Volleyeuses Populaires sur TikTok : Entre Performances Sportives et Défis Sociétaux

Le monde du volley-ball féminin connaît une popularité grandissante, notamment grâce à la visibilité offerte par des plateformes comme TikTok. Ces athlètes, en plus de leurs prouesses sportives, deviennent des figures influentes, inspirant des milliers de jeunes à travers le monde. Cependant, cette notoriété s'accompagne parfois de défis et de controverses, notamment en ce qui concerne les normes sociétales et les attentes culturelles.

Les Sultanes du Filet : Un Surnom et des Controverses

À toute grande équipe revient un grand surnom. Les femmes de l’équipe de volley turque sont appelées « les sultanes du filet ». Ces volleyeuses ont été propulsées sur la scène médiatique suite à leurs récents exploits sportifs. Elles ont rallié les quarts de finale à Tokyo, puis ont enchaîné sur une belle troisième place aux Championnats d’Europe, en battant les Pays-Bas.

Mais tous n’ont pas pris leurs performances sportives de la même manière. Ces femmes ont été la cible de conservateurs. Tout a débuté sur les réseaux sociaux. Le théologien Ihsan Senocak leur a adressé un message : « Fille de l’Islam, tu n’es pas la sultane des terrains de jeux, mais celle de la foi, de la chasteté et de la morale, tu es la fille des mères qui rougissent de montrer ne serait-ce que leur nez. Ne te laisse pas tromper par ce mot de sultan qui a envahi la culture populaire, notre espoir et nos prières sont avec toi. » Il a rapidement été rejoint par toute une sphère de la société.

Ebrar Karakurt : Une Joueuse Visée

La joueuse Ebrar Karakurt a été visée en particulier. La Turque a posté une photo d’elle sur les réseaux sociaux avec sa compagne, entraînant critiques homophobes et sexistes.

« Ces hommes ont un pouvoir symbolique très important, soutient Hazal Atay, doctorante spécialiste du genre et de la citoyenneté en Turquie. Même si la Turquie se présente comme un pays laïc, il est à 99 % musulman, et des groupes religieux très orthodoxes suivent ces hommes de manière virulente », poursuit-elle.

Les débardeurs et shorts portés par ces femmes ont été pointés du doigt. « C’est quelque chose qu’Erdogan fait également : mettre l’accent sur les tenues des femmes pour les décrédibiliser. Cela fait partie de son idée de la Turquie. »

Et ce n’est pas qu’une équipe attaquée. La question touche l’ensemble de la société. La Turquie a quitté la Convention d’Istanbul contre les violences faites aux femmes le 1er juillet dernier. « Le nombre de féminicides a augmenté en Turquie », déplore Hazal Atay. Pour la doctorante cette équipe de volley peut faire bouger les choses.

Ces sultanes « sont également le visage de la Turquie ». « Ces femmes ont une vraie influence, assure-t-elle. Elles sont également le visage de la Turquie. Elles sont une sorte de sultanat alternatif. Leur surnom est fort dans ce sens. Elles représentent les mouvements alternatifs qui travaillent sous pression. »

Les soutiens se sont également multipliés, notamment dans les colonnes de la presse d’opposition. Le débat est devenu politique. Canan Arin, avocate et militante s’est révoltée dans le quotidien Cumhuriyet : « C’est une pensée moyenâgeuse, il ne lui appartient pas de dire ce que les femmes peuvent faire ou non. Mais ce genre de réflexion ne doit par nous surprendre, alors qu’un homme seul (NDLR : le président Recep Tayyip Erdogan) peut rayer d’un trait de plume la Convention d’Istanbul, mettant en danger la vie de millions de femmes », a-t-elle écrit.

Dans ce même quotidien, les femmes de l’équipe sont renommées « les filles d’Atatürk », du nom du fondateur de la République turque en 1923. « C’est tout le paradoxe de la Turquie, décrypte Hazal Atay, le pays est très polarisé, et la cohabitation n’existe pas. D’un côté il y a la Turquie d’Erdogan, de l’autre, les mouvements de contestation, qui existent bien.

Lucille Gicquel et Christina Bauer : Des Parcours Inspirants

Lucille Gicquel, 26 ans, disputera les Jeux olympiques (26 juillet-11 août) avec les Bleues ; une grande première pour l’équipe qualifiée d’office en tant que représentante du pays hôte. En équipe de France de volley-ball depuis 2007, la Haut-Rhinoise Christina Bauer est devenue une figure incontournable de son sport. À 36 ans, celle qui a gagné des titres dans toute l’Europe s’apprête à participer à ses premiers Jeux olympiques, marquant par ailleurs la fin d’une ère et le début d’une nouvelle, aux États-Unis.

Christina est la fille de Jean-Luc Bauer, un ancien international français de volley-ball, et de Tone Bauer, ancienne joueuse norvégienne de handball : « Enfant, je me souviens que j’allais voir mon père jouer, j’aimais beaucoup l’ambiance, j’ai vite été séduite », révèle-t-elle au média 1mètre90. À 12 ans, Christina rejoint Kingersheim, club dans lequel elle joue tout de même en nationale 3 avec l’équipe première lors de sa dernière année. À 16 ans, elle intègre le club professionnel de l’ASPTT Mulhouse. Remplaçante la première année, elle gagne rapidement sa place de titulaire.

La décennie suivante, la grande centrale signe au FV Busto Arsizio, en Italie, où elle remporte toutes les compétitions auxquelles elle participe lors de la saison 2010-2011 : championnat d’Italie, coupe nationale et même coupe de la CEV. En 2013, Christina rejoint le Fenerbahçe Istanbul et remporte une nouvelle fois la coupe de la CEV. Ensuite, l’Alsacienne est tout de même passée par cinq clubs différents - River Volley Plaisance, Südtirol Bolzano, RC Cannes, l’ASPTT Mulhouse et même WP Pérouse Volley - avant de trouver sa place au sein du Pays d’Aix Venelles en 2022.

Christina Bauer a joué son premier match en équipe de France en 2007, année durant laquelle elle participe aussi à son premier championnat d’Europe, où la formation a terminé huitième. Elle était la plus jeune sur le terrain. Sept ans plus tard, même si les titres se font rares en sélection, elle décroche le capitanat.

L’année dernière, l’équipe de France féminine de volley-ball a réussi à remporter la Challenger Cup. Celle qui était la benjamine à ses débuts est maintenant la plus âgée du groupe : « C’est un plaisir de voir les plus jeunes évoluer, grandir, et de traverser les générations. J’ai beaucoup de souvenirs en équipe de France, je pense que je suis vraiment la plus ancienne de tout le groupe.

Les Jeux Olympiques de Paris 2024 : Un Objectif Majeur

L’Alsacienne participera à ses premiers Jeux olympiques. « Les Jeux olympiques de Paris 2024, c’est mon dernier grand objectif en France », déclare-t-elle, pleine de motivation, à 1mètre90. Ces Jeux, qui seront ses premiers, se profilent doucement. Pour l’instant, vingt-quatre joueuses participent au rassemblement de l’équipe de France pour préparer la compétition, mais seules dix-huit filles seront conservées par le coach belge Emile Rousseaux. Les places sont peut-être chères, mais l’ambiance entre les filles est au beau fixe : « Il y a beaucoup de solidarité et d’amitié entre nous.

Après les Jeux olympiques, Christina Bauer rejoindra les États-Unis pour un stage dans le cadre de sa dernière année d’étude à l’EDHEC. Pour autant, le volley-ball ne disparaîtra pas entièrement de sa vie, car elle rejoindra la League One Volley-ball (LOVB) dès la saison prochaine.

TikTok et l'Influence des Athlètes Féminines

Les réseaux sociaux, notamment TikTok, jouent un rôle crucial dans la popularisation des athlètes féminines. Ces plateformes permettent aux joueuses de partager leur quotidien, leurs entraînements et leur passion pour le sport, créant ainsi une connexion directe avec leurs fans.

Cloé Départ : Une Libéro Populaire

Cloé Départ est une volleyeuse française évoluant au poste de libero. Elle partage son quotidien de volleyeuse, mêlant entraînements, matchs et passion pour le volley. Ses publications génèrent des centaines de milliers de vues, mettant en avant sa technique, ses performances et son engagement sur le terrain.

Pour accompagner sa progression et optimiser sa récupération, Cloé Départ collabore avec Nutriforce. Nutriforce l’accompagne notamment sur :

  • La récupération musculaire après ses entraînements et matchs.
  • Le soutien articulaire, essentiel pour maintenir ses performances sur le terrain et prévenir les blessures.
  • L’optimisation de l’énergie et de la concentration, notamment avant et pendant les compétitions nationales et internationales.

Grâce à Nutriforce, Cloé mise sur une approche simple et naturelle pour rester performante tout en prenant soin de son corps.

Alisha Lehmann : Au-Delà du Football

La très populaire footballeuse Alisha Lehmann a rendu publique sur ses réseaux sociaux une scène de fête à l’issue d’une rencontre de la sélection nationale. Une nouvelle illustration de l’incroyable popularité d’une joueuse de football, qui la distingue nettement de la plupart de ses consœurs. La jeune femme est suivie par des millions de personnes sur les réseaux sociaux, curieux de son parcours de footballeuse mais aussi de sa vie de femme.

Cette fois, Alisha Lehmann s’est illustré en invitant ses coéquipières à danser, dans le vestiaire encore brumeux. Une chorégraphie manifestement travaillée, sur le tube "Si antes te hubiera conocido ? VIDEO. Elle enregistre également 155 000 partages, plus de 3 millions de "likes" et recueille près de 14 000 commentaires. La chanteuse colombienne a partagé sur Instagram la chorégraphie des Suissesses. De quoi renforcer encore la popularité d’Alisha Lehmann, forte d’une carrière de près de 10 ans au plus haut niveau (53 sélections en équipe nationale), et dont la voix porte de plus en plus pour défendre la cause des femmes dans le sport.

Corps et Performances : Les Défis des Athlètes Féminines

Les athlètes féminines sont souvent soumises à un examen minutieux de leur apparence physique. Les critiques et les attentes irréalistes peuvent avoir un impact négatif sur leur confiance et leur bien-être. Cependant, de nombreuses athlètes prennent la parole pour défendre la diversité des corps et promouvoir l'acceptation de soi.

Messages d'Acceptation de Soi

"J’ai un IMC de 30, je suis considérée comme en surpoids et je vais aux Jeux olympiques. Et pas vous". Et elle n’est pas la seule. D’autres athlètes féminines de haut niveau, ciblées elles aussi par des critiques désobligeantes car scrutées par l’objectif des caméras et des haters cachés derrière leur écran, prennent la parole.

L’une des plus visionnées ? Une vidéo intitulée "Tous les types de corps peuvent être olympiques". Dans celle-ci, la médaillée de bronze au rugby à 7 lors des Jeux de Paris 2024 profite de cette compétition internationale pour faire passer un message important.

"Je veux que vous regardiez tous les différents types de corps exposés. Tous les types de corps comptent. Tous les types de corps sont dignes d'intérêt, du plus petit gymnaste au plus grand joueur de volley-ball, du joueur de rugby au lanceur de poids en passant par le sprinter. Dans d’autres vidéos, l’athlète s’exprime sur la taille de ses épaules, un complexe de longue date, dit-elle. Au cours de sa vidéo, elle invite les femmes à aimer leurs épaules et autres complexes.

Quand on ne parle pas du corps d’une athlète, ce sont ses cheveux qui se retrouvent au centre de l’attention. Agaçant. "Ne venez pas m'embêter à propos de mes cheveux. Ils sont coiffés mais le bus (pour se rendre sur le lieu des épreuves, ndlr) n'a pas de climatisation et il fait environ 9.0000 degrés. Une vidéo suivie dans la foulée d’une photo d’elle précisant : "La prochaine fois que vous voulez commenter les cheveux d'une fille noire, ne le faites pas".

Les idées reçues sur le sport prédominent encore particulièrement chez les athlètes féminines. "Je tenais à répondre à ce commentaire, il y en a eu plusieurs dans ce genre, commence-t-elle. Qui en 2024 croit encore que les personnes qui font du sport sont forcément fines ? Qu’elles sont forcément fines et sèches ? Et de poursuivre : "Et ça ne m’a pas empêché de faire du judo à un très haut niveau, ça ne m’a pas empêché de gagner des championnats du monde, ça ne m’a pas empêché d’être médaillé olympique à Tokyo.

Interrogée sur sa relation avec son corps incroyablement fort et musclé par The Guardian, Emily Campbell révèle être consciente du message puissant qu'il véhicule. "En tant que femmes, notre corps sera toujours un voyage, nous ne serons jamais les mêmes à aucun moment de notre vie, déclare-t-elle au journal.

Caitlin Clark : Une Révolution dans le Basketball Universitaire

À tout juste 22 ans, Caitlin Clark est en train de faire du basketball, la discipline sportive la plus populaire des championnats universitaires. Et même si elle n’a pas remporté la finale des championnats avec son équipe de l’université d’Iowa, la jeune femme attire les recruteurs du monde entier, et fera dès la rentrée prochaine son entrée dans la sphère du basket professionnel.

Quand on scrute la famille de Caitlin, on comprend immédiatement ce qui fait qu'à un si jeune âge, la jeune femme est aussi réputée dans sa discipline. Son père jouait dans sa jeunesse au baseball et au basketball, et son frère au football, Caitlin a donc toujours grandi dans une famille de sportifs ! À l’âge de cinq ans, ses parents l’inscrivent au basketball, et là, c'est le coup de foudre ! Famille sportive oblige, elle pratique en parallèle le softball, le volleyball, le football et le tennis, de quoi se construire un mental plus dur que l’acier.

À sa sixième année d’études, la jeune fille rejoint le All Iowa Attack, un programme de basket de son État pour lequel elle joue jusqu’à la fin de ses études secondaires. Pendant ses quatre années de lycée, Caitlin Clark brille et porte son équipe au plus haut sommet des championnats régionaux. Elle termine ses études de premier cycle avec 2 547 points, soit selon les spécialistes le quatrième meilleur total de l'histoire de l'Iowa ! Sans compter ses titres de joueuse de l’année et de joueuse de l’état...

Alors qu’elle joue désormais pour l’université d’Iowa, Caitlin Clark bat tous les records et révolutionne le basket universitaire, ses fans l'adorent pour son style de jeu, les émotions qu'elle dégage sur le terrain et surtout son grand sourire à toute épreuve. Sa joie de jouer aux baskets, on la ressent, la sportive a affirmé au micro du média abc récemment "Pour être honnête, je ne suis pas stressée pour les matchs, c'est du fun pour moi. Les gens aiment les longs tirs, les passes décisives, la passion".

Caitlin Clark : Une Égérie de Choix

Si toutes les marques sportswear semblent faire la cour à la joueuse de basket, le géant Nike a un argument de taille. Outre le fait que la marque américaine propose un contrat à huit chiffres à la joueuse - oui, vous avez bien lu - ces derniers peuvent aussi miser sur la dimension affective de la sportive avec la marque. En effet, depuis toujours, Caitlin Clark s’entraîne en Nike. De sa jeunesse aux championnats universitaires, la sportive n’a jamais quitté la marque américaine.

Et s'il se murmure qu’Adidas et Under Armour tentent en vain de la convaincre, le fait que Nike propose à la joueuse, qui n’a même pas encore commencé sa carrière pro, de dessiner son propre modèle de basket, témoigne de la grandeur de sa future carrière !

Tableau Récapitulatif des Joueuses Mentionnées

Nom Sport Particularités
Ebrar Karakurt Volley-ball Membre de l'équipe nationale turque, cible de critiques conservatrices.
Lucille Gicquel Volley-ball Joueuse de l'équipe de France, participant aux Jeux Olympiques de Paris 2024.
Christina Bauer Volley-ball Figure emblématique du volley-ball français, participant aux Jeux Olympiques de Paris 2024.
Cloé Départ Volley-ball Libéro française, influenceuse sur TikTok.
Alisha Lehmann Football Footballeuse suisse très populaire sur les réseaux sociaux.
Caitlin Clark Basketball Révolutionne le basketball universitaire américain.

tags: #joueuse #volley #tiktok