La saison 2025 de la WNBA marque un tournant historique avec une présence accrue de joueuses françaises au sein des effectifs nord-américains. Jamais la WNBA n’avait accueilli autant de joueuses françaises qu’en 2025. Cette saison marque un tournant historique avec 6 rookies tricolores intégrées aux effectifs nord-américains, aux côtés de figures déjà établies comme Marine Johannès ou Gabby Williams. Au commencement de l’exercice 2025 de WNBA, les Françaises sont au nombre de dix à être sous contrat, avec un top départ de la saison ce vendredi 16 mai.
Cet afflux de talents tricolores témoigne de la qualité croissante du basket féminin français et de son attractivité auprès des recruteurs de la WNBA. Parmi ces joueuses, certaines se distinguent particulièrement, à l'image de Dominique Malonga, draftée en deuxième position, et d'autres figures emblématiques telles que Marine Johannès et Gabby Williams.
Dominique Malonga : Un Choix Historique à la Draft
Dans la nuit du lundi 14 à ce mardi 15 avril, jamais une Française n’avait été tirée aussitôt durant une draft de la WNBA, la ligue américaine professionnelle de basket-ball féminin. C’est forcément avec le sourire que la nouvelle star française des parquets de WNBA a pris en compte le choix du Storm de Seattle de la choisir en deuxième position de la draft, ce lundi 14 avril à New York. Un petit exploit qui fait entrer la joueuse française Dominique Malonga dans l’histoire de ce prestigieux championnat. Dominique Malonga (1,97 m, 19 ans) est sans aucun doute le principal objet de regard des observateurs français cette saison en WNBA.
Dominique Malonga va découvrir la WNBA auréolée du statut de choix numéro deux de la draft. À seulement 19 ans, la pivot d’1,98 m évoluant en France dans le club de l’Asvel et médaillée d’argent olympique l’été dernier avec la France, a été choisie juste derrière la nouvelle star du basket américain Paige Bueckers, 23 ans, draftée en première position par les Wings de Dallas. Dominique Malonga a donc été choisie en deuxième position par le Storm de Seattle. Le meilleur classement de l’histoire pour une tricolore.
La native de Yaoundé, au Cameroun, a pu laisser exploser sa joie dans la scène du Shed, la salle new-yorkaise où se tenait la draft de la NBA féminine. « Je suis si fière d’être là », a-t-elle lancé en anglais. « Ma famille est là, ils savent tout le travail qu’il a fallu pour en arriver là », a poursuivi Dominique Malonga, avant de rendre hommage à ses clubs, Tarbes et l’Asvel, et ses fans « au Cameroun et au Congo ».
« La WNBA, c’est un rêve, a reconnu Dominique Malonga lors d’un entretien avec l’Agence France-Presse. Ça fait des années que je regarde et que je me dis “si j’y étais”. Aujourd’hui ça arrive, donc vraiment je chéris ce moment et j’ai juste hâte d’y aller, de jouer, de découvrir cet engouement un peu américain qu’on connaît dans les salles. »
Un Dunk qui Change Tout
Car si Dominique Malonga sort d’une saison régulière convaincante avec l’Asvel (17 pts et 10,6 rebonds en moyenne par match, championnat et Eurocoupe confondus), son récent exploit historique a forcément eu un impact non négligeable dans la décision du Storm de Seattle. Cet exploit, c’est le fait d’être devenu la première Française à dunker en match officiel, le 30 octobre dernier en Eurocoupe. Une performance qui n’est pas passée inaperçue aux États-Unis, où les observateurs reprennent désormais volontiers la comparaison avec Victor Wembanyama, autre phénomène de précocité très mobile et très grand, choisi en numéro 1 par les Spurs de San Antonio lors de la draft NBA 2023.
Confiante avant son arrivée, la très jeune joueuse, se compare déjà aux meilleures, glissant par exemple vouloir le même « genre d’impact » sur les parquets qu’A’ja Wilson. Une belle ambition quand on sait que la star des Aces de Las Vegas a terminé MVP de la saison 2024. Et ce, à l’unanimité.
Dominique Malonga is heading to Seattle as the No. Bien que sur des postes similaires, la présence de telles joueuses dans l’effectif n’est pas un mal pour la rookie. Mieux, leurs profils peuvent être complémentaires. Magbegor, comme Malonga, peut défendre, mais aussi créer du danger à 3-points. Pour faciliter son adaptation, Dominique Malonga pourra cependant compter sur sa compatriote Gabby Williams.
Une Histoire de Famille
Née à Yaoundé au Cameroun, Dominique Malonga est tombée dans les paniers quand elle était petite. Ses parents sont d’anciens joueurs internationaux de basket. Son père, Thalence Malonga, médecin franco-congolais, a joué pour la sélection du Congo et jusqu’en deuxième division française. Sa mère, Agathe N’Nindjem, ancienne internationale camerounaise, a évolué au plus haut niveau français et européen. C’est avec elle que la petite Dominique a commencé à fouler le parquet, après l’école.
Dominique Malonga arrive en France pour son entrée au collège. Elle pratique alors le basket dans un club de région parisienne, à Rueil-Malmaison, avant de se faire repérer à l’âge de 13 ans pour rejoindre le Pôle France de l’Insep, une structure de la Fédération française de basket-ball formant les meilleurs espoirs. Elle y entre avec un an d’avance sur les autres joueurs et joueuses, preuve de son talent précoce. Deux ans plus tard, en 2021, Tony Parker la remarque et la recrute, à 15 ans, au sein de l’équipe professionnelle U15 de l’Asvel, à Lyon.
La joueuse de 1,98 mètre évolue au poste de pivot. Placée près du panier, elle joue d’un rôle clé, en attaque comme en défense, pour contrer les tirs adverses, prendre des rebonds et marquer près du cercle. Prêtée pendant un an au club de Tarbes entre 2023 et 2024, elle peut enfin bénéficier d’un temps de jeu important et révéler tout son talent. Elle remporte la distinction de meilleur espoir du championnat et est sélectionnée pour les Jeux olympiques de Paris 2024.
La Médaille Olympique
À 18 ans, Dominique Malonga est ainsi devenue la plus jeune basketteuse française à disputer les JO. Une aventure qui s’est soldée par une médaille d’argent, décrochée après un match historique et très serré face aux Américaines. Outre son titre de vice-championne olympique, Dominique Malonga compte également à son palmarès un titre de championne de France et une Eurocoupe.
« Dominique est une étoile montante sur la scène internationale et nous sommes ravis de l’accueillir à Seattle », a déclaré Talisa Rhea, directrice générale du Seattle Storm, lors de la draft lundi soir. « Elle va nous apporter de la polyvalence, du talent et un haut niveau d’efficacité.
Marine Johannès : La "Magicienne" de New York

Marine Johannès lors d'Allemagne - France aux JO 2024. Crédit: Getty Images
Derrière Breanna Stewart, Sabrina Ionescu, Jonquel Jones ou encore Natasha Cloud, la Française Marine Johannes (1,78 m, 30 ans) aura son impact en sortie de banc. L’arrière tricolore est habituée aux actions clutch et spectaculaires, notamment son “shoot signature” : un tir à 3-points sur une jambe. Finaliste WNBA avec le Liberty il y a deux ans, celle qui a passé sa saison à Mersin en Turquie est de retour aux Stazounis pour gratter du temps de jeu et un vrai rôle. Champion WNBA l'an dernier, New York porte de grandes ambitions avec son effectif étoilé, dont les Américaines Sabrina Ionescu et Breanna Stewart. Une Française participera à la quête de doublé : Marine Johannès (30 ans, 1,78 m), présente lors des camps d'entraînement de pré-saison après sa saison avec Mersin (Turquie) et surnommée par sa franchise la « magicienne ». L'ex-arrière de Bourges et de l'Asvel vivra au sein du Liberty sa quatrième saison (après 2019, 2022 et 2023) et semble en forme. Lors du premier match de prépa perdu contre Connecticut (94-86), Johannès a scoré 12 points et délivré 3 passes.
Originaire de Lisieux (Calvados), Marine Johannès rejoint le centre de formation de l’USO Mondeville à 12 ans, puis la Ligue féminine de basket (LFB) à 17 ans. Rapidement, elle devient la star de son équipe. Élue deuxième meilleure joueuse française en 2016, elle intègre l’équipe de France et signe la même année au prestigieux Tango Bourges Basket. Après une pause pour les JO de Tokyo et le Covid, elle revient chez les Liberty en 2022. L’année suivante, elle forme un trio redoutable avec Breanna Stewart et Sabrina Ionescu, remportant la Commissioner’s Cup.
Marine Johannès, n°23 sur le dos, aussi à l’aise pour envoyer des cross et des step backs de l’espace qu’elle ne l’est… pas en interview. Marine Johannès c’est la rue, la liberté offensive, défensive parfois mais fermons les yeux car quand MJ est sur le terrain on est sur ce genre de moment où tout peut arriver.
Gabby Williams : Polyvalence et Expérience à Seattle
Avec six saisons WNBA à son actif, elle est aussi la Française la plus expérimentée. Pour faciliter son adaptation, Dominique Malonga pourra cependant compter sur sa compatriote Gabby Williams. La Franco-Américaine retrouve le Storm, où son activité offensive et sa polyvalence défensive sont plus qu’appréciées. Elle apportait 10,3 points, 4 rebonds, 3,7 passes décisives et 1,7 interception l’an dernier à son équipe. Williams et Malonga, l'impasse à l'Euro pour se consacrer à Seattle. Nommée dans l'équipe type défensive 2022, Gabby Williams (1,80 m, 28 ans) est une habituée du Championnat puisque la double médaillée olympique évolue en WNBA depuis 2018 (Los Angeles, Chicago, Seattle) et va vivre sa quatrième saison avec le Storm.
Née à Reno (Nevada) d’une mère française et d’un père américain, Gabby Williams est une athlète précoce : au lycée, elle participe même aux sélections olympiques américaines d’athlétisme. C’est pourtant le basket qui aura ses faveurs et Gabby William rejoint en 2014 le prestigieux programme des UConn Huskies. Elle rebondit en 2022 au Seattle Storm, où elle joue aux côtés de Sue Bird, Breanna Stewart et Jewell Loyd, et est élue dans la WNBA All-Defensive Second Team.
Après une saison couronnée de succès avec le Fenerbahce, Gabrielle est de retour à Seattle pour y amener sa défense, sa polyvalence, sa greatness, et elle aura avec le Storm - comme Dominique Malonga - un rôle clé.
Autres Joueuses Françaises en WNBA
Outre Dominique Malonga, Marine Johannès et Gabby Williams, plusieurs autres joueuses françaises contribuent à la richesse du championnat WNBA.
- Carla Leite : Meneuse créative des Valkyries, elle apporte dynamisme et adresse à l’équipe.
- Leïla Lacan : Issue de Basket Landes, elle combine talent offensif et sang-froid avec le Sun.
- Janelle Salaün : Sœur de Tidjane (en NBA aux Hornets), elle est l’une des recrues phares des Valkyries.
- Marième Badiane : Elle rejoint le Lynx après une carrière européenne réussie.
- Bria Hartley : Franco-américaine, elle fait son retour en WNBA avec le Sun.
- Monique Akoa Makani : Franco-camerounaise, elle a réussi à gagner sa place dans l’effectif du Mercury.
- Iliana Rupert : Championne WNBA avec Las Vegas, elle rejoindra les Valkyries après l’EuroBasket.
Tableau Récapitulatif des Joueuses Françaises en WNBA (2025)
| Joueuse | Équipe | Poste | Expérience |
|---|---|---|---|
| Dominique Malonga | Seattle Storm | Pivot | Rookie |
| Marine Johannès | New York Liberty | Arrière | 4 saisons |
| Gabby Williams | Seattle Storm | Ailière | 6 saisons |
| Carla Leite | Golden State Valkyries | Meneuse | Rookie |
| Leïla Lacan | Connecticut Sun | Arrière | Rookie |
| Janelle Salaün | Golden State Valkyries | Ailière | Rookie |
| Marième Badiane | Minnesota Lynx | Ailière/Pivot | Rookie |
| Bria Hartley | Connecticut Sun | Meneuse | Retour |
| Monique Akoa Makani | Phoenix Mercury | Arrière | Rookie |
| Iliana Rupert | Golden State Valkyries | Ailière/Pivot | 2 saisons |
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La saison régulière WNBA 2025 a débuté le 17 mai et se poursuivra jusqu'au début septembre. Vous pouvez suivre tous les matchs WNBA via le WNBA League Pass, disponible en France.
16 years old Dominique Malonga with 17 points and 6 rebounds against Flammes Carolo in LFB

Carla Leite, Dominique Malonga et Marine Johannès. (L'Équipe/Presse Sports)