Entraîneurs Emblématiques du FC Metz : Histoire et Héritage

Le FC Metz, club historique du football français, a vu passer de nombreux entraîneurs qui ont marqué son histoire. Cet article rend hommage à ces figures emblématiques, explorant leurs contributions, leurs défis et leurs succès avec le club à la Croix de Lorraine.

Marcel Husson : L'Homme du Renouveau

Joueur puis entraîneur emblématique du FC Metz, Marcel Husson connut deux montées en première division et porta le brassard de capitaine durant trois saisons. Il endossa par la suite le rôle d’entraîneur du club à la Croix de Lorraine et devint l’homme du splendide renouveau du club.

Le 3 octobre 1984, en seizièmes de finale de la Coupe des Coupes, le FC Metz entrera dans la légende. Cette même année, il dirige donc l’équipe qui a battu le FC Barcelone au Camp Nou (4-1) après s’être inclinée 4-2 au match aller dans la Coupe des vainqueurs de coupe. Un des plus grands exploits de l’histoire du club.

« Homme de caractère, respecté pour ses qualités humaines autant que sportives, Marcel Husson restera dans la mémoire de tous ceux qui ont croisé sa route comme un serviteur exemplaire du football grenat et français », s’est exprimé le club dans un communiqué.

Marcel Husson, ancien joueur et entraîneur du FC Metz, est décédé ce vendredi à l’âge de 88 ans. Le FC Metz perd l’un de ses membres les plus emblématiques.

FCMetz vs FC Sochaux Finale de coupe de France 1987 88

Les Années 1990 et l'Ère Joël Muller

Les années 1990 marquent le début de l'ère Joël Muller. Né le 2 janvier 1952 à Donchery dans les Ardennes, cet ancien joueur de Metz, Lyon, Nice et Dunkerque, a traversé la France avant de revenir poser ses valises au FC Metz, tout d'abord en tant que responsable du centre de formation, puis en tant qu'entraîneur. Fin tacticien, habile pédagogue, il prône des valeurs chères au club lorrain.

Fidélité, rigueur, réalisme et combativité sur le terrain sont les maîtres-mots de sa conception du football. Perfectionniste, Joël Muller aime construire sur le long terme, insuffler ses valeurs aux jeunes du centre de formation afin ensuite de récolter les fruits de ce labeur collectif. Ses quatre premières années à la tête du FC Metz ne sont pourtant pas flamboyantes.

Les Défis et les Succès de l'Ère Muller

12ème lors de la saison 1990-91, Metz effectue un bon parcours à domicile, ne subissant que deux défaites. Mais il ne décroche que quatre victoires en déplacement, malgré le présence d'Aloïcha Asanovic, le redoutable et fantasque meneur de jeu yougoslave, qui termine au 6ème rang des buteurs avec 13 réalisations à son actif. La saison suivante voit l'éclosion d'un attaquant opportuniste, adroit et puissant, François Calderaro, qui inscrit 19 buts et se hisse à la 2ème place du classement des buteurs.

Il faut attendre 1994-95 pour que l'équipe messine prenne réellement son envol. Metz termine le Championnat à la 8ème place mais accède aux demi-finales de la Coupe de France. Après avoir battu Montpellier (2-1) lors des huitièmes de finale et Mulhouse (D2) lors des quarts de finale (2-0), l'équipe s'incline de justesse, sans avoir démérité, face au Racing Club de Strasbourg (0-1). L'équipe est solide et ne subit que 4 défaites à l'extérieur.

En plus de cette honorable 4ème place, le FC Metz de Robert Pirès, Jocelyn Blanchard, Sylvain Kastendeuch et Patrick M'Boma, remporte sa seconde coupe de la Ligue. Après avoir écarté Lille et Niort (D2) sur le score de 2-0, Metz s'impose contre Guingamp (2-1) lors des demi-finales et affronte Lyon en finale, le 6 avril 1996 au Parc des Princes.

En tout début de saison, Joël Muller affiche ses prétentions et entend bien figurer en Championnat. Danny Boffin surnommé " Danny la mobylette ", " l'homme aux trois poumons " ou encore " Speedy Gonzalez " en référence au célèbre dessin animé des années 70, enchantera Saint Symphorien de nombreuses années avec ses courses fantastiques et ses relais incessants. Vladan Lukic, l'attaquant serbe, est passé par l'Atletico Madrid, Marbella avant de rejoindre Sion.

Mais s'il y a une saison qui restera à jamais gravée dans la mémoire collective lorraine, c'est 1997-98. En effet, le FC Metz passe tout près du titre de champion de France. Le club doit se contenter d'une place de dauphin (à la différence de buts) qui va s'avérer délicate à gérer, après de multiples rebondissements et un final dramatique.

Équipe du FC Metz 1997-1998

Lens ne perdra plus et sera sacré champion, le samedi 9 mai, en réussissant un nul chanceux à Auxerre (1-1) lors de la dernière journée. Les grenats relèvent pourtant un challenge jugé impossible et remportent tous leurs derniers matchs. Le 9 mai 1998, Metz préserve son avantage, s'impose 1-0, mais n'est plus maître de son destin. Les supporters exultent et chantent " On est les Champions ".

Metz, à égalité de points avec son adversaire nordiste, est battu à la différence de buts (+25 pour Lens, +20 pour les Messins). Le titre s'envole. Pourtant les joueurs sont ovationnés par leur public, la foule massée Place d'Armes, acclame ses héros venus en camion plate-forme depuis le stade, avec au volant le Président Molinari en personne...

Concentré sur le Championnat, le FC Metz est éliminé lors des huitièmes de finale de la Coupe de France par le petit club amateur de CFA2 de Bourg-Péronas (0-2). Les Grenats parviennent également en quarts de finale de la Coupe de la Ligue, où ils s'inclinent face au PSG (0-1), futur vainqueur de la compétition. Tout Metz est fier de la saison de la " bande à Pirès ", même si elle n 'est ponctuée par aucun titre.

A l'entame de la nouvelle saison, Le FC Metz ne parvient pas à garder ses meilleurs éléments. Même si Joël Muller reste, Robert Pirès, leader du groupe et figure emblématique de la formation lorraine, décide finalement de partir à l'Olympique de Marseille. Courtisé par plusieurs grands clubs, notamment la Juventus de Turin, mais surtout Arsenal, Monaco, le PSG et l'OM, Pirès est séduit par les perspectives ambitieuses que lui proposent les dirigeants olympiens.

Le FC Metz intègre malgré tout la Coupe de l'UEFA et y affronte l'Etoile Rouge de Belgrade. Les messins tombent avec les honneurs en s'inclinant aux tirs aux buts à domicile (2-1 / 2-1 et 3 tab à 4), dans un match qui sent la poudre, en raison du conflit yougoslave. Les supporters serbes fanatisés commettent de nombreuses exactions mais leur équipe repart vainqueur.

Malmenés en Championnat, les joueurs retrouvent l'abnégation, la hargne et la rage de vaincre si chères au club. En Coupe de la Ligue, le FC Metz rencontre le 18 avril 1999 à Saint-Symphorien le Montpellier Hérault Sporting Cub de " Loulou " Nicollin ; dans cette demi-finale époustouflante et riche en rebondissements Nenad Jestrovic inscrit trois buts (victoire 4 à 3). Les grenats découvrent le désormais mythique Stade de France, le 8 mai 1999, contre le RC Lens en finale de la Coupe de la Ligue.

La saison 1999/2000 s'annonce prometteuse, avec une participation en coupe Intertoto (élimination au dernier tour contre West Ham) et la venue sur les bords de la Moselle du jeune milieu de terrain de l'AS Nancy-Lorraine Christophe Bastien (plus gros transfert de l'histoire du club), du rennais Nicolas Goussé et de l'attaquant ukrainien Sergeï Skachenko. Malheureusement Christophe Bastien se blesse lourdement à une cheville et les deux attaquants peinent à confirmer tout le bien que l'on pense d'eux.

Pour la saison 2000/01 l'effectif est stable : les "cadres" sont épaulés par les jeunes du centre de formation qui ont fait leurs preuves: Grégory Leca, Grégory Proment, Sylvain Marchal, Eric Hassli et Stéphane Morisot hélas victime d'une rupture du ligament croisé antérieur en cours de saison. Du côté des transferts, Faryd Mondragon, l'impressionnant gardien international colombien réussi la lourde tâche de faire oublier Lionel Létizi parti relever un nouveau défi au PSG.

Après un bon début de saison qui vit notamment Eric Hassli faire une entrée fracassante dans le monde professionnel, la formation lorraine s'enlise en queue de peloton. Manquant de panache offensif, les Messins comptent sur l'arrivée de l'espoir colombien Tressor Moreno pour retrouver des couleurs. Joël Muller n'aura que trop peu l'occasion de domestiquer le talent brut du Sud-Américain.

Il est limogé à l'intersaison après de longues années au service du FC Metz. Albert Cartier, son adjoint, reprend les rennes de l'équipe. Pourtant, ce n'est que retarder l'échéance. L'année suivante, le club conserve sa confiance en l'équipe en place, cette dernière ayant réalisé une deuxième partie de saison plus que satisfaisante (4ème sur les matches retour).

Malheureusement, la formation messine, l'effet de surprise et Faryd Mondragon en moins, ne parvient pas à confirmer les promesses entrevues quelques mois auparavant. Du coup, après une élimination catastrophique de la Coupe de France à Libourne (CFA2) au moins de janvier, Carlo Molinari actionne à nouveau le siège éjectable. Dirigée par Gilbert Gress, l'équipe retrouve un style de jeu pimpant et spectaculaire mais perd de sa solidité défensive.

Metz ne tirera pas non plus profit de ses nombreux matches en retard (5) dus aux conditions climatiques difficiles en hiver. Le couperet tombe le soir de l'ultime journée de championnat. Metz concède le nul face à Lorient dans un stade Saint-Symphorien comble mais finalement médusé. Après trente-cinq saisons passées au plus haut niveau, Metz retrouve la seconde division.

Jean Fernandez : Reconstruire en Période Difficile

Jean Fernandez prit les rênes du FC Metz alors que le club vivait une passe difficile après sa relégation en Ligue 2. Il eut la lourde tâche de faire remonter immédiatement le club avec un effectif jeune. Cette mission, il l’a rempli avec brio puisque le club grenat termina troisième et regagna ainsi l’élite.

En difficulté financière, le Club à la Croix de Lorraine vit une intersaison difficile. La masse salariale est bien trop élevée pour le budget d’un club de Ligue 2. Metz doit dégraisser et se sépare de plusieurs joueurs tels que Baticle, Meyrieu ou Régis. C’est dans des conditions difficiles que Jean Fernandez prend place au poste d’entraîneur en remplacement de Gilbert Gress.

Alors qu’il reste sur une bonne période à Sochaux, club qu’il avait également repris en main à l’étage inférieur, Fernandez a la lourde tâche de remonter directement au sein de l’élite avec un effectif rajeuni. Si le début de saison s’avère difficile, l’équipe décollera au lendemain d’une nouvelle défaite à Valence (3-1). Dès lors, la formation lorraine entame son ascension au classement alors qu’elle occupe une triste seizième place.

Solides à domicile (15 victoires, 3 nuls et 1 défaite), les Messins s’appuient sur une efficacité remarquable au niveau des coups de pieds arrêtés ainsi que sur un duo d’attaquant Niang - Adebayor qui fera merveille lors des matches retour. Le premier, prêté par Troyes lors du mercato d’hiver, sera également un acteur important de l’aventure messine en Coupe de la Ligue.

Malheureusement, la coqueluche de Saint-Symphorien ne peut rester sur les bords de la Moselle au terme de la saison. La ré-accession à l’élite a beau être acquise, le club se doit d’apurer un passif qui l’empêche de recruter le Sénégalais. Comme si cela ne suffisait pas, Metz est également contraint de vendre. Ainsi, Adebayor s’envole pour Monaco et la ligne d’attaque doit être repensée.

Cette saison 2003-2004 verra le onze messin afficher un bilan paradoxal. Ce dernier, plus apte à contrer qu’à faire le jeu, engrange la plupart de ses victoires à l’extérieur. La vitesse de Toifilou Maoulida (12 buts), prêté par Rennes toute la saison, représente une arme offensive de premier choix dans le système de Jean Fernandez. Malgré tout, le club reste en constante difficulté tout au long de l’année, naviguant à vue juste au dessus de la zone rouge.

A dix journées de la fin, après une double défaite à domicile (contre Toulouse puis Lens, 2-0), Jean Fernandez bouleverse sa formation afin d’y intégrer de jeunes joueurs. Les Obraniak, Renouard, Gueye ou encore Béria participeront à la bonne fin de saison des Grenats. Si l’issue de cette première année en Ligue 1 est positive, les nerfs des uns et des autres ont été mis à rude épreuve.

Toujours sans le sou, Metz renouvelle tout de même largement son effectif. Avec pour objectif de s’assurer du maintien avant les dernières journées de championnat. Malgré un départ époustouflant (leader après quatre matches et une nouvelle victoire à Marseille 3-1), la formation de Jean Fernandez ne parvient pas à trouver son rythme de croisière.

La révélation de l’année, Franck Ribéry, quittera même le navire à la mi-saison pour rejoindre Galatasaray. Privée de son meilleur pourvoyeur de ballons, l’attaque messine accuse le coup, les renforts enregistrés au mercato ne suffisant pas à la redynamiser. C’est avec les tripes que les Messins parviendront à prolonger leur bail parmi l’élite.

En accrochant, au courage, deux victoires à l’arraché contre des concurrents directs (Caen puis Istres), ils resteront à distance de la zone rouge. Il leur faudra tout de même attendre la dernière journée pour obtenir mathématiquement leur maintien. La souffrance aura encore été au rendez-vous. Jean Fernandez s’envole alors pour Marseille, entraînant le retour de Joël Muller.

Un cycle prend fin. Si ces trois saisons furent douloureuses, le club est remis à flot sur le plan financier au moment d’aborder un exercice particulier parmi l’élite.

Autres Entraîneurs Marquants

Outre Marcel Husson, Joël Muller et Jean Fernandez, d'autres entraîneurs ont contribué à l'histoire du FC Metz :

  • Henryk Kasperczak: Il joua une saison et demie au FC Metz où il avait le chic pour marquer lors des grosses affiches. Il devint par la suite entraîneur du club grenat. Il resta en fonction durant 5 ans avant de partir vers d'autres horizons.
  • Pierre Flamion: A l’avant-garde de son métier d’entraîneur, Pierre Flamion avait toujours dix ans d’avance sur son activité et sur l’organisation générale d’un club. Bien avant la création des Centres de Formation en France, il en avait déjà créé une ébauche à Metz : « Promotion 71 ».
  • Georges Huart: Directeur du Centre de Formation puis entraîneur et enfin, manager général du club à la Croix de Lorraine, Georges Huart passa de nombreuses années dans le club lorrain. Ce gentleman, toujours très classe, apporta beaucoup au FC Metz dans les différents rôles qu’il endossa au club grenat.
  • André Watrin: Joueur au club à la Croix de Lorraine entre les deux guerres mondiales, André Watrin endossa le costume d’entraîneur grenat après 1945. Cet homme a consacré toute sa vie au FC Metz, que ce soit en tant que joueurs, entraîneur mais également comme directeur sportif ou encore recruteur.
  • Jules Naguy: Précurseur dans le domaine tactique, Jules Naguy s’inspira du football italien, à l’époque du « catenaccio », pour élaborer son schéma de jeu. Ainsi, il souhaita baser son jeu sur une solide défense, en y ajoutant un défenseur supplémentaire.

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