Bienvenue sur le site du Figaro pour une analyse approfondie de la seconde demi-finale de la Coupe du monde de rugby féminin entre la France et l’Angleterre. Malgré une performance courageuse, les Bleues se sont inclinées face à l'Angleterre en demi-finale de la Coupe du monde. Retour sur un match riche en émotions et en rebondissements.

Un Match Intense et Disputé
C'était l'heure du révélateur. Et malgré de belles choses, le XV de France n'a pas réussi l'exploit face à l'Angleterre, samedi 20 septembre, en demi-finales de la Coupe du monde. Battues 35 à 17, les Bleues ont longtemps regardé les doubles championnes du monde (1994, 2014) dans les yeux, avant de craquer en fin de match. On leur annonçait un après-midi en enfer face aux Invincibles.
Les Bleues ont perdu leur dix-septième match d'affilée face aux Red Roses, comme on le prévoyait, mais le scénario n'a pas été celui que l'on pouvait craindre. Pendant une heure, elles ont fait douter des Anglaises qui n'avaient jamais été autant bousculées depuis le début de la compétition. Avant de céder face à la puissance des Red Roses en fin de rencontre et s'incliner 35-17.
Première Période : Domination Française, Mais Peu de Récompenses
Les Françaises ont eu la première opportunité mais ce sont les Anglaises qui ont frappé les premières. Alors que les Bleues tenaient le ballon mais sans franchir, elles se sont fait prendre sur un contre mené le long de la touche par Ellie Kildunne qui a aplati le premier essai du match. Pourtant, les Bleues faisaient le match qu'il fallait, dans l'avancée avec Madoussou Fall Raclot et occupant le camp anglais avec un jeu au pied de Carla Arbez performant. Mais elles n'ont pas profité pas de cette occupation territoriale par manque d'efficacité, aussi parce que Hannah Botterman a gratté de nombreux ballons chauds et soulagé les siennes. On craignait un cavalier seul anglais, on avait un vrai match.
Encore plus quand Nassira Konde a été à la conclusion d'une magnifique action où les Bleues avaient pris le temps de construire. Le temps passait et le public d'Ashton Gate peinait à se lâcher car les Red Roses étaient bousculées. Elles butaient sur une défense française très agressive et disciplinée. Elles pouvaient même remercier Marine Ménager de vendanger une énorme occasion en manquant sa passe pour Léa Champon qui n'avait plus qu'à franchir la ligne. Une minute plus tard, la capitaine française a cru se rattraper en marquant mais la passe de Gaby Vernier avait été jugée en-avant.
Première période frustrante. La peine va se concentrer sur la première période, où les Françaises ont eu les principales munitions, ont gagné 245 mètres après contact (contre 86 pour les Anglaises), mais sont rentrées au vestiaire derrière (7-5). Les coéquipières de Pauline Bourdon Sansus, infatigable animatrice du jeu français, y ont certes marqué un essai, par Nassira Kondé. Mais elles en ont manqué tellement d’autres après la demi-heure de jeu, de celui de Marine Ménager refusé pour un en-avant de passe (35e) à une percée, toujours de Ménager, où la capitaine des Bleues a passé trop tard, et trop bas la balle à Léa Champon, qui ne demandait qu’à filer à l’essai (34e). Le retard des soutiens sur les attaques bleues a plusieurs fois été sanctionné alors que les Françaises s’approchaient de la ligne d’essai.
Seconde Période : L'Angleterre Prend le Dessus
C'est en revenant à ses fondamentaux avec un ballon porté conclu par Amy Cokayne que l'Angleterre a cru enfin s'échapper. Mais les Bleues ont aussitôt réagi par Kelly Arbey. À l'heure de jeu, les Bleues ont commencé à piocher physiquement. Les Anglaises en ont profité pour s'installer dans leur camp, faire parler leur puissance et inscrire un troisième essai par Abbie Ward. Et Kildunne a planté le coup de grâce en récupérant un ballon mal contrôlé au pied par Marine Ménager et prendre de vitesse la défense bleue. Le deuxième essai de Konde laissera d'autant plus de regrets. Le rêve aura duré une heure, une heure où les Bleues ont fait douter leur adversaire avant de céder face à sa puissance.
En face, les Anglaises ont dominé sur leurs points forts, prévisibles et peu emballants dans leur majorité, mais irrésistibles depuis 32 matchs, la meilleure série de victoire du rugby international, tous genres confondus. Ellie Kildunne fait mal. Elles ont marqué dès le début par l’inévitable arrière Ellie Kildunne, meilleure joueuse du monde en 2024 et certainement encore candidate à la distinction cette année, qui a contourné le rideau bleu bord de touche sur la première occasion anglaise. Elles ont ensuite su faire le dos rond et martyriser la mêlée française pour garder la tête hors de l’eau.
Et au retour des vestiaires, elles ont accéléré. La recette est bien connue : une touche dans les 22 mètres pour un maul qui avance jusque dans l’en-but. Les Françaises ont répondu avec un essai de Kelly Arbey, transformé au bord de ligne par Morgane Bourgeois (52e), mais sur un jeu d’avants très puissant, conclu par la deuxième ligne Abbie Ward, les Anglaises ont repris un peu de marge (21-12, 59e). Ce troisième essai a fait mal aux Bleues, qui ont peiné à maintenir le rythme de jeu nécessaire pour bousculer les Anglaises en fin de match.
Les Bleues ont pioché physiquement à l'heure de jeu.
Les Anglaises en ont profité pour s'installer dans leur camp, faire parler leur puissance et inscrire un troisième essai par Abbie Ward.
Et Kildunne a planté le coup de grâce en récupérant un ballon mal contrôlé au pied par Marine Ménager et prendre de vitesse la défense bleue.
Le deuxième essai de Konde laissera d'autant plus de regrets.
Le rêve aura duré une heure, une heure où les Bleues ont fait douter leur adversaire avant de céder face à sa puissance.
L'Angleterre jouera la finale de sa Coupe du monde face au Canada, la France pourra regretter son inefficacité en première période.
Mais au final, elles ne vont garder du Ashton Gate de Bristol que les regrets et les larmes, comme il y a trois ans, où elles ont été à une pénalité manquée après la sirène de faire tomber la Nouvelle-Zélande (25-24), future vainqueure de la compétition en 2022 et qu’elles retrouveront le week-end prochain pour la troisième place.
Une fin de match IRRESPIRABLE | Résumé France vs Irlande | Coupe du Monde de rugby féminine 2025
Réactions et Analyses d'Après-Match
Après cette demi-finale, cela fait désormais 17 matchs que les Bleues n'ont plus battu les Red Roses depuis la dernière victoire en mars 2018, lors du Six nations (18-17). Manae Feleu, Joanna Grisez... Longtemps à la lutte dans cette demi-finale, les Bleues ont fini par flancher en fin de match. L'issue aurait-elle été la même si les Bleues avaient pu compter sur leurs nombreuses absentes ?
Les mots de la cosélectionneur, au micro de TF1 : «On savait que les trois équipes qui seraient face à nous (dans le dernier carré) seraient difficiles à jouer. Je crois que ce groupe a besoin de se récompenser le week-end prochain.
La capitaine du XV de France féminin, en pleurs à la fin du match, s’est arrêtée au micro de TF1 : «Honnêtement c’est dur. Ce que je retiens c’est qu’on a été très courageuse. La moindre occasion, elles l’ont mise au fond, elles ont été meilleures que nous. on va se concentrer sur le match de la semaine prochaine.
Au micro de TF1, la centre tricolore, auteure d’un doublé retient le très grand match de cette équipe de France : «Le cœur y était, on voulait montrer de quoi on était capable. On a tenu en première période, ça ne l’a finalement pas fait.
Gabrielle Vernier, centre du XV de France, au micro de TF1 après la défaite contre l’Angleterre en demi-finale : «En première mi-temps, on les tient, on les met en difficulté, on est chez elles, on ne score pas. On arrive à bien tenir en première mi-temps et c’est en deuxième qu’on loupe le coche. Elles ont fait une bien meilleure deuxième mi-temps que nous. Elles nous ont dominées en touche et en mêlée et leurs arrières nous ont mis un peu le feu. C’est beaucoup de déception, car cela fait trois ans qu’on attendait ce moment (...) Aujourd’hui, on a eu du mal à franchir leur ligne, à poser notre jeu, on n’a pas scoré aussi facilement qu’on aurait pu faire par le passé.
Marine Ménager, capitaine du XV de France. « Je pense qu’on a besoin aussi d’évacuer toutes les émotions. Demain, on ‘’re-switch’’ pour préparer ce match pour la troisième place qui est super important pour nous. Je pense qu’on a envie de récompenser le groupe. En plus, on passe une très belle équipe de Nouvelle-Zélande. Il va falloir se préparer très sérieusement et ne pas se morfondre sur cette défaite.
Perspectives d'Avenir pour le XV de France Féminin
Le tournoi n’est pourtant pas fini pour les Bleues, puisqu’elles joueront la petite finale contre les Néo-Zélandaises, samedi prochain. La native de Pont-du-Casse, qui souligne toute l’importance que le championnat d’Elite 1 Féminin "se professionnalise", juge également que l’avance prise par les autres nations telles que l’Angleterre, la Nouvelle-Zélande et le Canada sera très difficile à rattraper. "J’ai l’impression que depuis 2022, on régresse complètement. J’ai l’impression aussi de ne plus reconnaître l’équipe de France. ENTRETIEN. Avant d’évoquer les autres possibilités d’améliorations, notamment dans le jeu. "Ce qui faisait notre force avant, c’était le french flair, et il me semble qu’aujourd’hui, c’est plus stéréotypé. On est moins dans la lecture des situations et plus dans le jeu d’école" a répondu la joueuse de l’ancien Bordelais, désormais joueuse de Clermont.
Le XV de France ne disputera pas la finale, à Twickenham, mais a tout de même le droit à une dernière affiche de prestige. Dans la mythique enceinte londonienne, les Bleues défieront en effet la Nouvelle-Zélande, double championne du monde en titre, en petite finale, samedi 27 septembre. Histoire de terminer troisième pour la septième fois en neuf éditions de la Coupe du monde de rugby.
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