Le monde du sport est rempli de talents divers, et les joueurs gauchers occupent une place particulière, souvent associée à une créativité et une imprévisibilité uniques. Cet article explore certains des joueurs NBA gauchers les plus célèbres, en mettant en lumière leurs réalisations, leurs styles de jeu distinctifs et leur impact sur le basket-ball.

Carte du monde montrant le pourcentage de gauchers par pays
James Harden : Le Barbu Gaucher Domine la NBA
James Harden est sans doute le meilleur gaucher de la NBA à l'heure actuelle. Il a passé une partie de son enfance à Compton, une municipalité de Los Angeles. Enfant sage et respectueux, attentif à l'école, l'arrière des Rockets a pourtant vécu une enfance difficile. Si sa mère a fait son possible pour l'éduquer sérieusement, il a souffert des absences répétées de son père. Condamné plusieurs fois à des peines de prison ferme pour des affaires de drogue, celui-ci passait peu de temps auprès des siens. Harden lui en a toujours voulu et refuse désormais d'être appelé "James Harden Jr.".
Il est passé par une petite université. Scott Pera était l'entraîneur de James Harden au lycée. Quand il a informé son protégé qu'il quittait Artesia pour l'université d'Arizona State, le joueur des Rockets lui a fait une promesse, celle de le rejoindre et d'y effectuer son cursus. «Je ne crois pas que quelqu'un m'ait dit quelque chose qui ait autant signifié pour mois en vingt ans, déclarait Pera pour ESPN en 2012. Je ne sais pas si il le réalise.» Si le lien entre les deux hommes était fort, ils n'étaient pas engagés l'un envers l'autre. Harden aurait pu rejoindre une université plus prestigieuse. Les convoitises ne manquaient pas. D'autant plus que les Sun Devils étaient plus réputés pour leurs équipes de football américain et de softball que pour celle de basket. Celle-ci n'a décroché que quatorze qualifications pour le tournoi NCAA dans son histoire, pour aucun Final Four.
«Je ne crois pas que quelqu'un m'ait dit quelque chose qui ait autant signifié pour moi en vingt ans, déclarait Pera pour ESPN en 2012. Je ne sais pas si il le réalise.»
L'un des plus jeunes meilleurs 6es hommes de la NBA James Harden a été drafté en 2009 par Oklahoma City, en troisième position. Bien que devancé dans la rotation du Thunder par Thabo Sefalosha, le jeune Californien s'est vite acclimaté aux joutes de la NBA. Alors qu'il disposait déjà d'un temps de jeu intéressant lors de sa saison rookie (23 minutes, pour 9,9 points), il est devenu deux ans plus tard le deuxième plus jeune joueur de l'histoire à être élu meilleur sixième homme de l'année, à 22 ans et 8 mois, derrière Ben Gordon, récompensé à 22 ans et 30 jours en 2005. Le trophée, décerné en 2011-2012, a couronné une année record sur le plan de la réussite aux tirs pour Harden (49% à deux points et 39% à trois points). Il n'a jamais fait mieux ni aussi bien.
Le joueur percutant, formidable attaquant et habile en pénétration que vous admirez aujourd'hui a parfois été contraint au repos forcé. Lorsqu'il est entré au lycée, Harden souffrait d'asthme. Il ne se déplaçait jamais aux entraînements et aux matches sans son inhalateur. Son entraîneur de l'époque, Scott Pera, a un temps dû resteindre son temps de jeu pour le préserver. Sa croissance n'était alors pas terminée. Garçon «joufflu», Harden s'agaçait lorsqu'on lui parlait de ses difficultés respiratoires et refusait de s'en servir comme excuse. Il maîtrisait mal les fondamentaux et avait, comme la plupart des jeunes de son âge, des défauts à gommer. Pour lui, il n'était pas question de passer moins de temps au gymnase. Au fil des années, il a appris à contrôler son handicap.
James Harden aime provoquer, attaquer, pénétrer et se frotter aux défenseurs dans la raquette. Il a fait de l'obtention de lancers-francs l'une des principales armes de son jeu offensif. C'est bien simple, personne en NBA n'en a tentés (824) et réussis (715) plus que le barbu en saison régulière en 2014-2015 (c'était déjà le cas en 2012-2013). Son dauphin au classement, son ancien coéquipier Russell Westbrook, pointe loin derrière, avec 546 lancers convertis sur 654 tentatives. Cette année, Harden a marqué en moyenne 8,8 points sur la ligne (86,8% de réussite), soit presque un tiers de son total (27,4).
Plus de deux ans après les faits, le départ de James Harden d'Oklahoma City pour Houston continue d'alimenter de vives dicussions. Les fans et les médias ne cessent d'imaginer ce à quoi aurait pu ressembler le Thunder aujourd'hui si elle avait conservé son joueur. Pour éviter de voir Harden partir libre, OKC lui avait proposé une extension de contrat de quatre ans et 55 millions de dollars en octobre 2012. Le meilleur sixième homme de la ligue voulait le maximum. Il serait toujours un joueur du Thunder si ses dirigeants l'avaient contenté. «La question ne se pose même pas, expliquait-il dans une interview pour ESPN en avril 2014. Je pensais que nous resterions pour toujours ensemble. Russell Westbrook. James Harden. Kevin Durant.» Il a finalement accepté l'offre des Rockets, de 80 millions sur cinq ans. Sa frustration était trop pesante. «Je pensais que je faisais déjà un sacrifice en sortant du banc et en mettant tout en oeuvre pour aider l'équipe, poursuivait-il. Ils n'étaient pas prêts à m'aider.»
Manu Ginobili n'est pas le joueur le plus souvent cité en exemple pour James Harden. Pourtant, il a profondément influencé son style. Le Rocket a longuement travaillé pour maîtriser le fameux euro-step, si cher au vétéran des San Antonio Spurs. Le move, qu'utilise également largement Dwayne Wade, consiste à éviter le passage en force en effectuant deux pas rapides dans deux directions opposées. C'est aujourd'hui l'un des dribbles favoris d'Harden quand il pénètre dans la raquette.
La barbe de James Harden est devenue une véritable institution en NBA. Elle est un signe de ralliement pour les fans de Houston, une source d'inspiration pour les artistes et l'objet de publicités et de produits dérivés plus loufoques les uns que les autres (on retiendra entre autres cette clef USB). Elle vaut même à son propriétaire son unique surnom, «The Beard» (on dit aussi «Fear the Beard»). A l'origine du mythe, pas de pari, ni de défi. Simplement de la fainéantise. Harden a commencé à cultiver sa barbe broussailleuse à l'université, entre sa première et sa deuxième année. Il n'avait juste pas envie de la raser. Aujourd'hui, elle est sa marque de fabrique. Il ne s'en débarasserait pour rien au monde, même pas pour 5 millions de dollars. A 10, «on peut peut-être en discuter», ironise-t-il.
Le peu d'intérêt que porte James Harden pour les tâches défensives lui a valu de nombreuses critiques. Les compilations de ses errements, fautes de marquage ou d'inattention cumulent plusieurs milliers de vues. Le joueur lui-même considère la chose avec auto-dérision, en témoigne une publicité tournée pour Foot Locker l'année passée. Pour autant, la saison 2014-2015, qui a fait de lui un candidat plus que légitime pour le trophée de MVP, semble avoir marqué un tournant. Harden apparaît plus attentif, plus concentré. A ce sujet, le magazine Sports Illustrated révèle d'ailleurs une anecdote. L'été dernier, il aurait accueilli chez lui son coach au lycée et à l'université, Scott Pera, durant sept semaines. L'occasion d'une prise de conscience ? Il aurait en tout cas déclaré ceci : «LeBron, KD, la crème de la crème, jouent des deux côtés du parquet. Je dois en faire de même.» Grâce à un placement adéquat, on l'a même vu parfois provoquer des pertes de balles dans le money time à la fin de certains matches de saison régulière. Si si. James Harden peut faire l'effort de défendre : la preuve face à l'ailier-fort de Golden State Draymond Green.
Manu Ginobili : L'Argentin Qui a Enchanté la NBA
Les fans dont les équipes ont été balayées par les Spurs durant toutes ces années ont probablement quelques griefs contre El Manu. Ils lui reprocheront d'avoir cherché un peu trop la faute ou d'en avoir rajouté sur les contacts, en plus d'un style capillaire longtemps douteux. Combien de coups d'oeils géniaux, de feintes incompréhensibles et de shoots pleins de sang froid le vétéran au crâne dégarni a-t-il offert depuis son arrivée dans la ligue en 2002 ? D'ailleurs, sa patte gauche ne s'est pas transformée en baguette de sorcier qu'en NBA. Les joueurs qui arrachent des exclamations aux spectateurs sans avoir besoin de dunker sur tout ce qui bouge, ce n'est pas si fréquent que ça.
Plus que la nationalité argentine, Ginobili et Riquelme partagent une science aiguë du jeu tapie derrière une certaine nonchalance. Si le joueur des Spurs n'est pas un pur meneur de jeu à proprement parler, il culmine tout de même à une moyenne de quatre passes décisives par match en carrière. «El Manu» et Roman se sont fait une place au chaud dans le Panthéon de la Céleste en décrochant chacun une médaille d'or olympique pour l'Argentine. Un talent inouï, une élégance folle, une capacité à briser les lignes en possession du ballon fascinante et des highlights Youtube qui ont quatre ans.
Killian Hayes : L'Avenir du Basket Français
Formé à Cholet, où son papa a joué, Killian Hayes s’apprête à rejoindre la NBA. Natif de Lakeland (Floride), ce grand (1,96m) et jeune (19 ans) meneur français est annoncé dans le Top 10. En tout cas, le champion d’Europe U16 et vice-champion du monde U17 en Bleu ne ressent pas de pression par rapport à cela.
«Le rang auquel on est choisi n'a pas vraiment d'importance. Et pour mettre toutes les chances de son côté, en plus des qualités que les recruteurs connaissent par cœur, il a travaillé encore et encore, lui qui n’a plus joué en club depuis le mois de mars, coronavirus oblige. Une éternité… Auparavant, il avait déjà franchi un cap en rejoignant le club allemand d’Ulm, qui évoluait en Eurocoupe la saison passée. Avec plus de responsabilités qu'au CB. Une expérience qui va servir. «Ça aide. J'ai appris beaucoup en jouant en professionnel très jeune, et aussi avec mon père qui a été pro. Mener un groupe d'adultes, et jouer en Eurocoupe, ça m'a aidé sur le plan personnel», relève-t-il. Et d’ajouter : «Ça me permettra d'avoir un impact immédiatement. J'ai l'habitude d'être confronté à un jeu physique. Ça m'aidera d'avoir joué tant de matches, dans différents championnats et avec des styles de jeu différents.»
Papa professionnel, ça aide aussi. «Ça m'a permis d'apprendre très tôt, confirme-t-il. J'ai tout appris de lui. Je me souviens quand j'allais à ses entraînements, les matches à domicile quand j'étais petit... Tous ces souvenirs sont restés.
Pour le reste, Killian Hayes s’est tourné vers d’autres gauchers, comme lui, de James Harden à Goran Dragic, en passant par Manu Ginobili. «Sa façon de jouer, son jeu de pied, ses passes», s’émerveille-t-il en parlant du fantasque argentin de San Antonio. Ce ne sont pas de mauvaises références… Charge à lui de marcher sur leurs traces. Une chose est sûre : Hayes débarque en NBA dans un contexte particulier, avec des interviews via Zoom, des workouts à distance et le coronavirus qui perturbe, chamboule absolument tout…
L’Association avait déjà appris à le connaitre au Basketball Without Borders en 2018 et 2019. «C'était une grande expérience», jure-t-il. En parlant d’expérience, il faudra en engranger vite pour être opérationnel dès la reprise, le 22 décembre, sachant que les camps d’entraînement n’ouvriront que début décembre.
«Je savais qu'il faudrait être prêt tout de suite avec cette reprise dès le 22 décembre, reconnait-il. C'est pour cela que je me suis concentré sur des situations de match à l'entraînement, sur le fait d'être prêt pour cette transition rapide. (…) Ces huit derniers mois, j’ai beaucoup progressé sur mon corps. Entre maintenant et il y a huit mois, il y a une grosse différence... J'ai progressé aussi avec ma main droite, mon shoot, ma mécanique de shoot. Catch and shoot ? J'ai progressé. Pendant la saison, j'avais le ballon en main le plus souvent. Donc je devais créer mon tir.
Au final, Hayes entend s’appuyer sur sa «faculté d’adaptation» pour «avoir de l'impact immédiatement, que ce soit en défense ou en attaque, en menant l'équipe». «Il faudra déjà montrer à tout le monde ce que je vaux à l'entraînement afin que mes coéquipiers puissent me faire confiance, ajoute-t-il, se projetant sur cette première saison qui lui tend plus que jamais les bras. Après, on a tous un but commun : gagner. Je viserai à avoir de l'impact. Peu importe ce que le coach me demandera, je le ferai. Jouer dur en défense, créer, n'importe quoi. J'essaierai juste de m'adapter et de gagner la confiance de tout le monde.»
L’avenir dira quelle franchise héritera de ce talent brut, dont l’équipe de France bénéficiera tôt ou tard. Peut-être dès l’été prochain aux JO ? En tout cas, on n’en saura pas plus sur les équipes qui s’intéressent à lui.
Et l’avenir, à moyen et long terme ? «Je veux être le meilleur coéquipier possible. Je veux qu'on se souvienne de moi comme de quelqu'un qui veut gagner», promet-il. Et de poursuivre : «Inspirer les prochaines générations, surtout en France. Je sais que le sport prend de l'ampleur en France, mais le basket n'est par exemple pas aussi important que le football.
Au rythme actuel de James Harden, à savoir 2.5 paniers primés par match, il lui faudrait 322 matchs pour combler le retard, soit quasiment quatre saisons régulières pleines.
“Ray sortait plutôt des écrans, il faisait du catch-and-shoot” rappelle Tyronn Lue, le coach des Clippers qui a bien connu Ray Allen puisqu'il était assistant aux Celtics entre 2009 et 2012. “Il pouvait shooter à 3-points en sortie de dribble, mais il n'y avait pas beaucoup de pick-and-roll pour lui. Ray courait partout, il profitait des écrans. James, ses shoots viennent surtout des pick-and-roll, ou des “stepback” en isolation, qui sont célèbres.
Les meilleures pièces de James Harden de la décennie
Les Gauchers dans d'Autres Sports
Ce n'est pas que le droit ne fasse pas mal, les pieds gauches ont juste une saveur particulière. Maradona, Roberto Carlos, Sinisa Mihajlovic, Adriano… la plupart d'entre eux sont réputés pour la qualité de leurs frappes. Son arrivée à Manchester City a tout changé. En une année, Erling Haaland a permis à Guardiola de remporter enfin cette Ligue des Champions qui sur le banc des Sky Blues, le fuyait. Le débat est maintenant clos. Mohamed Salah ne sera plus comparé à Éden Hazard. Pour l'ancien attaquant de Chelsea et du Real Madrid, l’Égyptien est plus fort que lui et de loin. À Liverpool, le double Ballon d'or africain continue d'enchaîner des prestations exceptionnelles qui marqueront les Reds à jamais.
Sous les couleurs d’Arsenal comme avec la sélection Anglaise, il est indiscutablement titulaire. Sur son aile droite, le Londonien est devenu un joueur clé pour Mikel Arteta et Gareth Southgate, ancien sélectionneur des Three Lions. Élu meilleur joueur de la ligue la saison passée, Phil Foden est au sommet de sa carrière. Formé à Man City, il a absolument tout gagné avec les Cityzens. Un palmarès impérial qui toutefois, ne l'empêche pas de poursuivre sa progression. L'international Anglais de 24 ans n'a pas fini de décrocher les étoiles. Auteur à nouveau d’un prolifique début de saison, poinçonné par un quadruplé en 20 minutes lors du déplacement de Brighton à Stamford Bridge, Cole Palmer est présentement le footballeur Britannique le plus adoubé du Royaume Uni.
Lundi, au lendemain de sa finale à Madrid et plus globalement de son magistral début de saison, Jack Draper est devenu le deuxième gaucher à atteindre le top 5 mondial ATP au XXIè siècle, après Rafael Nadal. Oui, si vous aussi avez un doute, c'est bien cela : le deuxième, seulement.
Formulé autrement, cela faisait vingt ans, depuis l'éclosion de Rafael Nadal en 2005, qu'un gaucher n'avait pas débarqué parmi cette élite du tennis mondial. Et avant Rafa, il fallait remonter à Marcelo Rios début 1999 pour trouver trace d'un précédent gaucher dans le top 5. Redisons-le d'une troisième manière différente, pour mieux réaliser : en un quart de siècle (et même un peu plus), seuls deux gauchers ont atteint les cinq premières places mondiales.
Deux gauchers contrariés, en plus, puisque Draper et Nadal ont ceci en commun d'être droitiers dans la vie. Mais c'est un autre sujet. Celui qui nous préoccupe ici, c'est que le classement ATP existe depuis 52 ans et que pendant la première moitié de son existence, soit 26 ans entre 1973 et 1999, il a placé 14 gauchers dans le top 5 ; et pendant les 26 autres, de 1999 à aujourd'hui, seulement deux (*). Une misère.
"J'ai été, moi aussi, très étonné par cette stat' et franchement, je n'arrive pas à trouver d'explication logique, souffle notre consultant Nicolas Escudé, qui a commenté le Masters 1 000 de Madrid. Pour moi, c'est surtout une coïncidence car je trouve que les gauchers font encore très mal, notamment avec leur fameux service slicé côté avantage. Souvenez-vous comment Ugo Humbert rendait fou ses adversaires à Bercy quand il s'est mis à se décaler vers le centre du court. Draper, lui aussi, a fait très mal à Musetti en demie à Madrid avec cette séquence. À mon sens, il tire un vrai bénéfice d'être gaucher."
À une époque, pour pénétrer dans les hautes sphères du tennis mondial, être gaucher semblait être un atout plus évident qu'aujourd'hui.
C'était même quasi-prouvé scientifiquement, certaines études ayant démontré une connexion neuronale œil-cerveau plus rapide chez les gauchers. Premier d'entre eux à figurer dans le top 5 dès la première publication du classement ATP en août 1973, Rod Laver l'avait formulé ainsi : "Être gaucher, c'est comme donner un mètre d'avance à un sprinter sur 100 m".
Les années qui ont suivi sont largement allées dans le sens du génial Australien avec l'éclosion de Jimmy Connors, Guillermo Vilas et John McEnroe, qui ont conjointement monopolisé l'élite entre la fin des années 70 et le début des années 80, allant même jusqu'à truster les trois premières places mondiales au cœur de la saison 1982. On peut situer là, jusqu'au milieu des années 80, l'âge d'or de la dominance des gauchers.
Par la suite, cette omniprésence a été moins prégnante mais tout de même encore assez marquante grâce à des pattes gauches fulgurantes - car les gauchers ont souvent été associés au talent brut - tels notre Henri Leconte national, Goran Ivanisevic ou Marcelo Rios, qui a été le dernier gaucher numéro 1 mondial au XXè siècle.
En 1998, on trouvait d'ailleurs encore une triplette de gauchers dans le top 5 grâce au génial Chilien "associé" à Petr Korda, vainqueur cette année-là à l'Open d'Australie, et le moins impactant Greg Rusedski, titré à Bercy. Une forme de rémission, avant le début de la disette que l'on sait.
Une disette que, de son vivant, le regretté Patrice Dominguez, qui était lui-même gaucher, avait tenté sur France Télévisions d'expliquer par l'émergence de trois phénomènes, plus ou moins intrinsèquement liés :
- La généralisation du revers à deux mains.
- La hausse générale de la qualité du retour de service.
- L'orientation du jeu vers le fond de court.
"Je suis d'accord avec ça, le fait d'avoir un revers à deux mains est un atout indéniable pour relancer les services de gaucher côté avantage, confirme Nicolas Escudé qui était lui, à l'inverse de Draper et Nadal, un pur gaucher transformé en droitier sur le court. Étant moi-même gaucher, j'avais naturellement un meilleur revers à deux mains, donc je n'étais pas spécialement gêné par les gauchers : leur diagonale forte à l'échange tombait sur mon coup fort."
C'est vrai que la croisée du XXIè siècle, moment où les gauchers ont donc commencé à se raréfier, correspond à une période où le service-volée a périclité, et où la masse du circuit s'est mise à pratiquer un tennis de plus en plus équilibré, sans réel point faible avéré. Le coup droit est, bien sûr, resté un coup majeur dans le tennis moderne. Mais c'est la qualité générale du revers qui s'est le plus améliorée.
Et même si l'on reste marqué par la manière dont celui de Roger Federer souffrait face au coup droit de Rafael Nadal, même si les gauchers ont conservé un avantage dans cette diagonale, globalement, il semble qu'ils parviennent moins à y trouver la faille. On l'a vu en finale à Madrid : Ruud, qui n'a pourtant pas le revers du siècle, a plutôt bien tenu la baraque de ce côté-là.
Cela dit, même si elle est moins hégémonique qu'avant, l'espèce des gauchers continue d'inspirer de la crainte, à tous les niveaux. Leur rareté constitue leur force : face à un gaucher, tous les schémas sont inversés, des trajectoires de balle jusqu'à leur sens de rotation, en passant par les schémas de jeu. Et l'on a beau disposer de tout l'arsenal nécessaire, cela demande toujours un temps d'adaptation et une préparation technico-tactique particulière. Sur le circuit, les sparring-partners gauchers demeurent ainsi une espèce recherchée.
D'autant que la représentativité des gauchers a diminué aussi à une échelle plus large que celle de l'élite. Il y a 40 ans, début mai 1985, on recensait ainsi 20 pattes gauches dans le top 100, ce qui est nettement au-dessus de la moyenne de la population (entre 10 et 15%, selon les sources). Cette semaine, on en compte 12, ce qui est pour le coup tout à fait conforme à la "normalité". Dont seulement cinq dans le top 50, soit 10%. Alors, l'avantage supposé d'être gaucher pour un joueur de tennis reste-t-il toujours aussi vrai ?
Autres Gauchers Célèbres
Outre les figures emblématiques du basket-ball, de nombreuses autres personnalités gauchers ont marqué l'histoire dans divers domaines. Voici une liste non exhaustive :
- Personnalités Historiques: Alexandre le Grand, Jules César
- Philosophes: Aristote
- Réalisateurs: James Cameron, Charlie Chaplin
- Écrivains: Lewis Caroll
- Acteurs: Robert DeNiro, Marylin Monroe, Brad Pitt
- Musiciens: Jimi Hendrix, Lady Gaga
- Industriels: Henry Ford
- Scientifiques: Albert Schweitzer
- Politiques: Harry Truman
Cette diversité témoigne de la présence et de l'influence des gauchers dans tous les aspects de la société.

Carte du monde montrant la prévalence de la gaucherie par pays