La NBA se porte très bien, comme l'indique son dernier communiqué de presse. La ligue a rendu publics ses chiffres d’affluence dans les salles, et les résultats sont tout simplement historiques. Toujours aussi spectaculaire, la NBA a publié ce lundi ses chiffres concernant l'affluence dans les salles. La NBA a le vent en poupe et cette tendance se mesure dans les salles. Avec plus de 22 millions (+1,4 % par rapport à la saison passée) d’États-Uniens et de Canadiens, la NBA peut se féliciter puisqu’elle vient de battre un record historique.

Dans le détail, on découvre que 71% des rencontres se sont jouées à guichets fermés, soit 71% du total. Douze franchises réalisent l’exploit de jouer toutes leurs rencontres à domicile à guichets fermés. Il s’agit des Celtics, des Warriors, du Heat, des Sixers, des Wolves, des Bucks, du Jazz, du Thunder, des Cavaliers, des Mavericks, des Nuggets, des Kings et des Suns. La plus belle progression est pour le Thunder avec 12.5% de spectateurs en plus, tandis que les Wolves ont attiré 7.5% de public supplémentaire.
Chiffres Clés de l'Affluence en NBA
Les playoffs débutent à peine, mais la NBA peut déjà se féliciter d’une saison record. Jeudi, la ligue de basket nord-américain a annoncé que très exactement 21 926 548 spectateurs ont pris place dans ses salles au cours de la saison régulière. Il s’agit de la meilleure affluence de son histoire, devant les 21,8 millions de 2007. Les enceintes NBA n’ont jamais été aussi pleines, avec un taux de remplissage de 94% ! C’est la onzième fois de suite que ce chiffre dépasse les 90%, mais il n’avait jamais été aussi haut. En moyenne, les matches se sont déroulés devant 17 826 spectateurs, là encore un record. En tout, 700 des 1 230 rencontres se sont disputées à guichets fermés, loin devant les 676 de 1995.
- 22 234 502: Le nombre de places réservées cette saison dans les différentes salles de NBA. Cela inclut le All-Star Game et les matchs délocalisés, comme à Paris notamment.
- 791: Le nombre de matchs à guichet fermé, sur 1230 matchs au total en saison régulière.
- 18 077: L’affluence moyenne. Un record. Et plus que certains championnats professionnels de football.
- 68 323: Le record d’affluence all-time sur un seul match. Battus par les Spurs, comme un symbole dans une saison où les sourires n’étaient pas forcément permis sportivement.
- 97%: Le taux de remplissage des salles de NBA cette saison. Encore un record.
Dans certaines salles, comme à San Francisco, il est très compliqué de trouver des places. Ce qui facilite quand même le remplissage d’une salle. À noter également la baisse des tarifs dans certains marchés, avec des prix planchers à mois de 20 dollars.
Comparaison avec la Ligue Nationale de Basket (LNB)
La Ligue Nationale de Basket (LNB) vient de dévoiler les chiffres des affluences de la saison régulière 2022-2023. Et ceux-ci sont très positifs, comme anticipé à l’issue de la phase aller. Quasiment 1,2 million de spectateurs ont assisté des matches de Betclic ELITE sur l’exercice écoulé, ce qui constitue un nouveau record. L’affluence moyenne, établie à 3 910 spectateurs, représente également le record. Par ailleurs, le SLUC Nancy a battu le record de l’affluence moyenne pour un même club, avec 5 829 spectateurs par match. Enfin, avec 87% de taux de remplissage, la Betclic ELITE a fait mieux qu’en 2017-2018 (83%).
Grâce à la présence de Victor Wembanyama dans ses rangs, les Metropolitans 92 ont joué dans des salles à guichets fermés à 25 reprises sur 34 journées. « L’effet Wemby » est clair et net dans ces chiffres même si plusieurs évènements ont permis de grossir les chiffres, comme le match entre Nanterre et l’ASVEL à la Défense Arena, jouée devant un public record (16 319 spectateurs). La Pro B a également connu une saison record avec 670 000 spectateurs, soit 41 000 de mieux qu’en 2015-2016. En moyenne, les matches de Pro B se sont joués devant 2 194 spectateurs, de quoi réaliser la meilleure affluence moyenne dans l’histoire de la division, passant la barre des 2 000 spectateurs pour la deuxième fois, après l’exercice 2015-2016. Le taux de remplissage a atteint les 75%, faisant mieux que les 70% de 2011-2022.
Baisse des Audiences TV: Un Paradoxe?
Malgré cette affluence record, les audiences NBA aux Etats-Unis ont baissé de 28% par rapport à l’année dernière, à la même époque. Si l’on dézoome encore, les audiences ont même amorcé une baisse lente mais significative année après année depuis 2012 (-48 %). Cet article est un numéro d’équilibriste, puisque personne ne détient véritablement les clés pour expliquer les raisons derrière ces chiffres. Ni le board de la NBA, ni les franchises, ni les fans. Tout le monde en parle, mais il n’y a pas de réponse universelle ou d’éléments objectifs de mesure. Oui, les audiences baissent. C’est indéniable. Pour quelle(s) raison(s) ? On n’en sait rien.
Les Facteurs Possibles de la Baisse d'Audience
Je crois que j’ai compris le problème. Au moins, mon problème. 82 matchs de saison régulière, c’est trop long. Vous allez me dire, « mais Théo, ça fait plus de soixante-quinze ans qu’il y a 82 matchs de saison régulière, pourquoi ça lasserait les gens maintenant et pas avant ? ».
Si l’on regarde le classement actuel à l’Est, on peut se demander : à quoi ça sert de jouer les 45 matchs qui restent ? Sauf longues blessures, tout le monde sait que les cinq premiers seront, dans le désordre : Cavs, Celtics, Bucks, Knicks et Magic. Puis le Heat se battra avec les Pacers et les Hawks pour les places 6 à 8. Puis, un grand écart de niveau avec le tiers du dessous. En effet, les Bulls et les Pistons devraient se retrouver en play-in sans même forcément le vouloir, mais ce juge de paix du play-in sera vraisemblablement trop élevé.
Enfin, les dernières équipes. Soit elles tankent ouvertement, soit elles sont trop limitées pour gagner des matchs. Dans tous les cas, ça revient au même. La seule inconnue de toute la conférence, ce sont les Sixers. Les différents tiers entre les équipes sont ultra marqués, près de la moitié des franchises se battent pour avoir un bilan moins bon que leur concurrent. Les joueurs eux-mêmes ont l’air parfaitement conscient de l’existence de ces tiers. Bilan : les fans s’emmerdent et les observateurs neutres se désintéressent majoritairement des équipes de l’Est. Du coup, si l’on connait déjà le scénario, pourquoi s’embêter à regarder le film ?
Depuis que le fossé Est-Ouest s’est accentué, les audiences ont chuté. Ce n’est pas anodin. L’inconvénient majeur de la conférence Est, c’est le statuquo des places et des dynamiques des équipes une fois que l’on a passé la phase de rodage et d’ajustements de 20 à 30 matchs joués. Plus rien ne bouge jusqu’au mois d’avril, sauf des petits changements à la marge.
La conférence Ouest, c’est différent. Les classements sont ultra serrés depuis l’introduction du play-in, et le niveau entre les onze ou douze meilleures équipes de la conférence est très homogène. Je ne dirais pas que chaque match compte à la fin, mais une série de cinq victoires ou de quatre défaites d’affilée n’a pas le même impact qu’à l’Est. En fait, il a un impact tout court. Il y a un intérêt à regarder les matchs. Les notions de performances et de dynamiques individuelles comme collectives gardent de l’importance.
Pourtant, le niveau réel entre les meilleures franchises de l’Est et les meilleures franchises de l’Ouest est similaire. Le problème est toutefois ailleurs : déjà, c’est une question globale de perception et d’impressions, bien davantage que de réalité, et surtout le niveau à l’Ouest est tiré par le haut, puisque les 4/5ème des équipes se battent pour obtenir le meilleur classement possible ; alors qu’à l’Est, le niveau est tiré vers le bas par les cancres qui caractérisent près de la moitié de la conférence.
Le recul de niveau de la conférence Est me semble être la cause la plus importante qui puisse expliquer la baisse significative d’audiences. Pour autant, comme évoqué en introduction, difficile de se montrer catégorique puisqu’il n’existe pas de raisons officielles ni d’études à proprement parler qui puissent nous éclairer.
Eh oui. Déjà, il convient de scinder en deux les monstres sacrés et les « simples » superstars des années 2010. Il n’y a que trois monstres sacrés (LeBron James, Kevin Durant et Stephen Curry). Les joueurs sont plus attirants que le produit qui les abrite : même si la NBA est une marque forte, des noms comme LeBron James ou Stephen Curry le sont davantage. La ligue survivra à leur retraite, mais ces joueurs emporteront avec eux des dizaines de milliers de fans déçus, qui étaient/sont/seront davantage passionnés par des joueurs que par le sport en lui-même.
Malheureusement, cette baisse de niveau a un impact important sur l’ensemble de la ligue. Le joueur américain n’est plus le plus dominant, il n’est plus la terreur qu’il était autrefois. Le spectateur moyen américain est déçu et se tourne ainsi vers d’autres sports, comme le baseball ou le football américain, dans les quels les joueurs Américains sont toujours au sommet. Même si ça peut paraitre stupide, c’est toujours de cette façon que les audiences nationales fonctionnent. Par exemple, pour prendre un exemple français, les audiences de France Télévisions sont toujours meilleures à Roland-Garros et au Tour de France lorsque les Français performent bien. L’effet « domicile » couplé à des bonnes performances boostent les audiences. Les Américains n’ont plus vu un MVP depuis 2018 par exemple.
Si les superstars américaines des années 2010 ont décliné, elles n’ont pas été remplacées par d’autres, qui auraient dû être les visages de la ligue dans les années 2020.
- Devin Booker : Giannis et Luka l’ont assassiné.
- Jayson Tatum : On ne peut même pas dire qu’il est mauvais individuellement ou que son équipe sous-performe collectivement, mais ce n’est vraisemblablement pas suffisant.
- Trae Young : joueur d’éclat dans un collectif sans éclat.
- Zion Williamson : il avait toute la hype du monde à son arrivée en 2019.
- Ja Morant : le suicide inattendu.
Ces cinq joueurs sont excellents, ne l’oublions pas, mais il y a meilleurs qu’eux. Tout simplement. Les extraterrestres s’appellent Jokic et Giannis. Les autres superstars comme Embiid, Doncic ou Shai sont juste plus dominantes. Pour les Américains, il n’y a actuellement pas grand-chose à faire pour espérer remporter des awards individuels majeurs. Ce qui n’est pas un problème en soi le devient en termes d’audiences américaines, puisque la NBA est une ligue américaine, créée à l’origine pour les basketteurs américains.
Du haut de mes 27 ans, je ne vais pas faire l’OG. Je n’ai pas connu les rivalités mythiques Celtics-Lakers, Pistons-Bulls, Cavs-Warriors ou encore Knicks-Pacers. En revanche, je déplore le manque de rivalités entre les joueurs et entre les équipes. Tous les joueurs, hormis de rares exceptions comme Giannis ou Doncic, ont tous l’air copains-copains et d’appartenir à une immense fraternité.
Dites-moi, lorsque le calendrier NBA est dévoilé, en dehors des matchs de votre franchise, combien de rencontres de saison régulière vous encerclez au marqueur rouge ? De moins en moins. Le constat est terrible. Plus aucun match de saison régulière ne provoque ne serait-ce qu’un frémissement rien qu’en y pensant. Sixers-Nuggets ? Embiid sera sans doute absent. Lakers-Celtics ? Sans plus de saveur. Clippers-Lakers ? La hype est partie depuis 2-3 ans. Celtics-Bucks ? Gros match, mais pas un must-see non plus. Knicks-Nets ? On n’est plus en 2021. Thunder-Nuggets ? « Match de puristes » qu’on vous répondra.
Vous pouvez me traiter d’aigri, c’est pourtant la triste réalité. La NBA en tant que produit ne parvient plus à marketer correctement les grosses affiches et à susciter une attente chez le fan neutre. La dernière vraie rivalité, c’est entre les Suns et les Mavs, et plus particulièrement entre Booker et Doncic. Pour autant, est-ce un affrontement immanquable ?
Les joueurs ont désacralisé la saison régulière, au point que plus grand-chose n’a d’importance. Victoire, défaite, au fond, peu importe. Pour une franchise, un bilan de 44-38, de 46-36 ou de 48-34 est moins marquant qu’un joueur de la même franchise qui passe de 30 à 35 points par match en moyenne ou qu’un joueur qui finit la saison à 45% de réussite à 3 points sur un beau volume. Ces fans ne veulent pas qu’on leur vende le match suivant comme une bataille entre deux gros shooters ou deux grands scoreurs, mais comme un affrontement entre deux équipes qui ont toutes les deux un intérêt à remporter la rencontre. L’enjeu palpable se dilue au travers de statistiques individuelles.
Le dernier point. Le clou final du cercueil. Attention, je ne dis pas qu’on n’a pas vu de grandes séries de play-offs sur les cinq dernières années. Cependant, si vous pensez séries vraiment marquantes, qu’est-ce qui vous vient spontanément en tête?
- Nets-Bucks 2021
- Celtics-Bucks 2022
- Nuggets-Wolves 2024
- Celtics-Heat 2023
- Suns-Mavs 2022
Je pourrais vous en citer une ou deux en plus en mesure de faire le cut, mais c’est bien tout. Je ne dis pas que le niveau global a baissé, mais plutôt qu’à l’ère de l’ultra numérique et du fameux League Pass où toutes les possessions de toutes les rencontres sont accessibles, nous devenons tous plus exigeants. Notre curseur d’exigence a augmenté. Nous ne sommes plus facilement impressionnés. Ce qui était auparavant considéré comme une bonne série de play-offs dans les années 90 ou 2000 est désormais oublié dans la semaine qui suit, au profit d’une autre actualité plus chaude. Qui sera elle-même oubliée la semaine d’après. Le fan NBA est devenu un consommateur, et comme tous les consommateurs, il n’a envie que de la crème de la crème. En régulière et surtout en play-offs. Sinon, il zappe.
Cela n’entre peut-être pas directement dans les causes, donc c’est pour ça que je ne l’aborde que maintenant, mais clairement ça a un impact négatif sur l’UI de ce produit qu’est la NBA : la publicité à outrage et les matchs à rallonge. Enfin, le penchant très clair pour le jeu offensif au détriment de la défense peut en lasser plus d’un. Ce n’est pas seulement la faute du « 3 points », c’est un problème bien plus large que ça. Les fans NBA ont de moins en moins envie de regarder des parodies de rencontres, des All-star game sans un parquet rempli de stars, plusieurs soirs d’affilée.
Une fois encore, impossible de se montrer ferme et définitif. Aucune des trois solutions que je m’apprête à proposer ne garantit à coup sûr une remontée des audiences américaines. Personne ne détient la boule de cristal.
Solutions Proposées
Ce que je vais dire ne va pas plaire à tout le monde, mais c’est la vie. Adam Silver s’est toujours voulu précurseur pour initier des changements majeurs. Je pense qu’il est temps.
Temps de quoi ? De supprimer le format des deux conférences et de réduire drastiquement le nombre de matchs. Déjà, point mineur, la nouveauté attire l’œil et intéresse les suiveurs. Le play-in et le final four de la NBA cup ont été davantage suivis que des matchs de saison régulière lambda. Ensuite, réduire le nombre de matchs, par exemple au simple format aller-retour, c’est-à-dire 58 matchs dans un schéma avec 30 franchises, rendrait chaque rencontre excitante. Il n’y aurait plus de ventre mou, ou alors il serait bien plus court. La saison régulière ne connaitrait plus de temps mort. Un début de saison raté ? Il faudra cravacher dès aujourd’hui pour remonter. Il n’y aura plus de marge pour personne.
Paradoxalement, moins de matchs NBA rendrait le produit plus attractif pour les fans. Puis, supprimer les conférences et les divisions annulerait l’avantage compétitif d’être à l’Est. Toutes les franchises seraient sur un même pied d’égalité. La poule unique possède des défauts, mais ceux-ci sont atténués si toutes les équipes se rencontrent et le même nombre de fois. Dans cette optique, il faudrait logiquement passer dans un format 1-16 pour les play-offs, ce qui donnerait des séries inédites à tous les niveaux, et une plus grande chance de retrouver les deux meilleures équipes en finales NBA. Le play-in pourrait lui aussi être conservé. Ce n’est pas incompatible. Comment ? En qualifiant par exemple les quatorze premiers en play-offs, et en faisant le play-in entre les places 15 à 18.
Vous en conviendrez, il s’agit d’un point beaucoup plus aléatoire puisqu’une nouvelle fois personne n’est devin. Mais des noms comme Cooper Flagg, Paolo Banchero ou surtout Anthony Edwards sont en mesure de devenir un jour des visages de la grande ligue et d’incarner la bannière étoilée dans le cœur des Américains. Bien sûr, comme on l’a vu avec les stars américaines de la génération précédente, rien ne sera facile, mais ils représentent un espoir. Les fans américains resteront quoi qu’il arrive majoritaires à suivre la NBA. D’ailleurs, lorsqu’il est question d’une baisse ou d’une hausse d’audiences, c’est sur le territoire national. Pas ailleurs. Attention, je ne dis pas que les audiences resteront en baisse si des superstars non-américaines continuent de régner sur la ligue. Il n’y aura pas nécessairement un Messie qui va arriver et tout régler. Ce n’est pas ça. Ce que je dis, c’est que les Wembanyama, Doncic, Jokic, Giannis, etc., ne recevront pas autant d’engouement de la part du fan américain lambda, par rapport à n’import...
