L'affaire impliquant plusieurs joueurs de rugby de Grenoble, accusés de viol en réunion en 2017, a connu de nombreux rebondissements judiciaires. Retour sur les faits, les condamnations et les procédures en cours.

Condamnations en première instance
En décembre 2024, la cour d'assises de la Gironde a rendu son verdict dans l'affaire de viol en réunion impliquant des joueurs de rugby de Grenoble. Loïck Jammes et Denis Coulson ont été condamnés à 14 ans de réclusion, tandis que Rory Grice a écopé de 12 ans de prison. Les faits remontent à 2017, après une soirée très alcoolisée suivant un match de Top 14 entre Grenoble et Bordeaux-Bègles.
D'autres joueurs ont également été sanctionnés pour non-assistance à personne en danger. Chris Farrell a été condamné à quatre ans de prison, dont deux avec sursis, et Dylan Hayes à deux ans avec sursis.
Réactions et appels
Les avocats des trois principaux accusés, Loïck Jammes, Denis Coulson et Rory Grice, ont immédiatement annoncé leur intention de faire appel. Pour Me Anne Cadiot-Feidt, avocate de la victime, le rejet de leur demande de mise en liberté « n’est pas une surprise », « au regard d’abord de la gravité des faits (…) et après un verdict avec des sanctions et des peines d’emprisonnement aussi importantes ».
Les trois hommes ont toujours reconnu avoir eu des relations sexuelles avec la jeune femme, étudiante à l’époque, mais soutiennent que cette dernière était consentante. Devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Bordeaux, l’avocate générale avait requis en janvier leur maintien en détention, expliquant qu’une remise en liberté sous contrôle judiciaire, un mois après leur condamnation, « serait quelque chose de complètement incompris par l’opinion publique ».
Les rugbymans français Loïck Jammes et néo-zélandais Rory Grice ont été condamnés par la cour d’assises de Bordeaux le 13 décembre pour avoir violé une jeune femme après une soirée très alcoolisée, qui avait suivi un match de Top 14 de leur équipe de l’époque, Grenoble, sur la pelouse de Bordeaux-Bègles.
Plus de sept ans après les faits et à l’issue de deux semaines de procès à huis clos, ils ont écopé de peines de 14 et 12 ans de réclusion, dont ils ont fait appel.
Un troisième des coaccusés, l’Irlandais Denis Coulson, a par ailleurs fait une requête identique qui sera plaidée le 28 janvier.
La chambre de l’instruction a rejeté leurs demandes de mise en liberté. Denis Coulson, Loïck Jammes et Rory Grice vont rester en détention provisoire.

Procès en appel
Le procès en appel des trois anciens joueurs de Grenoble, Loïck Jammes, Denis Coulson et Rory Grice, est prévu du 25 mars au 3 avril 2026 à Angoulême.
En attendant ce nouveau procès, ils sont toujours incarcérés à la prison de Gradignan (Nouvelle-Aquitaine). Leur première demande de libération ayant été rejetée.
Selon le quotidien L’Équipe , les trois anciens joueurs de Grenoble seront rejugés entre le 23 mars et le 6 avril 2026.
Un accusé doit être jugé en appel dans un délai d’un an, s’il est détenu. Une prolongation exceptionnelle de la détention pour une durée de six mois est néanmoins possible, si la juridiction d’appel ne peut se réunir dans les temps.
Tableau récapitulatif des condamnations
| Nom | Nationalité | Condamnation | Motif |
|---|---|---|---|
| Loïck Jammes | Français | 14 ans de réclusion | Viol en réunion |
| Denis Coulson | Irlandais | 14 ans de réclusion | Viol en réunion |
| Rory Grice | Néo-Zélandais | 12 ans de réclusion | Viol en réunion |
| Chris Farrell | Irlandais | 4 ans de prison dont 2 avec sursis | Non-empêchement de crime |
| Dylan Hayes | Néo-Zélandais | 2 ans de prison avec sursis | Non-empêchement de crime |
Conséquences pour les clubs
Les clubs d'Oyonnax et Provence Rugby, qui employaient respectivement Rory Grice et Chris Farrell d'un côté, et Loïck Jammes de l'autre, ont communiqué sur le jugement prononcé. Oyonnax a mis un terme aux contrats de Rory Grice et Chris Farrell.
Oyonnax a communiqué ce jeudi matin la décision de "mettre un terme aux contrats de Rory Grice et Chris Farrell".
Autres développements
L’Irlandais Chris Farrell n’a pas pu s’inscrire pour rejouer dans son club d’origine. Alors qu’il avait émis le souhait de porter les couleurs du Clogher Valley RFC, en Irlande du Nord, sa demande d’inscription a provoqué un tollé qui a poussé la Fédération irlandaise de rugby à la suspendre.
« Nous nous opposons à toute implication dans le rugby de personnes dont les actes vont à l’encontre des valeurs fondamentales de notre sport », a réagi le porte-parole de l’équipe, où Farrell a pourtant commencé sa carrière professionnelle.