Le monde du rugby français a été frappé par une tragédie en 2024 avec la disparition en mer de Medhi Narjissi, un jeune espoir prometteur du Stade Toulousain et de l'équipe de France des moins de 18 ans. Cet article retrace le parcours de ce jeune homme, depuis ses débuts prometteurs jusqu'à sa disparition tragique.
Agé de 17 ans, Medhi Narjissi a disparu en mer, en Afrique du Sud le mercredi 7 août 2024. Tandis qu’il se baignait avec quelques coéquipiers au large du Cap de Bonne-Espérance, il a été « emporté par une vague » aux alentours de 16 heures. Le 7 août, Mehdi Narjissi, 17 ans, disparaissait au large de Diaz Beach, une plage d’Afrique du Sud. À l'été 2024, le jeune rugbyman Medhi Narjissi disparaît en mer en Afrique du Sud. Le sportif était alors en tournée avec l'équipe de France des moins de 18 ans.

La Fédération française de rugby (FFR) a annoncé que le drame s'est noué alors que "l'équipe participait à une séance de récupération dans un bain froid, en bord de mer, en présence des membres du staff, à un endroit où les joueurs avaient pied. Les autorités locales ont indiqué qu'à l'heure de la disparition, les vagues étaient hautes de 3 à 4 mètres. "Narjissi nageait peut-être à Diaz Beach lorsque de forts courants d'arrachement ont emporté l'adolescent dans la zone de surf", a expliqué Craig Lambinon, porte-parole de l'Institut national de secours maritime sud-africain, aux médias locaux.
Un talent précoce
Medhi Narjissi est originaire d’Agen (Lot-et-Garonne) et appartient à une famille bien connue du rugby français. Il a commencé la pratique du rugby à Agen dès l’âge de 5 ans. Considéré comme un grand espoir du rugby français, le jeune Narjissi est capable d’occuper les postes d’ouvreur, de trois-quarts centre ou de demi de mêlée avec la même réussite. Habile et solide trois quart centre, il était le capitaine de l’équipe du SU Agen championne de France Gaudermen (moins de 15 ans) en 2022. À la fin de cette magnifique saison, il avait décidé de rejoindre les rangs du Stade toulousain.
Sous les couleurs rouges et noires, Medhi Narjissi avait d’ailleurs participé, à Casteljaloux (Lot-et-Garonne) et en tant qu’ouvreur, à la dernière finale du championnat de France Crabos, perdue par Toulouse face à Brive (23-15). Dans cette même interview au Petit Bleu, Medhi Narjissi avouait aussi être fan du capitaine du XV de France Antoine Dupont, avec lequel il a en commun un gabarit relativement modeste mais une explosivité et une vitesse peu ordinaires.
Récemment, le responsable des cadets du SUALG Malik Djebablah expliquait au sujet du joueur, dans les colonnes du Petit Bleu d’Agen : "Medhi, hormis ses évidentes qualités techniques, est un moteur pour le groupe. Il le tire vers le haut, il le fédère".
« Medhi, c’est un garçon bien éduqué, très sympathique et passionné de rugby. "Ce gamin est un soleil, nous confiait jeudi matin un membre du Stade toulousain.
Fils d'un international marocain
Medhi Narjissi n’est autre que le fils d’une figure imposante du rugby français, à savoir l’ancien talonneur du Castres olympique (2001-2004) ou du SU Agen (2004-2016) Jalil Narjissi. Son père, Jalil Narjissi, a été un redoutable talonneur du championnat français durant près de 15 ans. Natif de Casablanca, Jalil a brièvement joué pour le Castres Olympique (2001-2004) avant de rejoindre les rangs du SU Agen où il fut un élément essentiel de sa première ligne de 2004 à 2016. Il a également été International marocain. Celui-ci, dont la relation avec son fils est semble-t-il fusionnelle, fut, au terme de sa carrière de joueur, tour à tour entraîneur de Fleurance ou Marmande, en division amateur.
Après sa carrière professionnelle, Jalil Narjissi a effectué deux saisons à Fleurance (Gers) avant de revenir à Agen pour intégrer brièvement l’encadrement de l’équipe professionnel. Il fut ensuite le manager de Castanet, près de Toulouse de 2021 à 2023.
Les circonstances de la disparition
Le joueur de 17 ans se trouvait de l'autre côté du Globe avec l'équipe de France de -18 ans pour disputer l'International Series. Lors d'une sortie prévue dans l'océan Atlantique, il a été emporté par une vague, au cap de Bonne Espérance. Selon les premiers éléments, un autre joueur se trouvait en mer avec Medhi Narjissi.
Selon les autorités sud-africaines, Medhi Narjissi était probablement en train de nager à Diaz Beach lorsque de forts courants l’ont emporté dans la zone réservée au surf. « Malgré des recherches approfondies en mer, depuis les airs et sur le littoral, il n’y a toujours aucun signe de l’adolescent disparu », a déclaré Craig Lambinon, le porte-parole de l’Institut national de sauvetage en mer, précisant que les recherches se poursuivaient.

Les recherches et l'enquête
Il est, depuis, activement recherché par les secours africains.
Disparition de Medhi Narjissi : un rapport d'enquête accablant|TF1 INFO
Mi-septembre, la Fédération française de rugby (FFR) a mis en cause, dans un rapport d'enquête interne accablant, l'encadrement des U18 présent lors du rassemblement. Le 7 août dernier, son fils a été emporté par les flots sur une plage réputée dangereuse près du cap de Bonne-Espérance lors d'une séance de récupération organisée par leur encadrement. Un coéquipier avait tenté en vain de le secourir. Son corps n'a pas été retrouvé depuis.
Les suites judiciaires
Une requête-plainte a donc été déposée, en début de semaine dernière, auprès du parquet d’Agen, lieu de résidence de Medhi Narjissi et de sa famille. « C’est la procédure en cas de disparition inquiétante lorsqu'on recherche les causes de la disparition », indique Me Edouard Martial, l’avocat de la famille qui assure que le procureur d’Agen devrait rapidement se prononcer sur l’ouverture, attendue, d’une information judiciaire. S’il espère une ouverture rapidement, il prévient que les délais, avant d’obtenir des réponses, sera long. Selon lui, si une information judiciaire est ouverte, aux côtés de ses parents, Inès Narjissi, la sœur aînée de Medhi se portera partie civile.
Voici un récapitulatif des étapes clés de l'enquête judiciaire :
| Date | Événement |
|---|---|
| 21 août 2024 | L’avocat des parents de Medhi Narjissi a saisi le procureur d’Agen afin qu’il ouvre une information judiciaire. |
| 27 août 2024 | Les parents de Medhi Narjissi sont entendus à l’hôtel de police d’Agen dans le cadre de la requête-plainte qu’ils ont adressée au parquet. |
| 3 septembre 2024 | Le parquet d’Agen a ouvert une information judiciaire pour « disparition inquiétante ». |
| Septembre 2024 | Le manager des U18, Stéphane Cambos porte plainte contre la Fédération française de rugby (FFR) pour dénonciation calomnieuse. |
| 15 octobre 2024 | L’enquête sur la disparition en mer de Medhi Narjissi a été requalifiée en homicide involontaire. |
| 15 avril 2025 | Garde à vue de l’ancien manager des U18, Stéphane Cambos, dans les locaux de l’hôtel de police d’Agen. |
| 28 avril 2025 | Publication d’un rapport administratif par l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR) accablant pour la Fédération française de rugby (FFR). |
| 16 mai 2025 | Mise en examen du préparateur physique Robin Ladauge, placé sous contrôle judiciaire. |
| 24 mai 2025 | Hommage public rendu à Medhi Narjissi dans le village de Sainte-Colombe-en-Bruilhois, dans le Lot-et-Garonne, où il a grandi. |
| 2 août 2025 | Les parents de Medhi Narjissi, accompagnés de sa sœur et d’une tante, retournent pour une semaine sur les lieux du drame. |
| 3 août 2025 | Un an après la disparition en mer de Medhi Narjissi, une nouvelle génération du XV de France U18 se rend en Afrique du Sud sur les lieux du drame. |
Un deuil impossible
Vingt jours après la disparition de Medhi Narjissi, le corps de l’espoir du rugby français, licencié au Stade Toulousain, n’a toujours pas été retrouvé. Jalil, Valérie et Inès Narjissi font face. Un an après la disparition à seulement 17 ans de leur fils Medhi, emporté le 7 août 2024 par une vague à Dias Beach lors d’une séance de récupération avec l’équipe de France U18 au large du Cap de Bonne Espérance (Afrique du Sud), Valérie et Jalil Narjissi sont de retour cette semaine au Cap.
Dans la voix de ce père endeuillé, la colère fait trembler les mots. “C’est une des plages les plus dangereuses d’Afrique, avec des vagues énormes, des courants qui vous emportent et balayent le sable sous vos pieds. J’y suis allé dans l’eau, c’est inimaginable”, lâche-t-il, relatant leur séjour, sitôt après l’appel, sur les lieux du drame.
“Tous les matins, on survit, tous les trois. C’est innommable la douleur qu’on peut avoir de perdre un enfant. Elle dénonce une forme de trahison du club. “On leur a fait confiance, mais j’ai l’impression que ce ne sont que des bras cassés, c’est improbable qu’on ne le me rende pas”, s’exclame Valérie Narjissi. “Aujourd’hui, mon fils fait la une des médias dans les faits divers, il aurait dû devenir joueur et être en Une pour ça.