Joueurs Comoriens Ayant Évolué au Paris Saint-Germain (PSG)

Le Paris Saint-Germain (PSG) a vu passer plusieurs joueurs d'origine comorienne au fil des années. Cet article met en lumière certains de ces joueurs, retraçant leurs parcours et leurs contributions au club.

Anfane Ahamada Mze: Un Espoir en Quête de Temps de Jeu

Professionnel depuis l’été 2020, le Comorien Anfane Ahamada Mze n’a disputé que deux rencontres en amical avec l’équipe première du PSG. Avec le PSG, il restait encore un an de contrat à Anfane Ahamada Mze. Ce prêt jusqu’à la fin de la saison en National ne peut être que bénéfique pour le jeune Ahamada (20 ans). Même s’il aurait pu espérer mieux, une Ligue 2 par exemple, Martigues peut lui offrir cette marge de progression dont il a tant besoin. Et surtout de l’expérience pour celui qui a pris part en juin dernier avec les Comores U21 au Tournoi Maurice Revello. Une situation complexe qui ne concerne pas que lui seulement.

Nakibou Aboubakari: De la Région Parisienne à International Comorien

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Nakibou Aboubakari, international comorien de 31 ans, est le capitaine de l’équipe de R1. Chez lui, à Langueux, il se livre sur les moments marquants et les tournants qui ont façonné sa carrière. Nakibou Aboubakari, 31 ans, a vu du pays. Il n’est pas étranger à la première moitié de saison remarquable du Club olympique briochin (Côtes-d’Armor). Nakibou Aboubakari et la Bretagne, c’est une longue histoire. Et elle commence mal, lorsqu’à ses 15 ans, et tout juste libéré par le PSG après une saison gâchée par la maladie d’Osgood-Schlatter, le natif de Saint-Denis débarque à Guingamp.

N.A : J’ai commencé le foot à Garges, chez moi, en région parisienne. En poussins, nous avons participé au tournoi du Parc des Princes, en 2003. Le superviseur du Paris Saint-Germain nous a demandé à moi et à mon meilleur pote, qui l’est encore aujourd’hui, de faire un essai. C’était une fierté. C’est à ce moment-là que j’ai réalisé que j’étais dans le monde du football. Tous les week-ends, nous étions attendus partout. La pression existait déjà et j’aimais ça.

Lors de ma dernière saison au PSG, en moins de 14 ans fédéraux, je n’ai pas beaucoup joué à cause d’une affection du genou. Je suis de la génération d’Alphonse Aréola, Youssouf Sabaly, Jean-Christophe Bahebeck, Abdelrafik Gérard… Physiquement, j’étais frêle et les dirigeants m’ont dit que je ne rentrais pas dans les exigences du centre de formation. Alphonse Aréola, gardien international tricolore, a évolué avec Nakibou Aboubakari chez les Titis parisiens.

Guingamp, Chypre, et Retour en Bretagne

Troyes, Valenciennes, Guingamp, Caen… J’ai choisi Guingamp parce que le feeling était bien passé avec le coach Philippe Lemaire. Je connaissais des joueurs comme Giannelli Imbula, le joueur le plus fort que j’ai croisé, Baïssama Sankoh, mon voisin à Paris, et Willem Pierre-Charles. Je savais que c’était un bon club formateur d’après ce que m’avait raconté mon cousin Kemal Bourhani. J’ai fait mes classes à Guingamp et je n’en garde que de bons souvenirs. C’était un peu compliqué au début pour un jeune venant de Paris, l’environnement était complètement différent. Moins de 17 ans, moins de 19 ans, la réserve et puis le groupe professionnel assez tôt.

En 2010, le club descend en National. Faute de moyens, il comptait sur les jeunes : moi, Baïssama Sankoh, Giannelli Imbula et Rachid Alioui. En 2011, nous atteignons les quarts de finale de la Gambardella contre Monaco. Nous menions deux buts à zéro en première mi-temps et sans Giannelli Imbula. Je le dis encore aujourd’hui, si notre gardien n’avait pas pris le rouge, nous aurions gagné la coupe.

Au départ, je jouais excentré gauche. La saison suivante, j’ai joué uniquement avec la réserve. Jocelyn Gourvennec m’a repositionné milieu axial à l’entraînement, en début de saison. Il me reprochait de ne pas défendre suffisamment. Avec la B, cela devait être une histoire de quelques matchs à ce poste. Mais Coco Michel a été séduit et j’ai joué toute la saison comme box to box.

A la fin de la saison, l’équipe première monte en Ligue 1. J’avais 20 ans et n’étais pas un crack capable de chambouler l’équipe. Il fallait recruter des joueurs expérimentés pour se maintenir. C’est là que mon manque de patience m’a tué. Le club décide de garder Julien Bègue et Laurent Dos Santos de la génération 1993, en réserve, dans un premier temps. Moi, têtu, je voulais signer un contrat professionnel immédiatement.

Le seul contrat professionnel que j’avais sur la table venait de la part de l’Olympiakos Nicosie, à Chypre. Le club venait de descendre en deuxième division avec l’objectif de remonter. J’ai fait une saison pleine. J’étais bien logé, au soleil… Humainement, c’était dur parce que j’étais tout seul. Pendant l’été 2013, j’ai passé un essai à l’Apollon Limassol, en première division. Les dirigeants voulaient que je signe un contrat. Mais mon avenir dépendait de la qualification ou non en Ligue Europa à la fin du mois d’août. Je refuse d’attendre et reviens en France au début du mois d’août. Les effectifs sont déjà dessinés.

Puis, je suis revenu à Guingamp pour m’entraîner. Les semaines passaient et toujours pas d’opportunités. J’ai décidé de prendre une licence à Saint-Brieuc, en N3. Il voulait que je revienne pour encadrer les jeunes notamment. Nakibou Aboubakari a fait le bonheur du Stade briochin. Il m’a annoncé aussi que Sylvain Didot, mon entraîneur à Saint-Brieuc, devait être sur le banc guingampais à la reprise. J’ai signé à Guingamp. Mais c’était un peu compliqué parce que j’avais 25 ans et ne jouais qu’avec des jeunes. Je m’entraînais avec les pros mais Antoine Kombouaré, le coach de la A en Ligue 1, ne me calculait même pas. Je pense qu’il me voyait comme le petit jeune qui montait de la réserve. Le milieu de terrain a porté les couleurs d’En Avant de 2008 à 2013, puis entre 2017 et 2018.

Alors, j’ai cassé mon contrat et préféré revenir au Stade briochin jouer avec mes potes. Trois mois après, Antoine Kombouaré a été viré. Sylvain Didot a assuré l’intérim. Encore une fois, j’ai manqué de patience. Sylvain Didot, c’est le coach qui m’a fait redescendre sur terre. J’avais toujours bénéficié d’un certain confort.

L'Expérience Internationale et le Retour en Bretagne

Mes parents, mes deux grands frères et ma grande sœur sont nés aux Comores. Je suis le premier à être né en France.En 2011, je suis sélectionné pour la première fois en équipe nationale, à 18 ans. La sélection venait de se créer. Elle était constituée de jeunes joueurs évoluant en centre de formation.En janvier 2022, j’ai participé à la Coupe d’Afrique des Nations. Le meilleur souvenir de ma vie même si c’était pendant la période de la pandémie. Nous partagions l’hôtel avec la sélection du Maroc. Dans l’ascenseur, nous croisions des stars.

J’aurais pu signer à Laval, en National, mais pour ce faire, il fallait que je renonce à la Coupe d’Afrique des Nations avec mon pays. C’était hors de question ! La première de l’histoire des Comores.

Dans l’urgence, j’ai signé à Sète. Le contexte économique n’était pas bon. La mairie ne versait pas d’argent au club qui a fini par descendre administrativement. J’ai rejoint Fleury à la mi-saison. Je ne pouvais pas refuser un contrat fédéral. Il faut subvenir aux besoins de sa famille. Le club a pris en charge mon déménagement pendant que j’étais à la Can.

J’ai failli rejoindre Granville mais impossible de se loger. C’est pourquoi nous avons décidé de revenir en Bretagne. Ma femme était enceinte. J’étais au chômage donc ce n’était pas évident de trouver une maison. Finalement, nous avons visité une maison à Langueux. Le propriétaire est un dirigeant du club de Langueux. Je lui ai dit : si tu nous loues la maison, je signe à Langueux. C’est ce que j’ai fait.

Enfin, cet été, j’ai rejoint le Club olympique briochin. Je joue en R1. C’est super ! Nous avons un bon groupe, des joueurs sérieux et investis. Nous avons été invaincus longtemps en championnat. Nous allons revoir nos ambitions à la hausse. Et puis, il y a eu ce beau parcours en coupe de France. Nous perdons contre Saint-Malo sur des faits de jeu. La Bretagne, c’est chez moi. Je suis arrivé ici à 15 ans. Mon premier appartement, c’était à Guingamp. Je vis à Langueux avec ma femme et mes quatre garçons. Tout le monde va bien. Nous nous plaisons ici et nous avons des projets en tête. Actuellement, je suis une formation d’entraîneur, le BEF. Le Club olympique briochin m’a chargé de m’occuper des U16 en R2. C’est obligatoire pour obtenir le diplôme qui me permettra d’entraîner les seniors jusqu’en R1.

Tableau récapitulatif du parcours de Nakibou Aboubakari

Période Club Division
Début Garges -
2003 PSG (essai) -
2008-2013 Guingamp Diverses (Formation)
2013 Olympiakos Nicosie Deuxième Division (Chypre)
- Apollon Limassol (essai) Première Division (Chypre)
- Saint-Brieuc N3
2017-2018 Guingamp -
- Stade briochin -
- Laval (contact) -
- Sète -
- Fleury -
Actuel Club olympique briochin R1

El Fardou Ben Mohamed: L'Expérience de la Ligue des Champions

El Fardou Ben Mohamed, milieu franco-comorien de l'Étoile Rouge Belgrade, a affronté le PSG en Ligue des champions. L'Étoile rouge de Belgrade, qui reçoit le PSG mardi pour la dernière journée de la phase de groupes de Ligue des champions, est « une autre équipe » quand elle joue à domicile, a prévenu le Franco-Comorien El Fardou Ben Mohamed, le milieu offensif du club serbe, interrogé en conférence d'avant-match lundi à la mi-journée.

« Le premier match (victoire du PSG 6-1, le 3 octobre), on les a beaucoup respectés. Là, on va jouer chez nous, et chez nous, on est une autre équipe », a-t-il expliqué. Dans son stade Marakana, le champion serbe a en effet été jusqu'à présent intraitable en C1, et n'a pas encaissé le moindre but face à Naples (0-0) et Liverpool (2-0).« Demain (mardi) je pense que ça va être un match très différent de notre part, on essayera de faire notre maximum pour remporter le match, mais après il faut respecter le PSG car c'est une grande équipe », a ajouté Ben Mohamed. Une victoire des Parisiens qualifierait à coup sûr le PSG pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions. En revanche, l'Étoile rouge pourrait elle, en cas de victoire, entrevoir la troisième place, synonyme de reversement en Ligue Europa.

Que ressentez-vous au lendemain de cette déroute ?Je m’attendais à une soirée difficile, mais pas à ce point… Perdre, oui, mais sur un tel score, ça fait mal. Le Paris-SG était beaucoup trop fort pour nous. On a vu la différence qui nous séparait d’une des meilleures équipes du monde.

À Paris, vous avez tenu vingt minutes. Mais après l’ouverture du score de Neymar, ça a craqué de partout…Dès le coup d’envoi, les Parisiens ont mis la pression. Ils voulaient gagner, se racheter après leur défaite à Liverpool (3-2). On a résisté vingt minutes. Et après, nous n’y étions plus. Mentalement, ce but nous a fait beaucoup de mal. Et comme le second est arrivé juste après, c’est devenu encore plus compliqué. On courait après le ballon, nous n’étions pas assez présent dans les duels. Je crois que nous avons beaucoup trop respecté le PSG.

Oui. À 4-0 à la mi-temps, la crainte est forcément de prendre une valise…On a fait une seconde période moins mauvaise, puisque nous avons marqué un but. Mais ce n’était pas assez. Prendre six buts en Ligue des champions, ça fait mal. Je craignais un peu cela. Il fallait qu’on se remobilise, qu’on soit plus solides. C’est ce qu’a demandé notre coach Milojevic. Être plus présents dans les duels, essayer de jouer et d’arrêter d’encaisser des buts. On a fait une seconde période moins mauvaise, puisque nous avons marqué un but. Mais ce n’était pas assez.

Neymar était mercredi dans un très grand soir…C’était son jour. Il était tout simplement inarrêtable ! Cela ne me surprend pas, car c’est vraiment un très grand joueur. Tout ce qu’il tentait, il le réussissait. Quand on affronte un joueur de ce niveau qui est dans une telle forme, on ne peut pas faire grand-chose… Il n’y avait pas que lui… Toute l’équipe parisienne a réalisé une grosse performance. J’ai été aussi impressionné par Verratti. Il a une grosse qualité technique, il perd très peu de ballons. Il est très important pour son équipe.

Comment vos supporters ont-ils réagi ?Ils étaient évidemment déçus par le score. C’est normal. Mais ce sont des gens qui aiment profondément leur club. Ils sont heureux de retrouver la Ligue des champions après vingt-sept ans d’absence. D’ailleurs, quand on a réduit le score, alors que Paris menait 5-0, ils l’ont montré. Après le match, comme c’est la tradition, nous avons communié avec eux.

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