Depuis 130 ans, les Jeux olympiques agissent comme une caisse de résonance de tous les combats, rêves et conflits politiques qui fondent les relations entre les nations. Les antagonismes majeurs et les bouleversements géopolitiques y trouvent un écho particulier, comme les enjeux liés aux circulations, aux migrations, aux liens entre les individus et leur pays. Les mouvements sociaux, féministes, antiracistes et anticoloniaux s’y invitent régulièrement.
Longtemps exclues d’une partie des épreuves, les femmes s’en saisissent pour affirmer leur statut d’athlètes à part entière. Pionnière du féminisme, Alice Milliat est une sportive accomplie. Elle est à l’origine du premier championnat de France et de la première équipe de France de football féminin en 1920. Elle se bat pour que les femmes puissent participer aux Jeux olympiques dans toutes les disciplines.
Dénonçant les « sports bourgeois », l’Internationale communiste organise à Moscou, parallèlement aux Jeux d’Amsterdam, des Spartakiades, en référence à Spartacus, l’esclave romain rebelle.
Membre de la famille Kennedy, Eunice Shriver crée la première organisation dédiée à l’épanouissement par le sport des personnes qui vivent avec un handicap mental, en particulier les enfants. La première compétition des Special Olympics se tient à Chicago en 1968. L’une des figures majeures du mouvement est l’athlète africaine-américaine Loretta Claiborne.
Les Gay Olympics s’ouvrent le 28 août 1982 à San Francisco, mais le comité olympique américain interdit l’usage du mot « olympique ». Ils deviennent, dans l’urgence, les Gay Games. Durant dix jours, les rencontres sportives rassemblent 1 350 athlètes venus d’une dizaine de pays sans distinction d’âge, de performance, d’origine ou de genre.
L'Histoire Du Football Aux JO : 100 ANS De PASSION, De TRIOMPHES Et De RIVALITES #football #olympics
La Création de la Coupe du Monde : Une Conséquence des Jeux Olympiques
« Le Trophée Jules Rimet » : c’est ainsi que les premiers mondiaux de football ont été baptisés, en hommage à leur inventeur. Portés par les succès des Jeux Olympiques mondiaux de 1924 et 1928, le Président Jules Rimet et son secrétaire Henri Delaunay proposent l’organisation d’une coupe du monde sous l’égide de la FIFA (Fédération Internationale de Football Association) lors du congrès d’Amsterdam de 1928. Un an plus tard, le projet est adopté et le premier mondial verra le jour en 1930.
Le 26 mai 1928 à Amsterdam, le Congrès de la FIFA décidait par un vote, la création d’une compétition internationale où se rencontreraient les plus grandes équipes de football de chaque continent. L’année suivante à Barcelone, le projet était confirmé grâce à la persévérance de quelques passionnés.
À partir de 1928, suite à un regain de tension avec le CIO et convaincue de la faisabilité de son projet en solitaire, la FIFA décida qu’elle organiserait sur une base quadriennale et pour la première fois en 1930 une grande compétition mondiale « ouverte aux équipes représentantes de toutes les Associations Nationales affiliées » et à tous les joueurs, qu’ils furent professionnels ou amateurs. C’étaient là les prémices de la Coupe du monde telle que nous la connaissons aujourd’hui.
Toutefois, cette décision prise lors du Congrès de la FIFA de 1928 organisé à Amsterdam en marge des Jeux olympiques était avant tout une résolution de principe. Malgré son imprécision, la simple existence de ce tournoi en puissance fixé pour 1930 offrait à l’Uruguay une perspective inespérée alors même que le pays cherchait à fêter son Centenaire en grande pompe et pensait déjà pour cela organiser des tournois de type athlétiques où le football aurait la part belle.

Il y démonte méthodiquement l’idée communément diffusée d’une volonté affirmée et constante de la FIFA de mettre en place un championnat du monde de football à la suite des deux JO remportés par l’Uruguay en 1924 et 1928. Mais avant d’en arriver à ce qui constitue le coeur de son livre, Pierre Arrighi part des origines du football international, à savoir le British Home Championship qui oppose les équipes britanniques en circuit fermé (une sorte de tournoi des Cinq Nations avant l’heure) à partir de 1894.
Sur le continent, les Jeux olympiques modernes sont lancés par Pierre de Coubertin, avec le football comme partie prenante des épreuves disputées. Très vite arrive l’idée d’une compétition européenne, la FIFA n’ayant à cette époque qu’une dimension continentale.
En Europe, l’idée d’un tournoi mondial revient, et ce sont les JO de 1924 qui vont lui donner corps. Ils sont organisés à Paris, et il se trouve, heureuse coïncidence, que le président de la FIFA et celui de la FFFA (le premier nom de la FFF) sont une seule et même personne, Jules Rimet.
L’objectif est d’organiser une olympiade ouverte, à savoir accueillant des sportifs amateurs et professionnels sans distinction. Autrement dit, les meilleurs dans chaque catégorie, les vainqueurs pouvant se prévaloir du titre de champion du monde. En France, le professionnalisme n’est pas encore d’actualité (ce sera pour 1932), mais l’amateurisme marron se porte très bien : « une majorité de joueurs français touchent des salaires qui peuvent être interprétés comme des compensations pleines pour salaire perdu en totalité.
22 des 42 pays affiliés à la FIFA en 1924 participent au tournoi (le monde compte alors 70 pays indépendants). Les cinq continents sportifs sont représentés, l’Egypte pour l’Afrique, la Turquie pour l’Asie, les Etats-Unis et l’Uruguay pour l’Amérique du Nord et du Sud.
« Le tournoi olympique de football accède pour la première fois au rang de championnat du monde du monde véritable. Il est bien là le premier championnat du monde de l’histoire du football. » Les sélections britanniques (hormis l’Irlande) ne se déplacent pas, même si elles ont réintégré la FIFA quelques mois auparavant.
Le tournoi est pourtant un grand succès sportif et médiatique, la presse spécialisée étant alors en plein essor. La victoire de l’Uruguay en finale est saluée partout comme celle des nouveaux champions du monde. Il suffit d’une heure après la fin de la finale Uruguay-Suisse pour que Jules Rimet déclare vouloir travailler à l’organisation de championnats de football par continents, prélude du championnat mondial. Lequel resterait, pour l’instant, dans le cadre olympique.
La première partie du programme ne se fera pas, mais la deuxième perdurera en 1928, avec une nouvelle victoire de l’Uruguay à Amsterdam. Au prix d’une rude bataille avec le CIO de Coubertin, qui veut des Jeux intégralement amateurs, alors que la FIFA maintient le principe d’un tournoi ouvert, c’est-à-dire aux professionnels.
L’idée d’un championnat du monde organisé par la seule FIFA à l’extérieur des JO, annoncée en 1927, est reprise par Rimet. Pourtant, en 1929, le congrès de Barcelone qui devait acter la candidature de Rome pour le tournoi de 1930 voit cette dernière se désister pour Montevideo.
Équipes participantes aux Jeux olympiques de 1928 à Amsterdam
La Celeste conserve son titre olympique lors des JO organisés en 1928 à Amsterdam. Les tournois de ces deux éditions des Jeux sont les seuls co-organisés par la FIFA. C’est pourquoi elle les reconnaît comme des championnats du monde.
En dépit de son succès croissant, le ballon rond ne fait pas l’unanimité au sein du CIO. Le Comité, attaché à l’amateurisme, voit d’un mauvais œil le professionnalisme caché derrière certaines équipes. Malgré ces réticences, les organisateurs des Jeux de 1928 insistent pour maintenir le football au programme, compte tenu de son importance financière.
En 1932, le foot est même absent des Jeux olympiques de Los Angeles. Le CIO se heurte à la FIFA qui favorise la professionnalisation des joueurs. Les tensions entre les deux organisations sont palpables. Les athlètes professionnels, qui dominent de plus en plus le monde du football, ne sont pas les bienvenus aux JO, réservés aux amateurs.
Les Jeux olympiques de 1936 à Berlin marquent le retour du ballon rond ; mais la compétition peine à convaincre. Les grandes nations du football envoient des équipes composées de joueurs amateurs, ce qui réduit l’intérêt du public et des médias.
La raison en est simple : les régimes communistes empêchent leurs sportifs d’avoir le statut professionnel. Cela leur offre la possibilité de concourir comme « amateurs ». La lutte est donc inégale face aux vraies sélections amateurs des autres nations. La Hongrie, l’Union soviétique, ou encore la Yougoslavie raflent les médailles d’or. Mais celles-ci perdent de leur prestige.
En 1992, le CIO affine sa réglementation. Désormais, tous les athlètes de moins de 23 ans ont le droit de participer, sans condition supplémentaire. Depuis 1996, dans chaque équipe, trois footballeurs ayant dépassé cette limite d’âge peuvent également être convoqués. Des restrictions persistent, contribuant à un intérêt moindre par rapport au Mondial.
Les équipes et événements marquants de l’histoire du football sont d’ailleurs souvent liés au tournoi organisé par la FIFA. Néanmoins, ces règles permettent de voir briller sur la scène olympique des stars émergentes comme Samuel Eto’o en 2000, ou encore la génération dorée de l’Argentine (Messi, Agüero, Di María, etc.) en 2008.

Les récentes difficultés de Thierry Henry à composer sa liste pour les JO de 2024 illustrent ce problème. En 2016 à Rio, l’Argentine n’a pu s’inscrire qu’au dernier moment suite au forfait de la moitié des joueurs convoqués, non libérés par leurs clubs.
Par ailleurs, depuis 1996, le foot olympique comprend un tournoi féminin. Ce dernier n’impose aucune restriction d’âge. Cela permet aux meilleures joueuses du monde de participer.
Aujourd’hui, le football olympique ne semble pas en mesure de redorer son blason. Il demeure une compétition de second plan, et constitue tout au plus un moyen d’exposition pour les jeunes talents et les stars féminines du ballon rond.
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