L'ex-international de l’équipe de France de football Jean-Pierre Adams, qui formait la Garde noire aux côtés de Marius Trésor dans les années 70, est décédé. Il nous a définitivement quittés après 39 années passées dans le coma, suite à une terrible erreur médicale.
Le 6 septembre 2021, l’ancien défenseur international français Jean-Pierre Adams est mort à l’âge de 73 ans, ont annoncé ses anciens clubs de Nice, Nîmes et du Paris-Saint-Germain (PSG). Plongé dans un état végétatif depuis 39 ans, il nous a définitivement quittés dans la matinée au CHU de Nîmes, près de 40 ans après une erreur d’anesthésie qui l’a réduit au silence.
Retour sur le parcours tragique d'un homme, d'un sportif, et l'histoire d'un amour inébranlable.
38 ans dans le coma : L’histoire bouleversante de Jean-Pierre Adams"
Une carrière prometteuse brisée net
Au mitan des années 70, Jean-Pierre Adams était l’un des meilleurs défenseurs du football français. Le natif de Dakar, mort ce lundi matin à l’âge de 73 ans après trente-neuf ans passés dans le coma, formait alors avec le Guadeloupéen Marius Trésor un duo redoutable, qui faisait le bonheur de l’équipe de France. La «garde noire», comme les surnommaient alors les observateurs.

Jean-Pierre Adams et Marius Trésor, la "Garde Noire" de l'équipe de France.
L’ancien footballeur, né en 1948 à Dakar, a notamment marqué l’histoire des Bleus par la célèbre charnière centrale défensive qu’il formait avec Marius Trésor. Jean-Pierre Adams était ainsi également passé par Nîmes, l’OGC Nice et le PSG. Il a notamment été vice-champion de France en 1972 avec Nîmes, puis en 1976 avec Nice.
Un destin bascule lors d'une opération bénigne
C’était avant le 17 mars 1982, le jour où tout s’est effondré. Le 17 mars 1982, cet ancien défenseur central passé par le l’OGC Nice et le Paris Saint-Germain s’apprête à embrasser une douce vie de retraité des terrains de football lorsqu’il est admis à l’hôpital Edouard-Herriot de Lyon à la suite d’une rupture du ligament du genou.
Une opération somme toute banale l’attend, a fortiori pour un ancien sportif de haut niveau, une opération comme on en fait des centaines en France chaque année.
Il adresse ses derniers mots à sa femme: "Tout va bien, je suis en pleine forme. C’est à 11h que je vais être opéré. Pense à moi quand même, mais viens me chercher dans huit jours, et n’oublie pas alors, une paire de béquilles !" Tels seront ses derniers mots, selon Vice, qui avait enquêté sur ce tragique accident. Jean-Pierre Adams ne s’est plus jamais réveillé.
Cette année, une simple opération du genou fait basculer sa vie. À cause d’une erreur d’anesthésie, le footballeur alors âgé de 34 ans tombe dans un coma profond. Il n'en était plus sorti depuis. Pendant près de 40 ans, il se trouvait dans un état végétatif.
Les causes de l'accident
Une succession d’erreurs dramatiques: un stagiaire qui se mélange, un seul anesthésiste présent sur place en raison d'une grève dans l'établissement hospitalier, et c’est une vie qui se termine, d’autres qui sont anéanties par la rancœur et le chagrin.
"Il a été mal intubé avec une sonde dans une bronche au lieu de ventiler les deux, l'anesthésiste a endormi 8 patients à la chaîne, et puis la surveillance de mon mari a été confiée à un stagiaire redoublant qui a avoué au tribunal n'avoir pas été à la hauteur", racontait Bernadette Adams, l’épouse du footballeur, en 2007.
Jean-Pierre Adams a fait un bronchospasme, son cerveau a été privé d'oxygène, créant des lésions irréversibles, et il est tombé dans un état végétatif. Deux médecins anesthésistes et les hospices civils de Lyon avaient été condamnés, à la fin des années 1980 et au début des années 1990, pour leur responsabilité dans l’accident qui avait plongé Jean-Pierre Adams dans le coma. Devant le tribunal, les médecins - dont un stagiaire - avaient notamment mis en avant leur surcharge de travail.
L'amour et le dévouement de Bernadette Adams
La sécurité sociale prévient très rapidement Bernadette Adams que son époux ne sera plus pris en charge en milieu hospitalier à partir de juin 1983. Le perdre définitivement, elle ne peut s’y résoudre. Après s’être renseignée sur des centres hospitaliers susceptibles de l’accueillir, elle choisit finalement de le ramener à la maison.

Bernadette Adams et Jean-Pierre Adams en 2007.
Pendant près de quarante années, elle va vivre à son chevet, organiser un emploi du temps qui s’articule autour de son mari, installé sur un lit médicalisé dans une chambre aménagée. Bernadette Adams veille sans relâche: "C’était la meilleure solution. Si je ne l’avais pas pris avec moi, je pense qu’il ne serait plus là aujourd’hui vu l’état dans lequel je l’ai récupéré", confiait-elle au Point en 2019.
Bernadette Adams n'a jamais cessé de veiller sur lui, jusqu'à la fin. Elle a toujours refusé d’envisager une euthanasie. L’épouse de l’ex-international s'est toujours positionnée contre l’euthanasie: "On ne m'a jamais posé la question pour Jean-Pierre, parce qu'il n'a été branché dans le coma que quelques semaines, mais j'aurais dit non, certainement, expliquait-elle encore au Point en 2019.
Les moments témoignant du temps qui passe sont légion dans cette deuxième vie qu’elle aura entièrement consacrée à son mari. Sa plus grande crainte, ces dernières années ? Partir avant lui. Dans une interview à Midi Libre, Bernadette Adams avouait que certaines journées étaient compliquées. Pour autant, elle n’envisageait pas un seul instant de se séparer de son époux, encore moins d’abréger ses souffrances.