Fin octobre, le monde du hockey sur glace a été secoué par un événement tragique : le décès de l'Américain Adam Johnson en Angleterre. L'onde de choc résonne encore sur toutes les patinoires du monde. Le 29 octobre, Adam Johnson, âgé de 29 ans, décédait à la suite d’une grave blessure au cou provoquée par une lame de patin en plein match de hockey sur glace en Angleterre.
Ce drame, survenu lors d'un match, a entraîné une enquête pour homicide involontaire et soulève des questions cruciales sur la sécurité des joueurs. Cet article revient sur les circonstances de l'accident, les réactions qu'il a suscitées et les mesures envisagées pour mieux protéger les joueurs.
Décès d'Adam Johnson au hockey sur glace - Accident tragique ou tragédie évitable ?
Que s'est-il passé ?
Le 28 octobre, sur la glace de la patinoire de Sheffield, un match oppose les Steelers aux Nottingham Panthers. Les locaux, leaders du championnat professionnel, mènent 2-1 lorsqu’à la 34e minute de jeu, le match est stoppé par les arbitres. Sur un contact banal entre deux joueurs, la jambe de l’un s’écarte et la lame du patin percute violemment la gorge de l’autre. Un accident rarissime dans ce sport où les sportifs et sportives sont protégés de la tête aux pieds, à l’exception de zones comme le bas du visage ou le cou.
Grièvement blessé, Adam Johnson est évacué vers l’hôpital, où il décédera quelques heures plus tard. Son club annonce sa mort le lendemain. Adam Johnson avait 29 ans. Il était né dans le Minnesota aux États-Unis en juin 1994 avant de connaître une carrière modeste de joueur de hockey, passant par la grande NHL (13 matchs aux Pittsburgh Penguins) en 2019 et 2020 avant de rejoindre l’Europe (Suède, Allemagne ou Angleterre).

Accident ou homicide involontaire ?
Le 14 novembre, la police de Sheffield a procédé à l’arrestation d’un homme dans le cadre d’une enquête pour « homicide involontaire ». Selon la loi britannique, les autorités ne peuvent diffuser le nom de l’interpellé mais il s’agirait bien, selon des médias nord-américains, de Matt Petgrave, le joueur canadien de Sheffield dont la lame du patin a causé la blessure mortelle d’Adam Johnson. Aux yeux du droit, cette enquête est « normale », informe la police britannique.
« Notre enquête a démarré immédiatement après cette tragédie et nous menons depuis une enquête approfondie pour reconstituer les événements qui ont conduit à la mort d’Adam dans ces circonstances sans précédent », détaille une porte-parole via un communiqué. La qualification d’homicide involontaire est très précise en droit britannique : il faudrait que l’auteur du coup soit reconnu d’imprudence ou de négligence criminelle. L’enquête pourrait durer plusieurs semaines. L’homme arrêté a été relâché le 15 novembre dans la journée. Un an et demi après la mort tragique d’Adam Johnson, joueur américain des Nottingham Panthers, le 28 octobre 2023, la BBC a annoncé ce mardi 29 avril qu’aucune poursuite pénale ne serait engagée contre le hockeyeur arrêté pour suspicion d’homicide involontaire. Cette même instance a déclaré avoir collaboré avec la police du comté du South Yorkshire afin de déterminer si des poursuites pénales devaient être engagées.
Les réactions au drame
En Angleterre, les rencontres de Nottingham ont toutes été reportées depuis quinze jours. Le club retrouve à peine son quotidien et organise un hommage ce samedi 18 novembre. Mais c’est tout le hockey sur glace mondial qui a été touché.
« Il y a un terrible effet de choc et de solidarité, soupire aujourd’hui Éric Ropert, directeur général de la Fédération française de hockey sur glace (FFHG). Comme souvent dans ces drames, il y a un sentiment d’appartenance à une famille qui provoque cet état d’esprit quand il arrive quelque chose de grave. Nous avons en plus une connexion avec le coach de Nottingham, qui est Jonathan Paredes (ancien entraîneur des Jokers de Cergy durant six ans). Il y a eu une sorte de sidération. »
Les nationalités de la victime (américaine) et du joueur incriminé (canadienne) donnent par ailleurs une immense résonance à ce drame en Amérique du nord, où le hockey est roi. Son ancien club de Pittsburgh a rendu un hommage vibrant à Adam Johnson quelques jours après son décès. « Le retentissement est énorme, confirme Éric Ropert. Pour avoir discuté avec Jonathan (Paredes), je sais que le club de Nottingham a reçu des messages du monde entier. »
Comment mieux protéger les joueurs ?
Les joueurs et joueuses de hockey sur glace disposent d’un grand nombre de protections (casques, coudières, épaulettes, gants…), pour la plupart obligatoires. La quasi-totalité du corps est à l’abri d’un potentiel coup de patin, à l’exception du bas du visage et du cou. Le protège-dents et le protège cou existent mais ne sont pas obligatoires en Angleterre. Ni en France, d’ailleurs, au-delà de la catégorie des moins de 20 ans, ou aux États-Unis dans la prestigieuse NHL.
En Europe, la Suède et la Finlande ont rendu obligatoire le protège cou après un drame similaire en 1995. Quant à l’Allemagne, il le deviendra à partir du 1er décembre. « Notre but est de réagir très vite, appuie Éric Ropert. Il ne faut pas oublier que l’on gère un sport où l’on doit prendre du plaisir et le plaisir passe aussi par la sécurité. C’est un problème mondial. »

Équipement de protection pour hockey sur glace
La FFHG l’a déjà affirmé : le protège cou sera obligatoire dès la saison prochaine sur toutes les patinoires de France. « La problématique actuelle est qu’on aimerait le rendre obligatoire le plus tôt possible mais que les stocks manquent, détaille le directeur général de la fédération. Certains des joueurs en avaient déjà et l’ont remis, d’autres ont acheté les quelques exemplaires en stock. Mais cela peut prendre plusieurs semaines, plusieurs mois pour obtenir les 8 000 pièces pour tous nos joueurs. On a interrogé les importateurs des grandes marques de matériel et on estime pouvoir communiquer d’ici une dizaine de jours sur le délai. »
Le hockey sur glace n’a cessé de faire évoluer ses règles de sécurité, à l’image d’un sport mécanique, afin de réagir à la croissance de sa pratique, tant en termes de participants qu’en termes d’accélération du jeu et de l’athlétisation de ses joueurs. « Nous avons cette question permanente : d’autres éléments peuvent-ils être améliorés ? » conclut Éric Ropert.
Tableau des mesures de sécurité concernant le protège-cou
| Pays | Obligation du protège-cou | Remarques |
|---|---|---|
| Suède | Oui | Depuis 1995 |
| Finlande | Oui | Depuis 1995 |
| Allemagne | Oui | À partir du 1er décembre |
| France | Oui | Saison prochaine |
| Angleterre | Non | - |
| États-Unis (NHL) | Non | - |