Le Parcours Singulier d'Edvin Murati et l'Héritage de Lorik Cana dans le Football Français

Le football est souvent une histoire de destins croisés, de parcours atypiques et de légendes qui se forgent entre deux clubs rivaux. Cet article explore le parcours unique d'Edvin Murati, un Albanais qui a côtoyé les plus grands joueurs du PSG des années 1990, et l'héritage de Lorik Cana, figure emblématique du football albanais, partagé entre le Paris Saint-Germain (PSG) et l'Olympique de Marseille (OM).

Il n'a jamais joué le moindre match de foot en club en Albanie, mais occupe une place toute particulière dans le cœur des supporters de ce pays. En France, il a côtoyé certains des plus grands joueurs de l'histoire du Championnat à la grande époque du PSG des années 1990, mais est peu connu du grand public. Atypique, le parcours d'Edvin Murati l'est certainement, tout en échappant au cliché du conte de fée footballistique.

L'Odyssée d'un Jeune Albanais Vers le PSG

C'est l'histoire d'un jeune Albanais clandestin devenu joueur professionnel en France. Mais contrairement à beaucoup d'autres, il n'a pas fui la misère. Son père était le cuisinier du chef d'Etat Ramiz Alia, ce qui peut servir dans un régime communiste autoritaire, et sa mère vendeuse de charcuterie. «Il ne nous manquait rien, se souvient-il. On était dans une famille aisée, on n'était pas si mal.»

Murati fait ses classes dans les équipes de jeunes du club de l'armée, le Partizan Tirana, mais sent qu'il doit trouver une ouverture à l'étranger s'il veut vraiment faire carrière. Ça tombe bien, son frère aîné Sokol, francophile comme beaucoup de ses compatriotes, a accompli son rêve et s'est installé à Paris après la chute du Mur de Berlin, où il a trouvé un emploi à l'ambassade. «Il m'a dit "viens tenter ta chance ", et vu que je suis quelqu'un qui n'a pas peur et qui fonce j'ai dit "ok", pas de problème, raconte-t-il. Ça ne coûte rien d'essayer.»

Une Arrivée Clandestine en France

Mais le jeune Edvin est mineur et n'a aucun papier pour rentrer légalement en France. Une occasion se présente en septembre 1991: le Partizan doit se rendre à Rotterdam pour jouer contre le Feyenoord en coupe d'Europe. Celui qui évolue avec les équipes de jeunes et n'a aucune raison d'être du voyage tente le coup et demande à son entraîneur s'il peut le prendre dans le groupe. Ce dernier accepte, et Murati obtient son visa pour les Pays-Bas.

A la fin de la rencontre, il part en voiture vers l'Allemagne, passe la première frontière dans le coffre de la voiture d'un ami de son frère, puis entre en France après une marche de 30km en forêt pour éviter la douane où les agents fouillaient les véhicules. Quelques jours plus tard, il fait un essai avec les moins de 17 ans du PSG grâce à un ami de son frère, un autre, qui avait parlé de lui au club. Le petit milieu de terrain (1m70) rapide et technique obtient le droit de revenir, mais est toujours aussi désorienté dans sa nouvelle ville.

«Mon frère m'a montré une seule fois le chemin de chez lui à Aubervilliers jusqu'au Camp des loges, et après il m'a dit "débrouille-toi", raconte-t-il. Il fallait prendre le bus, le RER, faire un changement, j'étais perdu.» Mais encore une fois, Edvin trouve une solution. «La première fois, j'ai pris un taxi et je suis sorti sans payer. Vu que je courais vite il ne pouvait pas me rattraper», se souvient-il dans un grand éclat de rire.

Des Débuts Prometteurs au PSG

Le jeune sans papiers part à 6h du matin et revient à 22h tous les jours. Il se fait une place dans les équipes de jeune, où il joue chaque match comme si c'était le dernier. Sa carrière aurait pu s'arrêter avant d'avoir commencé quand, après une rencontre, il s'en prend à un arbitre dans le vestiaire. Il faudra l'intervention de son président, Michel Denisot, pour faire passer sa suspension d'un an à deux mois ferme.

Le 4 octobre 1994, il dispute son premier match avec les pros... à Santiago-Bernabeu, contre le Real Madrid. Un quart de finale de Coupe d'Europe? Non, un match amical joué pendant la trêve internationale en hommage à l'ancien joueur merengue Juanito, décédé dans un accident de voiture. Il n'empêche, il y a du beau monde sur la pelouse (Butragueno, Michel, Gordillo, Laudrup côté Real, Rai, Valdo, Weah, Bravo côté PSG), assez pour marquer à vie le jeune Murati, qui a obtenu l'asile politique l'année précédente. «J'avais 17 ans, se souvient-il. Luis Fernandez s'était disputé avec Ginola, il m'a mis titulaire. Je tremblais.»

Tandis qu'un autre jeune du club, Nicolas Anelka, est en train de se faire un nom, la porte de l'équipe première reste fermée, la faute à la règle des trois étrangers par club. A Paris, ils s'appellent Weah, Ricardo et Rai. Murati est prêté à Châteauroux, en D2, puis au Fortuna Düsseldorf, dans le deuxième échelon allemand. Le PSG ne laisse pas pour autant tomber son gamin albanais: Jean-Michel Moutier, le directeur sportif, s'occupe de son dossier de naturalisation, et Edvin obtient la double nationalité.

Quand sa mère tombe malade, Denisot l'aide à venir se faire soigner en France. Murati jouera sa seule saison avec le PSG en 1999-2000, sous les ordres de Philippe Bergeroo, aux côtés de Bernard Lama, Ali Benarbia, Laurent Robert et surtout Jay Jay Okocha. «C'est le meilleur joueur avec qui j'ai jamais joué, assure Murati à propos du Nigérian. Il avait un énorme potentiel. Technique, tactique, vitesse, VO2 max, endurance, frappe, placement, il avait tout. Ce mec n'a joué qu'à 5% de ses moyens. Il choisissait ses matches, il ne jouait que les grands.»

Souvent remplaçant, le désormais franco-albanais se fait une raison: il doit quitter le club qui lui a tant donné. «C'est bien d'être au PSG mais il faut jouer, explique-t-il. Je suis reconnaissant envers ce club, qui m'a permis de réussir. Je suis le premier supporter du PSG. Ce n'était pas facile, mais je suis fier de ce que j'ai fait.»

Direction Lille pour deux saisons. Après avoir vécu la fin de la grande époque parisienne des années 1990, Murati débarque dans un club qui est sur le point d'entrer dans une nouvelle dimension. L'année de son arrivée, le LOSC, tout juste promu en première division, se hisse à la troisième place du championnat et arrache une qualification inespérée pour la Ligue des Champions sous la houlette du Bosnien Vahid Halhilodzic. L'année suivante, Lille termine cinquième et se fait éliminer dès la première phase de groupe en C1. Murati goûtera tout de même pour la première et dernière fois aux joutes européennes, entrant notamment en jeu lors de la réception de Manchester United.

Il garde aussi un très bon souvenir de coach Vahid, «un très bon tacticien qui a son caractère mais qui est attachant», malgré quelques accrochages. «On s'est engueulés plusieurs fois, sourit aujourd'hui Murati. J'avais deux matches de qualification avec l'Albanie, on jouait l'Angleterre et trois jours après l'Allemagne. Pour un petit pays comme le nôtre, ce sont des matches que tu joues une fois dans ta vie. Mais il ne voulait pas que j'y aille, on s'est disputés, heureusement que Pierre Dréossi [le directeur général du club] était là!»

Si Murati se retourne avec «fierté» sur son honnête carrière en club, avec une quarantaine de matches de première division en France et une soixante en Grèce avec Thessalonique, c'est en sélection qu'il a connu ses émotions les plus intenses. «J'avais donné priorité à l'équipe nationale parce que quand tu pars du pays, tu es plus patriote, raconte celui qui totalise 42 sélections et 4 buts. J'y ai joué 10 ans, pendant lesquels j'ai partagé la chambre d'Aldin Lala [recordman des sélections] et fait de super matches.»

En 2002, lors d'un match de qualification à l'Euro 2004 contre la Suisse, il marque le plus beau but de sa carrière sur un coup franc de 30 mètres à la Roberto Carlos. Deux ans plus tard, il dispute le match le plus intense de sa vie. L'Albanie reçoit le voisin grec tout juste sacré champion d'Europe en septembre 2004. «Avant le match, le bus ne pouvait pas passer, se souvient-il. Il y avait 100.000 personnes. Les derbys dans les Balkans c'est chaud.»

Murati, qui joue dans le championnat grec, marque et l'Albanie gagne 2-1 dans une ambiance indescriptible. Le match déclenchera une nuit de violences interethniques en Grèce, où un jeune Albanais sera poignardé à mort. 10 ans après, les tensions nationalistes autour du football n'ont pas disparu dans la région, comme l'a rappelé le récent Serbie-Albanie. «C'est dommage d'en arriver là, regrette-t-il. Un match de foot doit rester un exemple pour les jeunes. La pression était très forte en Serbie, on a pas tout vu à la télévision. Beaucoup de joueurs ont été frappés dans les couloirs. Mais il faut continuer.»

Punie d'une amende de 100.000 euros et de la perte du match sur tapis vert, l'Albanie a fait appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). L'équipe avait réalisé un bon début de campagne de qualification à l'Euro 2016 avec une victoire historique au Portugal et un nul face au Danemark. «Si on met de côté la politique, on peut se qualifier parce qu'on était bien partis, estime Murati. Maintenant les deux premiers et les meilleurs troisièmes sont qualifiés, il y a une chance.»

A part Lorik Cana, les Français ne connaissent pas grand chose de la sélection albanaise. Quels seront les hommes à surveiller pour la France au Stade de la Route de Lorient? «Il y a de bons petits joueurs de 23 ans comme Roshi et Balaj», assure-t-il. Le premier, qui joue à Francfort, a fait la passe décisive au second, qui évolue au Slavia Prague, sur le but de la victoire au Portugal.

L'ancien Parisien sait de quoi il parle: loin d'avoir coupé avec le monde du football, il suit de près la carrière de ses jeunes compatriotes avec son frère Sokol, agent de joueur. «On ne peut pas laisser tomber le foot comme ça», confie-t-il. Les deux Murati ont notamment milité avec la FFF pour que les joueurs albanais ne soient pas comptés comme des extracommunautaires, et obtenu ce qu'ils voulaient.

Mais Edvin a aussi entamé une nouvelle vie qui n'a (presque) rien à voir avec le sport après une fin de carrière qu'il n'a pas particulièrement mal vécue, contrairement à beaucoup de sportifs de haut niveau. «Je savais ce que je voulais faire, je voulais rentrer en France, et puis je m'étais fait les ligaments croisés du genoux, raconte-t-il sans regret. Il faut savoir arrêter à temps.»

Il est depuis 2011 conseiller économique honorifique à l'ambassade d'Albanie en France, et a fondé la chambre de commerce France-Albanie, dont il est aussi administrateur. «J'aime bien mettre en relation les deux pays et aider au développement de l'Albanie, explique-t-il. Ça me permet de rester en contact. Et grâce au football, j'ai les portes ouvertes, ça facilite beaucoup les choses quand j'emmène des entreprises là-bas. Être ancien footballeur, ça aide, surtout quand tu as une bonne image.»

S'il s'est rapproché de la diplomatie, c'est aussi parce ce que ce «patriote» est un ambassadeur naturel et passionné de son pays. «Moi je suis Albanais, c'est normal que je parle en bien de mon pays, remarque-t-il avec malice. Ça s'est beaucoup développé. En France, les gens lisaient les livres d'histoire qui n'étaient pas mis à jour, ça faisait peur l'Albanie. Mais tous les Français qui vont là-bas changent complètement d'opinion et deviennent les meilleurs ambassadeurs de l'Albanie. C'est eux qui en parlent le mieux.»

Ce soir, devant sa télé, Edvin Murati pensera sûrement à son seul grand regret, celui de n'avoir jamais joué contre la France avec la sélection albanaise.

Lorik Cana: Entre le Cœur Parisien et l'Âme Marseillaise

Lancé chez les pros par le PSG (2003-2005) avant d'exploser à l'OM (2005-2009), Lorik Cana a accordé une interview au Parisien avant le "classico" de dimanche soir (21h). Et l'ex-international albanais livre le nom du club qu'il supportera.

Il est l'un des rares joueurs à avoir réussi à se faire respecter dans les deux clubs. Et comme il l'a confié dans une interview au Parisien, il en supportera une plus que l'autre.

Lorik Cana, figure emblématique du football albanais, a marqué l'histoire du championnat français en évoluant d'abord au Paris Saint-Germain (PSG) avant de devenir un capitaine adulé à l'Olympique de Marseille (OM). Son parcours, riche en émotions et en défis, témoigne d'un joueur passionné et d'un leader naturel.

C'est au Paris Saint-Germain que Lorik Cana a fait ses premières armes professionnelles, entre 2002 et 2005. Ses débuts prometteurs l'ont rapidement propulsé de la réserve à l'équipe première du club de la capitale. Formé au PSG, Lorik Cana est lancé en première division alors qu’il a tout juste vingt ans. S’affirmant de plus en plus dans l’entre-jeu parisien, il n’obtient toutefois pas l’assurance de Laurent Fournier (alors entraîneur du PSG) d’être titulaire sous ses ordres.

Lorik Cana a lancé sa carrière professionnelle à 19 ans, au PSG. À l’époque, son capitaine était un certain Mauricio Pochettino. Lorik Cana, qui a joué dans les deux clubs, se souvient de Mauricio Pochettino, qui fut son capitaine lors de ses débuts à Paris. Il avait une grande expérience derrière lui, il était international argentin. Il avait déjà une belle carrière. Je me souviens de mes premières convocations avec l’équipe première (du PSG), il m’a beaucoup conseillé. J’avais 19 ans à l’époque. Et c’était important pour nous, les jeunes, d’avoir les conseils du capitaine de la A. Sur mon premier match officiel à Nantes, en avril 2003, il m’avait servi de point de référence. C’est quelqu’un d’assez tranquille. Il avait le respect de tout le vestiaire.

Lorik Cana ⎢ "J'aurai voulu être champion de France" 🎙

Il disait que c’était un nom qui était fait pour faire carrière dans le football (rires). Il savait flatter les gens pour leur donner confiance. Les hispanophones vivaient pas mal entre eux, avec Pochettino, Heinze, Cristobal, Arteta… Après il avait réussi à se faire apprécier de tout le vestiaire. Il était assez proche de Fred Déhu, Jérôme Leroy. Il était vraiment très ouvert.

Le Transfert à l'OM: L'Éclosion d'un Leader (2005-2009)

L’été 2005 a marqué un tournant décisif dans sa carrière. Au dernier jour du mercato, Lorik a quitté Paris pour rejoindre les rangs de l’OM, un transfert qui a alimenté la rivalité historique entre les deux clubs. À Marseille, il a trouvé un écrin parfait pour exprimer pleinement son talent et son leadership. Lorik Cana s’était attiré les foudres des supporters parisiens qui n’avaient pas digéré de voir un jeune du centre de formation monté en équipe première virer de bord aussi soudainement.

Devenu rapidement titulaire indiscutable, il a fièrement porté le brassard de capitaine pendant ses quatre saisons phocéennes (2005-2009). Au total, il a disputé 175 matchs avec l’OM, inscrivant 8 buts et délivrant 9 passes décisives. Il décide donc de rejoindre l’OM (2005), l’ennemi juré, et ne se gênera d’ailleurs pas pour marquer quelques mois plus tard son premier but sous ses nouvelles couleurs -et le seul but du match- face à son ancien club lors du Classico.

Il ne reste toutefois qu’une saison en Premier League et succombe aux sirènes stambouliotes de Galatasaray. Après une saison compliquée sur le plan collectif en Turquie, ce passionné d’histoire décide de partir à la conquête de Rome et de se rapprocher de son Albanie natale (dont il est capitaine de la sélection) en signant à la Lazio. Sa carrière s’est achevée en 2016 après une ultime expérience au FC Nantes.

Dans la capitale, j'avais vraiment envie de tout conquérir, mais j'ai senti qu'on n'allait peut-être pas me donner la récompense à laquelle j'étais en droit de prétendre après les deux saisons que je venais d'accomplir de 2003 à 2005.

L'Attachement aux Couleurs

Lorik Cana est profondément attaché à ses racines kosovares et albanaises. En portant le brassard de capitaine de la sélection albanaise, Lorik a incarné l’espoir de tout un peuple sur la scène internationale. Il affirme sans détour : « Quand Paris joue contre les autres clubs, il est normal que je supporte le PSG. J’y ai grandi. Mais d’abord, il y a l’OM ». Cette déclaration révèle son intégrité. Jamais il n’a renié son passage parisien, tout en exprimant que l’OM correspondait davantage à sa mentalité, à son ADN de compétiteur.

Quand Paris joue contre d’autres équipes, je supporte Paris, parce que c’est mon club formateur, ce qui est normal. Mais j'étais supporter de l'OM depuis tout petit. On ne peut pas me demander, parce que j'aime l'OM, de renier Paris. Mais mon cœur reste naturellement plus olympien. En réalité, je suis un peu un supporter particulier. Quand le PSG n'a pas l'OM comme adversaire, je souhaite son succès. En Ligue des champions, je soutenais Paris cette saison. Mais quand il s'agit de choisir un camp, je suis 100 % Marseillais.

Paris m'a fait devenir un joueur de football et, pour ça, je l'aimerai toujours. Quand j'ai voulu partir du PSG, le club où je voulais aller pour prendre une autre envergure, c'était Marseille. Quand tu réussis à réaliser ton rêve en jouant pour ton équipe de cœur, à y passer des saisons fantastiques et à y créer un lien avec les gens et la ville, c'est encore plus fabuleux. Sur une carrière professionnelle de 16 ans, ces quatre années à l'OM sont peut-être mes plus belles.

J'ai toujours dit que j'étais fier d'avoir grandi à Paris et d'avoir joué pour le PSG. Mais j'étais supporter de l'OM depuis tout petit. On ne peut pas me demander, parce que j'aime l'OM, de renier Paris. Mais mon cœur reste naturellement plus olympien. En réalité, je suis un peu un supporter particulier. Quand le PSG n'a pas l'OM comme adversaire, je souhaite son succès. En Ligue des champions, je soutenais Paris cette saison. Mais quand il s'agit de choisir un camp, je suis 100 % Marseillais.

Au regard de la différence de niveau entre les deux clubs, ce rendez-vous n'a-t-il pas tendance à se banaliser ?Ça demeure le match phare de la Ligue 1, même si, cette saison, 27 points séparent les deux clubs au classement. Après, il faut regarder la réalité en face. Sportivement, il y a actuellement des années-lumière entre les deux clubs. Après, sur un match, je crois l'OM capable d'accrocher le nul au Parc.

Est-ce recevable d'entendre des joueurs, comme Kimpembe, dire que ce match a été pris à la légère ?Paris n'a jamais été animé par cet instinct de tueur. En regardant le match, je n'ai pas eu l'impression que les joueurs parisiens comprenaient vraiment qu'ils étaient au bord de l'élimination. Qu'un coup du sort, comme ce penalty discutable, était susceptible de leur être fatal. L a prise de conscience est sans doute intervenue à l'issue de la rencontre. Le mal était fait.

Que manque-t-il au PSG pour remporter la Ligue des champions, son objectif avoué depuis la reprise du club par le Qatar en 2011 ?Il est facile de répondre. Je vais vous l'expliquer en énumérant quelques noms. Au PSG, il manque des compétiteurs, des Di Meco, Deschamps, Boksic, Desailly ou, plus près de nous, comme Cristiano Ronaldo. Le mental fait défaut à cette équipe surtout aux moments clés d'une saison. Il n'y avait pas chez les Parisiens cette flamme qui t'amène à te surpasser, à changer de peau. Cette transformation se révèle encore plus délicate à réaliser pour Paris qui passe de la Ligue 1, où sa domination est écrasante, à la C1 où une autre approche psychologique est requise. Devant l'obstacle, ils en viennent alors à reculer.

L'Héritage de Lorik Cana

Quand je repense aux grands noms qui ont marqué l’histoire du football balkanique, un visage s’impose naturellement dans mon esprit. Lorik Cana, cet enfant du Kosovo devenu icône du football albanais, a tracé un parcours remarquable dans le championnat français avant de poursuivre sa carrière à l’international. Au-delà du football, il s’implique régulièrement dans des opérations humanitaires lors de ses séjours dans son pays natal, multipliant les interviews et séances d’autographes pour ses jeunes supporters.

À Tirana, où il réside depuis la fin de sa carrière, Lorik Cana, 35 ans, témoigne au quotidien d'une activité et d'une générosité comparables à celles qu'il exprimait sur les terrains.

J'ai créé et je dirige une fondation d'intérêt public, Lorik Cana 5, destinée à promouvoir le sport et la culture auprès des enfants, dès la maternelle, notamment à Tirana. Il s'agit de les aider à grandir par la pratique d'activités sportives en leur fournissant des infrastructures. Ce projet me tient à cœur. Il concernera, d'ici à fin 2019, mille jeunes. Le football m'a tout donné. Il est de mon devoir d'aider la nouvelle génération.

Beaucoup de gens au pays m'imaginent à ce poste. Ça ne m'attire pas plus que ça. Je dois écouter mon cœur et répondre à mes envies. Né au football à Paris, il est devenu un joueur cadre à Marseille au milieu des années 2000, où il a porté le brassard de capitaine.

Les derbys dans une même ville n'ont rien à voir. La rivalité est supérieure à Rome, elle est installée dans la cité et tu la ressens au quotidien. À Marseille, tout le monde supporte l'OM. Né véritablement au début des années 1990, le Clasico contre le PSG est marqué dans le calendrier. Il est très important, mais on ne t'en parle qu'à l'approche du match. C'est un peu comme Real-Barça. À Rome, j'insiste là-dessus, il est question du derby (NDLR : Roma-Lazio) toute l'année ! J'ai aussi connu cela à Istanbul, avec Galatasaray-Fenerbahçe, mais de façon encore plus exacerbée.

Joueur Clubs Période
Edvin Murati PSG, Châteauroux, Fortuna Düsseldorf, Lille 1991-2002
Lorik Cana PSG, OM, Galatasaray, Lazio, FC Nantes 2002-2016

Ce vendredi soir, Lorik Cana (31 ans) fait son retour en France. L’occasion de se remémorer son passé en Ligue 1 que les supporters parisiens et marseillais n’ont certainement pas oublié. Et pour cause, nombreux sont ceux qui ne lui ont jamais pardonné son passage au PSG (2000-2005) ou encore son transfert à l’OM (2005-2009). D’un côté comme de l’autre, la pilule a eu du mal à passer mais peut-être que les dernières déclarations de l’Albanais augmenteront sa cote de popularité à Marseille.

« Mon cœur reste plus marseillais, a lâché le joueur de la Lazio Rome, qui a pourtant démarré sa carrière professionnelle au PSG, sur RMC. J’ai toujours dit que j’étais fier d’avoir grandi à Paris et d’avoir joué pour le PSG. Mais j’étais supporter de l’OM depuis tout petit. On ne peut pas me demander, parce que j’aime l’OM, de renier Paris. C’est Paris qui m’a fait devenir un joueur de football et pour ça je l’aimerai pour toujours. Après, si on me demande de choisir, je suis plus marseillais.

Formé au sein du club de la capitale, l'Albanais décidait de rejoindre Marseille en 2005. Une trahison aux yeux de nombreux supporters du PSG et à propos de laquelle, Cana expliquait en 2024 pour Colinterview : « En 2005, je n’avais pas envie de freiner dans ma montée et j’ai eu pour la première fois un sentiment d’un parcours que je pensais déjà avoir réglé avec le club, c’est d’être vu toujours comme le jeune du club. C’est le truc qui m’a fait dire il faut que j’aille quelque part d’autre pour sortir de ce cadre là. Lorik Cana était déterminé à rejoindre l'OM, à tel point que c'est lui qui a contacté le club phocéen. « Mais jusqu’à l’été avant, je n’avais aucune touche avec l’OM, aucun désir de partir de Paris. Je me suis dit que ça va être trop petit pour moi. Pas Paris en tant que club, mon rôle dans l’équipe et dans le club. Depuis que je suis gamin, je suis devenu supporter de l’OM et quand tu grandis avec l’amour d’un club, tu ne peux jamais changer. Après quand j’étais à Paris, ça n’a jamais enlevé l’amour que j’avais pour Paris. C’est le club qui m’a permis de commencer, ça sera toujours mon club formateur. Je l’ai toujours démontré sur le terrain. Mais c’est moi qui a décidé, début août, d’appeler l’OM pour dire que j’avais envie de venir jouer pour l’OM. Ça s’est fait assez rapidement, pas toujours dans un climat très serein. Il n’y a jamais eu de gros problèmes, mais c’est sûr que Paris ne voulait pas me laisser.

tags: #joueur #albanais #psg