Test de NBA 2K22 sur Nintendo Switch : Le Roi est-il toujours sur le trône ?

La série NBA 2K, référence ultime des jeux de basket, est de retour avec NBA 2K22. Développée par le studio Visual Concept, elle règne d’une main de maître sur les simulations de basket depuis des années. Une domination sans pareille sur la balle orange, qui ne souffre aujourd’hui d’aucune contestation et, surtout, d’aucune concurrence.

Mais que faire lorsqu’on est à la fois le roi et celui qui veut le déboulonner ? Ce paradoxe, c’est celui de NBA 2K, seul au sommet du basket virtuel depuis plus d’une décennie, mais qui peine à se renouveler efficacement depuis quatre ans. Des itérations successives qui semblent écrasées par le poids incommensurable d’une licence qui résume à elle seule un genre tout entier.

Avec NBA 2K21, le premier volet next-gen, on espérait une mandale digne de celle prise à l’époque avec NBA 2K14, qui avait accompagné les sorties de la PS4 et de la Xbox One, mais la réalité fut un peu différente. NBA 2K22 a donc la lourde tâche d'incarner le vent du renouveau que les joueurs de basket attendent tous, l’épisode qui, enfin, remettra tout le monde d’accord.

LE GUIDE COMPLET MA CARRIÈRE - PARTIE 1 (COMMENT BIEN DÉBUTER SUR NBA 2K24)

Contenu et Modes de Jeu

S’il y a bien une chose que l’on ne peut pas reprocher à NBA 2K22, c’est la richesse et la diversité de son contenu. En plus des deux modes de jeu les plus populaires, « Ma carrière » et « MyTEAM », une multitude d’autres options s’offre à vous. Au choix, vous pourrez créer votre propre ligue comme vous glissez dans la peau d’un GM (general manager). Envie de vivre une expérience plus courte ? Lancez-vous sur une saison unique ou bien sur une campagne de play-offs. À noter qu’il est possible de vivre ces deux dernières options en incarnant une équipe de WNBA, le pendant féminin de la NBA.

Il y a vraiment pléthore de modes et d’options pour faire plaisir tant aux fans de jeu pur que ceux qui aiment tâter du management, que ce soit d’équipe seule ou carrément de tout le club. On notera aussi la présence de la ligue WNBA, permettant d’évoluer dans la ligue féminine. Le mode carrière est basique et limité, bien plus que son pendant masculin, mais reste plaisant et a le mérite d’être bien fait.

Au rang des équipes jouables, pas de révolution. On retrouve globalement les mêmes effectifs à disposition. Ceux de cette saison en NBA, à jour bien évidemment. Les équipes dites « classiques », les plus grands effectifs ayant marqué l’histoire de la ligue américaine, des Lakers de Magic, aux Bulls de Jordan sans oublier le Heat de LeBron James et Dwyane Wade. Un régal. Les effectifs All Time sont également toujours de la partie. Les meilleurs joueurs de l’histoire, toutes époques confondues, par équipe.

Sont présentes les équipes de la saison en cours, évidemment, mais aussi les équipes de légende et les formations All-Time avec leurs rosters fantasmés à la puissance complètement abusée.

Les équipes All-Time offrent des affrontements de rêve entre légendes du basket.

Expérience de Jeu et Gameplay

Niveau jouabilité, le jeu ne révolutionne pas sa formule, déjà particulièrement efficace. Mais le rythme des matches a quelque peu baissé et se fait plus posé. L’immersion et le réalisme s’en trouvent accrus.

Il y a eu quelques améliorations bienvenues concernant le gameplay : la jauge de tir, plus agréable, les contres, mieux gérés et plus simples à sortir, sans être pour autant systématiques ou trop nombreux, la gestion des alley-oops, plus complexes à réaliser désormais (l’opus précédent était un peut « cheaté » à ce niveau-là)… Globalement, toujours basé sur le timing mais mieux maîtrisé, ce gameplay est aux petits oignons.

La mécanique de shoot est donc, de facto, essentielle. Pour nous aider dans cette tâche, les équipes de Visual Concepts ont encore une fois changé la jauge de tir. Par défaut (car il y a plusieurs configurations possibles), elle prend donc cette année la forme d’un arc de cercle qui apparaît latéralement. La zone d’efficacité du tir est supposée s’adapter à la difficulté du shoot mais aussi à la fatigue du joueur et au momentum du match. Sur le papier, pourquoi pas, c’est même une idée intéressante. Dans les faits, elle se révèle trop souvent peu lisible, offrant une indication trompeuse sur la validité ou non de votre tir. La première chose à faire est donc de la désactiver.

Une fois cette jauge retirée, il ne nous reste donc plus que la lecture corporelle du joueur pour doser notre shoot. C’est là qu’on s’aperçoit que le feeling se révèle encore plus fluide et naturel que l’année précédente. Certes, nous sommes bien aidés par le bonus accordé aux tirs “sans jauge”, mais on constate une vraie synergie entre l’animation et le timing manette en main, qui ouvre une dimension plus instinctive, plus viscérale aux tirs à mi-distance ou de plus loin. Le genre de sensations qu’il est agréable de retrouver.

Evoluer quand on est une simulation sportive, ce n’est pas uniquement une question de photoréalisme et d’ajustement, c’est aussi réussir à épouser les évolutions qui touchent la discipline telle que pratiquée dans le monde réel.

Le jeu vous force donc à être toujours attentif avec, en prime, un vrai poids de vos actions défensives sur le cours du match. De la même façon, les pick and rolls et autres stratégies de débordement se révèlent moins efficaces si on applique une défense rigoureuse. En revanche, le moindre interstice dans la ligne et un Giannis Antetokounmpo vous ouvrira en deux avec ses dunks ou double-pas qui démarrent de la ligne médiane.

Dès lors, on se rend compte de la dimension tactique prédominante des parties de NBA 2K22. Le placement des joueurs, la circulation de balle et la création de fenêtres d’opportunités deviennent le vrai pivot d’un match réussi. Un basket plus collectif, moins individuel en quelque sorte, mais où les stats des stars continuent de faire la différence (notamment au rebond).

Mode Ma Carrière

Souvent copié, jamais égalé. Le mode « Ma carrière » sur NBA 2K a toujours été un des moteurs de la licence. Complet au possible, il permet à travers le contrôle d’un joueur de faire carrière dans la NBA et d’affronter d’autres joueurs en ligne. Peut-être un peu moins scénarisé que les années précédentes, vous commencerez votre carrière à l’université avec huit choix de destination.

Votre carrière entamée, vous n’aurez que quelques matches dans le tournoi NCAA pour faire la meilleure impression au recruteur. Le but ? Êtredrafté le plus haut possible afin d’obtenir un meilleur salaire en VC et de pouvoir faire progresser plus rapidement votre joueur. Mais si, comme moi, vous perdez dès la première rencontre, pas de panique ! Il reste une solution : le draft combine. Une succession d’exercices physiques, d’abord, pas toujours simples à maîtriser, avant de démontrer votre habilité aux tirs.

Spécificité sur PlayStation 4, Xbox One, Nintendo Switch, et PC, le Quartier prend le large puisque vous embarquerez sur un bateau. Sur les consoles dernières générations, vous aurez le droit à une ville grouillante de vie et d’activité.

On profite d’une carrière vraiment bien pensée, autant en termes de progression que de personnalisation de l’avatar. On oublie le principe de prologue pour une formule plus globale, où notre joueur va évoluer au cœur de la Cité, hub gigantesque où vous pourrez affronter d’autres joueurs sur divers playgrounds, vous entraîner de différentes façons et accepter des quêtes de différents PNJ. Vous aurez aussi le choix de votre progression : NCAA ou pas, G League ou non, avec à la clé des insignes uniques pour offrir à votre joueur de nouvelles aptitudes.

La possibilité de déambuler, de trouver des trucs à faire à droite et à gauche, de lancer des événements et des défis renouvelés donnent une sensation de vie assez agréable à Ma Carrière.

Une fois qu'il est sélectionné en NBA, l’histoire de votre joueur devient assez classique mais très fournie avec des considérations de sponsoring qui entrent en jeu pour développer votre marque et faire de l’argent.

Défis et Inconvénients

Principal reproche adressé aux précédents opus, la monnaie virtuelle du jeu. Nommé VC (Virtual Currency), il est encore bien difficile d’y échapper dans cette version 2K22. La tentation d’y succomber est grande, tant ses emplois sont nombreux. Vous pourrez notamment améliorer votre personnage ou encore débloquer de meilleures cartes dans le mode « My team ». Cependant, cet aspect « Pay-to-win » est un peu plus dilué que dans les éditions précédentes. Sans entraînement et sans match, jamais votre joueur ne deviendra une légende du basket virtuel.

Malheureusement la monnaie virtuelle appelée littéralement VC pour Virtual Currency a été et est toujours beaucoup trop présente dans NBA 2K. La controverse réside dans son utilisation peu équilibrée et l’incitation constante à acheter ces VCs. Pour NBA 2K22 on peut dire que l’équilibre est un peu mieux géré et l’aspect Pay-to-Win un peu mieux limité même si toutefois bien présent.

Au niveau incitation, on en reste malheureusement toujours au même point... À chaque fois que vous irez dans les options ou que vous voudrez quitter le mode Ma Carrière vous tomberez nez à nez avec l’onglet « Obtenez des VC ».

En parlant de la jauge de tir, cette dernière voit son design retravaillé pour un aspect plus graphique, et certainement moins visuelle ou efficace qu'elle ne l'était l'année dernière. Lors de notre test, elle s'est avérée plus un problème qu'une aide et nous avons fini par la masquer afin de nous fier aux animations des joueurs lors des tirs en suspension pour en maîtriser le timing.

Gros point noir au tableau technique, les temps de chargement dans le mode My Carrière où les transitions entre la City et les bâtiments sont beaucoup trop longs ... On ressent un gros manque d'optimisation à ce niveau où dès que nous voulons sortir dans la City depuis un bâtiment un chargement de 30 secondes (sur PS5) intervient et vient casser l'immersion.

Graphismes et Performances

Au niveau du jeu, NBA 2K22 est visuellement superbe. La next-gen lui va si bien… Si la différence n’est pas flagrante, à part quelques améliorations de certains détails, par rapport à l’année dernière, force est de constater que le jeu est digne de cette nouvelle génération de consoles. C’est beau, c’est fluide, les joueurs sont très bien modélisés, bref, le réalisme est de mise. L’ambiance est folle sur le parquet et dans les gradins. Les animations sont sublimes et ultraréalistes, et surtout, les temps de chargement sont réduits.

Plus encore que les modélisations des joueurs, ce sont tous les petits détails un peu fous (les reflets sur le parquet, les effets de profondeur, la sueur, un public vivant) qui entretiennent la magie.

Le jeu est, sur les versions PS5 et XSX, absolument magnifique. Et comme si ce n’était pas suffisant, ce niveau technique impressionnant est également accompagné d’une mise en scène de très haute volée.

La modélisation des joueurs est toujours un vrai tour de force tant ils sont reconnaissables pour la plupart, même s'il existe des joueurs moins chanceux comme notamment un de nos joueurs français évoluant aux New York Knicks, Evan Fournier. Il vous sera très facile de reconnaître l'ensemble des joueurs qui font l'actualité de la NBA ainsi que les légendes qui ont fait de ce sport ce qu'il est actuellement.

Le gros bémol graphique survient une fois le mode Ma Carrière lancé, dans lequel les inégalités graphiques et techniques sont omniprésentes : on y observe une différence drastique de la modélisation des PNJ, qui se retrouvent avec des expressions faciales presque nulles et un rendu graphique qui ne fait pas honneur à ce que peuvent proposer des consoles next-gen ou de bons PC. Il en va de même pour la création de personnage de notre joueur en mode Ma Carrière puisque les possibilités de personnalisation sont grandes mais presque inchangées depuis NBA 2K20.

Conclusion

Au final, NBA 2K22 est un opus convaincant, après une dernière édition assez critiquée par la communauté. Le réalisme est toujours là, même sur les anciennes consoles. Indétrônable, la saga des NBA 2K règne en maître sur le marché des jeux de basket-ball, ayant eu raison de tous ses concurrents réduits, aujourd’hui, à l’état d’ersatz, de pâles copies ou carrément de souvenirs lointains. Visual Concepts, le studio en charge de la série, n’a pas pour habitude de se reposer sur ses lauriers et continue, année après année, à livrer le meilleur jeu possible pour les fans.

Un très bon jeu, avec un gameplay aux petits oignons. Que vous aimiez simplement le jeu ou que vous préfériez l’aspect gestion, voire les deux, vous serez comblé. On espère juste que Visual Concepts prendre un brin plus de risques pour le prochain opus.

Dès lors, on se rend compte de la dimension tactique prédominante des parties de NBA 2K22. Le placement des joueurs, la circulation de balle et la création de fenêtres d’opportunités deviennent le vrai pivot d’un match réussi. Un basket plus collectif, moins individuel en quelque sorte, mais où les stats des stars continuent de faire la différence (notamment au rebond).

NBA 2K22 offre une expérience de jeu immersive et réaliste.

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