Football Féminin en France : Histoire, Évolution et Informations

L'équipe de France féminine de football est l'équipe nationale qui représente la France dans les compétitions internationales féminines de football. La France est une nation de football féminin importante sur le plan mondial, comme le prouve son classement FIFA où elle se trouve à la 2e place en juin 2024.

Les Débuts Pionniers du Football Féminin en France

Le football féminin s'impose en France après la Première Guerre mondiale avec la mise en place d'un championnat de France en 1919 organisé par la FSFSF. Le vendredi 30 avril 1920 à Deepdale, au stade du Preston North End FC, une sélection des meilleures joueuses françaises de la FSFSF rencontre les Dick, Kerr's Ladies FC, la formation anglaise de Preston. Devant 25 000 spectateurs, la France s'incline 2-0. Elle boucle sa première tournée anglaise avec 2 victoires, 1 nul et 1 défaite.

Une nouvelle tournée anglaise pour l'équipe de France est organisée du 17 au 22 mai 1921. Les Bleues s'inclinent lors de leur premier match (5-1), puis signent trois courtes victoires. Après 1921, la FFFA n'ouvre plus les colonnes de ses publications à Alice Milliat, présidente de la FSFSF. Les tournées outre-manche se poursuivent malgré l'interdiction du football féminin par la FA le 5 décembre 1921. Ainsi, une tournée a lieu dès le printemps 1922. Battues à Plymouth (2-1), les Bleues concèdent des nuls 0-0 à Exeter et Falmouth.

Le calendrier international se résume à quelques matchs France-Belgique. Le dernier match de l'équipe de France de la FSFSF se tient le 3 avril 1932. La Ligue de Paris de football féminin, fondée en 1933, reprend le flambeau et met en place une équipe de France et une équipe de Paris. Ces deux formations s'affrontent notamment le 20 mai 1934 à Juvisy (0-0) et le 15 décembre 1934 au Stade de Paris (Saint-Ouen).

Frein et Renaissance du Football Féminin

Après l’élan des années folles, où l’équipe de France féminine dispute plusieurs rencontres internationales, la pratique féminine du football est progressivement freinée. En 1941, le régime de Vichy interdit officiellement le football féminin, jugeant ce sport « inadapté » et « nuisible » pour les femmes. Cette décision s’appuie sur des discours médicaux de l’époque, qui affirment que la pratique serait contraire à la « nature féminine ».

Il faut attendre la fin des années 1960 pour voir le football féminin renaître et être de nouveau reconnu par la Fédération française de football. À cette époque, les joueuses françaises, notamment les Rémoises, se mobilisent activement pour faire reconnaître l'existence du football féminin. Un an avant le feu vert fédéral, les Bleues prennent part à une Coupe d'Europe pirate, c’est-à-dire en marge de la FIFA, avec trois autres nations : Angleterre (défaite 2-0 devant 15 000 spectateurs), Danemark et Italie (défaite 1-0 le 1er novembre 1969 devant 5 000 spectateurs).

Après la levée de l’interdiction par la FFF en 1970, les joueuses mettent sur pieds une première Coupe du monde pirate remportée par le Danemark. La France n'est pas présente à cette compétition, mais quelques mois après avoir disputé le premier match officiel FFF le 17 avril 1971 (victoire 4-0 face aux Pays-Bas au stade Damette à Hazebrouck), elle prend part à la deuxième édition qui se tient au Mexique. Les joueuses devront répéter encore leurs organisations pirates jusqu'à ce que la FIFA admette l'intérêt d'une telle compétition (1991).

L'Émergence du Football Féminin Moderne

Les footballeuses du Stade de Reims constituent la meilleure formation française entre la fin des années 1960 et le début des années 1980. Lors du tournoi mondial disputé du 8 au 23 octobre 1978 à Taïwan, c'est la formation rémoise au grand complet qui représente le football féminin français. Les joueuses du Stade enlèvent le titre à égalité parfaite avec les Finlandaises d'Helsinki, phase finale en poule sans finale oblige.

Lors des trois précédentes coupes du monde (1971, 1978 et 1988), non officiellement reconnues par la FIFA, la France avait remporté le titre de 1978, avec la Finlande (arrivée ex aequo). Depuis la mise en place de la coupe du monde sous l'égide de la FIFA à partir de 1991, la France a dû attendre la quatrième édition pour prendre enfin part à la phase finale.

Deux éditions non officielles du championnat d'Europe ont également eu lieu en 1969 (4e) et 1979 (1er tour). À partir de 1984, l'UEFA met en place une compétition officielle. Auparavant, seuls les demi-finalistes prenaient part à la phase finale, et la France se faisait à chaque fois devancer en phase éliminatoire : par l'Italie en 1984, par la Suède, les Pays-Bas et la Belgique en 1987, battue en quarts de finale par l'Italie en 1989 (0-2 ; 1-2), par la Suède en 1991, par le Danemark en 1993 et l'Italie en 1995.

L'Ère Clairefontaine et les Premiers Succès

Sous l'impulsion d'Aimé Jacquet, le football féminin de haut niveau est pris en charge par les équipes de Clairefontaine. Les joueuses de l'équipe de France A, mais aussi les jeunes joueuses, profitent désormais de plein droit, au même titre que les garçons, des facilités offertes par les structures de Clairefontaine. Sous la houlette d'Élisabeth Loisel, qui remplace Aimé Mignot après le Championnat d'Europe 1997. Si l'équipe de France ne parvient pas à se qualifier à la Coupe du monde 1999. Elle se qualifie de nouveau pour la phase finale du championnat d'Europe en 2001 en devançant l'Espagne, les Pays-Bas et la Suède en phase éliminatoire. Durant la phase finale, elle perd ses deux premiers matchs contre la Norvège (0-3) et le Danemark (3-4) avant de remporter son seul match face à l'Italie (2-0), insuffisant pour se qualifier en demi-finale.

Les premiers résultats apparaissent encourageants avec comme point d'orgue la première participation à une Coupe du monde FIFA en 2003. Après avoir terminé deuxième de son groupe d'éliminatoire derrière la Norvège, elle dispute des matchs de barrage contre le Danemark (2-0; 1-1) et contre l'Angleterre, les Bleues s'imposent d'abord 1-0 à Londres puis confirment à Geoffroy-Guichard (1-0) devant plus de 23 000 spectateurs.

Initialement prévue en Chine, la Coupe du monde fut déplacée à cause du syndrome respiratoire aigu sévère qui est apparu dans le pays quelques mois précédant l'événement. Les États-Unis sont alors choisis pour organiser le tournoi. Lors de ce Mondial 2003, les Bleues tombent dans un groupe difficile : elles rencontrent successivement la Norvège, la Corée du Sud puis le Brésil. Le parcours des tricolores débute par une défaite 0-2 contre les Norvégiennes. Ainsi, alors que le score est de 0-0 à la mi-temps, Anita Rapp trompe Céline Marty dès la reprise à la 47e minute puis Dagny Mellgren double la mise à la 66e.

Les Françaises reprennent espoir lors du deuxième match de poule contre la Corée du Sud au Robert F. Kennedy Memorial Stadium de Washington. À l'issue d'un match tendu (quatre cartons jaunes), la France s'impose en toute fin de match à la 86e minute grâce à une reprise de volée du pied gauche de Marinette Pichon sur un coup de pied arrêté d'Élodie Woock. Les tricolores peuvent se qualifier pour les quarts de finale si elles battent le Brésil. La première mi-temps se termine par un score nul et vierge mais sur un ballon en profondeur de Maycon, Kátia da Silva ouvre le score. Marinette Pichon finit par égaliser dans les arrêts de jeu mais le match nul élimine les Françaises car dans le même temps, les Norvégiennes étrillent la Corée du Sud par 7 buts à 1.

En 2005, elle participe à se troisième phase finale d'affilée après avoir dominé son groupe éliminatoire la Russie, l'Islande, la Hongrie et la Pologne. Bruno Bini est nommé sélectionneur le 16 février 2007 et a pour objectif de qualifier la sélection au Championnat d'Europe 2009 et d'y atteindre les quarts de finale. Il avait auparavant mené l'équipe de France féminine des moins de 19 ans au titre européen en 2003. Dans sa campagne qualificative, la France est surprise dès son deuxième match en s'inclinant en Islande 1-0, cette dernière prend alors la tête du groupe devant la France. La France réalise ensuite un sans faute, pendant que l'Islande fait un faux pas en Slovénie (1-2). Lors du dernier match de la phase qualificative, la France accueille l'Islande et prend sa revanche 2-1 à la Roche-sur-Yon, elle évite donc les barrages et se qualifie pour l'Euro 2009.

À l'Euro 2009, la France s'impose lors de son premier match contre l'Islande (3-1) avant de lourdement s'incliner face à l'Allemagne (1-5). Mais elle termine à la deuxième place du groupe grâce à un nul 1-1 face à la Norvège et se qualifie pour les quarts de finale face aux Pays-Bas. Les Orange s'imposent aux tirs au but (5-4, 0-0 à la fin du temps réglementaire et de la prolongation) dans un match où la France avait pris le jeu à son compte mais manquait d'un « brin de folie pour dérouter les Pays-Bas » selon la capitaine Sandrine Soubeyrand qui fêtait sa 140e sélection à l'occasion de ce match. Le sélectionneur Bruno Bini ajoutait pour sa part : « On a évolué face à une équipe ayant refusé le jeu.

L'équipe de France féminine participe pendant l'été 2011 à la Coupe du monde en Allemagne. C'est la deuxième fois que la sélection est qualifiée pour la compétition mondiale. Quelques mois plus tard, aux Jeux Olympiques, la France se trouve confrontée en phase de poules aux États-Unis, vices-championnes du monde, à la Corée du Nord et a la Colombie. Lors du premier match de poule, la France rentre très bien dans son match en menant 2-0 la meilleure équipe du monde (d'après le Classement FIFA) grâce à deux buts signés Gaëtane Thiney (12e) et Marie-Laure Delie (14e), mais encaisse ensuite quatre buts et s'incline donc 4-2 face aux Américaines.

Quatre jours plus tard, la France affronte la Corée du Nord. Après l'ouverture du score par Laura Georges sur corner en fin de première mi-temps, les tricolores vont dérouler un festival offensif et s'imposer sur le score 5-0 grâce aux buts de Wendie Renard, Marie-Laure Delie, Élodie Thomis et Camille Catala en deuxième période. En quart de finale, la France retrouve l'équipe suédoise qui avait battue la France au match pour la troisième place de la Coupe du monde 2011. Les tricolores, après avoir été menées au score par les scandinaves reprennent l'avantage et se qualifient pour les demi-finales grâce à Wendie Renard et Laura Georges mais aussi leur gardienne Sarah Bouhaddi qui a fait un excellent travail défensif durant ce match.

En demi-finales, les Bleues doivent faire face aux championnes du monde en titre, les Japonaises ; malgré une énorme domination française, les Nadeshiko Japan s'imposent 2-1, avec des buts signés Yūki Ōgimi (32e) et Mizuho Sakaguchi (49e) pour le Japon et Eugénie Le Sommer pour la France. Malgré la volonté des bleues et un pénalty tiré par Élise Bussaglia (qui ne trouvera pas le cadre) elles n'arriveront pas à égaliser et devront disputer le match pour la troisième place. L'équipe de France sera opposée au Canada pour la médaille de bronze. Encore une fois, les bleues domineront largement la rencontre mais ne parviendront pas à marquer. La canadienne Diana Matheson ouvrira le score pour son équipe dans les dernières secondes de la partie sur l'unique tir cadré des Canadiennes dans cette rencontre.

Lors de l'Euro 2013, les Bleues finissent premières de leur groupe grâce à trois victoires : 3-1 face à la Russie, 1-0 face à l'Espagne et 3-0 face à l'Angleterre. Le 30 juillet 2013, Philippe Bergeroo est nommé sélectionneur de l'équipe de France féminine, en lieu et place de Bruno Bini. Bergeroo a pour mission de qualifier l'équipe de France à la Coupe du monde qui se déroulera au Canada en 2015.

La France est placée dans la poule 7, avec comme adversaires principaux la Finlande et l'Autriche. Le staff de Bergeroo fait fi du précédent, exit Corinne Diacre notamment. Les joueuses feront aussi sans Sandrine Soubeyrand, Ophélie Meilleroux, afin de faire place à la nouvelle génération. Première rencontre de l'ère Bergeroo, un match amical contre la République tchèque au mois de septembre. Une victoire 2-0 à Évry. S'ensuit trois jours plus tard, un déplacement à Astana au Kazakhstan pour le premier match de qualification pour la Coupe du monde, une victoire 4-0 à l'extérieur. Le mois suivant, un nouveau match amical contre la Pologne 6-0 à Beauvais, qui précède un déplacement pour les éliminatoires en Autriche, avec une victoire difficile 3-1 pour les Bleues.

En 2014, la France commence l'année par un match amical en février, contre l'équipe de Suède, à Amiens, victoire significative 3-0. Puis la France dispute le tournoi de Chypre 2014. Après un match nul contre l'Écosse (1-1), et une courte victoire (3-2) contre l'Australie, la France étrille les Pays-Bas (3-0), ce qui lui permet d'aller en finale, à la différence de buts. Les Bleues gagnent 2-0 face à l'Angleterre. L'équipe de Bergeroo reprend la route des qualifications pour Mondial et étrille le Kazakhstan 7-0 début avril à Angers, puis l'Autriche 3-1 de nouveau au Mans.

En mai, la France affronte la Hongrie à Besançon, victoire 4-0 des Bleues. Afin de se jauger contre des nations de très haut niveau, la France effectue trois matchs amicaux en juin contre le Brésil (0-0 en Guyane) et deux fois les États-Unis (défaite 1-0 à Tampa et match nul 2-2 à Hartford). La France est alors en tête du groupe 7 avec trois points d'avance sur la Finlande. Sous l'ere Bergeroo, la sélection ne connaît jusqu'alors une seule défaite en 17 matchs, amicaux compris.

En 2015, l'effectif de l'équipe de France n'est composé essentiellement que de trois formations de club, L'Olympique Lyonnais (12), le Paris-Saint-Germain (7) et Juvisy Essonne (6), respectivement les trois premières équipes du Championnat de France féminin de football de 2013 à 2015. Lors de leur premier match, les Françaises marchent sur la Colombie. Les Bleues commencent par une victoire face à l'Islande (1-0) grâce à un pénalty d'Eugénie Le Sommer dans les cinq dernières minutes du match. Les Bleues, deuxièmes du groupe, se qualifient donc pour les quarts de finale, elles affronteront l'Angleterre.

Le 30 août 2017, Corinne Diacre est nommée sélectionneuse de l'équipe de France, pour une durée de quatre ans. Lors de son premier match, la France bat la Corée du Sud sur le score de 4 buts à 0. Ensuite, Wendie Renard marque un doublé de la tête sur deux corners, le premier venant de la droite (servie par Gaëtane Thiney), le second, de la gauche (ballon déposé sur sa tête au point de pénalty par Amel Majri), ce qui permet aux Bleues de mener 3-0 à la pause.

Les Bleues enchaînent sur un succès face à la Norvège (2-1) grâce à des réalisations de Valérie Gauvin et Eugénie Le Sommer sur pénalty, malgré un but contre son camp de Wendie Renard. Cette victoire qualifie la France pour les huitièmes de finale de la compétition. En huitièmes de finale, les Bleues s'imposent face au Brésil sur le score de 2 buts à 1. Grâce à une réalisation de Valérie Gauvin en début de seconde période, après s'être vu refuser un but avec la VAR, les Tricolores ouvrent le score.

Le Football Féminin en Chiffres

L'essor du football féminin en France se traduit également par une augmentation significative du nombre de licenciées et de clubs :

  • 251 682 Licences féminines dont 202 493 joueuses.
  • 40 687 Dirigeantes.
  • 2 412 Éducatrices et animatrices.
  • 1 448 Arbitres femmes.

Cette croissance témoigne de l'impact positif du plan de féminisation impulsé par la Fédération Française de Football.

Top buts 2022 Equipe de France Féminine I FFF 2022

Dates Clés du Football Féminin en France

Voici quelques dates marquantes de l'histoire du football féminin en France :

  • 1970: La reconnaissance officielle de la pratique par la Fédération Française.
  • 1971: Premier match de l'Équipe de France féminine contre les Pays-Bas (victoire 4-0).
  • 1974: Début du Championnat de France féminin.
  • 1997: Première participation à une phase finale internationale (Euro).
  • 2003: Première participation à la Coupe du Monde.
  • 2011: L'Olympique Lyonnais remporte la Ligue des Champions féminine et l'Équipe de France atteint les demi-finales de la Coupe du Monde.
  • 2012: Première participation aux Jeux Olympiques et premier titre mondial pour les moins de 17 ans.
  • 2016: La FFF enregistre sa 100 000ème licenciée.
  • 2017: Corinne Diacre est nommée sélectionneure.
  • 2019: La France organise la Coupe du Monde féminine et lance le Trophée des Championnes.
  • 2020: Lancement du Tournoi de France et célébration des 50 ans du football féminin français.

Les Rôles et les Perspectives d'Avenir

La FFF encourage activement la participation des femmes à tous les niveaux du football :

  • Joueuses: Inscription possible dès la catégorie U6, mixité autorisée jusqu'à 15 ans.
  • Éducatrices: De plus en plus nombreuses à encadrer les équipes.
  • Dirigeantes: La FFF encourage l'accès aux postes à responsabilité.
  • Arbitres: La féminisation de l'arbitrage est une priorité.

Le football féminin en France continue de se développer, porté par l'enthousiasme des joueuses, des éducateurs, des dirigeants et des supporters. L'avenir s'annonce prometteur pour les Bleues et pour le football féminin français dans son ensemble.

Évolution du nombre de licenciées féminines à la FFF
Année Nombre de licenciées
2011-2012 87 863
2016 100 000
2019-2020 200 000
Aujourd'hui 250 000

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