Parmi les licences de jeux vidéo, NBA Jam est l’une des plus emblématiques tous sports confondus. Les Big Heads, les dunks acrobatiques et les punchlines du speaker vous disent forcément quelque chose. Sorti en 1993 sur arcade avant d’être porté sur une myriade de plateformes, l’histoire de NBA Jam est pavée d’anecdotes en tous genres. Chez celles et ceux qui ont pu se frotter au jeu, les souvenirs restent souvent impérissables.
Imaginez : 1993. Le jeune vous, déjà féru de jeux vidéo, était alors peut-être un adepte des salles d’arcade, en ville ou bien à la vogue du village voisin. Parmi les bornes disponibles, Tortues Ninja bien sûr, Sunset Riders ou encore Terminator… mais aussi une borne imposante (capable elle aussi d’accueillir 4 joueurs) et particulièrement bruyante, à grands renforts de “He’s one fire”, “Woooo kaboom !”, “Rejected !” et autres “Boomshakalaka !” Son nom : NBA JAM.

Dans le petit monde du jeu vidéo, les années passent… mais la passion et les souvenirs restent ! Re:Play revient sur les grands classiques de l’Histoire du jeu vidéo. Un petit retour vers le futur passé, à la recherche de votre âme d’enfant ou d’adolescent, celle-là même qui vous a sans doute déjà fait (ou vous fera) prononcer la formule magique “c’était mieux avant”. Et si c’était vrai…?
La Naissance d'une Légende
Au début des années 1990, la société Midway Games bénéficie d’une solide réputation dans le monde du jeu vidéo, spécifiquement celui de l’arcade. Le dernier succès en date n’est d’autre que Mortal Kombat sorti en 1992, un sanglant concurrent à Street Fighter qui assure au studio une certaine réserve de picaillons. Toutefois, les développeurs font grise mine en voyant la courbe de ventes de leur dernier shooter Total Carnage en demi-molle. Les attentes commerciales ne sont pas atteintes, il s’agit de retrouver un peu de vigueur avec un nouveau titre. Par conséquent, Mark Turmell, développeur et designer, ira chercher l’inspiration dans le passé. Il tombera sur le jeu de basketball au succès relatif ; Arch Rivals, sorti en 1989. L’idée est simple : implémenter les personnages digitalisés tirés des jeux NARC et Mortal Kombat à Arch Rivals. Après avoir travaillé seul sur le prototype, Mark Turmell montre le résultat à Neil Nicastro, le patron d’alors.
Présenté pour la première fois en 1993, lors du NBA All Star Game, NBA JAM débarque rapidement en salles d’arcade. Le jeu fait évidemment le bonheur des fans de basket… mais aussi de tous les autres, puisque de nombreux joueurs (notamment en dehors des Etats-Unis) vont alors (re)découvrir la discipline avec le jeu signé Midway. Du basket vidéoludique dopé aux licences officielles, mais des matches qui opposent des équipes de 2 joueurs seulement. A cela s’ajoute une dose d’arcade bienvenue, notamment au travers de dunks stratosphériques, qui défient toute loi humaine et physique. Seul le goal tending est sanctionné, soit le fait de contrer un tir lorsque la balle est en phase descendante, ainsi que la limite de temps de possession (24 secondes).

Les Caractéristiques Innovantes de NBA Jam
À l’époque, NBA JAM ressemble… à aucun autre jeu ! Le jeu affiche des graphismes très “réalistes” (avec ses sprites digitalisés), tout en poussant à fond la jouabilité arcade. On reconnaît au premier coup d’œil les stars de la discipline, et on prend un plaisir fou à dunker sur la tête de ses adversaires et/ou à bloquer ce shoot à 3 points. On peut ainsi jouer des coudes en martelant la touche Turbo, mais on peut aussi effectuer une feinte de tir via un appui bref sur la touche éponyme, ou encore feinter un dunk avec une passe au dernier moment vers le coéquipier positionné à 3 points.
La première version du jeu embarque les 27 franchises NBA, et 54 joueurs, chacun étant attribué de statistiques (vitesse, dunk, 3 points…) propres. Dans un souci de cohérence, l’équipe de développement décide d’attribuer aux joueurs des statistiques sous forme de jauges plus ou moins remplies. Les critères retenus sont la vitesse, la défense, le dunk et les tirs à 3-points. De fait, artiller comme un cochon derrière l’arc avec Mutombo ne s’avère pas productif.
Evidemment, afin d’éviter que les rencontres ne penchent trop rapidement d’un côté ou de l’autre, les développeurs ont inclus une astuce… “à la Mario Kart”. En effet, dans NBA JAM, en fin de partie, le jeu a tendance à booster les capacités de l’équipe perdante. Dans NBA JAM, on passe d’un camp à l’autre en une poignée de secondes à peine, et le fait d’accumuler les paniers permet de passer “on fire”, soit un mode où la précision (entre autres) est décuplée, jusqu’à ce que l’adversaire marque enfin à son tour.
Mieux encore, dans le dernier quart-temps, il est possible de briser le panneau adverse en effectuant un dunk ravageur. Dans les années 1990, NBA JAM est un jeu hors norme, peu importe que l’on apprécie le basket ou non. C’est un modèle de fun, notamment en multijoueur (en arcade comme sur consoles).

Les Particularités et Anecdotes
Lancé en 1993, NBA JAM profite d’une époque bénie du côté de la NBA, avec une popularité incroyable (y compris en Europe) et des joueurs déjà légendaires. Seulement voilà, si NBA JAM déborde de fun et de qualité, il compte également un défaut, de taille, à savoir l’absence de Michael “Air” Jordan. A noter qu’une version limitée de NBA JAM fut mise au point, intégrant Michael Jordan, et destinée principalement… à Michael Jordan. Charles Barkley fait lui aussi partie des grands absents de certaines versions de NBA JAM, là encore pour des raisons de droits, confiés à Accolade pour le jeu Shut up and Jam.
A noter que NBA JAM est également réputé pour ses cheat codes, lesquels permettent, au gré de manipulations via les différents boutons, de débloquer des modes de jeu et des personnages. Parmi les personnages secrets jouables, un large bataillon est accessible. Chacun d’eux peut être déblocable en entrant un code - souvent composé des initiales suivies de la date de naissance de la personnalité - avant de lancer une rencontre.
Dans une interview sur Ars Technica, Mark Turmel a avoué avoir dopé les statistiques off-booked des Pistons. Il précise que le code du jeu a été trituré par ses soins pour que les Bulls loupent systématiquement leur dernière tentative de tir dans une fin de match serrée contre les Pistons.
Combien Tim Kitzrow, la voix saturée et euphorique des NBA Jam, a t-il ambiancé de parties de ses commentaires qui résonnent encore dans nos cabezas ? Nous lui devons toutes et tous, même ceux qui n’étaient pas nés, les mémorables « Boomshakalaka ! », « He’s on fire » ou encore « From downtown » balancés à chaque highlight. Affirmer que Tim ait largement contribué à la popularité du jeu ne peut être considéré comme exagéré. Toutefois, tous les commentaires ne sont pas mettre au crédit de Tim Kitzrow.
En 2011, le site nintendoplayer.com reçoit un prototype Super Nintendo du jeu NBA Jam dans sa boite aux lettres. Provenant d’un expéditeur qui tait son identité, la cartouche estampillée NBA XXX pique la curiosité de la rédaction. Après inspection, la cartouche révèle un Tim, dont le professionnalisme a visiblement claqué la porte, gravir l’échelle de Scoville de la punchline.
Après la sortie de NBA Jam: TE sur Game Boy, la rancœur des développeurs de Midway Games envers Acclaim Entertainment se cristallise quand ils apprennent dans la presse que NBA Jam ne leur appartient plus du tout. En déclarant être celui derrière l’idée de la licence, l’éditeur se débrouille pour en obtenir les droits exclusifs.
Évolutions et Suites
Dès 1995, NBA JAM connaîtra une “suite” avec Tournament Edition. NBA JAM T.E. comprend évidemment des effectifs mis à jour (mais adieu Shaquille O’Neal…), mais aussi des équipes désormais composées de trois joueurs, quand bien même les affrontements restent en 2 vs 2 (et toujours pas de trace de Michael Jordan).
En 1994, le spin off NBA Jam: TE - Tournament Edition - débarque à son tour sur arcade et huit systèmes différents - parmi lesquelles la Playstation qui intègre le titre à son line-up de lancement. La maniabilité ne change pas d’un iota. Les améliorations techniques sont apportées et du contenu vient significativement étoffer le jeu. Les joueurs peuvent se mettre les chevilles en équerre mais à présent chaque équipe dispose d’un roster de trois joueurs et des remplacements peuvent être effectués entre les quart-temps.
A l’écran, les graphismes se payent un lifting, notamment sur Sega 32X qui propose aux ploutocrates une qualité visuelle supérieure. Les spectateurs s’agitent à nouveau et le son devient convenable. Ce deuxième opus est une forme de version ultra du jeu de base.
La première version de NBA Jam ne manquait pas non plus de joueurs cachés. Cependant, les aficionados du jeu s’évertuaient à percer un autre secret intitulé attract mode. Un mode dans lequel deux cheerleaders invitaient, d’une accroche tendancieuse, à jouer un 2 contre 2 : « Lets play Two-on-Two ». Les plus perspicaces reconnaitront Lorraine Olivia et Kerry Hoskins, des playmates qui donnent une autre dimension à cette proposition.
Evidemment, la licence NBA JAM a connu de nouveaux épisodes après les illustres opus 16 bits. La saga est notamment arrivée sur PlayStation et SEGA Saturn (avec NBA JAM Tournament Edition), mais aussi sur Nintendo 64 avec NBA JAM 2000.
En 1996, Acclaim sort NBA Jam Extreme, une version 3D développé par Sculptured Software. Toujours plus de joueurs, de mécaniques de gameplay, des animations réalisées d’après des rushes de Juwan Howard, la licence grandit à mesure que les outils technologiques progressent. La même année Midway publie un NBA Jam-like appelé NBA Hangtime, considéré par le presse comme le réel successeur de NBA: TE. Il reçoit des retours globalement sévères.
Après un NBA Hangtime aux fraises, Midway Games redresse la barre en proposant le séduisant NBA Showtime : NBA on NBC. Tim Kitzrow, n’ayant rien perdu de sa verve, assure l’ambiance. Le studio enchaine avec NBA Hoopz respectable qui abandonne le 2-on-2 pour proposer du 3-on-3.
En 2010, après sept ans d’absence, NBA Jam célébrait son retour sur console. Une renaissance appréciée par la critique qui se paiera le luxe de proposer une mise à jour l’année suivante avec NBA Jam: On Fire. Disponible sur PlayStation 3, Xbox 360 et Nintendo Wii, le titre peut se targuer d’avoir pleinement retrouvé son mojo.
L'Héritage de NBA Jam
Parmi les licences de jeux vidéo, NBA Jam est l’une des plus emblématiques tous sports confondus. Les Big Heads, les dunks acrobatiques et les punchlines du speaker vous disent forcément quelque chose. Sorti en 1993 sur arcade avant d’être porté sur une myriade de plateformes, l’histoire de NBA Jam est pavée d’anecdotes en tous genres.
Aujourd'hui, il existe plusieurs solutions légales pour jouer à NBA Jam. Vous pouvez récupérer une console rétro avec le jeu et bondir 30 ans en arrière ou aller au plus simple en prenant directement une borne arcade.
Depuis 1993, la licence NBA Jam a tenté de se renouveler pour accompagner des générations de basketteurs. Les bornes d’arcade se font de plus en plus rares mais l’âme du jeu n’est pas morte, loin de là. Il restera même pour beaucoup LA référence en terme de jeu vidéo sur notre sport préféré.
Et vous, avez-vous joué à NBA JAM dans les années 1990 ?