| 1930 | Uruguay | Uruguay |
| 1934 | Italie | Italie |
| 1938 | France | Italie |
| 1950 | Brésil | Uruguay |
| 1954 | Suisse | Allemagne de l'Ouest |
| 1958 | Suède | Brésil |
| 1962 | Chili | Brésil |
| 1966 | Angleterre | Angleterre |
| 1970 | Mexique | Brésil |
| 1974 | Allemagne de l'Ouest | Allemagne de l'Ouest |
| 1978 | Argentine | Argentine |
| 1982 | Espagne | Italie |
| 1986 | Mexique | Argentine |
| 1990 | Italie | Allemagne de l'Ouest |
| 1994 | États-Unis | Brésil |
| 1998 | France | France |
| 2002 | Corée du Sud/Japon | Brésil |
| 2006 | Allemagne | Italie |
| 2010 | Afrique du Sud | Espagne |
| 2014 | Brésil | Allemagne |
| 2018 | Russie | France |