Le Rôle et les Responsabilités du Capitaine au Hockey sur Gazon

Le rôle de capitaine dans une équipe de hockey sur gazon est bien plus qu'un simple port du brassard. Il incarne un ensemble de responsabilités et de qualités essentielles pour guider l'équipe sur et en dehors du terrain. Cet article explore en détail ce rôle crucial, en s'appuyant sur des exemples concrets et des témoignages de joueurs expérimentés.

Le Capitaine : Un Leader sur le Terrain et dans le Vestiaire

Les responsabilités, il les connaît. Partout où Vincent Sierro a joué, y compris en équipes de jeunes, l'international suisse a occupé le rôle de capitaine. Quand Carlos Martinez Novell lui a confié le brassard à Toulouse, en début de saison dernière, le milieu de terrain ne s'est pas senti dépaysé. « Ça peut te mettre plus de pression, mais c'est surtout un privilège », a-t-il confié à L'Équipe, mi-janvier, au sortir d'une longue séance de soins, quant il était blessé au mollet. Avant de détailler les contours de cette fonction familière.

Dans le vestiaire : « Pas au-dessus des autres »

« Normalement, je ne suis pas quelqu'un qui hurle. Mais si un truc m'énerve, je n'hésite pas à le dire à la personne concernée. Ça m'est déjà arrivé de recadrer un joueur. À la mi-temps, je n'hésite pas à dire ce que je pense. Ceux qui parlent se considèrent parfois comme au-dessus des autres, ce n'est pas mon cas. Je m'intègre complètement dans la réflexion. Surtout si j'ai été mauvais. Il faut savoir composer avec le caractère des uns et des autres. J'essaie de mettre l'intérêt de l'équipe avant le mien. Je parle quatre langues (français, anglais, espagnol, allemand), ça aide beaucoup à se comprendre. Mais les performances restent le critère prioritaire. Toute la semaine, je regarde des choses à améliorer. Avec les autres capitaines (Rasmus Nicolaisen, Gabriel Suazo et Zakaria Aboukhlal), on a demandé cette saison à pouvoir prendre tous nos repas, matin et midi, au club. C'était quelque chose d'essentiel. À l'approche du match, j'alerte le coach sur le ressenti de l'équipe. Je suis comme un messager. Je fais le lien avec lui. Mais il faut savoir où sont tes limites en tant que capitaine. Ce n'est pas à nous de demander à changer un système. C'est l'affaire du coach. »

Sur le terrain : « Le type de leader que je veux être, c'est par l'exemple »

« Je ne joue pas un rôle. Je me comporte de la même manière que dans le vestiaire. Mais les émotions sont toujours plus importantes en match. Si un partenaire perd le ballon, je ne vais pas lever les bras mais me battre et aller tacler pour le récupérer. Je vais aussi essayer de faire tous les exercices à 100 % à l'entraînement. Par définition, selon moi, le capitaine doit se montrer irréprochable dans son comportement, même s'il a le droit à l'erreur comme tout le monde. Le type de leader que je veux être, c'est par l'exemple. Si je sens qu'un adversaire manque de respect à l'équipe, je ne vais pas fuir, plutôt m'interposer. Sur le terrain, j'ai beaucoup d'émotions. Je ne suis pas du genre à me battre mais je peux m'énerver. Ma position de milieu de terrain fait aussi que j'ai plus d'influence. Ça arrive souvent que le coach veuille me donner une consigne et que j'aille vers lui. J'essaie de retransmettre ça ensuite auprès des autres. Ça fait partie de mon rôle. »

Les Relations avec l'Entraîneur et le Président

Le capitaine joue un rôle d'intermédiaire entre l'équipe, l'entraîneur et le président. Il doit être capable de communiquer efficacement les besoins et les préoccupations des joueurs, tout en respectant les décisions de la direction.

Avec le coach : « Le brassard ne te donne pas le collier d'immunité »

« C'est une relation spéciale. On se fait confiance mais je sais aussi que je suis un joueur comme un autre. Il m'a mis sur le banc la saison dernière à plusieurs reprises en début de saison, parce que ça se passait moins bien. Je suis logé à la même enseigne. C'est ce que je veux. Être sur le terrain parce que je suis bon et que j'aide l'équipe. Le brassard ne te donne pas le collier d'immunité. Si on peut faire en sorte que certains se sentent mieux en arrangeant certaines choses, autant le faire, alors c'est moi qui vais lui parler quand les joueurs ont une demande. Il écoute notre ressenti, c'est très important pour lui. Cette année, on a une défense à cinq alors que la saison dernière, on changeait un peu plus souvent. On avait plus de difficultés dans le pressing. On en a parlé avec lui et ça va mieux cette saison. Quand les résultats étaient aussi moins bons la saison dernière, on lui avait fait passer le message avec les capitaines que le groupe était derrière lui. »

Avec le président : « Il m'écoute quand on a des discussions »

« On ne se voit pas souvent. (Damien Comolli) est là les jours de match et, parfois, il lui arrive de nous convoquer. Quand les résultats étaient moins bons en début de saison, il avait réuni les capitaines, avant Montpellier (3-0, le 27 octobre). Il nous avait rassurés en pointant les choses à améliorer. Dès le week-end suivant, ça a payé. Ça avait lancé notre bonne dynamique. Je pense qu'à ses yeux, j'ai un rôle important. Il m'écoute quand on a des discussions. On ne discute pas souvent mais la relation est fluide. En début de saison, on parle des primes par exemple. Tu défends l'équipe et pour qu'elle soit contente, il faut aller au front. Il est dur en négociations. On sait aussi l'être. Au final, on a trouvé un terrain d'entente et toutes les parties étaient contentes. Bien sûr que comme capitaine, tu as plus de poids dans l'équipe, il en a conscience. »

La Gestion des Relations avec les Supporters et les Médias

Le capitaine est également un représentant de l'équipe auprès des supporters et des médias. Il doit être capable de gérer les attentes, de communiquer de manière claire et concise, et de maintenir une image positive de l'équipe.

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Avec les supporters : « Possible qu'ils veuillent que je sois celui qui montre la voie »

« Les supporters, c'est tout pour un club, même si chacun doit savoir rester à sa place. Eux sont là pour encourager. C'est un rôle prépondérant. Quand ils commencent à pointer des problèmes, ils dépassent les limites, ce qui entraîne des altercations et un manque de respect. La saison dernière, on avait eu un échange avec eux en début de saison, pas cette année. Mais on a quand même vu les chefs des ultras (Indians Tolosa) après le match contre Lyon (1-2, le 29 septembre). Ils nous avaient assurés de leur soutien et j'avais joué l'intermédiaire avec Zak (Aboukhlal), qui avait été sifflé et chahuté à la fin. Au final, tout est rentré dans l'ordre. La saison dernière, moi aussi j'avais été sifflé. Il y avait beaucoup d'attente du fait du départ des anciens cadres. Ce que je retiens, ce ne sont pas les sifflets mais quand ils m'ont acclamé au match suivant en Ligue Europa (1-0 contre Lask, le 5 octobre 2023). C'est possible qu'ils veuillent que je sois celui qui montre la voie, qui fasse la différence. »

Avec les médias : « Garder la mesure en toutes circonstances »

« Je ne me pose pas la question si ça me plaît ou pas de parler. C'est une de mes obligations. Surtout après une défaite, parce que peu de joueurs veulent y aller. Il faut vite éteindre l'incendie donc c'est le capitaine qui doit faire face. C'est son rôle. J'essaie d'analyser froidement le match et de retenir le positif. Il faut savoir garder la mesure en toutes circonstances parce qu'on est la voix du club et que ça peut influer sur la semaine qui suit. Même si la situation est désastreuse, je ne le dirai pas. À l'inverse, quand tout va bien, il ne faut pas non plus dire qu'on est incroyables. »

L'Importance de l'État d'Esprit et de la Réaction Face à l'Adversité

Le capitaine doit être un exemple de résilience et de détermination pour son équipe. Il doit être capable de motiver les joueurs à se surpasser, même dans les moments difficiles.

Capitaine de l’AC Amiens, Habib Bellaïd était particulièrement déçu à l’issue de la défaite des siens face à Viry-Châtillon (1-2), samedi soir. S’il ne nie pas une certaine fragilité mentale, l’ancien Strasbourgeois espère une réaction d’orgueil face à l’Entente Sannois Saint-Gratien, samedi prochain. On peut clairement dire que c’est le scénario catastrophique par excellence. Après avoir mené à la marque, on se fait reprendre sur un coup de pied arrêté. Ensuite, je ne sais même pas d’où vient le deuxième but. Ils font deux frappes cadrées dans le match et marquent deux buts, ils ont été efficaces. Pour notre part, nous sommes dans une mauvaise spirale, aussi bien individuellement que collectivement. Nous avons reçu une leçon d’abnégation, et de courage.

Nous retombons dans nos travers mais nous ne sommes pas encore dans le creux psychologique. Nous avons eu une longue période sans jouer le moindre match, il faut donc retrouver le rythme mais ce n’est pas une excuse. A mes yeux, les deux dernières claques (ndlr : défaite 2-0 au Havre) sont normales au regard de notre état d’esprit actuel. Il faut rapidement se remettre les idées en place et repartir de l’avant. C’est complètement ça. Nous sommes une équipe à réaction et c’est vraiment ce qu’il y a de plus dangereux dans le football. Nous entrons dans les matches comme des sénateurs, sans jamais mettre les ingrédients indispensables pour prendre la rencontre par le bon bout. Nous n’avons aucune excuse, le manque de rythme n’empêche de courir pendant 90 minutes, de se battre, de tacler, de donner le maximum.

La Remobilisation et la Gestion des Responsabilités

Je pense qu’il faut surtout bien récupérer, oublier vite cette défaite et se remettre les têtes à l’endroit. Nous allons repartir de l’avant, dès lundi, avec un entraîneur qui fait très bien son travail tout le long de la semaine. Par la suite, ce sont aux joueurs de mettre en pratique ces idées de jeu, chaque samedi. Nous avons bien fini 2016, heureusement j’ai envie de dire, maintenant nous n’avons plus le temps de tergiverser. Je ne pense pas. Cependant, c’est un peu le défaut de la jeunesse de se dire que le maintien était en bonne voie après cette série. Derrière nous, Calais, Viry, Wasquehal et les autres ont les crocs pour revenir et rester dans la course. Nous avons un peu matelas avec 20 points et deux matches en retard. Mais encore faut-il gagner ces deux matches, ce n’est pas fait. Ce serait une bonne chose d’en profiter pour refaire un petit trou. Il reste trois matches, il faut donc ne plus perdre de points en route si nous souhaitons atteindre cet objectif.

Azouz (Hamdane) est notre directeur, nous suivons ce qu’il nous dit. Il s’est de nouveau plus impliqué à l’entraînement cette semaine. Après, il est vrai, qu’en match il laisse un peu plus de responsabilités pour gérer la rencontre. Quoi qu’il en soit, nous avons besoin d’un groupe soudé, du staff technique à l’ensemble des joueurs, pour obtenir le maintien. Un rôle plus important que certains joueurs, c’est une certitude, mais cela ne m’empêche pas de me remettre aussi en question sur le plan personnel. Aujourd’hui (ndlr : samedi soir), je n’avais pas envie de parler et je me suis donc concentré sur ma préparation mentale personnelle. Quand je dois parler, je le fais mais nous ne sommes plus en U17 ou U19. Tout le monde doit prendre et assumer ses responsabilités, il ne faut pas se reposer sur trois ou quatre cadres désignés.

Résumé des responsabilités du capitaine

Domaine Responsabilités
Vestiaire Recadrer les joueurs, donner son avis, intégrer la réflexion, mettre l'intérêt de l'équipe avant le sien
Terrain Se battre pour récupérer le ballon, se montrer irréprochable, s'interposer en cas de manque de respect
Entraîneur Communiquer le ressenti de l'équipe, faire le lien avec l'entraîneur
Président Défendre l'équipe, négocier les primes
Supporters Jouer l'intermédiaire, montrer la voie
Médias Analyser froidement le match, retenir le positif, garder la mesure

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