Les Accouchements d'Antan à Séné
La naissance d'un enfant n'a pas toujours eu lieu au sein d'une maternité et sous l'encadrement de chirurgiens obstétriciens et de sages-femmes. Qui s'est intéressé à la généalogie de sa famille a certainement découvert parmi ses aïeux, des enfants morts en bas âge ou décédés lors de l'accouchement.
A Séné comme dans tous nos villages, l'accouchement d'une femme enceinte était un événement difficile et dangereux pour la mère et l'enfant à naître. Si la vie de nos villages était rythmée par les baptêmes, les mariages ou les fêtes religieuses, les enterrements et les enterrements d'enfants morts en bas âge ou le jour de leur naissance, rappelaient aux Sinagots leur dure condition humaine.
Dans nos villages, des femmes accompagnaient les futures mères à cette épreuve: donner la vie. Ventrières, matrones, accoucheuses, leur désignation évolua vers le nom de sage-femme et depuis que cette profession s'est ouverte aux hommes, maïeuticien.
Le Rôle Crucial des Sages-Femmes
En effet, aux premières loges lors d'un accouchement, elles procédaient à un ondoiement ou un rapide baptême de l'enfant né quand sa vie semblait chancelante. La consultation des actes des registres des décès antérieurs à la Révolution Française est à ce titre riche d'enseignements. Pour peu que l'homme d'église en charge de rédiger l'acte de décès de l'enfant ait bien écrit et renseigné l'acte, on peut trouver des informations intéressantes.
Ainsi sur cet acte de décès peut-on lire: Ce jour treizième de juin mil sept cens vingt et trois a été enterré dans le cimetière de Séné, le corps d'une petite fille née le matin du jour du légitime mariage de Vincent Le Fur et de Guillemette Nicolas du village de Langle et décédée aussitôt après avoir été baptisée à la maison par une femme nommée Perrine Le Cerf qui a assisté reconnais avec Vincent Le Fur son père et Allain Nicolas qui ne signent.
On pressent que la fillette est peut-être morte-née ou bien les témoins jugeront qu'elle cria afin que l'être vivant fut baptisé avant sa mort. Il était important dans le rite chrétien que le baptême fut donné du vivant du nouveau né. Dans le cas contraire, son âme n'accédait pas au Paradis mais errait dans les Limbes.
Dans cet acte de 1725, le recteur en personne fut convié à l'accouchement, pour lequel on avait de mauvais pressentiments, et il put lui-même baptiser l'enfant né avant son décès: "Ce jour neuvième de mars mil sept cens ving cinq a été enterré dans le cimetière de Séné le corps d'une fille née la nuit dernière du légitime mariage de Guillaume Benoit et Anne Marin au village de Kerdavy décédée après avoir été baptisée par nous, soussigné recteur; on assisté au convois Michel Marin, femme Perrine Yvonne Marin et Vincent Laudrin qui ne savent signer. P.
Cet autre acte de 1725 nous apporte un élément intéressant: Le second jour de décembre mil sept cens vingt cinq a été enterré dans le cimetière de Séné, le corps d'une fille née hier au soir du légitime mariage de Joseph Benoit et Marie Le Doriol du village de Monsarac et décédée aussitôt après avoir été baptisée à la maison par une sage femme nommée Nicole Daniel. ont assité au convois Jospeh Benoit son père, Pierre Danet et Jean Benoit qui ne savent signer. P.
Sur cet autre acte de décès d'un enfant du village de Monsarac daté de 1732, on lit que la sage-femme était de Vannes, laissant entendre que les habitants de Séné pouvaient bénéficier de compétences existant dans la ville du diocèse. Cet acte de décès nous renseigne sur Olive Le Didrouc décédé en 1748, sage-femme qui officiait à Séné du temps du recteur Pierre Le Névé.
Sur d'autres actes, on lit le nom de la sage-femme: Marie Lefranc (acte décès Le Floch du 5/12/1739), Vincente Rolland (acte décès Uzel, 3/3/1740), Françoise Le Du (acte décès Pierre du 22/02/1743). L'acte de décès de l'enfant Le Pichon indique que le "sieur Guilloux, maître chirurgien à Vannes" baptisa l'enfant avant son décès. Pierre Patern GUILLOUX était maître chirurgien et juré au Rapport de Vannes.
Cet acte de décès de 1756 ne parle plus de baptême mais d'ondoiment: Le dixhuitième jour de juin l'an de grâce mil sept cens cinquante six a été inhumé dans le cimetière de Séné, le corps d'un enfant mâle ondoyé à la maison en cas de nécessité par Perrine Lefranc qui a déclaré ne savoir signer, décédé cette nuit chez Julien Benoist de Monsarrac pescheur charpentier & Vincente Rozo son épouse légitime. Celui-là a assisté à l'enterrement avec Pierre Lefranc, Mathurin Noblan & Julien Rolland qui ont déclaré ne savoir signer.
Cet acte de baptême nous rappelle que la naissance de jumeaux était toujours à craindre. Il faut d'abord rendre grâce au Recteur Le NEVE, qui n'oublie aucun décès de chrétiens à Séné, même quand il s'agit d'une enfant mort-né. Mais la principale raison réside dans les mauvaises conditions dans lesquelles avait lieu les accouchements.
Les sage-femmes étaient désignées par l'ensemble des femmes et le curé de la paroisse en raison de leur moralité et de leur foi chrétienne. Elles ne disposaient d'autres formations que celles issues d'observations et des conseils d'anciennes accoucheuses.
Le siècle de Pierre LE NEVE terrible pour les enfants à naître, va prendre fin avec la Révolution. Les successeurs JALLAY et COLENO n'auront pas la même attention à inscrire toutes leurs oiailles sur les registres de décès surtout quand elle vécurent qu'un bref instant. Par la suite, l'Etat Civil sera géré par la commune et l'aspect religieux, le fait de savoir si une sage-femme avait ondoyé ou baptisé un enfant mort-né n'est plus important. Leur nom n'est plus mentionné.
D'ailleurs à Séné, les actes de décès de la Révolution à l'Empire ne comportent que très peu d'actes d'enfants morts "anonymes".
L'Évolution des Bureaux de Poste dans le Morbihan
En France, le 15 octobre 1576, un édit du roi Henri III vint instituer dans chaque baillage un messager royal pour le transport des procédures. Il leur était permis de charger également des lettres pour les particuliers et des marchandises légères. En Bretagne, le pouvoir du roi de France se heurte à la résistance des Etats de Bretagne depuis son union à la France en 1532. Le coût de l’entretien des routes lui fait craindre de nouveaux impôts et de nouvelles corvées pour les paroisses.
Cette attitude explique le retard pris par la Bretagne dans l’établissement de relais de poste. Jusqu’en 1666, sur les cartes géographiques des relais de poste, il y a en 623 à l’époque, la Bretagne fait tache blanche. La situation évolue à partir de 1666, quand Louis XIV ordonne «d’établir sur le champ des liaisons en sorte que sa Majesté puisse envoyer des ordres aux officiers de son armée navale et recevoir réponse.
La carte des relais de postes dressée en 1676 par les sieurs Samson, géographes ordinaires du roi, montre que seule la poste de Paris à Brest est établie ; entre Rennes et Brest on compte 11 relais. Le ministre Louvois établit un monopole des postes dont il confie la gestion à un fermier général moyennent finances, c’est une étape de plus vers le service public des postes. Les relais de poste tenus par les "maîtres de poste" restent sous la direction du roi. Par un arrêt du conseil du roi en 1738, une nouvelle impulsion royale est donnée à l’organisation des relais de poste en Bretagne.
Il y est souligné, « que la province de Bretagne, se trouve privée des avantages que lui pourrait procurer l’établissement de la poste bien réglée dans les principales routes de la Province. » L’arrêt ordonne : "qu’il sera dorénavant établi dans la dite province de Bretagne des postes en tel nombre et dans tels lieux qu’il sera jugé nécessaire". Faute d’argent, les choses traînent. Il faut attendre 1756 et les années suivantes pour que le nouveau commandant en chef en Bretagne, le duc d’Aiguillon, lancent un véritable programme d’amélioration ou de création des grands chemins en Bretagne".

Le premier bureau de poste ouvre néanmoins à Vannes en 1644, Port-Louis (1664), Hennebont (1676), Auray (1700) et Lorient en 1720. (Source: Histoire de la Poste en Mobihan). On ne sait où se situait le 1er bureau de poste à Vannes. Tout au long du XVIII°s, le bureau changea à plusieurs reprises d'adresse. Il fut situé place des Lices.
En 1845, le bureau a été transféré sur la port, place du Morbihan: "il est maintenant accessible aux voitures mais ce lieu est éloigné du centre". Il déménage ensuite à l'angle de la rue de la République et de la rue Thiers, avant 1900, dans un immeuble réalisé par l'artchitecte Le Fol: "le bureau était large de 15m et profond de 10m au maximum, 5 ou 6 guichetiers étaient de service même le dimanche". En 1913, les services de la Direction Départementale sont transférés au n°18 rue Emile Biurgault. Le 9 octobre 1958, le nouveau bureau de poste a été inauguré place de la République.
A ces débuts, les directeurs des postes encaissaient le prix de la lettre qu'ils réclamaient au destinataire. Les courriers à cheval acheminaient les dépêches d'un bureau à l'autre grâce aux relais de la poste aux chevaux. Le "Maître des Postes" prenait des chevaux et le cavalier ou postillon chevauchait les 7 lieues qui le sépraient d'un relai à un autre.
Toutefois, l'échange des premiers courriers et correspondances demeuraient l'apanage des plus dotés du Royaume, clergé, militaire et noblesse. En 1758, Gilles LOISELEUR est titulaire du marché de Nantes à Vannes pour 6.000 livres par an. Séné conserve un vestige de cette époque où l'on se déplace beaucoup à cheval. L'actuel bar-brasserie Le Suroit est l'ancien relai de la Ville-en-Bois déjà figuré sur cette carte du XVIII°siècle. Sans doute une halte avant d'atteindre le relai de poste de Vannes. Dans le second bâtiment, on peut encore voir les crochets au mur auquels étaient attachés les chevaux.
L'Établissement Général des Messageries (dit Messageries Nationales, Messageries Impériales ou bien Messageries Royales selon les périodes) est une compagnie française de diligences fondée en 1798. 1835, on ne compte encore que le bureau de poste de Vannes, Auray et Sarzeau. Invention britannique, c'est en 1849 qu'est émis le premier timbre-poste français, à l'effigie de Cérès, déesse des moissons, à laquelle succédera le profil de Napoléon III en 1852.
Dès lors c'est expéditeur qui paye les frais d'acheminement du courrier. Le développement d'un transport spécifique du courrier, régulier, s'accompagne également du transport de passagers, dans les fameuses malles-postes. En mars 1854, un service en voiture desservant les bureaux de la Roche-Bernard, Muzillac et Vannes est créé. Un marché est passé avec la Compagnie des Messageries Impériale. Il sera supprimé en 1862.
En janvier 1826, un service Nantes à Lorient, passant par Vannes et Hennebont avec pour titulaires successifs, Elie, sa veuve, puis la Cie de Messagerie Générales. En 1863, des boîtes mobiles sont installées sur ce service. En octobre 1862, un service en voiture de la gare au bureau à six ordinaires a été créé avec pour titulaire Gloux. Par la suite, le développement de la poste suit celui des transports: diligence avec cocher, train avec personnel ambulant.
Facteur distribuant le courrier en ville puis essor du nombre de facteurs ruraux, depuis leur création en 1832 pour desservir les communes de France, d'abord à pied puis à bicyclette. On retrouve trace d'un facteur rural affecté à la distribution du courrier sur la commune de Séné en 1880. Victor Marie GUILLO né le 28/12/1853 à Séné, est le fils d'un préposé des douanes et d'une ménagère.
Cet enfant du pays sera choisi pour assurer les tournées de la commune. Il se marie le 26/8/1878 avec Marie Vincente TATIBOIT, qui est cabaretière à Vannes au 4 rue du Petit Couvent. Il déclare le métier de facteur lors de la niassance de leur premier enfant à Vannes en 1879. Sa carrière le conduira sur Ergué Armel près de Quimper avant de revenir sur Vannes. Il est en poste à Lorient en 1894 lors de la naissance de son enfant Victor Pierre.
Une recherche sur le site des Archives du Morbihan, presse ancienne numérisée, avec les mots clefs "facteur rural" montrent les nombreuses affectations de ces facteurs ruraux dans les communes de Theix, Elven, Arradon etc.. mais aucune pour la commune de Séné. On note des "facteurs ruraux" à Vannes sans doute chargés des tournées de courriers sur la commune voisine de Séné. Cette hypothèse semble probable car aucun des dénombrements de 1886, 1891 et jusqu'en 1921, ne mentionne la présence sur Séné d'un facteur.
Cette coupure de presse de 1889 rend compte des délibération du Conseil Général du Morbihan. En mars 1896, les habitants de Brouel et de Falguérec demendent que le facteur n°7 qui dessert les villages du Berly Bras aux Quatre Vents, desserve également leurs villages car ils reçoivent leurs lettres à la fin de la tournée du facteur n°3 chargé de la levée de boîte, ce qui leur donne un retard d'un jour pour répondre aux lettres.
En août 1898, les habitants des villages de Cadouarn, Cariel et Canivarc'h sollicitent l'établissement d'une boîte aux lettres contre la maison Lefranc, buraliste à Cadouarn. Où était situé à Séné ce premier bureau des Poste? Sur cette 1ère carte postale ancienne, on peut voir le départ d'un facteur à bicyclette et du courrier en malle-poste devant le siège de la Poste & Télégraphe d'Arradon. A cette époque le siège du receveur buraliste était situé sur la rue principale.
Receveurs buralistes et personnel de la Poste & Télégraphe, faisaient parti du même Ministère. En avril 1905, la conseil municipal de Séné donne son accord pour recevoir une cabine téléphonique dans la commune. Cet autre extrait de du bulletin porte également sur la création d'une cabine à Séné en janvier 1914, à la veille de la Grande Guerre.
La correspondance entre les soldats mobilisés au front et leur famille jouera un grand rôle dans la capacité de resistance du peuple français. Au sortir de la guerre, Séné qui compte alors plus de 2500 hab accueille un receveur des postes, habitant la commune comme l'indique le dénombrement de 1921.
Pour entrer dans l'administration , Victor TUFFIGO founrnit plusieurs pièces que l'on retrouve dans son dossier personnel aux archives du Morbihan. Pendant son service dans la marine, il est apprenti timonier à bord du Calédonien, sanctionné le 11/6/1909 par un Certificat de Bonne Conduite et de capacité. Ensuite il est timonier breveté sur le Jules Ferry, sanctionné le 5/4/1911. Le 3/5/1913 il se fait vacciner.
Le 30/4/1913, la mairie de Quiberon lui adresse un certificat de Bonne vie & Moeurs. Le 3/5/1913, il postule par courrier pour un poste de facteur. Il reçoit un avis positif le 10/5/1913. Il entre dans l'administration le 1/11/1913 comme facteur rural à Quiberon. A l'issue de la Grande Guerre, il est Quartier Maître de manoeuvre [aller au SHD de Lorient].
Mis en congé illimité de démobilisation, il vit quelques temps à La Rochelle, où nait son fils Jean Victor [5/12/1918-31/7/1991], fruit de son union avec Anne Angélique LE DIVELLEC [date mariage?]. Il revient en Morbihan et il réintègre l'administration par u...
Robin Le Normand: Un Breton en Route vers le Succès Espagnol
Robin Le Normand continue de performer avec son club de la Real Sociedad. Titulaire indiscutable, il est un joueur charnière du club espagnol avec lequel il a entamé sa cinquième saison. Ses performances auraient pu lui ouvrir les portes de l'équipe de France qu'il souhaite un jour représenter.
En 2021, dans un entretien accordé à Eurosport, il a avoué que "ce serait une fierté d'en faire partie. Depuis, il y a eu la Coupe du monde de football au Qatar en 2022 et Robin Le Normand s'attendait à être appelé. "Ma non convocation pour le Mondial 2022 ? Ça été dur. Surtout après la blessure de Presnel Kimpembe. Forcément tu y penses car je sortais d'une saison où j'avais bien fait les choses", a t-il expliqué en février 2023.
Il serait sur le point d'obtenir la nationalité espagnole. "Pour ma part, tous les papiers sont faits", a-t-il expliqué dans une interview à Movistar +. "Où j'ai été formé ? Où j'ai réalisé mon rêve d'enfant ?
Robin Aimé Robert Le Normand est né le 11 novembre 1996 à Pabu, une petite commune située dans le département des Côtes-d'Armor en Bretagne, France. Il commence sa carrière de footballeur au Stade Brestois 29, un club de sa région natale, où il intègre le centre de formation.
Le 5 juillet 2016, Robin Le Normand prend un tournant décisif dans sa carrière en rejoignant la Real Sociedad, un club évoluant dans la Liga espagnole. Il quitte alors Brest pour s’installer en Espagne, où il continue à se développer et à peaufiner son jeu. Au fil des saisons, Le Normand devient un joueur clé de la défense de la Real Sociedad. Sa capacité à lire le jeu et son habileté dans les duels aériens le rendent indispensable.
Le 3 août 2024, après huit années enrichissantes à la Real Sociedad, Robin Le Normand fait un transfert majeur vers l'Atlético Madrid pour un montant de 34,5 millions d'euros. Ce transfert important souligne sa progression constante et son statut de joueur de premier plan.
Robin Le Normand est reconnu pour son style de jeu robuste ainsi que pour sa capacité à organiser la défense. Robin Aimé Robert Le Normand est âgé de 29 ans. Robin Aimé Robert Le Normand occupe actuellement le poste de défenseur à Atletico Madrid. Depuis le début sa carrière en matchs officiels (hors matchs amicaux), Robin Aimé Robert Le Normand a marqué 16 but(s) en 352 matche(s).
Actualité de Robin Le Normand (juin 2024)
L'Espagne affronte la Géorgie ce dimanche (21h en live commenté sur TF1info) à l'occasion des huitièmes de finale de l'Euro. Pour réaliser l'exploit, les Géorgiens devront faire sauter le verrou espagnol, symbolisé par le défenseur Robin Le Normand.
À 27 ans, ce natif des Côtes-d'Armor avait tout pour être le futur des Bleus... avant d'en décider autrement. Né en France, international prometteur, travailleur de l'ombre... Robin Le Normand aurait tout d'un titulaire parfait ce lundi, dans la défense tricolore, pour affronter la Belgique (ce lundi 1ᵉʳ juillet à 18h en direct sur TF1, TF1+ (nouvelle fenêtre) et en live commenté sur TF1info). Du moins, sportivement. Né dans les Côtes-d'Armor en 1996, il a choisi de représenter l'Espagne, son pays d'adoption, qu'il a rejoint à ses 19 ans.
La Real Sociedad, forte de l'éclosion d'Antoine Griezmann sous ses couleurs, le repère alors qu'il n'est pas conservé par le Stade Brestois, en 2016. Il "rêvait" des Bleus...À Saint-Sébastien, Robin Le Normand apprend sous la responsabilité d'Éric Olhats, ancien mentor du vice-capitaine de l'équipe de France. Mais ses débuts ne sont pas rêvés. Son adaptation est "compliquée", confie-t-il dans un entretien accordé à l'AFP en 2019. "C'est l'étape la plus dure de ma carrière." Le Normand s'accroche, progresse et se fait un nom au sein de l'effectif du club basque.
Depuis, il enchaîne les saisons réussies : 37 rencontres de championnat sur 38 disputées en 2021/2022, 33 un an plus tard... Le Normand fait son trou et s'impose comme un titulaire au sein de l'une des meilleures défenses du pays. Au point d'attirer l'œil des sélections. S'il confie avoir "discuté avec Didier Deschamps" qui "le regardait et l'appréciait", le Français choisit finalement l'Espagne pour y composer une charnière centrale aux airs tricolores, en compagnie d'Aymeric Laporte. "L'équipe de France, bien sûr, j'en rêve, comme tout joueur français", déclarait pourtant Robin Le Normand en 2019.... et est devenu le "futur du football espagnol"
Luis de La Fuente, successeur de Luis Enrique à la tête de la Roja, rêve aussi de lui. Et l'intérêt est réciproque. Au printemps 2023, le ministre de la Justice espagnol propose au gouvernement la naturalisation de Robin Le Normand "compte tenu des circonstances exceptionnelles". Démarche validée : le 23 mai, le natif de Pabu est officiellement naturalisé espagnol.
De l'autre côté des Pyrénées, on se réjouit d'une décision passée presque sous les radars en France. "C'est le futur du football espagnol", se félicitait Luis de La Fuente en juin 2023. "Nous le voyons jouer toutes les semaines, nous connaissons ses qualités. Il est très calme, il a démontré qu'il était un grand joueur."
Un "grand joueur" qui n'a pas fini de franchir les étapes. Depuis, Robin Le Normand n'a manqué qu'une seule rencontre de l'Espagne (14 sélections, un but) et participe cet été à son premier Euro en Allemagne. Il rêve d'un deuxième trophée majeur, après avoir remporté la Ligue des Nations 2023 avec la Roja. Sur la route du sacre, il pourrait croiser Kylian Mbappé, Antoine Griezmann et les Bleus en demi-finale.