Moins connu que le rugby à quinze, le rugby à sept est désormais une discipline olympique. Un peu moins célèbre que le rugby à quinze, le rugby à sept gagne en popularité, notamment depuis son ajout dans le programme des disciplines en compétitions aux Jeux olympiques.

Terrain de rugby à sept
Les origines du rugby
Dans la famille du rugby, on trouve le rugby à quinze joueurs, à treize mais aussi, le beach rugby. Si le rugby aurait des racines datant du Moyen-Âge, c'est dans la ville de Rugby - qui donnera par la suite son nom à la discipline - en Grande Bretagne, que le sport au ballon ovale est codifié en 1848.
Les règles du rugby à sept
Au rugby à sept, on joue avec la main - et uniquement avec la main - par équipes de sept joueurs s'affrontant lors de matchs de quatorze minutes sur un terrain de rugby classique. Pour se passer le ballon, il faut faire une passe en arrière à ses coéquipiers - jamais en avant, là aussi, sous peine de faute - pour prendre la balle à l'adversaire, cela est possible à condition d'effectuer un plaquage (vous saisissez les jambes, ne prenez jamais au dessus de la taille, serrez très fort et faites tomber l'adversaire qui se doit de laisser le ballon dès lors qu'il est au sol).
Enfin, pour marquer des points, il faut marquer un essai derrière la ligne d'en but (valant cinq points) et le transformer, en tapant le ballon au pied pour qu'il passe entre les deux poteaux (deux points supplémentaires).
Le rugby aux Jeux Olympiques : une histoire en dents de scie
Le rugby n'est pas une discipline historique des Jeux olympiques, et pour cause : au début, c'est le rugby à XV qui était pratiqué dans le cadre des Jeux olympiques, avec l'ajout de la discipline aux programmes des Jeux de 1900, 1908, 1920 et 1924. La quatrième apparition du rugby à XV aux Jeux olympiques restera la dernière. Après les JO de Paris de 1900, ceux de Londres en 1908 et d'Anvers en 1920, l'édition de 1924 organisée à nouveau dans la capitale française compte également un tournoi de rugby à XV dans son programme.
Les débuts prometteurs
Ce sport bénéficiait initialement de l’appui du baron Pierre de Coubertin, créateur des Jeux modernes, ancien joueur et arbitre.
Or, comme lors des trois précédentes olympiades, les équipes ne se sont pas bousculées au moment de l'inscription: trois formations participantes en 1900, deux en 1908 et autant en 1920. Les nations britanniques boycottent à nouveau l'événement, en argumentant que le rugby doit rester un sport pratiqué l'hiver dans des conditions froides et humides. Du côté de l'hémisphère sud, les fédérations sud-africaine, australienne et néo-zélandaise renoncent à envoyer leurs équipes en France, en mettant en cause le coût et la durée du voyage.
De refus en refus, le tournoi de rugby à XV des Jeux de Paris 1924 doit se résoudre à subir le même sort que les précédentes éditions. Trois nations acceptent finalement d'y participer: la France, les États-Unis et la modeste équipe de Roumanie.

Une action de jeu lors du match entre les États-Unis et la Roumanie, deuxième rencontre du tournoi olympique de rugby à XV des Jeux de Paris 1924, le 11 mai, au stade olympique de Colombes (Hauts-de-Seine).
La finale controversée de 1924
Cette dernière ne réussit pas à faire illusion. Balayée 61-3 lors du match d'ouverture face au XV de France, puis battue 37-0 par les États-Unis, la Roumanie termine donc son tournoi avec deux défaites en autant de rencontres. Avec une victoire chacun, la France et les États-Unis croisent ainsi le fer lors d'un ultime match aux allures de finale. Il y a 100 ans jour pour jour, le 4 mai 1924, les JO de Paris débutaient par un match de rugby France Roumanie à Colombes.
Cette «finale» n'est pas la première entre ces deux nations. En 1919, Français et Américains se sont déjà retrouvés à l'affiche du match décisif des Jeux interalliés organisés à Paris. Au terme d'une rencontre d'une rare violence, les Tricolores s'imposent 8-3 et remportent le tournoi. Marqué par l'engagement physique des deux camps, Allan Muhr, dirigeant sportif français d'origine américaine, commente à l'époque: «C'est ce qu'on peut faire de mieux sans couteaux ni revolvers…» De son côté, dans son édition du 30 juin 1919, le journal sportif L'Auto dénonce «une brutalité aussi excessive que déplacée», tout en soulignant les «énormes progrès» réalisés par l'équipe des États-Unis. Une rivalité est née. L'année suivante, la revanche tourne à l'avantage de la sélection à la bannière étoilée. En finale du tournoi des Jeux olympiques d'Anvers (Belgique), le seul match organisé lors de cette édition, les États-Unis prennent cette fois le dessus sur le XV de France (8-0). Une victoire chacun, balle au centre.
Le troisième acte se déroule le 18 mai 1924 au stade olympique de Colombes (Hauts-de-Seine), en finale du tournoi olympique des Jeux de Paris. Aux yeux du XV de France, la rencontre perdue quatre années plus tôt n'est qu'une simple erreur de parcours. Les joueurs français se sentent plus forts, dotés d'une meilleure science du jeu et abordent cette rencontre avec une confiance sans doute excessive. La composition du collectif américain a peut-être gonflé leur assurance.

L'équipe nationale de rugby à XV des États-Unis qui a participé aux Jeux olympiques de Paris en 1924.
La formation venue d'outre-Atlantique n'a rien d'une équipe de rugby. La moitié des joueurs sont des basketteurs ou footballeurs américains au sein d'universités californiennes. De solides gaillards, bien bâtis, qui ont découvert les règles du rugby quelques mois avant les Jeux, à l'occasion de leur premier stage de préparation. Mais la formation express menée par leur entraîneur Charlie Austin a été efficace. En comptant sur le sens tactique d'un de ses joueurs, qui réside en Angleterre et habitué à affronter les meilleurs clubs de rugby britanniques, le sélectionneur américain a donné à son collectif les clés pour dompter le XV de France. De solides physiques désormais dotés d'un cerveau, capables d'analyser le jeu adverse pour mieux s'organiser collectivement et contrer les intentions françaises.
Sur le terrain, la pratique confirme la théorie. Dès les premières minutes de cette finale, les 20.000 spectateurs présents au stade de Colombes le comprennent. Favoris sur le papier, le XV de France est dépassé dans tous les compartiments du jeu. La tension monte en tribunes. Les supporters français crient au scandale et invectivent l'arbitre pour ne pas avoir sanctionné le jeu américain qu'ils estiment trop violent. Mais ils ont tort. Jean Vaysse et Adolphe Jauréguy ont simplement été blessés sur des faits de jeu. Comme leurs coéquipiers, les deux joueurs ne sont pas préparés à affronter une équipe aussi forte physiquement. Les joueurs américains sont meilleurs, tout simplement.
Au défi physique proposé par les États-Unis, le collectif français répond en seconde période par la violence. Quelques gifles et coups non réglementaires fusent par-ci par-là. Mais rien ne déstabilise le rouleau compresseur américain. Le XV de France livre l'une des prestations les plus pitoyables de son histoire, encaisse cinq essais et s'incline lourdement, battu 17 à 3.
Les conséquences désastreuses
Le spectacle en tribunes est tout aussi larmoyant. Venus assister au sacre attendu du XV de France, les spectateurs déchantent devant le naufrage des leurs. Certains déversent leur haine et leur frustration sur les quelques supporters américains qu'ils rossent à coups de canne, quand d'autres préfèrent lapider le malheureux caméraman affairé à filmer la cérémonie de remise des médailles. La bannière étoilée s'élève dans les airs sous la bronca du public et les huées qui descendent des tribunes couvrent l'hymne américain.
Norman Cleaveland, l'un des quinze joueurs états-uniens présents sur le terrain, confie plus tard avoir eu très peur pour sa vie: «Nous avons vraiment cru qu'ils [le public, ndlr] allaient nous lyncher.» Comme pour le reste de ses coéquipiers, sa sécurité est assurée par l'intervention de plus de 200 policiers. Les forces de l'ordre escortent les joueurs américains à la sortie du terrain, évitant certainement une bagarre générale et un bain de sang.

Le décor du stade de Colombes (Hauts-de-Seine) lors de la finale olympique de rugby à XV entre la France et les États-Unis, remportée par le pays visiteur, sur le score de 17 à 3, le 18 mai 1924.
La finale terminée et les Jeux clos, l'heure est aux interrogations. Les débordements en tribunes et le piteux comportement des joueurs tricolores ont entaché l'image du rugby et des Jeux olympiques. L'année suivante, le Comité international olympique (CIO) se prononce en faveur d'une exclusion du rugby du programme olympique. Jeter la faute uniquement sur cette finale chaotique reviendrait à tirer des conclusions un peu trop hâtives. Présent à quatre reprises, le rugby n'a surtout jamais réussi à trouver sa place aux Jeux et attirer la ferveur des nations. Trois nations, tout au plus, ont participé au tournoi, limitant l'intérêt de cette discipline où la médaille était assurée dès l'inscription effectuée.
De plus, en 1925, le rugby perd son ange gardien au sein du mouvement olympique: le baron Pierre de Coubertin, rénovateur des JO modernes, qui a assuré la promotion du ballon ovale, son sport de prédilection. En se retirant de la présidence du CIO entre les Jeux de Paris et ceux d'Amsterdam (1928), il a entraîné le rugby à XV dans sa chute. Cette discipline est sitôt écartée du programme olympique.
1924, le Paris des Jeux olympiques
Le retour du rugby à sept en 2016
Ce n'est que depuis les Jeux olympiques de Rio, en 2016, que le rugby fait son grand retour au sein des disciplines olympiques, avec le rugby à sept proposé sous forme de tournoi féminin et masculin. Il a effectué son retour à Rio en 2016, à travers le rugby à VII.
Cette discipline est originaire d’Ecosse, où un premier tournoi avait été organisé dès 1883. Elle est longtemps restée marginale. La première Coupe du monde n’a été organisée qu’en 1993, avant la naissance en 1999 d’un circuit mondial. Joué sur les mêmes terrains qu’à XV, le «seven» fait la part belle aux grandes chevauchées. Les phases de conquête (mêlées, touches) servent surtout à lancer le jeu et les parties sont très rythmées.
Demandant un vivier moins important de joueurs, le rugby à VII est plus universel que celui à XV. Si les grandes nations traditionnelles dominent également à VII, on trouve des pays comme le Kenya chez les hommes ou la Chine chez les femmes.
Pourquoi le rugby à sept ?
Inscrit au programme officiel des Jeux olympiques (JO) depuis Rio 2016, le rugby faisait il y a cinq ans son grand retour dans la liste des sports olympiques. Mais c’est sa déclinaison à sept qui a été choisie, le Comité international olympique jugeant impossible d’organiser un tournoi de rugby à quinze dans les délais impartis de l’événement.
Les Jeux Olympiques de Paris 2024
Si le rugby à 7 vous intéresse, rendez-vous au stade de France ou dans les fan zones lors des Jeux olympiques.
Le calendrier des épreuves
- Hommes. Du 24 au 27 juillet (finale à 19 h 45).
- Femmes. Du 28 au 30 juillet (finale à 19 h 45).
Au Stade de France à Saint-Denis.
Pourquoi le tournoi masculin démarre-t-il avant l’ouverture officielle ?
Pour que le Stade de France soit prêt le 2 août pour les épreuves d’athlétisme et parce qu’aucune compétition ne se déroule vendredi 26 juillet, jour de la cérémonie d’ouverture.
Format de la compétition
Trois poules de quatre équipes, les deux premières de chaque poule et les deux meilleures troisièmes qualifiées pour les quarts de finale. Les équipes ayant échoué à se qualifier pour la phase finale disputent des matches de classement pour les places de 9 à 12.
Les perdants des quarts se disputent les places de 5 à 8, ceux des demi-finales s’affrontent pour la médaille de bronze.
Les poules
- Hommes
- Poule A : Nouvelle-Zélande, Irlande, Afrique du Sud, Japon.
- Poule B : Argentine, Australie, Samoa, Kenya.
- Poule C : Fidji (tenants du titre), France, Etats-Unis, Uruguay.
- Femmes
- Poule A : Nouvelle-Zélande (tenantes du titre), Fidji, Canada, Chine.
- Poule B : Australie, Irlande, Grande-Bretagne, Afrique du Sud.
- Poule C : France, Etats-Unis, Japon, Brésil.
Les équipes à suivre
Médaillés d’or en 2016 et 2021, les Fidji, malgré quelques difficultés dernièrement, peuvent viser la passe de trois avec leurs joueurs particulièrement doués pour le VII, à la fois athlétiques et adroits techniquement. L’Argentine, actuelle meilleure nation mondiale, espère mieux que le bronze de Tokyo. Après avoir remporté à Los Angeles, en mars, son premier tournoi depuis 2005, ainsi que l’étape finale du circuit mondial à Madrid, la France, qui n’avait pas réussi à se qualifier pour les Jeux de Tokyo, fait figure d’outsider devant son public. Après l’argent à Rio et l’or à Tokyo, les Néo-Zélandaises entendent à nouveau monter sur le podium du tournoi féminin.
Le programme des matchs de l'équipe de France
- Hommes
- Mercredi 24 juillet, France-Etats-Unis (16 h 30)
- Mercredi 24 juillet, France-Uruguay (20 heures)
- Jeudi 25 juillet, France-Fidji (15 h 30)
- Femmes
- Dimanche 28 juillet : France-Brésil (17 heures)
- Dimanche 28 juillet : France-Japon (20 h 30)
- Lundi 29 juillet France-Etats-Unis (15 h 30)