Juliette Gelin : Parcours et Ambitions d'une Libéro d'Exception

Depuis toute petite, Juliette Gelin nourrit des ambitions renversantes, parfois à l’excès. La libéro de 22 ans réalise une saison de haut vol avec Levallois Paris Saint-Cloud, deuxième à l’issue de la saison régulière de la Ligue AF.

Une Ambition Dévorante

« Ce n’est pas parce que je veux devenir la meilleure libéro du monde que je dois l’être demain. » Pour la première fois de sa carrière, peut-être même de sa vie, Juliette Gelin s'autorise à prendre son temps. La volleyeuse de Levallois Paris Saint-Cloud, monstre de précocité, est guidée par son ambition depuis l’enfance. Cette saison, elle s’épanouit dans sa nouvelle équipe, avec qui elle entamera les playoffs, ce mardi contre Terville Florange (20 heures au palais des sports Marcel-Cerdan).

« On m’a toujours dit que mon perfectionnisme avait deux facettes, confie l’internationale française. Parfois, il pouvait me bouffer. Depuis cette année, j’essaie avant tout de prendre du plaisir et d’avoir plus de compassion avec moi-même.

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Le Rôle Crucial du Libéro

La libéro est la spécialiste de la défense. À ce propos, Juliette Gelin précise : « Un libéro est quelqu’un qui est assez stable en réception et qui est assez explosif en défense. C’est quelqu’un qui a un bon leadership capable de connaitre les caractères de ses coéquipières pour les aider à un certain moment. »

Elle continue « La libéro doit penser que ce qu’elle fait ,c’est toujours pour l’équipe. Forcément, quand on fait une défense on est contente et on a la lumière sur soi, mais si l’équipe ne finit pas le point, ça ne change rien. » Cette ambition et cette façon de penser sont partagés par le coach Schiavo, qui l’a choisie dans son effectif pour multiples raisons : « En parlant de Juliette, on parle d’un des meilleurs profils français à son poste.

Expérience en Équipe de France

« Le Championnat d’Europe, c’était le Graal, l’accomplissement de tout le travail que j’avais fait depuis cinq mois, une sorte de cerise sur le gâteau, le meilleur moment de cet été. Après, les cinq mois dans leur globalité ont été très intenses et éprouvants, à la fois émotionnellement et physiquement, mais ça a été pour moi un apprentissage très riche dont j’essaie de me servir pour éviter à l’avenir de refaire les mêmes erreurs ou pour faire certaines choses d’une autre façon.

Le match qu’on perd 3-1 contre les Serbes, clairement ! On s’est rendu compte que oui, elles étaient impressionnantes physiquement, oui, nous avions beaucoup de travail pour espérer atteindre un jour leur niveau, mais en même temps que ce n’était pas impossible de rivaliser avec ces filles-là. Même s’il n’y avait pas forcément toutes les titulaires en face, on a vu que ces filles n’étaient pas d’une autre planète.

Non, parce que j’ai fait le bilan personnel de ces cinq mois en équipe de France et je me suis vite fixé des objectifs de choses que je voulais travailler à l’IF. Je me disais « Il faut que je bosse ça en réception, ça sur les relances et sur les passes… », j’avais envie de repartir au travail parce que j’avais identifié certains points sur lesquels je devais progresser.

Il y a des hauts et des bas, à savoir des défaites qui n’en sont en fait pas vraiment, dans le sens où on est « contentes » en sortant du match, on sent une osmose, une progression dans certains secteurs. A l’inverse, il y en a d’autres où on se dit clairement qu’on n’y était pas en termes de niveau de jeu, d’intensité, d’envie de jouer.

Son Avenir

Non, je me dis que dans les autres pays, ils font la même chose : en Italie, aux Pays-Bas, en Allemagne… On n’est pas les seules et ça va s’arrêter un moment puisqu’on ne va pas passer notre vie à l’IF ! Pour moi, ça dure deux ans, et ensuite, j’irai dans un club. Peut-être que je ne gagnerai pas tous les matchs, mais je ne pense pas que je les perdrai tous, sinon ça va être compliqué !

Oui, il est beaucoup plus présent que la saison dernière sur les matchs et sur les semaines d’entraînement. C’est bien, parce qu’il peut voir nos progrès au jour le jour, c’est forcément beaucoup plus facile pour échanger. Il ne va pas nous juger sur des statistiques, mais sur notre évolution, notre attitude, notre façon de réagir. Si par exemple, il me demande de prendre plus de place en réception, il y a des risques que mes stats baissent un peu.

Je dirais dans la lecture du jeu, je pense que je suis plus en accord avec les temps de jeu. Avant, j’étais une pile électrique, je courais dans tous les sens sans m’arrêter.

Bien sûr, clairement ! Oui, on est dix fois plus exposées, les gens peuvent nous suivre sur plusieurs saisons. Je l’appréhende comme un recommencement, c’est un nouvel été, il y aura encore de la concurrence, il faudra reprouver qu’on mérite sa place pour jouer avec les plus fortes.

Clairement, quand tu sais qu’au bout de ce cycle de quatre ans, il y a les JO à Paris, tu as envie de tout faire pour y être. Ça donne la motivation de se lever tous les matins et de se dire « Aujourd’hui, je vais charbonner », parce que tu sais que les JO, c’est pour beaucoup de sportifs l’accomplissement d’une carrière. Pour la libéro tricolore Juliette Gelin (23 ans), les Bleues ne doivent nourrir aucun complexe.

Le match de mardi face à la Grèce (3-1) C’était un vrai 16e de finale et ça a été un match très éprouvant nerveusement, nous sommes passées par beaucoup d’émotions très fortes en peu de temps. On a d’abord pris un coup derrière la tête dans le premier set, on s’est ensuite battues tout le match pour être patientes et continuer à croire qu’on allait y arriver, on refusait d’abandonner et de perdre, mais ça été nerveusement très usant. À l’arrivée, il y a eu beaucoup d’euphorie, parce qu’avec cette qualification, on marque l’histoire de l’équipe de France féminine, et le fait que le match ait été si difficile a décuplé les émotions, nous étions encore plus fières de nous.

Nous étions aussi heureuses d’avoir bien passé cette première étape et d’avoir confirmé notre bonne première partie d’été avec la VNL. Le fait de refaire un gros match contre le Brésil et de remporter les deux matchs qu’on voulait gagner dans la poule, c’est vraiment une grosse satisfaction, on a réussi à remplir les objectifs qu’on s’était fixés, à savoir sortir de la poule.

Signe de Maturité

Je l’espère, oui. Maintenant, on n’a pas encore fait assez de compétitions pour vraiment nous situer au niveau de notre évolution, on pourra le savoir dans quelques années encore. Mais c’est sûr qu’entre le début de l’été et maintenant, on a pris de la maturité, les matchs qu’on était censés gagner en mettant du rythme, on les a gagnés, c’est la preuve qu’on continue à progresser.

En huitièmes de finale, vous allez retrouver une équipe de Chine Pour moi, ce n’est pas du tout la même Chine que celle des JO, comme on n’est pas du tout la même équipe qu’il y a un an. Ce qui est sûr c’est qu’on a une revanche à prendre sur elle, car perdre 3-0 lors de la première semaine de la VNL nous a quand même irritées, cette défaite nous est restée en travers de la gorge. Je suis contente parce qu’on a un collectif au complet et, selon moi, prêt à rivaliser avec cette équipe, on en veut vraiment, je pense qu’on peut les déstabiliser.

En tout cas, on va rentrer sur le terrain avec l’envie de dominer notre adversaire, de tout donner pour que le ballon tombe côté chinois et pas chez nous, en s’entraidant au maximum et en jouant en équipe.

Raisons de croire à l’exploit

Pour moi, battre la Chine ne serait pas un exploit, mais la confirmation du niveau de jeu qu’on produit et des résultats qu’on a obtenus cet été. On est sur une bonne lancée et on affronte une équipe différente, avec des stars qui sont vachement jeunes. Je pense qu’on a peut-être un supplément d’âme par rapport à elles, l’équipe qui gagnera le match sera celle qui en voudra le plus et refusera la défaite, ce sera nous !

Je m’éclate, je suis vraiment contente de vivre ces émotions avec les filles, du collectif que nous formons avec toutes les filles qui sont super impliquées.

France - Grèce« On va tout donner ». Le mot d’ordre vient de Juliette Gelin, mais il est le même pour toutes les joueuses de l’équipe de France de volley. Ce mardi, les Tricolores peuvent franchir pour la première fois de leur histoire la phase de poule, au bout de leur quatrième participation (après 1952, 1956 et 1974). Il faut pour cela battre la Grèce, un adversaire au bilan comptable semblable (victoire contre Porto Rico, défaite face au Brésil), mais réputé plus faible. Pour la libero, ça sera comme « une finale ».

Arrivées en Thaïlande avec l’ambition d’aller le plus loin possible, les Françaises réclament ce genre de rencontre sous pression, qui leur offre l’opportunité de poursuivre leur développement constaté ces dernières années. Les Bleues partent favorites au moment d’affronter la Grèce, après deux performances prometteuses : un succès contre Porto Rico (3-1), puis un revers avec les honneurs (3-2) face au Brésil, 2e nation mondiale. « On ne prend personne par-dessus la jambe. On va aborder la Grèce comme on a abordé les deux autres matchs », lance Gelin.

Jeune, ambitieuse, rodée au plus haut niveau européen, obsédée par la performance : la joueuse de Milan, un des meilleurs clubs du monde, incarne le futur d’une équipe de France qui ose clamer tout haut vouloir rivaliser avec les meilleures nations mondiales.

Inspiration de Laure Manaudou

« Je n’ai jamais vu une fille de son âge avec cette mentalité-là. Il n’y a personne qui peut se mettre en travers de son chemin. J’aime beaucoup », explique la capitaine Héléna Cazaute, qui l’a côtoyée en club l’an dernier. « Une libero française qui joue en Italie, je n’avais jamais vu ça. Elle s’en fout. Mais les responsabilités ne l’effraient pas : elle s’y prépare depuis l’enfance. Elle a trouvé sa vocation avant d’avoir trois ans, en regardant la nageuse Laure Manaudou remporter la médaille d’or aux Jeux d’Athènes en 2004 : « Je voulais ressentir la même chose que les sportifs me faisaient ressentir à la télé », assure-t-elle.

La Montpelliéraine de naissance commence par le tennis, puis bascule vers le volley à 11 ans, où son talent est vite repéré. Elle débute en équipe de France en 2019, à l’âge de 17 ans. À peine professionnelle, elle annonce vouloir devenir « la meilleure au monde » à son poste. Une phrase que Juliette Gelin ne regrette pas du tout : « C’est la meilleure chose que j’ai pu dire, parce que ça m’a permis de croire en moi ».

Modèle : Rafael Nadal

Meilleure joueuse du championnat de France en 2024, qu’elle gagne avec Levallois Paris, elle signe dans la foulée à Milan, pour poursuivre sa progression. « Je dois m’améliorer partout. Après, je ne peux pas aller plus vite que la musique, même si j’en ai envie. […] Je veux exploiter mon potentiel au maximum, et ne pas avoir de regrets à la fin de ma carrière. » Son modèle : le tennisman Rafael Nadal, dont elle lit le livre en Thaïlande, qui accueille le Mondial. « C’est son travail qui fait qu’il est devenu aussi fort, et moi, je crois beaucoup plus en ça qu’au talent. »

L’entente avec le sélectionneur César Hernandez, nommé en décembre, s’est faite naturellement, entre deux ambitieux. « Moi aussi je veux devenir le meilleur entraîneur !, lance l’Espagnol. La libéro de l'équipe de France Juliette Gelin a loué la détermination de ses coéquipières à s'accrocher avant de battre la Grèce (3-1), mardi à Chiang Mai (Thaïlande). Les Bleues sont qualifiées pour les huitièmes de finale du Mondial.

Juliette Gelin, libéro de l'équipe de France : « On est revenues des enfers ! Ce n'était pas facile, on peut être fières, c'est une leçon pour tout le monde, pour la suite de nos carrières à venir, pour le staff aussi. C'est ce genre de matches qui nous rapproche des meilleures, même s'il a fallu le faire une fois, deux fois, trois fois... Il faut souligner l'aide d'Héléna (Cazaute) qui a été énorme dans la fin du troisième set, c'est elle qui nous remet dedans, qui a ce calme en défense comme en attaque, qui nous garde ensemble. »

Pilier des Bleues, à seulement 23 ans, Juliette Gelin s’impose comme l’une des figures les plus inspirantes du volley féminin. Libéro au style instinctif et à la vision affûtée, elle veut devenir la meilleure au monde et on lui fait confiance. « Je m’éclate, je suis vraiment contente de vivre ces émotions avec les filles du collectif qui sont super impliquées. Ensemble, on a une vraie force ! » Juliette Gelin n’est pas du genre à contenir ses émotions, dans la vie comme sur les parquets. Elle joue pour vibrer, pour faire vibrer. La jeune championne qui dit sans détour vouloir être « la meilleure libéro au monde » mêle aisément intensité et détermination.

Sur le Championnat du monde qui a lieu en Thaïlande jusqu’au 7 septembre et où l’équipe de France n’était pas allée depuis cinquante et un an, elle écrit avec ses co-équipières l’une des plus belles pages de l’histoire du volley. Juliette Gelin, du haut de ses 23 ans, affirme que les Bleues ne doivent nourrir aucun complexe : « On n’a pas encore fait assez de compétitions pour vraiment nous situer au niveau de notre évolution, on pourra le savoir dans quelques années encore. Lucide, positive, bien dans ses baskets, Juliette Gelin a de l’ambition et dit tout de go qu’elle ne lâchera rien.

Son histoire commence à Montpellier, où elle pointe le bout de son nez un 2 novembre 2001. Le sport, elle le découvre par le tennis, mais c’est à 11 ans que le volley entre dans sa vie comme une évidence : « J’ai trouvé le sport qui me correspondait et qui me permettait d’être moi-même sur un terrain. » Très vite, elle se distingue, intègre les structures fédérales, et semble promise à une ascension fulgurante. Mais à 14 ans, une blessure au genou vient tout remettre en question. Une épreuve qui aurait pu la détourner de son rêve, mais qui, au contraire, la pousse à se réinventer. Juliette Gelin ne se contente pas de revenir, elle explose.

Passée par le pôle France, puis l’IFVB, elle signe en 2020 avec Chamalières, où elle impose son style : une défense féline, une présence constante, une énergie communicative. Elle enchaîne avec le RC Cannes, puis Levallois Paris Saint-Cloud, où elle vit une saison de folie : championne de France, élue meilleure joueuse, meilleure jeune, meilleure libéro. Mais Juliette Gelin voit plus loin. En 2024, elle traverse les Alpes pour rejoindre Vero Volley Milan, l’un des clubs les plus prestigieux d’Italie. Là-bas, elle découvre un autre rythme, une autre intensité, et prouve qu’elle peut briller sur les plus grandes scènes européennes. Finaliste du championnat italien, troisième en Ligue des champions : elle est partout, toujours là où on ne l’attend pas. En équipe de France, elle est un pilier. Depuis ses 17 ans, elle enchaîne les compétitions, les victoires, les émotions. Mais ce qui la rend unique, c’est sa vision du sport : « Le samedi soir, les matchs, c’est le moment où on met son plus bel habit et on va dans l’arène. C’est du show, du spectacle », s’enthousiasme la championne sur France 3. Pour elle, le volley n’est pas qu’un sport, c’est une scène, un art, une manière de s’exprimer.

Tableau des Sélections Récentes de Juliette Gelin

Date Compétition Match Résultat
4 sept. 2025 Championnat du monde Brésil - France Brésil 3 - 0 France
31 août 2025 Championnat du monde France - Chine France 3 - 1 Chine
26 août 2025 Championnat du monde France - Grèce France 3 - 1 Grèce
24 août 2025 Championnat du monde Brésil - France Brésil 3 - 2 France
22 août 2025 Championnat du monde Porto Rico - France Porto Rico 1 - 3 France

Carrière de Juliette Gelin en club

Voici tous les mouvements et les transferts connus de Juliette Gelin.

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