Le Beach-Volley à Rio de Janeiro: Une Passion Nationale et un Rayon de Soleil Olympique

Rio de Janeiro, avec sa célèbre plage de Copacabana, est le cadre idéal pour le beach-volley, une discipline pratiquée bien avant de devenir olympique. Le Brésil espère toujours réussir le doublé dans ce sport lors des grands événements sportifs.

Arène de beach-volley à Copacabana, Rio de Janeiro.

Le Beach-Volley: Plus Qu'un Sport, un Mode de Vie à Rio

Sur cette étendue de sable longue de plus de 4 kilomètres, les Cariocas viennent toute l’année disputer des parties de beach-volley, de foot-volley ou de frescobol, un jeu de raquettes typiquement brésilien. Pour la sportive Talita Antunes da Rocha, il n’y avait pas de meilleur endroit pour accueillir la compétition : « Quand on parle de beach-volley, tout le monde pense à Rio, à Copacabana. C’est un sport où il faut jouer en étant content. Il y a du soleil et du sable, les gens adorent ça. »

Le beach-volley est bien plus qu'un simple sport à Rio; c'est une partie intégrante de la culture locale. Les plages de Rio, en particulier Copacabana, sont des lieux de rassemblement où les Cariocas de tous âges et de tous horizons se retrouvent pour jouer et partager leur passion pour ce sport.

Un Parcours Olympique en Demi-Teinte pour le Brésil

Ce n'est pas gagné d'avance car si les Brésiliens adorent le beach, leurs résultats aux JO n'ont pas toujours été à la hauteur de leurs attentes: une seule médaille d'or chez les hommes, en 2004, et une chez les femmes, en 1996, année de l'introduction de ce sport au programme olympique.

Depuis son introduction aux JO en 1996, la discipline a rapporté onze médailles au Brésil. En cinq Jeux, ils ont raflé onze podiums. Aucun autre pays, pas même les Etats-Unis (neuf podiums), n’a fait mieux. Malgré sa jeune histoire olympique, le beach-volley est devenu le cinquième plus gros pourvoyeur de médailles brésiliennes.

Depuis 1996, un sixième des médailles du Brésil aux Jeux d’été (11 sur 69) l’ont été sur un terrain de vôlei de praia.

Les succès olympiques ont fait pousser comme des champignons les "escolinhas" (petites écoles), qui proposent des cours de volley tous publics. Aujourd´hui, il y a des poteaux destinés à recevoir des filets de volley pratiquement tous les 50 mètres le long de la plage.

Jackie Silva et Sandra Pires, premières médaillées d'or olympiques en beach-volley pour le Brésil en 1996.

La Rivalité Brésil-États-Unis

Les Américains, autre place forte du "volley de plage", leur ont le plus souvent damé le pion: six titres, également partagés entre messieurs et dames. Né sur les plages de Californie dans les années 1920, le beach-volley, opposition de deux équipes de deux joueurs, reste une spécialité des Américains, détenteurs de six des dix titres décernés depuis les Jeux d’Atlanta.

Les deux pays trustent les deux tiers des 30 médailles distribuées en cinq éditions du tournoi de beach-volley olympique : onze pour le Brésil (2 d´or, 6 d´argent et trois de bronze) et neuf pour les Etats-Unis, mais beaucoup plus de titres (6 d´or, deux d´argent et une de bronze).

Les Champions du Monde 2015 et les Attentes pour Rio

Les résultats des derniers Championnats du monde, en 2015, ont de quoi encourager le pays hôte. Le Brésil a raflé cinq médailles sur six possibles, un exploit qui ne sera pas possible à Rio où seules deux équipes par nations sont autorisées.

Chez les hommes, Alison Cerutti et Bruno Schmidt avaient conquis l'or aux dépens des Néerlandais Reinder Nummerdor, un vétéran de 39 ans qui a connu son heure de gloire en salle dans les années 2000, et Christiaan Varenhorst. Chez les dames, les championnes du monde sont les Brésiliennes Barbara et Agatha.

Egalement titrée aux derniers Mondiaux, la paire masculine Alison Cerutti-Bruno Schmidt cristallise les attentes des spectateurs de Copacabana.

Chaque pays pouvant aligner deux paires, chez les femmes comme chez les hommes, les espoirs nationaux de succès reposeront aussi sur les épaules de Barbara Seixas et Agatha Bednarczuk, championnes du monde en 2015.

Une Ferveur Populaire Indescriptible

Le décor, réchauffé par un soleil généreux, est onirique. Des tribunes de la Beach Volleyball Arena de Rio, la plupart des spectateurs peuvent admirer l’immensité bleue de l’océan Atlantique. L’enceinte éphémère, une impressionnante structure métallique pouvant accueillir 12 000 personnes, a été dressée en plein milieu de la célèbre plage de Copacabana. Un lieu choisi comme une évidence.

Venu depuis Florianopolis, dans le sud du pays, Leopoldo Manfio a assisté à la victoire de Larissa et Talita en phase de poule, dimanche. Joueur « très occasionnel », vêtu d’un débardeur, il résume le côté ludique de ce sport : « Comme tu joues sur la plage, c’est plus amusant. Le format est sympa : les sets sont plus courts [21 points gagnants contre 25 pour le volley-ball], les matchs durent moins longtemps. »

« C’est de la folie. C’est le plus beau site de ces jeux Olympiques. Le décor est majestueux. On se régale », sourit Rodolphe Gaudin, qui commente les matchs olympiques pour France Télévisions.

« C’est l’endroit parfait pour venir faire du beach-volley. Ce sport se vit pleinement ici et les joueurs sont de vraies stars. Il n’y a pas un Carioca qui n’a pas joué au moins une fois au beach dans sa vie », renchérit Youssef Krou, consultant et qui a raté de peu la qualification avec l’Équipe de France.

On est bien forcé de le croire. Ce deux contre deux, les pieds dans le sable, en tenue minimaliste, fait fondre tout le Brésil. « C’est encore mieux que le foot. Ça nous donne plus de joie. C’est plus fort », tranche un supporter brésilien.

Sous le regard du Christ rédempteur perché au sommet du Corcovado, les volleyeurs brésiliens savent que l’attente nationale est forte. Et les espoirs solides, autour du beach-volley plus que pour n’importe quelle autre discipline.

Mais Talita Antunes da Rocha ne s’en fait pas une montagne : « Dans notre sport, la pression est présente à tous les Jeux. Il faut à chaque fois que l’on ramène des médailles. »

« Jouer ici, ce n’est pas une pression supplémentaire pour nous, mais pour nos adversaires. C’est magnifique, cette ferveur », estime Evandro Junior, un grand gaillard qui compose la deuxième paire auriverde masculine avec Pedro Solberg.

Le Beach-Volley: Un Sport pour Tous

Ce n´est pas Renato, jeune retraité de 63 ans, qui dira le contraire. "Ça fait un an que je joue et je sens la différence, ça m´aide à rester en bonne santé. C´est plus qu´un terrain de volley, c´est une salle de gym en plein air", se félicite cet habitant de Copacabana.

Le beach-volley recrute aussi ses adeptes chez des jeunes qui ont fait leurs classes en salle, comme Paula, 28 ans, licenciée au club de Flamengo dans son adolescence. "Je joue sur le sable, avec ce paysage magnifique, avec des gens super sympa et après, je vais faire trempette dans la mer. Une bonne noix de Coco pour me rafraîchir, et je suis prête pour aller bosser.

Une image symbolique des JO de Rio 2016 : la diversité culturelle sur le terrain de beach-volley.

Le Beach-Volley et les Jeux Olympiques de Rio 2016

Aux récents Jeux de Rio, la fête du beach-volley aurait pu être totale pour le Brésil. Dans l’ambiance survoltée de l’arène dressée sur la plage de Copacabana, l’équipe masculine composée du double champion du monde Alison Cerutti et du champion du monde Bruno Oscar Schmidt imita ses compères de celle du Volley en décrochant l’or aux dépens de l’Italie.

Une magnifique photo prise lors d’un math de beach volley entre l’Egypte et l’Allemagne, dimanche aux JO 2016, a été relayée en masse sur la toile et les réseaux sociaux. Elle met en scène une joueuse en hijab face à une autre en bikini.

Ce à quoi on assiste dans l’arène est à l’image de ce qui se déroule à l’extérieur, sur le sable fin de Copacabana, avec ces Cariocas réunis autour d’une passion commune, le beach-volley. Des jeunes ou des plus vieux, venus des quartiers défavorisés ou des appartements huppés des bords de plages. Pour monter au filet, il n’y a pas d’âge.

« J’ai 87 ans. Ici, 365 jours par an, c’est comme ça, on vient jouer entre nous », souffle l’un des joueurs. Et il est loin d’être le seul. Car au Brésil, on compte environ quinze millions de pratiquants et des milliers de clubs.

Alors oui, ce sont les Américains qui depuis les JO d’Atlanta se sont emparés du plus grand nombre de titres. Six, pour ce sport né dans les années 1920 sur les plages de Californie. Il n’empêche, le beach reste le rayon de soleil olympique brésilien. Malgré sa jeune histoire aux JO, il est devenu le cinquième plus gros pourvoyeur de médailles du pays.

Revue de Presse sur l'histoire du Beach Volley aux Jeux Olympiques

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