Joueurs Populaires et Essor de la Major League Soccer

La Major League Soccer (MLS) connaît un essor notable, comme en témoignent l'augmentation de ses audiences et l'intérêt croissant des fans. La ligue a su attirer des stars du football européen, contribuant à sa popularité et à son développement économique.

Lionel Messi et la MLS

Lionel Messi a marqué les esprits en MLS. Bien qu'il soit actuellement blessé et n'ait disputé que quatre matches de championnat avec l'Inter Miami depuis son arrivée cet été, il figure dans la liste des meilleurs joueurs de la saison de MLS. L'ancien joueur de Barcelone et du PSG a connu trois titularisations et une entrée en jeu pour un bilan d’un but et de deux passes décisives. Aux côtés de Messi, on retrouve également son partenaire Sergio Busquets ou bien l’ancien Stéphanois Denis Bouanga. Actuellement blessé, Messi observe les difficultés de ses partenaires qui restent sur quatre matches sans succès. L’Inter Miami est 14e sur 15 de sa conférence.

Il faut le croire si l’on en juge par les audiences croissantes du championnat MLS (Major League Soccer) et par ce classement réalisé par la puissante chaîne sportive, US, ESPN, visant à répertorier les 10 sportifs les plus populaires aux Etats-Unis - parmi lesquels Lionel Messi -sur la base d’un sondage téléphonique réalisé auprès des amateurs de sport. L’attaquant argentin du FC Barcelone pointe en septième position, une performance qu’aucun autre footballeur n’avait réussi jusqu’ici. « C’est la première fois de l’histoire de notre sondage qu’un footballeur parvient à se hisser dans le Top 10 » note Seth Ader, directeur marketing chez ESPN. Messi a en plus l’avantage de plaire aux plus jeunes puisqu’il pointe en quatrième position chez les 12-24 ans.

Mais le football étant loin d’être le sport préféré des Américains, Lionel Messi devra patienter et faire encore plus parler de lui s’il veut un jour atteindre le podium des sportifs les plus populaires aux US. Michael Jordan, seul sur la plus haute marche même 10 ans après sa retraite sportive, semble inatteignable. Peyton Maning (star de la NFL) et LeBron James (basketteur vedette en NBA), respectivement deuxième et troisième, le sont déjà plus.

Lionel Messi a marqué un nouveau doublé, son 5e de suite en championnat, lors du succès 2-1 de l'Inter Miami face à Nashville samedi en MLS. La série de Messi, débutée avant le Mondial des clubs, est inédite en MLS.

L'Argentin âgé de 38 ans avait marqué deux buts contre Montréal il y a une semaine pour le retour de Miami en championnat après une lourde élimination en 8e de finale de la Coupe du monde des clubs contre le Paris SG le 29 juin (4-0), puis de nouveau deux buts face au New England Revolution mercredi. Samedi, il a ouvert le score sur coup-franc à la 17e minute avant de profiter d'une énorme erreur du gardien adverse à la 62e minute pour doubler la mise.

L'octuple Ballon d'Or a ainsi marqué 16 buts en 16 matches de MLS cette saison, et pointe à égalité du classement des buteurs avec l'attaquant de Nashville Sam Surridge.

Alors que les grands championnats européens touchent à leur fin, le championnat américain bat son plein.

Histoire et Structure de la MLS

Débutons tout d’abord par son histoire, le championnat a été créé en décembre 1993 mais la première saison fût disputée 3 années après c’est à dire en 1996. Les États Unis avait déjà connu un championnat de football, la NASL entre 1968 et 1984 mais ce championnat fera faillite. Le Brésil, vainqueur de la Coupe du Monde 94. Le championnat se déroule de mars à décembre. Il est divisé en deux parties : une saison régulière, qui qualifie pour des séries éliminatoires, à l’issue desquelles se dispute la finale la Coupe MLS. Les équipes sont divisées en deux associations, Est et Ouest, de dix équipes chacune. Durant la saison régulière, jusqu’en octobre, les équipes disputent 34 rencontres. Cette année les équipes disputent deux ou trois rencontres contre chacun de ses rivaux d’association et un seul match contre chacun des adversaires de l’autre association. Au terme de ces 34 matchs, un classement est établi. Les 2 équipes qui ont terminé aux deux premiers rangs de chacune des associations passent directement en deuxième round. Les gagnants de l’unique match du premier tour, où le 3ème accueil le 6ème et le 4ème accueil le 5ème, accèdent aux demi-finales de conférence. Les gagnants des demi-finales de conférence parviennent en finale de conférence.

Comme vous le savez, les américains ne font rien comme tout le monde et le « soccer » n’échappe pas à cette règle. Le championnat possède donc de nombreuses spécificités inimaginables en Europe. Comme au baseball ou au basketball, la MLS ne se joue que par des franchises qui payent pour entrer dans la ligue. C’est à dire qu’il n’y a pas de système de relégation-promotion.

Seulement depuis 2007 est le passage de l’emblématique David Beckham une règle a été mise en place, la règle du joueur désigné. Cette règle permet à chaque club de recruter jusqu’à 3 « joueurs désignés » avec un salaire libre sans tenir compte des restrictions habituelles. Pour chaque joueur désigné, une somme de 387 500 $ (montant depuis 2014) est prélevée sur la masse salariale et payée par la ligue. Le reste du salaire est pris en charge par le propriétaire du club.

Stars en MLS

Et des stars il n’en manque pas dans le championnat américain même si Thierry Henry a décidé de prendre sa retraite fin 2014. La MLS est connu pour accueillir des stars mais celles-ci sont souvent en pré-retraite or elles sont encore capable de coup d’éclats. Cette année de nouvelles stars ont rejoint les Etats Unis: David Villa à New York City, Giovinco à Toronto et Kaka à Orlando. Ils sont venus s’ajouter à longue liste des stars déjà présentes comme Dempsey et Martins à Seattle, Donovan et Keane aux LA Galaxy et Cahill au NY Red Bull. Cet été, 2 autres joueurs de renommé internationale traverseront l’Atlantique ; Gerrard et Lampard.

Parmis ces stars, pas d’anciennes gloires du football français, mais ne vous inquiétez pas ils sont bien présents. 12 frenchies au total comme Cheyrou à Toronto, Zubar et Luyindula au NY Red Bull. Un seul français a été sacré champion, il s’agit du défenseur Aurélien Collin, vainqueur en 2013 avec Kansas City.

Comme expliqué auparavant, la MLS recrute surtout des joueurs étrangers mais des Américains font aussi leurs preuves comme Dempsey, Bradley, Jones ou Altidore. Ces joueurs ont fait partie du groupe qui s’est hissé en 8ème de finale du dernier mondial.

La MLS offre aux spectateurs et aux téléspectateurs un véritable show à l’américaine et cela passe par des matches engagés, des buts et du spectacle dans les tribunes. En Ligue 1 l’affluence moyenne par match est de 21000 personnes en 2014, la MLS a enregistré une affluence moyenne supérieure à 19 000 spectateurs par rencontre pour la première fois de son histoire ( Si vous souhaitez suivre le championnat à la télé, Eurosport diffuse 4 matchs par journée )

Un championnat ambitieux qui se donne les moyens de captiver de plus en plus les locaux et qui compte devenir un des plus grands championnat du monde en attirant de nombreuses stars.

Selon un média suédois Zlatan Ibrahimovic aurait effectué une demande de visa permanent pour les États-Unis dans le but d’évoluer prochainement en MLS. De quoi vous mettre à regarder la MLS ?

La réaction des médias américains à la popularité de Messi

Développement Économique de la MLS

Mise en lumière depuis plusieurs années par les recrutements de stars du football européen (Thierry Henry, David Beckham, Andrea Pirlo, Steven Gerrard, et plus récemment Wayne Rooney et Zlatan Ibrahimovic), la Major League Soccer a réussi à conjuguer croissance de notoriété et développement économique. Même si le plus dur reste à faire.

D’un point de vue purement financier, le développement économique de la MLS est tout d’abord visible au niveau de la valorisation des différentes franchises. En novembre dernier, la revue américaine Forbes faisait ainsi le point sur leur valeur estimée des différentes équipes de MLS, qui se situe pour la plupart au-dessus des $200M, avec 4 franchises dépassant la barre des $300M. Ces valorisations sont en partie dues aux infrastructures ultra-modernes exploitées par les franchises - à l’image du Mercedes-Benz Stadium de l’Atlanta United - mais également aux grandes perspectives de développement de ces franchises, encore très jeunes par rapport aux clubs européens ou sud-américains. De 2007 à 2017, les revenus globaux générés par les franchises sont ainsi passés de $166M à $763M.

En 2017, la MLS était notamment le 11ème championnat en termes de chiffre d’affaires moyen par franchise à l’échelle mondiale avec 39 M€, juste derrière la Super Lig turque et la Premier League russe.

Enfin, le développement économique général du championnat a aussi été le résultat d’une stratégie d’expansion du nombre de franchises. De 16 il y a 10 ans, 24 franchises évoluent désormais en MLS. Cette volonté de se rapprocher de la trentaine de franchises - à l’image de la NFL, de la NBA ou de la NHL - est adaptée à l’étendue du territoire américain, afin que chaque ville majeure ait une équipe de football.

Popularité Croissante du Soccer aux États-Unis

En effet, d’après un sondage réalisé par l’institut Gallup, le soccer est désormais le 4ème sport le plus populaire du pays, avec 7% des suffrages. Il devance notamment le hockey sur glace, les sports mécaniques et le golf ; mais surtout, il n’est qu’à 2% du podium, où se trouvent le baseball (9%), le basketball (11%), et bien sûr l’indétrônable football américain (37%).

A l’origine de ce gain de popularité : la construction de nouveaux stades modernes. Les chiffres d’affluence dans les stades sont quant à eux à la fois flatteurs et prometteurs : de 2008 à 2018, l’affluence moyenne de MLS est passée d’environ 16 000 spectateurs, à près de 22 000 la saison dernière, avec une affluence record de 73 019 fans présents lors de la finale de la MLS Cup entre Atlanta United et Portland Timbers.

Notons d’abord que le modèle économique de la plupart des clubs de MLS est toujours principalement axé autour des revenus matchday, témoignant de la faiblesse des recettes audiovisuelles perçues par le championnat nord-américain. L’écart de recettes commerciales est notamment visible au niveau des contrats de sponsoring négociés. Les franchises de MLS sont encore à des années lumières des principaux clubs européens. Plus important encore, l’écart en termes de droits TV entre le championnat américain et ses homologues européens se creuse d’année en année. Si en l’espace de 2 cycles, la MLS est parvenue à passer de $27M / an à $90M / an, ce montant n’est toujours en rien comparable au milliard d’euros annuel (et plus) que perçoivent la Liga, la Bundesliga, la Serie A et bientôt la Ligue 1 !

La MLS surpasse la Ligue Nationale de Hockey (NHL) en termes de nombre de spectateurs dans les stades, devenant ainsi le troisième sport en termes d'affluence moyenne par match.

Aux États-Unis, le soccer attire de plus en plus de spectateurs dans le pays, avec une moyenne de 38.496 par match.

Défis et Perspectives d'Avenir

Le soccer doit tout d’abord devenir un sport majeur aux Etats-Unis, en collant de très près la popularité du football américain et du basketball. Cette affaire sera une question de temps et de génération mais aussi de marketing. La société américaine a un rapport très particulier au sport, en le percevant souvent comme un show. Les instances du soccer US doivent ainsi accentuer leurs efforts sur le côté entertainment recherché par le public.

En acquérant cette popularité, la MLS mettra ainsi le cap vers un autre défi, qui est de devenir une puissance économique comparable à ce que sont actuellement la NFL et la NBA sur le sol américain. Rappelons qu’à l’heure actuelle, l’écart économique entre la MLS et ses homologues européens est le même qu’avec la NFL ou la NBA, fers de lance du show à l’américaine qui génèrent des sommes colossales, notamment grâce aux redevances TV.

Si cela passera vraisemblablement par une croissance de l’attraction sportive des équipes, la ligue et les clubs doivent aussi faire des concessions sur leur modèle pour pouvoir rivaliser avec les écuries européennes. L’adoption d’un système de relégation d’abord, est un moyen naturel d’installer plus de compétitivité, plus d’enjeu … et donc de rendre le championnat plus attractif aux yeux du public européen.

Ensuite, le salary cap peut également poser un problème de compétitivité sportive à long terme pour les clubs. Actuellement fixé à un peu plus de $4M pour chaque franchise - mais avec néanmoins une exception pour 3 joueurs désignés avant chaque saison, tels que Zlatan Ibrahimovic aux LA Galaxy - cette règle imposée par la MLS dès sa création est pour l’instant ce qui l’empêche de développer de manière très rapide et très efficace sa compétitivité sportive. Si le modèle du championnat américain tend à transiter vers le recrutement de jeunes pépites sud-américaines pour hausser le niveau sportif général, la puissance économique démesurée des géants européens permet pour l’instant d’attirer les meilleurs éléments issus du continent sud-américain, ne laissant à la MLS que les joueurs jugés « pas assez talentueux pour venir en Europe ».

Enfin, les instances du soccer - la ligue comme les clubs - doivent tirer profit de la Coupe du Monde 2026, qui aura lieu sur le territoire nord-Américain (USA, Canada, Mexique).

Tableau Récapitulatif du Développement de la MLS

Année Revenus Globaux des Franchises Affluence Moyenne
2007 $166M Environ 16 000
2017 $763M Près de 22 000
2018 N/A Près de 22 000 (Record de 73 019 pour la finale de la MLS Cup)

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