Jeu de Tête au Football : Dangers et Risques pour la Santé

Le jeu de tête, une pratique courante au football, suscite de plus en plus d'inquiétudes quant à ses dangers potentiels pour la santé. Certains joueurs de football, dont Raphaël Varane, alertent sur les risques de commotions cérébrales causées par le jeu de tête. Alors que l’Angleterre a déjà mis en place certaines mesures, la France prend lentement conscience du problème.

Alerte sur les risques de commotions cérébrales

Le champion du monde français de foot, Raphaël Varane, alerte, dans une interview au journal L’Équipe début avril, sur les conséquences des chocs provoqués par les jeux de tête. Il se dit favorable à une limitation chez les enfants de moins de 12 ans sur le modèle anglais, et conseille à son fils de 7 ans de ne pas en faire.

« Il faut parler des dangers liés au syndrome du second impact et à la répétition des chocs à cause du jeu de tête. Dès 2016, des études ont été publiées sur les effets des commotions cérébrales à répétition, dues, entre autres, au jeu de tête.

Des chercheurs de l’université de Stirling, en Écosse, ont montré que les capacités de mémoire sont réduites de 41 à 67 % durant les 24 heures suivant un jeu de tête, et ce, chez les sportifs adultes. Le risque est donc majoré chez les plus jeunes, dont le cortex cérébral n’est pas totalement formé.

En Angleterre, les têtes lors des compétitions de football sont interdites avant l’âge de 12 ans. En France, certains clubs commencent également à interdire cette pratique pour les moins de 10 ans.

Foot : l'appel de Raphaël Varane pour interdire le jeu de tête chez les enfants de moins de 12 ans

Les risques accrus de maladies neurodégénératives

Selon une étude de Pierre Rochcongar, médecin du sport, puis d’Emmanuel Orhant, directeur médical de la Fédération française de football, les footballeurs professionnels ont :

  • 2 fois plus de risque de développer la maladie de Parkinson ;
  • 3 fois plus de risque de développer de la démence ;
  • 4 fois plus de risque de développer la maladie d’Alzheimer.

Ces données concernent uniquement les joueurs masculins, car elles manquent encore concernant le football féminin.

Des chercheurs employés par la Fédération anglaise de football ont prouvé que le jeu de tête trop fréquent dans une carrière pouvait augmenter le risque de troubles cognitifs.

La recherche, indépendante mais commandée par la Fédération anglaise de football, a prouvé qu'il existait un lien entre le jeu de tête trop fréquent et le risque de troubles cognitifs.

Pour ce faire, les chercheurs de l'Université de Nottingham ont examiné plus de 450 anciens footballeurs professionnels de plus de 45 ans.

« Ils ont dû se rappeler du nombre de fois où ils touchaient le ballon de la tête par match et par entraînement. De 0 à 5, de 6 à 15 ou plus. Ceux qui étaient dans la deuxième tranche ont eu 2,71 fois plus de chances d'avoir un score inférieur au seuil du test cognitif que ceux de la première catégorie. »

D'après l'étude, les résultats sont encore pires pour ceux qui faisaient au moins 15 têtes par match ou par entraînement. Malgré cela, les chercheurs ont admis que leur méthodologie pouvait être limitée. Selon eux, d'autres études de ce genre sont nécessaires pour confirmer les résultats.

Une première partie de l'étude avait été dévoilée en juin, attestant le fait que les anciens footballeurs avaient 3,43 fois plus de chance d'avoir des maladies neurodégénératives.

Selon les résultats d'une étude scientifique menée en Norvège, la structure sanguine du cerveau est modifiée chez les joueurs qui effectuent des têtes à répétition ou subissent des chocs accidentels à la tête.

Présentée dans la revue médicale Brain Journal, la conclusion résulte d'une expérience menée après des prélèvements effectués, en match et à l'entraînement, sur 89 joueurs professionnels de première division norvégienne. Les chercheurs ont constaté des "altérations spécifiques" dans le sang des joueurs qui répété des têtes à l'entraînement, notamment sur coups de pied arrêtés. Même constat pour les footballeurs ayant subi un choc à la tête en plein match.

Ce sont précisément les niveaux de micro-ARN qui diffèrent. Le micro-ARN sont les petites molécules qui contribuent à la régulation de l'expression des gènes, au développement des cellules, mais aussi des tumeurs. L'examen de ces acides minuscules peut permettre de détecter des lésions cérébrales et donc des pathologies.

"Les résultats futurs qui s'appuieront sur nos recherches pourraient permettre de mieux comprendre les effets potentiellement dangereux des impacts répétés sur la tête", a déclaré Stian Bahr Sandmo, qui a dirigé l'étude et exerce au Centre de recherche sur les traumatismes sportifs d'Oslo.

Les conclusions de cette étude exploratoire sont un premier pas, mais doivent encore être traitées avec prudence. "Il s'agit d'un échantillon relativement petit", a mis en garde Stian Bahr Sandmo.

Mesures de prévention et recommandations

Face à ces risques, plusieurs mesures de prévention sont mises en place ou envisagées :

  • Interdiction des têtes lors des compétitions de football pour les moins de 12 ans en Angleterre.
  • Limitation de l’entraînement au jeu de tête à une séance par semaine pour tous les joueurs adultes en Écosse.
  • Recommandations d’exercices pour apprendre la technique adéquate et muscler le cou.
  • Privilégier des ballons plus petits ou moins gonflés pour les entraînements des enfants.

En 2020, la fédération anglaise a officiellement interdit de jouer les ballons avec la tête lors des entraînements des jeunes de moins de 12 ans. Les clubs de Premier League ont ensuite formellement reçu pour consigne de limiter les têtes puissantes lors des entraînements des joueurs professionnels. Des décisions similaires ont été prises aux États-Unis et en Écosse.

En France, une réflexion sur la question a été lancée en lien avec la Fédération française de football (FFF).

Pour Emmanuel Orhant, leurs entraînements doivent privilégier des ballons plus petits ou moins gonflés, et il importe d’apprendre la technique adéquate et de muscler le cou. Le médecin de la FFF annonce que des recommandations d’exercices seront émises pour la saison prochaine. Du reste, selon lui, « en dessous de 10 ans, quasiment personne ne joue de la tête ».

La fédération anglaise expérimente déjà l’interdiction du jeu de tête dans des matchs d’enfants de moins de 12 ans. Dans le protocole établi par l’IFAB, la vénérable organisation garante des lois du football depuis cent trente-six ans, le jeu de tête est alors sanctionné d’un coup franc indirect.

La FIFA, de son côté, ne commente pas l’hypothèse d’un lien entre le jeu de tête et les dommages cérébraux, mais souligne qu’elle « examine la recherche dans tous les domaines de la santé du cerveau » et « conduit des études sur les propriétés mécaniques des ballons, en explorant comment ces facteurs peuvent influer sur les impacts », selon un porte-parole.

La fédération écossaise se félicite, en tout cas, que 64 % des joueurs sondés approuvent la limitation du jeu de tête pendant l’entraînement.

Tableau récapitulatif des risques et mesures

Risque Conséquences possibles Mesures de prévention
Commotions cérébrales Troubles de la mémoire, étourdissements Limitation du jeu de tête chez les jeunes, technique adéquate
Maladies neurodégénératives Parkinson, démence, Alzheimer Réduction de la fréquence du jeu de tête, études supplémentaires
Altérations de la structure sanguine du cerveau Lésions cérébrales potentielles Surveillance médicale, recherches approfondies

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