Quelques mois avant la Draft NBA, Joël Ayayi, espoir tricolore, attire l'attention. Oubliés les déceptions passées, la cuvée actuelle s'annonce révolutionnaire pour le basket français. Comment un joueur passe-t-il d'un statut d'inconnu à celui de star en devenir ? Comment crédibiliser la "french touch" aux États-Unis ? Comment transformer une saison universitaire en tremplin pour une carrière NBA ?

Débuts et Formation
Né le 5 mars 2000 à Bordeaux, Joël Ayayi fait ses premiers pas dans le basket aux JSA avant de rejoindre le centre de formation palois. Après une saison dans les Pyrénées, il intègre l'INSEP et porte les couleurs du CFBB pendant deux ans. La saison 2016-17 marque son acte de naissance en tant qu'espoir du basket français, avec 5,7 points, 2 passes décisives et 3 rebonds en 21 minutes de moyenne.
L'Aventure à Gonzaga
À l'été 2017, Joël Ayayi rejoint l'Université de Gonzaga, suivant les traces de John Stockton, Domantas Sabonis et Ronny Turiaf. À seulement 17 ans, il se déclare "redshirt" pour la saison à venir, conscient que sa condition physique et son jeune âge ne lui permettent pas encore de prétendre à un rôle majeur. Il profite de cette année pour perfectionner son jeu, suivre un programme athlétique et travailler son anglais.
En 2018-2019, ses statistiques sont modestes : 1,7 point et 1,4 rebond. Son coach souligne son énorme marge de progression, notamment au niveau du tir, de la vitesse, du physique et du leadership. Joël travaille alors dans l'ombre, réalisant de grosses performances avec les équipes de France jeunes.
La saison 2019-2020 est une révélation : 10,6 points, 6,3 rebonds, 3,2 passes décisives et 1,3 interception à 48% au tir, dont 35% à trois points. Gonzaga est sacré champion de sa Conférence (West Coast) et Joël Ayayi est élu meilleur joueur du tournoi. Bien entouré par Filip Petrusev, Corey Kispert et Killian Tillie, il semble en mesure de mener les Bulldogs vers le titre de Champion NCAA. Malheureusement, la March Madness est annulée.
Enfin titulaire indiscutable, Ayayi a pu progresser mieux que jamais entouré de certains des meilleurs prospects américains que sont Jalen Suggs, Corey Kispert ou encore Drew Timme. Il a pu apprendre à gagner aussi, en se montrant comme un joueur de complément parfait, avec des joueurs à fort taux d’usage, ce qui ne l’a pas empêché de marquer 12 points par match, ou encore d'être l'un des piliers de la victoire des siens face à UCLA en demi-finale du tournoi NCAA !

Parcours en Équipe de France
L'histoire d'amour entre Joël Ayayi et l'Équipe de France commence en 2016, avec une sixième place à l'Euro U16. Il y envoie 11 points, 7 rebonds, 2 passes décisives et 2 interceptions de moyenne. En 2018, il décroche le bronze à l'Euro U18 avec 15,7 points, 3,6 rebonds, 2,3 passes décisives et 1,7 interception, intégrant le cinq majeur du tournoi.
Lors du Mondial U19 l'été suivant, il réalise son plus gros braquage : 20,9 points, 5,6 rebonds, 3,4 passes décisives et 2 interceptions de moyenne à 51% au tir, dont 30% à trois points. Il est élu dans le cinq majeur du tournoi, passant près du titre de MVP. Ces campagnes avec les jeunes bleus lui apportent palmarès, statistiques et maturité.
🇫🇷JOEL AYAYI, NOUVEAU ROLE PLAYER MADE IN FRANCE EN NBA ?🇫🇷
Profil et Potentiel NBA
Du haut de son mètre 95, Joël Ayayi est polyvalent et peut aussi bien monter la balle que se mettre davantage en retrait. Sa principale qualité est la pénétration. Doté d'un touché soyeux et d'une belle agilité, il absorbe le contact du défenseur. Il a rassuré les observateurs qui le jugeaient mauvais tireur, avec 35% à trois points.
Dans cette classe de Draft, Joel Ayayi entre dans la fameuse catégorie des joueurs NBA, qui auront tout à fait les qualités requises pour entrer dans une rotation dès le premier jour. La raison première à cela, c’est l’efficacité presque surréaliste que le français a connu à l’échelon universitaire. La saison passée, Ayayi a tiré à 68% à deux points, 38% à trois points, 40% sur catch and shoot à trois points, pour un total de 66% au tir réel ! On atteint des niveaux d’excellence.
Ces statistiques vont lui permettre d’être au moins utilisé comme un 3&D extérieur fiable en NBA, à coller sur le poste arrière aux côtés d’un ball handler dominant par exemple. Avec sa belle envergure, il est très efficace pour défendre sur le porteur de balle, et très difficile à déborder au drive, tant il bouge bien ses pieds et place toujours très bien son corps. Joel Ayayi, c’est aussi un bon moteur qui lui a permis de devenir une sorte d’arrière rebondeur à Gonzaga (près de 7 prises par match), capable d’intercepter et de très bien lancer les transitions où il s’est montré altruiste pour trouver Suggs ou Kispert.
Comme souvent chez des joueurs NBA Ready draftés à 21 ans ou plus, on retrouve chez Joel Ayayi peu de promesses qui laisseraient espérer un joueur capable de dépasser sa mission. C’est la raison principale qui le place aux alentours du début du second tour, car le français est un bon professionnel à n’en pas douter, mais n’a pas les qualités techniques et physiques pour exceller dans de nombreux secteurs à l’avenir. Peu de joueurs peuvent s’en vanter sur les postes arrières dans cette Draft, mais Joel Ayayi est lui bel et bien un joueur polyvalent qui offrira à son futur coach une pléthore de qualités à utiliser dans des façons bien variées.
Son rôle de prédilection sera sans doute celui d’un arrière qui évolue sans le ballon, comme c’était le cas avec Jalen Suggs sur le parquet à Gonzaga, capable de sanctionner sur catch and shoot à trois points et profiter des espaces laissés par la défense pour couper et aller chercher des paniers faciles. En revanche, Ayayi est un profil polyvalent et on l’imagine tout à fait s’épanouir différemment en devenant un meneur très honnête en sortie de banc, capable de sanctionner sur pick and roll, à trois points notamment où il a su sanctionner très souvent des défenseurs qui passaient sous l’écran face à lui.
En résumé, Joel Ayayi devrait devenir une troisième ou quatrième solution extérieure on ne peut plus intéressante en NBA. Attendu aux alentours de la trentième place, il a le profil parfait pour des Suns toujours plus ambitieux en reccherche de talent pouvant contribuer immédiatement.
Tableau des Statistiques de Joël Ayayi à Gonzaga (Saison 2020-2021)
| Statistique | Valeur |
|---|---|
| Points par match | 12,0 |
| Pourcentage au tir | 57,5 % |
| Pourcentage à 3 points | 38,9 % |
| Rebonds par match | 6,9 |
| Passes décisives par match | 2,7 |
| Interceptions par match | 1,1 |
| Ballons perdus par match | 1,4 |
Un Contexte Familial Propice
Joël Ayayi a toujours baigné dans un environnement familial où le basket est une priorité. Il est le frère de Valériane Vukosavljevic, habituée de l'équipe de France, et de Gérald Ayayi, pensionnaire de l'Élan Béarnais en Jeep Elite.
Pronostics et Avenir
Annoncé dans les mock drafts entre la fin du premier tour et le début du deuxième tour, le Français a toutes ses chances de convaincre une franchise de parier sur lui pour avoir un impact immédiat en sortie de banc. Son parcours de Bordeaux à Gonzaga est déjà magnifique et TrashTalk continuera de suivre le prospect quelle que soit sa future destination.