La carrière exceptionnelle d'Antonin Rouzier, star du volley-ball français

C'est sur les réseaux sociaux, ce samedi 18 février 2023, que l’ancien pointu de l’équipe de France de volley-ball, Antonin Rouzier, a annoncé mettre un terme à sa carrière. Antonin Rouzier, 36 ans, a annoncé sa retraite sportive ce samedi 18 février 2023. « Il est temps pour moi de refermer ce qui restera, sans aucun doute, l’un des plus grands chapitres de ma vie. C’est avec une grande émotion que je tire ma révérence après presque 20 ans de carrière », a écrit le volleyeur, champion d’Europe 2015 avec les Bleus, sur les réseaux sociaux, après s’être exprimé auprès du quotidien L’Équipe.

LIRE AUSSI. Ce n'est pas vraiment la sortie dont il avait rêvé. Mais, parfois, on ne choisit pas. « Je suis désormais prêt à relever de nouveaux défis, avec la même passion et le même engagement », continue-t-il, déjà tourné vers l’après.

Aujourd’hui, je ne me rends pas encore bien compte, je suis plutôt dans une phase où je me souviens de tous les événements que j’ai vécus dans ma carrière, toutes les anecdotes que j’ai pu avoir avec de grands joueurs, de l’équipe de France ou autres, je repense aussi à mes entraîneurs. Elle est venue progressivement, mais elle a été forcément liée à la blessure grave qui m’est arrivée récemment sur un service à l’entraînement, je me suis sectionné deux ligaments de la cheville droite, ce qui va occasionner pas mal de temps de rééducation.

Victime d'une grave entorse de la cheville droite il y a plusieurs jours à la réception d'un service lors d'un entraînement avec Le Plessis-Robinson, Antonin Rouzier s'est résolu, la mort dans l'âme, à tirer un trait sur sa saison. Et par conséquent sur sa carrière, entamée il y a presque vingt ans à Toulouse, après deux premières années au Centre national, à Montpellier (2002-2004). Une décision aussi brutale que sa blessure. « J'ai arraché deux ligaments quand mon articulation a tourné, je crois que mon corps a dit stop, tout simplement, expliquait-il vendredi soir. Ma saison a été compliquée dès le début avec des douleurs à la hanche droite qui m'ont mis sur le flanc pendant un mois. Le club a été très classe, ils m'ont accompagné et permis de travailler à ma reconversion dès mon arrivée. »

Un Parcours International

Antonin Rouzier a toujours eu la bougeotte. À 10 ans, la future gloire du volley français quittait le domicile grenoblois pour percer. Ce qu’il fera, et même plus que cela, au regard de son immense palmarès. En marge de sa longue carrière avec les Bleus, le pointu joue dans les meilleurs championnats d’Europe : Pologne, Italie, Turquie… Mais au moment de refermer la parenthèse tricolore en 2016, l’Isérois n’arrête pas de sillonner le monde. Bien au contraire.

De la Belgique au Japon, de l'Italie à la Russie en passant par la Turquie, la Pologne ou la France, il aura fréquenté les Championnats les plus relevés, évoluant dans 17 clubs différents et gagné les deux premiers titres des Bleus, en titulaire incontournable. Les motifs de fierté ne manquent pas, à vrai dire. En 2017, Rouzier signe dans la prestigieuse ligue russe, à Krasnoïarsk, au cœur… de la Sibérie. « Une... »

Depuis la saison dernière, Antonin Rouzier évolue dans l’équipe des Toray Arrows, basée à Mishima, au sud de Tokyo. Une belle découverte. « C’est génial, annonce le joueur. C’est un monde à part. Il y a énormément de respect. Beaucoup de régles aussi, parfois trop (rires). C’est magnifique même si avec deux entraînements quotidiens je n’ai pas forcément le temps de visiter. Mes amis et ma famille en profitent plus que moi quand ils viennent me voir. »

Lui se concentre sur le terrain. Avec un statut bien particulier. Celui de joueur étranger dans une équipe qui n’en compte que deux. « On doit être moteur sur comme en dehors du terrain, explique-t-il. Et ce n’est pas forcément dans mon caractère. Hors du terrain, je suis plutôt tranquille, calme et réservé. Mais j’apprends. C’est une bonne expérience. C’est une bonne chose qui m’aidera dans ma vie future. »

A 33 ans, l’ancien Poitevin commence à penser à sa reconversion. Même s’il n’est pas encore en préretraite comme il l’a montré la saison dernière en emmenant son équipe à la troisième place du championnat japonais. « Tant que mon corps ne dira pas stop, je continuerai. Je suis un privilégié. Je vis de ma passion et j’en profite.

Il quittera la Vienne deux années plus tard avec une breloque en or dans la poche, celle de champion de France. Deux saisons durant, le jeune pointu d’alors (23-25 ans) aura aidé le Stade Poitevin à s’installer au sommet du volley hexagonal. D’abord avec une demi-finale en 2010, suivi du sacre en 2011. « Cela marque forcément, assure-t-il aujourd’hui. C’est mon premier et seul titre de champion de France. Je suis toujours le club de loin. Il compte pour moi même si beaucoup de choses ont changé depuis mon départ. Pourquoi ne pas revenir à Poitiers pour terminer ma carrière ? » Et ainsi remonter le temps.“ Tant que le plaisir est là ”Ces huit années dernières, le pointu français n’a pas perdu le sien. Son aventure poitevine l’a propulsé sur le devant de la scène continentale après une année blanche chez les Belges de Roeselare. « Le déclic est arrivé assez tard, expose-t-il. Il m’a fallu du temps pour exploser. » Et s’affirmer au plus haut niveau.

Comme ce fut le cas, après son départ de Poitiers, à Kedzierzyn-Kozle, en Pologne, durant deux saisons, où il termina meilleur marqueur du championnat en 2012 et meilleur attaquant de la Ligue des Champions l’année suivante, en raflant au passage une Coupe de Pologne. « C’était une superbe expérience, assure-t-il. Le championnat polonais est assez fou. On jouait devant cinq à dix milles spectateurs. Il y avait aussi un phénomène de starification, c’était surprenant et sympa. Et c’était un championnat très relevé et dense. » Qu’il a beaucoup apprécié. Plus que ses passages en Italie, à Cuneo (2013-2014), en Turquie, à Ankara (2014-2015), Izmir (2015-2016) et Istanbul (2016-2017), ou en Russie, à Krasnoïarsk (2017-2018). Sûrement la saison la plus délicate de sa belle carrière, auréolée au passage du titre de MVP de l’Euro 2015 remporté avec l’équipe de France.

« C’était un contrat que je ne pouvais pas refuser financièrement, reconnaît-il. La ville était sympa mais j’étais isolé en Sibérie. Il fallait tout le temps prendre l’avion et absorber les cinq heures de décalage horaire. Et sportivement, c’était compliqué. » L’aventure n’a pas duré. Une autre bien plus intéressante l’attendait… au Japon.

🎙Antonin ROUZIER, la LÉGENDE du Volleyball Français 🇫🇷🏐

Les Bleus : Une Épopée Mémorable

Rouzier et les Bleus, c'est terminé. Le pointu de l'équipe de France de volley-ball a officialisé sa retraite internationale en expliquant qu'il était temps pour lui "de passer à autre chose", jeudi sur son compte Instagram. "J'annonce officiellement ma retraite internationale aujourd'hui. Merci pour votre soutien pendant ces dix années exceptionnelles. Il est temps pour moi de passer à autre chose. Toutes les émotions partagées avec vous resteront gravées pour toujours", a écrit le joueur de 30 ans qui compte 243 sélections avec les Bleus dont il était l'une des pièces maîtresses.

Père d'un petit garçon de cinq mois et victime de douleurs physiques de plus en plus récurrentes, le natif de Saint-Martin-d'Hères (Isère) s'est longtemps interrogé avant de prendre une décision, comme l'expliquait l'Equipe dans son édition de ce jour. Le pointu, champion d'Europe en 2015, a longtemps hésité avant de prendre cette décision, à tel point qu'il se laisse la possibilité de revenir éventuellement un jour au sein des Bleus. "Peut-être que dans deux ans, à condition que je ne sois pas en fauteuil roulant (rires), si on a vraiment besoin de moi, je reviendrai", explique-t-il dans les colonnes du quotidien.

Rouzier faisait partie des joueurs les plus expérimentés dans l'effectif envoyé aux Jeux de Rio où l'aventure s'est achevée à l'issue de la phase de poules par une défaite contre le pays hôte. Il avait connu sa première cape en 2007, lors de la Ligue mondiale, au sein de l'ancienne génération, celle des Stéphane Antiga, Hubert Henno, qui avait décroché la médaille d'argent lors de l'Euro-2009.

Mais c'est avec le "Team Yavbou", façonné par le sélectionneur Laurent Tillie, que Rouzier a connu ses plus beaux succès, décrochant d'abord la Ligue Mondiale en 2015, le premier trophée du volley français. Quelques mois plus tard, les Bleus de Rouzier, Earvin Ngapeth et Benjamin Toniutti s'adjugeaient le titre européen en Bulgarie. Rouzier était élu MVP (meilleur joueur) du tournoi. Il a conquis une dernière médaille avec l'équipe de France, en juillet à Cracovie (Pologne), en terminant troisième de la dernière Ligue mondiale.

Qu’on a apporté avec l’équipe de France en 2015 les premiers titres de l’histoire du volley français. Avec ce doublé World League et Championnat d’Europe, on a marqué l’histoire. C’est vraiment ma plus grande fierté. Le moment le plus fort des deux est sans aucun doute le fait d’avoir gagné ce Championnat d’Europe et d’avoir été désigné MVP du tournoi.

Héros malheureux du Mondial 2010 - sa blessure avait précipité la chute des Bleus (11es) -, il était devenu l'emblème de la France qui gagne enfin, cinq ans plus tard, MVP et bras armé de la sélection à l'Euro 2015. « Mon plus beau souvenir avec une bande de fous », celle d'Earvin Ngapeth et Benjamin Toniutti, qu'il quitte beaucoup trop tôt, l'année suivante après un échec cruel face au Brésil (3-1) au premier tour des Jeux Olympiques, à Rio.

Il avait fait une pause avec l'équipe nationale en 2012, après un second échec consécutif pour se qualifier pour les JO. Sans lui, l'équipe de France s'était qualifié pour l'Euro 2013. Rouzier était revenu pour cette compétition (défaite contre la Russie en quart de finale) qui allait lancer le début de l'aventure du "Team Yavbou".

Un énorme regret, parce que je pense qu’on faisait partie des équipes favorites, mais on n’a pas su gérer cette première participation aux JO pour nous tous, on était un peu émerveillés par ce qui se passait autour de nous et on ne s’est pas suffisamment focalisés sur la compétition. A titre personnel, je pense avoir plus ou moins réussi ma compétition, mais ça restera un gros regret, d’autant que les trois premiers de notre poule ont terminé sur le podium olympique (Brésil, Italie, Etats-Unis).

« À ce moment-là, j'ai fait un choix, celui de passer plus de temps avec mon fils qui venait de naître. J'avais encore des choses à donner au groupe mais j'assume. Cela reste un regret et une joie, à la fois. » « Il y a une vrai nostalgie. Mais je suis fier de tout ce que j'ai accompli dans ma carrière, malgré tout. » Depuis Lille où il a retrouvé sa famille et répond aux questions incessantes de son petit Louis, « triste que son papa ne joue plus », Rouzier essaie de ne pas se laisser submerger par les émotions. « J'ai un peu la tête ailleurs, beaucoup d'images ressurgissent depuis quelques jours sans que je ne le veuille. Il y a une vraie nostalgie. Mais je suis fier de tout ce que j'ai accompli durant ma carrière, malgré tout. »

Reconversion

Il y a quelques jours, Antonin Rouzier annonçait la fin de sa carrière de volleyeur professionnel. L’ex-attaquant de pointe des Bleus, devenu associé du cabinet WEALTHY Gestion Privée, ambitionne de devenir conseiller en gestion de patrimoine et ainsi développer un portefeuille de clients issus du monde qu’il vient de quitter.

Christopher Rodriguez, l'ancien responsable de marché patrimonial d'Allianz, fonde son cabinet Paseo Gestion Privée avec l'ambition d'atteindre les 25 millions d'euros conseillés dès la première année d’activité. Les Français portent un regard sévère sur les députés, accusés de ne chercher que la polémique et de ne penser qu'à leur propre intérêt. Ils viennent pourtant en majorité de s'entendre sur un projet de budget pour la Sécurité sociale qui ne convient à personne.

Pour l’instant, oui, mais s’il y a une opportunité un jour au sein de la Fédération pour moderniser le volley, pourquoi pas ? Mais dans l’immédiat, je travaille dans un cabinet de gestion de patrimoine à Paris qui a une belle réputation. Je vais essayer d’accompagner les sportifs au mieux, car pendant une carrière de haut niveau, ils n’ont pas le temps de s’occuper de leurs investissements.

Hommages et Remerciements

Beaucoup de positif, je voudrais d’ailleurs remercier tout le club qui m’a suivi jusqu’au bout et m’a accompagné dans ma reconversion. André Patin, que je n’ai eu qu’un an à Asnières (2006/2007), je n’avais que 18 ans, mais il m’a vraiment marqué, c’est lui qui m’a permis d’exploser, j’ai fait une des meilleures années de ma carrière avec lui, c’était un formateur exceptionnel. Et bien entendu Laurent Tillie qui nous a fait gagner les premiers titres de l’équipe de France en nous laissant une liberté sur et en dehors du terrain assez exceptionnelle, qu’aucun manager dans le monde n’aurait pu accepter.

Récapitulatif de la carrière d'Antonin Rouzier
Période Club/Équipe Réalisations
2002-2004 Centre national, Montpellier Début de carrière
2011 Stade Poitevin Championnat de France
2015 Équipe de France Championnat d'Europe, MVP du tournoi, Ligue Mondiale
2017-2018 Krasnoïarsk (Russie) Expérience en Sibérie
... Nombreux clubs internationaux Multiples expériences et trophées

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